A BORD
angt.a boad. on board, access, approach. — esp. abordo. — ail. am bord , binnen bord , im sebiffi'. — it. abbordo. — port, a bordo.
Être dans le bord, dans le vaisseau. II est â bord.
Aller à bord, au vaisseau. Je vais à bord.
Commandement de mettre à bord, d’aborder. Cela se dit à un bateau.
ABORD, s. m.
Approche d’une terre, d’uu quai, d’une rade. Synonyme
d’accès.
ABORDABLE, adj.
a igl. accessible. — esp. de facil acceso. — ail. vnr dru nianleicbt komnien konn — it. ubbordabile. — port, accessivil.
Que l’on peut aborder; ce mot n’a pas besoin d’explication.
ABORDAGE, s. m.
Action d’aborder. V. aborder.
ABORDÉ, adj.
Qui reçoit l'abordage. V. aborder.
i. ABORDER, y. a. par accident.
a ngl. to fall a board, to run foui of each other. — esp. abordar, atracar. — ail. anl'ein under tieiben. -■ it. abbordani. — port, abordar.
a. ABORDER — l'ennemi ; aller à l'assaut.
angl. to board. — esp. abordar. embestir. — ail. ente:n. — it. arrembarc. — port, arpar, arpuar.
3. ABORDER — à terre ou dans un bateau , mettre abord d’un vaisseau; aborder une côte foraine.
angl. to l,ind , to corne a long si<!e. — esp. ar.ib.ir. — ail. ankomiuen. — it. approdare. port, arribar.
ABORDER — de long en long.
angl. to board foie aod aft. — esp. abordar de popa a proa ,
— ail. voruc: U’ d liintero ankoiomen (oder) . eniern. — it. arrembare de poppa a proa. — port, i parie poppa a proa.
ABORDER — par la hanche.
angl. to board on the quarte r. — esp. abordar por la aleta de popa. — ait. uni die huf;e ankommen, (oder) e 'tero. — it. arreinbareperlc quartieie.— port, irparporlo quarto de poppa.
ABORDER — par le bossoir.
angl. to board on the bow. — esp. abordar por la grua. — ail. aus i.er krahn entera. — it. arreaibura par la grua. — port, urpar por lo tarco.
ABORDER — debout au corps.
angl. to board end on. — e*p. abordar la proa sobre bordo.
— ail. mit der spitze in tlie seite fahrcn. — il. arrembarc colla proasoprala banda. — port, arpar proa pela lado.
i. Aborder par accident, consiste à aborder involontairement, soit par force majeure ou par maladresse; on aborde dans une mauvaise tenue , en chassant sur ses ancres de temps forcé ; on aborde de nuit ou de brume quand on ne peut rien voir au large; on aborde dans la débScle d’une rivière; on aborde quand on est pris de calme à la mer ; enfin, on aborde en flotte quand on est démâté.
Presque tous les autres abordages involontaires ont lieu par maladresse. C’est par maladresse qu’un vaisseau à la voile en aborde un autre qui est à l’ancre ; c’est par maladresse qu’on aborde en appareillant ou dans une évolution manquée ; enfin, c’est par maladresse et entêtement qu’on aborde en louvoyant; on met de l’amour-propre à passer au vent l’un de l’autre ; de là résultent des avaries fréquentes. Ces avaries doivent être supportées par tous les deux, quand elles résultent de force majeure. Elles sont avaries grosses; mais lorsque l’abordage résulte de maladresse, l’abordeur paie les avaries de l’abordé. Ainsi, l’abordeur sous voile paie les avaries qu’il fait à celui qui est à l’ancre. — L’abordeur sous voile qui coupe ou rague un câble mouillé d’un vaisseau à l’ancre , répond du préjudice. — Si l’abordé et l’abordeur sont tous deux sous voile , celui qui aborde sous le vent paie les avaries de celui qui est au vent. (Code, tit. XI, liv. II, art. 407 et suivans. )
a. On aborde l’ennemi pour lui donner l’assaut et l’enlever l’épée à la main. On peut aborder de long en long, ou par devant, ou par derrière, ou debout au corps, au vent ou sous le vent. S’élancer surle vaisseau ennemi, s’appelle sauter à l’abordage. Aborder l'ennemi est une manœuvre brillante, habile autant qu’audacieuse; elle demande tout le jeu des
voiles et du gouvernail ; elle dépend des mouvemens de l’enncmi;il faut pour qu’elle réussisse, tout le tact, toute la dextérité de l’homme de mer habitué à sentir sous le pied le transport de son vaisseau qu’il faut d’ailleurs bien connaître. Ce genre de combat fit la gloire de Dugay-Trouin, et de nos jours la prise delà frégate anglaise l1 ambuscade , par la corvette française La Bayonnaise, a prouvé que les Français ont conservé leur supériorité dans les faits d’armes de cette espèce. La condition essentielle pourl’abordeur, c’est la supériorité de marche , sans quoi il n’abordera pas A égalité de talens et d’accidens : réciproquement, si l’abordé marche moins, tous ses efforts seront vains devant un bon manœuvrier, il sera abordé : et cependant il ne doit point se déeourager, parce qu’une faute, un faux mouvement de l’abordeur, peuvent le placer dans une mauvaise position dont l’abordé profiterait.
