ACTE Ij SCENE I
Ni d'un si lâche tour riufanüe éternelle ,
Ni de sa qualité...
r SCAN ARE CLE.
La raison en es£ belle l Sa qualité ! C’est là ce qui l’arrêteroit !
GUS MAN. . -
Tan t de vœux... 4
•; ■. w sganarelle. , •
Rien pour lui n’est trop chaud ni trop froid. Vœux, sermens,sans scrupuleil met touten usage.
Mais ne^songe-t-il pas à l’hymen qui l’engage ? f* Ctoit-il le pouvoir rompre ? ,
SGANARELLE. *
Eh ! môn pauvre Gusman, Tu ne sais pas encor quel homme est don Juan.
GUSMAN
S’il est ce que tu dis , le moyen de connoître Dè touslesscélératsleplusgrand,leplustraître?,
Le moyen de penser qu’après tant de sermens,
Tant de transports d’amour, d’ardeur, d’empressemen^ , De protestations des plus passionnées,
De larmes, de soupirs , d’assurances données, ïl ait réduit Elvire à sortir du couvent,
A. venir l’épouser ; et tout cela, du vent ?
SGANARELLE
Il s’embarrasse peu de pareilles affaires ,
Ce sont des tours d’esprit qui lui sont ordinaires;
Et si tu connoissois le pèlerin , crois-moi,
Tu ferois peu de fond sur le don de sa foi.
«épertoire. Tome iv. " \ 5
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Ce n’est pas que je sache avec plus d’assurance .*• Que déjà pour Elvire il soit ce que je pense ; ' ■ Pour un dessein Secret en ces lieux appelé ,
Depuis son arrivée il ne m’a point parlé.
.'Mais, par précaution, je puis ici te dire Qu’il n’est devoirs si saints dont il ne s’ose tire ;
Que c’est un endurci dans la l'ange plongé,
Un chien, un hérétique, un turc, un enragé;
Qui n’a ni foi ni loi ; que tout ce qui le tente...
GUSMAN
Quoi île ciel ni l’ertfer n’ont rien qui l’épouvante?
* SGANARELLE
Bon ! parlez-hii du ciel , il répond d’un souris ; ,
* •' Parlez-lui de l’enfer, il met le diable au pis;
Et, parce qu’il est jeune, il croit qu’il est en âge Où la vertu sied moins que le libertinage.
Remontrance, reproche, autant de temps perdu.
11 cherche avec ardeur ce qu’il voit défendu;
*Et , ne refusant rien à madame Nature ,
Il est ce qu’on appelle un pourceau d’Epicuré. Ainsi ne me dis point sur sa légèreté Qu’Èlvire par l’hymen se trouve en sûreté.
C’est peu par bon contrat qu’il en ait faitsafemme , Pour en venir à bout, et contenter sa flamme , Avec elle, au besoin, par ce même contrat,
Il auroit épousé toi , son chien et sop chat.
C’est un piège qu’il tend partout ù chaque belle : Pâvsaune , bourgeoise , et dame et demoiselle. Tout le charme ; et d’abord, pour leur donner leçon, Un mariage fait lui semble une chanson.
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