V. catacoas
CACHER, v. a.
angl. to «hut. — etp. esconder. — atl. bedecken,— it. copriie. port, e scander.
On cache une pointe l’une par l’autre, quand en courant un bord au large on les amène dans une telle direction que l’une cache l’autre.
CADRE, s. tn.
angl. cradle. — esp. catre — ail. quadre. — it. quadro — part, quadro.
Carrée de bois grande comme un lit, et supportée par quatre pieds. On la fonce avec du bitors, et on met un matelas dessus pour y coucher lin matelot malade, au poste du chirurgien. On dit qu’un vaisseau a beaucoup de monde sur les cadres, quand il a beaucoup de malades.
CADRE à l’anglaise.
angl. cott. — etp. catre ingies. — ait. englisch quadre. — it. quadra ingleze. — port. maca.
Lit suspendu par deux araignées. C’est une enveloppe de toile à voile, dans le fond de laquelle on place une carrée de bois, foncée entoileavecle coucher par-dessus. Sa suspension laisse assez de mouvement pour qu’il puisse osciller aisément et avec douceur. Son volume, sa carrée, ne lui permettent
iti
pas d’entrer dans les bastingages, en conséquence les matelots n’en ont pas.
CAGE à drisse. V. baille.
Cage de menuiserie, à grands rides et peu de plein, dans laquelle on cueille, on love les drisses, pour qu’elles soient toujours parées, et qu’on ne les foule pas aux pieds.
CAGE à poules.
angl. hen coup. — ttp. gallineros. — ail. huhner korb. — it. gallinaji. — port, galiiiiheirus.
Grandes cages dans lesquelles on loge les volailles de toute espèce que l’on etpbarque vivantes. On les place partout où elles ne peuvent gêner, mais surtout derrière. Ces cages vont devenir moins utiles depuis l’invention d’ Appert, qui a imaginé un nouveau procédé pour conserver les viandes cuites pendant des années , sans aucune altération.
CAGNARD, s. m.
angl. weather cloath. — esp. encerado. — ait. fauleaze r. — it. panno perriparare. — port, encerado por abrigo.
Dans l’acception ordinaire de. ce mot en français, on entendit d’abord un homme fainéant, lâche, mou. Aussi a-t-on depuis donné ce nom dans la marine à l’abri qu’on offre aux matelots qui craignent le mauvais temps. Le cagnard est un prelart qu’on étend dans les haubans du côté du vent; ceux qui veulent se mettre à l’abri derrière cette torle s’y réunissent. Il a donné lieu au mot actuel cagne, qui le remplace dans sa première acception. V. cagne.
CAGNE. s. f.
angl. luberly. — etp. poltron. — ait. faulcuzer. — it. codardo.
— port, prcguicoso.
Mot injurieux, surtout chez les Provençaux, qui entendent par là un homme paresseux, et qui cherche toujours l’abri. CAGOliSSE. s. f.
Petit siège qu’on pratique dans les navires sur les écharpes de poulaine, pour servir de latrines aux matelots.
CAGUfi. s. f.
angl. cag, keg. — esp. caga. — ail. kagg. — il. caga. — pari. uaga.
Petite embarcation qui navigue sur les canaux de Hollande. CAILLEBOTE. s. f.
angl. hook. — esp. muesca, endentadara. — ail. aapfen in die scherb maaten. — il. intaglio port, endentadnra.
Espèce de tenons à croc que l’on ménage sur les faces de la mèche d’un mât d’assemblage. Les jumelles ont des entailles correspondantes, dans lesquelles les cailiebotes se noient. Chaque tenon est un parallélogramme rectangle, d’une longueur quelconque; il se joint en échiquier, par un angle, à ses voisins haut et bas. Le tout ensemble prend le nom de caillebote. On a proposé de les remplacer par des tenons rapportés, ronds et très-gros. Ce. procédé, aussi solide que l’autre, a été essayé é Toulon, d’après la mâture de la Proserpine , frégate angjaise prise ; il a l’avantage de pouvoir employer de plus petit bois. V. jumelle.