Les partisans de l'abordage sous le vent se fondent sur ce que l’abordé au vent se trouve entre le vent et Fermerai, et qu’il ne peut fuir qu’en donnant vent devant; alors il serait abordé dans l’évolution, ce qui augmenterait la confusion sur son bord.
Cependant cette manœuvre a ses dangers, car si l’abordé attend que son ennemi ait le beaupré sur sa bouteille, et que dans ce moment il masque brusquement devant, en ralinguant derrière; il abattra de telle sorte, qu’il engagera le beaupré ennemi dans ses grands haubans, enfilade qui décidera la victoire.
D’un autre côté, l’abordeur au vent ne peut réussir que avec une supériorité de marche bien décidée ; et si l’abordé largue toujours en dépendant, il finira par se trouver vent arrière, l’avantage du vent sera perdu pour l’abordeur qui se tenant toujours prêté monter à l’assaut, expose beaucoup de monde, et doit en perdre beaucoup par ces arrivées successives.
Au surplus il faudrait faire un cours complet des manœuvres militaires pour traiter cet important sujet comme il le mérite; nous écrirons moins pour le marin de combat, que pour l’armateur au commerce et pour le navigateur: nous nous bornerons à observer que l’abordage de toute espèce doit se proposer pour but principal, d’éviter un choc trop vigoureux; car deux capitaines malhabiles peuvent se couler bas réciproquement.
3. Rien n’est facile comme d’aborder un quai ou une cale : il suffit de laisser aller de bonne heure et de scier partout s’il le faut , pour rompre l’air; mais il n’est pas aussi aisé d’aborder une côte foraine dans les lames, il faut être muni d’un cablot et d’une sabaye. On évite bout pour bout à distance de plus de moitié du cablot; on mouille alors et on vient dans les lames en culant et filant du cablot, on tient bon à propos et l’on envoie la sabaye à terre; à l’aide de ces deux amarres on vient aussi près que possible , et on débarque comme on peut, mais rarement sans se mouiller, s’il y a un peu de lame.
L’abordage d’un vaisseau par un canot présente beaucoup de circonstances diverses. i° A l’ancre de beau temps à la rame, par devant ou par derrière; a° même situation, mais i la voile; 3° à l’ancre de temps foicé par vent ou marée; 4° à la mer sous voile, et le canot à la rame. Ces quatre cas offrent encore beaucoup de nuances. Un canota la rame qui aborde par derrière, met le cap sur la bouteille du vaisseau à l’ancre ; et donnant grand air, il laisse allerpartout quand il est entre la bouteille et le porte-hauban d’artimon, son air le rend en place. S’il aborde par devant, il passe à demi-longueur en avant, fait un circuit dont le rayon estau moinsla longueur du vaisseau, et sans approcher, vient prendre connaissance des sauve-gardes du gouvernail; l’évolution s’achève comme la précédente. Si le vaisseau est debout au vent et le canot à
la Toile, ce dernier s’élèvera de manière à attraper à bout de bord sous les grands porte-haubans; alors étant tout auprès il donnera vent devant, et quand il sera debout au vent, filant toutes ses écoutes, et amenant partout, il recevra les amarres du bord et l’abordage sera fait. Si le temps est forcé ou s’il y a grand courant, le canot sera à la rame ; alors s’élevant au vent du vaisseau mouillé , il évitera comme le vaisseau, et culera sur ses avirons jusques sous le bossoir ou il fera son abordage joue contre joue.
En pleine mer, sous voile en travers, avec bonne brise, on aborde au vent ou sous le vent. Au vent , on est chargé sur le vaisseau par lèvent, mais le vaisseau en dérivant laisse au vent un remou dans lequel on est un peu tranquille. Sous le vent au contraire on est chargé par le vaisseau dérivant, et les fausses lames qui s’échappent de dessous le vaisseau forcent le canot à se défendre continuellement contre les porte-haubans et les canons de la batterie : l’officier intelligent se décide suivant le temps.
ABORDER, — S’ABORDER, v. r.
