‹ Repertoire general du theatre francais Th. CorneilleChapitre 44 sur 200 · ARIANE, PHÈDRE · texte numérisé non relu

ARIANE, PHÈDRE

. r • F II JL D RE.

Ce retour me surprend. Tantôt contre Tliôs^e Du plus ardent côurroux vous étiez embrasée j Et déjà ia raison a calmé ce transport ! * •

• ’ ARIANE. - •

Que ferois-}e , ma sœur? c’est un arrêt du sort. Thcsée-a résolu R’achever sou parjure , ,

Il veut me^oir souffrir : je me tais, et j’endure.

• PHÈDRE

Mais vous , répondea'-vous d’o.ublier aisément Ce que sa passion eut pour vous de charmant j D’avoir à d’autres vœux un cœur si peu contraire , Que.,,,. ‘ - .

» Je n’ai rien promis que je ne veuille faire.

Qu’il s’engage à l’hymen , j’épouserai le roi.

- PHÈDRE

Quoi ! par votre aveu même il donnera foi ?

Et lorsque son amour a tant reçu du Vôtre ,

Vous le verrez sans peine entre les bras d’une autre?

ARIANE

Entre les bras d’une autre ! Avant ce coup , ma sœur. J’aime, je suis trahie , on connoîtra mon cœur.

Cant de périls bravés , tant d’amour , tant de zèle , M’auront, fait mériter les sçius d’un infidèle!

A ma-lionte partout ma flamme aura fait bruit,

Et ma lâche rivale en cueillera le fruit •

f A HI A N E. TTT

J’y donnerai boiïordre. Il faut , pour la connaître , Empêcher , s’il sc peut , ma fnrear de paroître : Moins l’amour outragé fait voir «l’emportement, Plus , quand le coup approche, il frappe sûrement. C’est par là qu'affectant une douleur aisée f - Jc‘ feins de consentir à l’hymen de Thésée ;

A savoir son secret v intéresse fe roi.

Pour l’apprendre, ma sœur , travailliez a,V oc nroij Car je ne doute point qu’une amitié sincère • '' Contre sa traiiison n’arnie votre colère ,

Qqeyous ne ressentiez tout ce que sent mon cœur.

• PHÈDRE.- U

ïjindainc , vous savez.

ARIANE

Je vous connais, ma- soeur.

Aussi c’est seulériient en vous ouvrant mpn aine, Que dans son désespoir je soulage ma llamme.

Que de projets ^rahis ! .Sans cet indigne abus,. r J’arrètois votre hymen avec Pirilhoüs ;

Et démon amitié .cette marque nouvelle,

Vous «luit faire encor plus haïr mon infidèle.

Sur le bruit qu’aura fait son changement d’ajnour Sachez adroitement ce qu’on dit à la cour ;

V oyA Eglé , Mégifftc , et parlez d’Ariane.

Mais surtout prenez soin d’entretenir Cyancj C’est elle qui d’abord a frappé mon esprit.

.Vous savez que l’amour aisément se trahit : k

Observez ses regards, ■'son trouble-, son silence.

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