CAILLEBOTIS. s. m.
angl. gratings. — esp. aljadrez, jarctas, en jaretados. — il. qnartieri. — port, xadrez, quarte» dos xadrezes.
Grillage de bois dont on recouvre des écoutilles, et dont on recouvrait même la moitiédespassavans, avant la nouvelle installation , qui veut supprimer les passavans. Ce grillage est fait de petits barotins croisés de lattes de pareille largeur, qui les traversent à angles droits, laissant entre tous à peu près autant de plein que de vide. L’objet des caillebotis est de donner du jour , de l’air, et passage à la fumée dans un combat; ce qui est très -bien pour un vaisseau de combat. Mais le navire marchand doit considérer quç même avec une galiole et un bon prelart, une écoutille à caillebotis donne toujours de l’eau dans le mauvais temps ; inconvénient pour un navire du commerce, qui ne doit jn^ mais admettre d’humidité entre ses ponts.
CAILLORNE. V. ci-après caîcrne.
CAJOLER, v. n.
angl. to back and fill. — ttp. vacuar. — ail. acherten. — it. üchcrtare. — vori. jogar.
C’est masquer et faire servir successivement et à petits intervalles. Cette manœuvre est commune dans les rivières, trop étroites pour y louvoyer. Elle a lieu quand le vent est contraire et la marée favorable : c’est ce qu’on voit souvent dans la Charente au-dessous de Rocliefort. Dans cette manœuvre, le vaisseau emporté par le courant, peut rencontrer un danger ou un autre vaisseau , alors on vire de bord , en laissant tomber une ancre presque à pic; le vaisseau faisant tête, lance à l’aide de son gouvernail; on déplante aussitôt, et l’on continue de cajeler sur l’autre bord.
CAÏORNE. s. f.
angl. winding. tackle. — etp. aparejo réal. — ail. gien block.
— it. parancho a tre ochi. — port, patesca, pute cademal, guindareza.
L’orthographe de ce mot n’est point déterminée; les uns écrivent caïorne, d’autres caliorne , d’autres caillorne, d’autres enfin, cayorne, et nous croyons que cette dernière orthographe est la meilleure, parce qu’elle est plus conforme à la prononciation en usage.
La caïorne est un palan; voyez palan; et pour éviter les répétitions, voyez poulie.
Les poulies de la caïorne ont tous leurs rouets sur le même essieu. Presque toujours les deux poulies sont en trois ; quelquefois l’une d'elles est en deux, la caïorne étant grosse et le garant fort , sert à enlever les plus lourds fardeaux. On reproche à cet appareil d’avoir tous ses rouets, par conséquent toute la charge sur le même essieu, d’écraser le rouet d’où part le courant du garant, et de le mettre bientôt hors de service. Très-souvent les caïornes sont composées de poulies
ferrées, d’essieux et de rouets de fonte, et souvent l’eslrope cl le rigot sont de fer.
CAÏQLE. s. f.
Petite embarcation en usage dans l’Archipel et à Constantinople, et d’une grande vélocité.
CAIRE ou KAIIIE. s. m.
angl. coirc. — tsp. kairu. — ail. koire. — il. kairo. — port. cairo.
Le caire. est la bourre du coco. Le coco est un fruit de la eône torride; il est produit par le palmier cocotier. L’enveloppe ligneuse de ce fruit est environnée d’une chair filandreuse qui, séchée et battue, ressemble à une espèce de grossière filasse chargée de chénevotes. Les fils qui la composent se commettent passablement bien, mais avec peu de tors, parce qu’ils sont courts, durs, et fort élastiques. Aussi ces câbles foni-üs moins d’effort que ceux de chanvre. Un vaisseau dont le grand câble de chanvre est de 14 pouces, en prend un de 20 pouces en caire. Les désavantages de ces câbles sont d’être très-raides et difficiles â manier. Ils ne donnent point de signes de décadence et rompent inopinément ; mais en revanche ils sont trè9-êlastiques , et dans un coup de vent, ils allongent sur le bal sans casser; ils réussissent très-bien dans les mers chaudes et ne s’étripenl point. Mais il faut se garder de laisser tomber dessus un seul grain de ris, carà l’instant même, il devient vert, et aigrit le cordage au point de rompre dans les premiers efforts. Les parias, et autres vaisseaux de l’Inde, n’ont pas d’autre cordage pour gréement.
