SGANARELLE, GUSMAN
sg a n arelle , prenant du tabac , et en offrant a , Gusman.
Quoi qü’en dise Aristote, et sa docte cabale,
Le tabac est divin , il n'est rien qui l’e'gale $
Et par les fainéans , pour fuir l’oisiveté ,
- Jamais amusement ne fut mieux inventé.
Ne sauroit-on que dire , on prend la tabatière j Soudain à gauche , à droit , par devant , par derrière ,
Gens dp toutes façons , connus et non connus, *
Pour y demander part sont les très-bien venus.
* . Mais c’est peu qu’à donner instruisant la jeunesse Le tabac l’accoutume à faire ainsi largesse , d’est dans la médecine un remède nouveau :
Il purge, réjouit , conforte le cerveau; . ■
! -j le FESTIN DE P1ÊRRE.
De toute noire humeur promptemènt le délivre;
Et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre.
O tabac , ô tabac , mes plus chères amours!...
Mais reprenons un peu notre premier discours.
Si bien, mon cher Gusman, qu Elvire ta maîtresse , Pour don Juan mon maître a pris taut de tendresse Qu’apprenant son départ , l’cxces de son ennui L’a fait mettre en campagne et courir après lui.
Le soin de le chercher est obligeant , sans doute ; C’est aimer fortement : mais tout voyage coûte ;
Et j’ai peur , s’il te faut expliquer mon souci,
Qu’on l'indemnise mal des frais de celui-ci.
gusman. ' »
Et la raison encor ? Dis-moi , je te conjure ,
D’où te vient une peur de si mauvais augure ?
Ton ijaahre là-dessus l’a-t-il ouvert son cœur ? T’a-t-il fai-t remarquer pour nous quelque lroideur Qui d’un départ si prompt...
SGANARELLE
Je n’en sais point les causes.
Mais, Gusman, à peu près je vois le train des choses} Et sans que don Juan m’ait rien dit de cela ,
Tout franc, je gagerois que l’affaire va là.
Je pourrois me tromper , mais j’ai peine à le croire. GUSMAN.
Quoi ! ton maître feroit cette tache à sa gloire 2 11 traliiroit Elvire, et d’un crime si bas... . .
SGANARELEE. ,
11 est trop jeune encore; il n’oseroit !
GUSMAN
• Hélas!
: Ni