Les marins français donnent à ce mot un sens très-étendu : un homme qui s’accroche, qui se frappe, se heurte , se blesse, dit qu’il s’est abordé.
ABORDEUR, adj.
angl. boarder. • — etp. abordador. — ait. engrt ifer. — il. abbordatore. — port, abordador, arpai.or.
C’est celui qui aborde. — Combattant destiné par le rôle du combat pour rnouter à l’assaut avec son escouade.
ABRAQUER, va.
ançt. round in, round up. — etp. alar. — ait. an-bolen. —
U. izzarc , liramollare. — port, espiar , alar.
Haler vivement et sans effort , de telle sorte que la résis-
tance ne sente pas la puissance. On abraque main sur main,, on abraque le mou ; mais dès que l'effort ou la résistance se font sentir, on n’abraque plus, on haie.
ABREUVER, v. a.
angl. to soak. — esp. abrcvar. — ail. befeuchten. — it. adacquare. — port, rnsiqiar.
Ce mot est peu employé. On abreuve un canot qui a été long-temps échoué; on le coule entre deux eaux pour gonfler son bois desséché, ou bien on le remplit d’eau ù terre.
ABRI. s. m.
angl. shelter. — etp. abrigo- — ail. oit. — it. rifugio , sicuro.
— port, abrigo.
Position où l’on n’a rien à craindre de l’objet redouté.
ABRITER, v. a.
angl. to ahelter , to becalm , to securc. — esp. abrigar. — ait. brdeckten. — it. liilendere , guatentirc. — port, assombrar..
Être interposé entre l’objet menacé et l’objet redouté. Une pointe abrite de la grosse mer, une côte abrite du vent. On est abrité quand on est ù l’abri; un vaisseau en abrite un autre.
ABSIDE, s. f. V. apside.
ABUTEMENT. s. m.
ançt. scarf, butt and butf. — etp. linde. — ail. vers cherbcn. it. confinante. — port, encolamentn.
Jonction de deux pièces de bois par leur extrémité. Un écart est un abutemcnt. V. écart — L’abutement n’a pas de tenon.
ÀCALMIE. s. f.
angl. loti. — etp. nbonanza. — ail. augcnblick guten wcters. it. abonanza. — port, abonacia.
Transition du vent au calme.
ACASTILLAGE. s. in. .
angl. upper Works, caived Works. — esp. acastillage. — ail. oben wet k , sbnitz wcrk. — it. accastellamento . — port. acastcllada.
. Autrefois les gaillards se nommaient château , castel a fait acastillage.
On entend par ce mot tous les ornemens des œuvres mortes. On commence à s'en dégoûter. On a proposé des poupes rondes sans galeries ni bouteilles , et des éperon^sans écharpes ni poulaine. Cela pourra valoir mieux, mais cela n’aura pas autant de grâce.
ACASTILLER. v. a. Faire i’acastillage.
ACCÉLÉRATIVE. adj. Force accélérative.
La, force accélérative produit le mouvement accéléré. Tel est, par exemple, celui que produit la pesanteur. La force accélérative agit jusqu’à ce que la résistauce du milieu rende le mouvement uniforme : c’est le maximum de la vitesse.
La voile produit sur le vaisseau un mouvement accéléré; mais la résistance que l’eau lui oppose, augmentant comme le carré de la vitesse, ne tarde pas à rendre cette vitesse uniforme.
ACCLÂMPER. — pour jumeler.(En désuétude. )
ACCON. s. m.
C’est un mot de colonie, l’accon est une allège. Y. ce mot. ACCOR. s. m. .
angl. baulk, shoar, shpre , edge. — esp. puatal, costone, escora t rinça , cantill — ail. stutzen. — it. t igbe , puntal , ponlal. -port, envazadura , esbirro , escora , regeira, vaso.
Pièce de bois brut dont oa se sert obliquement pour appuyer un vaisseau sur le chantier, ou partout oû il est nécessaire .de le tenir éqhoué droit. Les accors ont plus ou moins d’épatement, selon qu’Hs sont plus ou moins élevés. L’épatement des accors de précinte peut avoir un sinus égal à leur (t. l) (i.)
4 ( 12 ) ' demi-hauteur, ceux de dessous sont presque verticalement placés. La tête (en sifflet) de l’accor porte sous un fort taquet, le pied sur une semelle est muni de coins, pour lui faire prendre ou perdre charge, à volonté.
C’est aussi la partie la plus voisine de l’escarpement d’un banc ou d’une côte, l’endroit ou le talus prend naissance, en haut et en bas.
On dit qu’on est mouillé à l’accord d’un banc; la mer est
dure sur l’acier du banc de Terre-Neuve.