CAISSE, s. f. Caisse de poulie.
angl. slicll. — esp. caja de un niolou. — a//. î.aus eincsl blet!;.
— il. cassa d’iiD bozzello. — port, caixa de hum moutfto.
La caisse de poulie est le morceau de bois dans lequel sont percés les clans où se placent les rouets. Celte caisse a la
forme d’une ellipsoïde quand on la regarde par le bout dé l’essieu. Sou épaisseur est relative à l’effort qu’on en attend. V. poulie. L’eslrope l’embrasse en passant dans une conclure qu’on lui ménage à ses deux extrémités, d’où elle vient presque à rien sur le bout de l’essieu.
CAISSE — futaille.
angl. iron cask. — ap. I.arrît de hierro. — ail. eisein fas». — il. barile di ferro. — port, barrit de ferro.
Caisse de tôle à peu près carrée, dont les feuilles sont soi gneusement rivées, et très-étanches. Le dessus est percé d’un grand trou rond; c’est par là qu’on la remplit; mais il peut être quelquefois pressant de pomper l’eau de la calle pour alléger le vaisseau; et ces caisses presque cubiques, arrimées près les unes des autres, ne peuvent se renverser; on ne peut, d’ailleurs, atteindre à leur dessous pour les crever. On a imaginé, en conséquence, de mettre dans un de leurs angles, une tige conduite par un guide; cette tige aboutit à un tampon à vis, vissé dans le fond de la pièce, et dont Ja tête carrée entre dans la tige comme duns une clé de montre. Au moyen de cette disposition, on ouvre à volonté ce tampon, et l’eau s’écoule. Les premières caisses de France ont été faites à Toulon ; on en fait de la même capacité que les pièces de quatre. Elles occupent infiniment moins de place que les futailles de bois, et forment un trèsgrand changement dans le système du vaisseau, dont elles abaissent le centre de gravité.
CAISSE de mât dé hune.
angl. font of a top mast. — etp. pii: de uiaatelero. — ait. sien gen fus*. — if. pié d’un atbco di gabbia. — porl. pé do maitarco, caixa do mastarco.
C’est le pied carré saisi par les élongis et qui est percé d’un trou pour la clé, avec un ou deux clans pour la guinderessc, et une engoujure pour le braguet. La caisse n’est pas
toujours entièrement faite avec ic pied du mât; il y a souvent des pièces de rapport daus les angles.
On nomme caisses, de grands coffres amarrés auxchaines des corps morts sur les rades, leur face émergée est percée d’un écoutillon pour y descendre et en jeter l’eau. On y trouve aussi un fort organeau où l’on peut frapper une aussière dans les mouvemens de rade.
CAISSONS de la chambre.
Nous les avons fait connaître au mot bancs.
CALAISON. s. f.
Etat d’un vaisseau plus ou moins calé sous sou chargement.
CALANQliE. s. 1.
Terme du levant; c’est une crique. V. crique.
CALCET. s m.
Se trouve encore daus les vieilles relations du levant ; c’était la partie qui faisait la tête des mâts des galères CALE. s. f.
ungl. bold. — esp. bmli.’ga. — ail. rauiii, botl, bubl. — il. cala.
— port . porâo.
La cale est comme la cave des vaisseaux: et de l’étrave à l’étambot elle renferme tout l’espace depuis la carlingue jusqu’au-dessous du premier pont. Cet espace très-considérable contient le faux pont et toutes les distributions qui servent à loger les munitions de toute espèce dans les vaisseaux du roi. Mais dans les navires de commerce , beaucoup porter est le point essentiel , et il n’y a jamais trop de place. On fait donc dans la cale le moins de distributions possible, et le reste de l’espace est réservé aux marchandises du chargement. On n’y voit que les soutes au pain, l’archipompe, et quelquefois un compartiment de l’avant, où l’on entre par une porte àhauteur du dernier plaH, compartiment que dans quelques ports on nomme gaviau.
