‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 30 sur 200 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

SCÈNîE I.

PIRITIIOÜS, PHÈDRE.

P’iRITHOÜs.

.CiEseroit perdre temps, il ne faut .plus prétendre . Que rien- touche Thésée , et le force à se rendre. J r adhiire encor, Madame, avec quelle ver lu Vous avez de nouveau si long-temps combattu. - Par SQp manqué de foi, contre vous-même ai'mêe, Vous avez fait pàroître ufie sœur opprimée; -, Vous avez.essayé pat un tendre retour De ramener son cœur vers son premier amour;

Et prière, et menace, et fierté de courage,

Tout vient pour le fléchir d’être mis en usage.

Mais, Sut ce changement qui semble vous gêner,

L ingratitude en Vain vous le fait condamner :

Vop yeux rendent pour lui ce crime nécessaire ;

Et s il cede.au remords quelqpèfoispour vous plairtt, Quoi que vous ait promis ce. repentir confus / * Sitêt <j[u’il vous regarde fl ne s’en souvient plus.

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JLes dieux me sont témoins que de, sou injustice Je souffre malgré moi qu’il me rende complice.

Ce qû’il doit à ma soeur méritpit que sa foi Se fit de 1 aimer seule une'sévcre loi ;

- Et quand des longs enuuis'où ce refus l'expose Par ma facilité, je me trouve la cause , V ,

41 ,-s ■ ' ARIANE. ;

lQi’est peine , supplie» où pour l’eu garantir ,

Lâqùtié «le ses maux ne me fit consentir.

D’amour que j’ai pour lui me noircit peu vers elle: Je l’ai pris sans songer à le rendre infidèle;

Ou plutôt j’ai senti tout mon cœur s’cnllammcr Ayant que de savoir si je voulcis aimer*»

Mais si ce feu trop prompt n’eut rien de volontaire, Il dépendoit de moi de parler, ou me taire.

J’ai parlé, c’est mon crime, et Thésée applaudi , A l’infidélité par là s’est enhardi.

Ah ! qu’ou sé défend mal auprès de ce qn’on aime ! Ses regards m’expliquoient sa passion extrême’; • Les miens à la flatter s’échappoieut malgré moi : N’étoit-ce pas assez pour corrompre sa foi ?

J’ous beau vouloir régler son aine trop charmée,

11 fallut voir sa flamme, et souffrir d’être aimée; J’en craignis le péril , il me sut éblouir. * »•

Que de foiblesse ! Il faut l'empêcher d’en jouir., Combattre incessamment son infidèle audace.

Allez, Pirilhoüs; rcvoyez-le, de grâce:

De peur qu’en mon amour il prenne trop d’appui, Otez-Iui tout espoir que je puisse être à lui.

J'ai déjà beaucoup dit , dites-lui plus encore*

' . PI R I t h o üs. • ,*■' •-

Nous avancerions peu , Madame , iLvous adore :

Et quand , pour l’étonner à force de refus , jS Y ous vous obstineriez à ne l’écouter plus,

Son amc toute à vous n’en seroit pas plus prête A 'suivre d’autres lois , et changer de couquète. Quoique le coup soit rude , achevons de frapper. Pour servir Ariane il faut la détromper;

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Ti tant lui faire voir qu’une flamme nouvelle^ * Ayant détruit l’amour qiie Thésée eut pour elle,

Sa sûreté l'oblige a ne pas dédaigner La' gloire d’unliymen qui la fera régner. t . 1 Le rbi l’aime, et son trône'esl pour elle un asile!

* PpKDRE. ' > '

u^>i ! je la trahirois , elle qui , trop facile ^ ,

■DP aveugle, à m’aimer, se confie à ma foi *<

Pour toucher un amant qui la quille pour. moi!

Et quand elle sauroit que par mes l’oibles charmes, Pour lui percer le cœur , j’aurois prêté des armes,

Je p^urrois a ses yeux lâchement exposer Les criminels appas qui la font mépriser!

Je pouh’Ois Joutentr le sensible reproche Qu’un trop juste éourroux .

PI RIT n OU S.

Voyez qu’elle s’approche.

Parlons : son intérêt nous oblige à bannir ,

Tout l’espoir que son feu tâche d’tyilreteiÇr. '

S£ÈNE IL *

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