V. axiomètre
Quelques personnes donnent le nom de drousse à ce que nous nommons dran. V. ce mot. D’autres nomment aussi drousse ce que nous nommons saisines des bateaux : nous ne nous rangeons pas à leur avis.
DUNES, s. f.
angl. dowiis. — esp. mogotes. — ail dunen. — il. moiitic LLi, dure. — port, dunas.
Colline de sable sur le bord de la mer.
Les dunes sont un nom géographique.
DUNETTE, s. f.
angl. poop. — esp. cliop.i, cbopelta, toldilla. — ail. hitiler tbail.
— il. tugui io, coperta supérieur. — port, raina ra.
Petit bout de gaillard -élevé ù l’arrière des vaisseaux et sous lequel se trouvent la chambre du conseil et les logemens des principaux officiers. -
Par extension on donne ce nom à la cabane des officiers, et même au rouffie quand il n’y a pas de dunette.
DURE. Mer dure. •
anpl. liea-vy sea. * — ccp. mar duro, grueso mar. — ail. scJmere sec. — il. grosse mare. — port, grosso uiar.
La mer est dure quand elle est inégale, avec assez de force pour agiter le vaisseau au point de le fatiguer.
EAU. s. f.
angl. water. — csp. agua, — ait. wasser. — if. acqua. — port. fs.
agua.
Physiquement parlant , l’eau nous est rendue par l’atmosphère qui l’emprunte à la mer pour nous la verser de la seconde main ; mais il s’en forme de nouvelle par la réunion de certains gaz qui s’élèvent de la terre. C’est un composé d’oxigène et d’hydrogène. Lavoisier veut 85 parties d’oxigène et i5 parties d’hydrogène. M. Thénard veut 88-90 d’oxigène et 11-10 d’hydrogène.
L’eau est rendue fluide parla présence du calorique qui se combine avec elle sans altérer sa température. Si ce calorique augmente, l’eau passe à l’état de vapeur; s’il se dégage , l’eau retourne à l’état solide et devient glace, neige ou grêle.
L’eau , considérée chimiquement, est un protoxide d’hydrogène. Ses propriétés sont d’être transparente , sans couleur, sans odeur, sans saveur, compressible, élastique, véhicule du son , et de mouiller la plupart des corps. Elle cristallise par le froid , elle est plus réfringente que l’air d’environ yï, sous la pression de o,?6 centimètres. Elle entre en
ébulition ù 100“ ( centigrade) et elle augmente jusqu’à 1700 fois son volume. Elle forme alors de la vapeur ou gax transparent et visible, dont la force expansive a été employée avec succès dans les machines à vapeur.
L’homme de mer doit se souvenir que dans les divers pays qu’il parcourt, les eaux potables influent sur l’économie animale et portent le germe de plusieurs maladies. On leur attribue les goitres, le mal de cochin, etc. Elles contiennent souvent des sels calcaires ou ferrugineux, du sulfate de magnésie, de l’acide carbonique eide l’hydrogène sulfuré. En général, l’homme de mer doit s’en défier quand elle ne dissout pas le savon.
EAU de la mer.
ungl. sea water, sait vvater. — csp. agua de mar. — ail. sec wasser. — if. acqna di mare. — port, agua de mar.
L’eau de la mer a 976 fois plus de- densité que l’air, et M. Vial du Clairbois porte cette différence à mille fois. Cette densité est telle qu’une surface plane d’un pied carré, qui se meut perpendiculairement à sa surface avec une vitesse d’un pied par seconde, éprouve un effort égal à une livre sept onces Partant de là et delà loi du carré des vitesses, on peut calculer tous les déplaccmens perpendiculaires à une surface plane; et quant aux chocs obliques, on sait qu’ils sont par rapport aux chocs perpendiculaires, comme le rayon est au sinus d’incidence.
L’eau de la mer pèse plus que l’eau douce. La différence est comme 36 à 35. Le pied cube d’eau de mer pèse ù peu près 72 Iivrgs et l’eau douce 70. On attribue la différence do pesanteur entre l’eau douce et l’eau de mer, au sel que contient cette dernière; et, en effet, elle renferme du sel marin ou commun à base terreuse , du sel de glauber et de la sélénitc. Elle ne contient pas de bitume. Cent livres d’eau de
mer contiennent de trois à quatre livres de sel commun. Elle n’est pas également salée partout, elle l’est beaucoup davantage sous la zône torride, à cause des évaporations; et au surplus ^ partout oé il se trouve des dépôts de sel réunis en mines ; 1er mer est plus salée. Y. l’article mer.
EAÜ douce embarquée.
On a long-temps fait usage de futailles de bois pour embarquer l’eau destinée i la consommation journalière. Ces futailles contribuaient à corrompre vivement l’eau , et quelquefois elle était infecte quand on la buvait , ce qui causait au moins de mauvais effets sur la santé des équipages, et .disposait aux maladies si cela n’en donnait pas. Les officiers ' se préservaient de ces mauvais effets par des filtres de pierre ou par ceux, de cush, au charbon. Ce dernier filtre avait fait naître l’idée de carboniser l’intérieur des futailles, chose facile en donnant plus d’épaisseur aux douelles. Mais, aujourd’hui, les vaisseaux du roi font usage de caisses de fer dans lesquelles l’eau se conserve beaucoup mieux. V. caisse. Le commerce ne faisant pas la dépense de caisses de tôle, on ne peut mieux faire que de carboniser l’intérieur des futailles de bois , faute de mieux.
EAU changée.