CALE. s. f.
Mot générique qui signifie un plan incliné, parlant du bord de l’eau.
La cale d’un quai, est un plan incliné plus ou moins, qui part du bord de l’eâu et arrive à la hauteur du quai; elle facilite l’abord d’un quai, le chargement et déchargement des bateaux. On fait des cales vis-à-vis des magasins, partout enfin où les bateaux doivent aborder.
CALE de construction.
angl. slip fort sbip building. — esp. astillero. — ail. zimmer werft — il. cantiere. — part, ostaleiro.
Plan incliné vers la mer, destiné à la construction des vaisseaux, et sur lequel on les fait glisser quand on veut les lancer à la mer. V. bert.
Lorsqu’on veut réparer un vaisseau et qu’on n’à point de bassin disponible, on prend le parti de l’échouer sur une cale, au haut de laquelle on le vire à coup de cabestan. Il ne sera pas inutile de dire un mot du plan incliné à l’homme de mer, pour le mettre à même d’apprécier les deux opérations de lancer , et virer sur une cale.
Si un corps est porté par un plan quelconque , ce plan lui résiste suivant une perpendiculaire au plan. Si celte perpendiculaire est verticale, le plan est horizontal et supportera la plus grande charge possible, c’est-à-dire, le corps n’aura point de pesanteur relative à l’inclinaison du plan, mais il pressera le plan de toute sa pesanteur absolue.
Si le plan est vertical, il ne résiste point au corps, sa charge est zéro, et la pesanteur absolue du corps est nulle pour le plan.
De ceï deux extrêmes, il résulte que, si un plan incliné supporte nn poids, sa charge sera d’autant plus grande qu’il sera moins incliné; donc la charge qu’éprouve un p'an in-*
dîné n’est jamais aussi considérable que lu pesanteur abso-> lue du corps qu’il supporte.
11 faut en conclure que la force capable de retenir un corps en équilibre sur un plan incliné est toujours plus petite que le poids du corps.
Un vaisseau qui glisse sur une cale, glisse donc avec une pesanteur relative , moindre que sa pesanteur absolue, puisque le plan en soutient une partie.
On démontre facilement que la pesanteur absolue est à la pesanteur relative à l’inclinaison comme le sinus total est au sinus d’inclinaison.
Il s’ensuit que la puissance qui retient un corps en équilibre sur un plan incliné, est à la résistance que ce corps lui oppose, comme la longueur du plan est à sa hauteur; ou, ce qui revient au même, la puissance est au poids comme la longueurdu plan est à sa hauteur, en supposant la puissance parallèle nu pian, ce qui a lieu quand on vire un vaisseau sur une cale. Avec ces principes fondamentaux , l’homme de mer résoudra toutes les questions relatives au mouvement sur les plans inclinés, lorsque la direction de la puissance sera parallèle à la direction du plan
On voit bien que nous n’avons pas tenu compte des frottemens qui sont considérables et auxquels il faut avoir égard.
CALE. s. f. — donner la cale.
angl. keel hauling. — ttp. cala. — ail. Iioll leibes «Uiale an thun. — il. dar la cala, dar la caduta. — port, tratos de pôle.
Donner la cale est un châtiment très-sévère , c’est le résultat d’un jugement rendu par un conseil de guerre. Au moment de faire justice, on tire un coup de canon et on hisse pavillon rouge à la poupe. Le patient est assis sur un anspcct suspendu par un cartahu passé au bout de la grande vergue; on met un fort cabillot au-dessus de sa tête et un autre à la
hauteur de ses épaules, c’est avec ce dernier qu’il se tient; au signal donné, on le hisse au bout de la grande vergue d’où on le laisse tomber à l’eau ; on le rehisse aussitôt pour le laisser ensuite retomber aussi souvent que le jugement le prescrit. Assez souvent , c’est trois fois