La différence, de brassiage change la teinte de la douleur de la mer; moins elle est profonde, plus elle pâlit. Ainsi, dès qu’on trouvelacoulcurde la mcrplusclaire, onenennelut que sa profondeur diminue. C’est un indice de fond auquel on se trompe peu ; car des yeux accoutumés à la teinte bleue foncée et presque noire de la mer sans sonde, S'aperçoivent tout d’un coup du changement de couleur qu’elle éprouve aux approches du fond.
Indépendamment de la diminution du brassiage, la mer est encore sujette à prendre des teintes diverses auprès de
terre 4 l’eipboochure des grande flçuvfiî, des riTièrcs,rajiides. V. doucin.,,1 . i ...i <| *, ii. .> i;i:ufnii-;>i ->«■] !«> i
EAU dessalée. • *
On a souvent fait des essais pour dessaler l'eau de uuer à bord des vaisseaux et la rendre potable, mais la quantité de bois que cela consommait avait dégoûté de ces opération^. En 181?, M. Lesage ayant écrit que l’eau de mer dessalée avait un goût neptunien, qu’elle Contenait des substances oléagineuses nuisibles à l’économie animale , le ministre de la marine, inquiet sur ccs résultats qui pouvaient être Natals à la corvette du roi, l’Uranie, qui partait pour faire le tour du monde avec les appareils nécessaires pour dessaler l’eau de mer^ le ministre , dis-je , ordonna des expériences décisives à Toulon. Je fus membre de la commission.
On prit de l’eau au large du capCepet , afin qu’elle fût dégagée des alluvions du port et de la rade. Ou la distilla dans les alambics ordinaires de la pharmacie avec du charbon de terre pour combustible, et l’on choisit six forçats de tempéramens dififérens qui furent soigneusement renfermés à l’hôpital, avec faculté de se promener deux heures par jour sous la surveil-1 lance la plus rigoureuse. On les mit le 7 août à l’usage de l’eau distillée pour boisson; ou lit cuire leurs alimens à’part dans de l’eau distillée, enfin toute l’eau dont ils ont) fait usage, de n’importe quelle manière, fut de l’eau distillée. Ils sont restés dans cet état jusqu’au 5 septembre, ce qui fait vingt-huit jours. Us ont été soigneusement visités tous les jours, et le vingt-huitième jour, ils jouissaient d’une santé parfaite.
L’eau de mer distillée s’est trouvée de la même pesanteur spécifique que l’eau douce distillée; elle doit être conduite avec un feu modéré, elle cuit bien les alimens, elle dissout bien le savon, elle ne contient aucune substance oléagineuse, et son usage , pendant un mois , ne peut être nuisible à la santé; tel fut le résultat de l’expérience.
EAU. Faire l’eau, faire son eau.
angl. to water. — esp. hacer aguada. — ail. vaaser pioviaut ein nehoien. — it. far acqua. — port, fazer aguada.
C’est faire aiguade. V. aiguade.
Ce mot faire l’eau ne doit pas être confondu avec le suivant dont il est bien différent.
EAU. Voie d’eau.
angl. leak. — esp. agua. — ail. leck. — it. t'alla , crepatura. ‘ ,
— port, veia de agua, agua aberta.
Passage que l’eau de mer se fait pour pénétrer dans un bâtiment. En général, le calfatage est bon, et ce n’est pas par les coutures que le plus grand nombre des voies d’eau a lieu, c’est par quelque relâchement des liaisons, ou par quelque écart largué, c’est par quelque gournable oubliée, ou parquelque clou.
EAU. Faire eau.
angl. to leak, to tpring a leak, to be leaky. — esp. hacer agua, tomar un agua. — ail. lecken, leck seyn, cine leck springen.
— it. fare «ma falla, trapellare, far acqua. — port, abrir agoa, fazer agoa, tomar bum agoa.
Un vaisseau fait eau quand il a contracté une voie d’eau. V. le précédent. Si la voie d’eau est assez considérable pour exiger le travail perpétuel de toutes les pompes, on dit que le vaisseau est aux veux à toutes ses pompes; expression qui veut dire que le cas est désespéré, et qu’on est dans le cas de faire un veu pour implorer l’assistance du ciel. Ces veux ne sont pas rares sur les navires du commerce , et on voit bien des églises ornées d’cxvoto. Il y a même des églises qui jouissent de beaucoup de célébrité à cet égard. L’une des plus fameuses est Notre-Dame-dcs-Grûccs, près de Honfleur.
EAU, plein de l’eau. V. plein.
EAUX d’un vaisseau.
angl. -wake. — esp. estela de un navio,agua de! timon. — ail. kiel vrauer. — it. Stella d’una nave. — port, esteira de hum navio.
On eulend par les eaux d’un vaisseau, la sille , la houache,
l’eau qui s’échappe de sous la carène quand il marche. Ainsi un vaisseau est dans les eaux d’un autre quand il se trouve dans le prolongement de sa quille , c’est ainsi qu’on l’entend en tactique, quoique, è proprement parler, l’expression rigoureuse, des eaux, devrait s’entendre, être dans la sille d’un vaisseau , soit au plus près , ou autrement, ce qui change la position.
EAUX vives.
On entend par eaux vives celles qui, coulant sur la surface de la carène, viennent frapper le gouvernail. Ainsi, un vaisseau a peu d’eaux vives quand sa forme est pleine et telle que l’eau ne puisse se diriger de loin sur le gouvernail. Il a au contraire beaucoup d’eaux vives quand il est fin, quand il a beaucoup d’échappée ou de coulée, ce qui veut dire quand ses lignes d’eau forment à l’étambot un angle très-aigu. D’après cela, ou conçoit que beaucoup d’eaux vives rendent un vaisseau bien gouvernant.