V. attint. Dans ce sens caler c’est atlinter
CALER, v. n.
angl. to settlc, to «ink deeper. — esp. calar. — al!. sinken. — il. calarc. — port, catar.
Caler est un diminutif de couler, car c’est submerger plus ou moins la carène d’un vaisseau. Vocale.
CALER, v. a.
C’est donner la cale. V. cale donner la cale.
CALER, v. a.
angl. 'to lowcr. — ttp. calar, auiar. — ail. streinhen. — il. aliassare, calarc. — port, arriar.
C’est amener, abaisser. Ce mot ne se dit guères que des basses vergues et mâts de b une el de perroquets.
CALFAT. s. in.
angt. caulker. — csp. calafatc. — ail. kalfater. — il. calafat >.
— port, calafate.
Ce mot nous vient du Levant, et en effet en syriaque le mot kalfoto signifie écorce. (V. les vocabulaires comparés de Pallas). Personne n’ignore que les premiers calfatages ont été faits avec de l’écorce.
Le calfat est celui qui calfate. (V. calfater).
CALFATAGE, s. m.
C’est l’ouvrage du calfat. V. calfater.
CALFATER, v. a.
angl. tocaulk. — esp. calafatear. — ait. kalfatern. — il. calafatare. — port, calafetar.
Boucher tous les endroits par où l’eau peut s’introduire dans un vaisseau. Ces endroits sont : les gelivures, les nœuds, les têtes de clous , les trous de clous arrachés, les gournables, les écarts et les coulures. Les écarts et les coutures réclament toute l’attention et tout le talent du calfat. Nous allons entrer ici dans quelques détails à cet égard.
Le premier soin du calfat, c’est de s’assurer de l'état delà couture. Elle doit être de la forme d’un V, c’est-à-dire que les deux bordages doivent se toucher au list de dedans, et être séparés au list de dehors par un quart de pouce ou à peu près. Dans le cas contraire la couture est fausse, et ne sera jamais bonne. Après avoir examiné la couture, si le calfat juge à propos de l’élargir un peu en dehors, surtout dans un vaisseau neuf, il y introduit , à coups de maillet , un clavet tranchant et retire un peu de bois du dehors, en allant à rien au fond de la couture ; c’est ce qu’il nomme tirer du gras dans le joint. Ensuite le calfat change son clavet et en prend un simple, mais tellement arrondi sur le tranchant qu’il ne peut rien couper ; il cueille sa première étoupe au fond de la couture. Pour la cueillir, il ne faut pas
qu’il la couche dans la couture; ilia tient sous son ciavet avec le premier doigt ployé, et lui fait faire un pli qu’il croise ensuite avec un pli suivant. Une brasse d’étoupe occupe, ainsi cueillie, à peu près deux pieds dans la couture. Trop cueillir grossit trop dans la couture, trop peu cueillir retire de la solidité. Le talent du calfat consiste à bien cueillir cette première étoupe qui fait la base de son travail; la première étoupe n’étant pas assez forcée, ne sera pas bien mariée et tiendra trop de place; trop forcée, elle peut crever la couture en dedans ; c’est un mal sans remède. Le talent ducalfat consiste donc à cueillir et battre convenablement sa première étoupe c’est elle qui supporte tout PefTort du travail subséquent. La seconde étoupe est moins cueillie et plus forcée que la première ; la troisième est encore moins cueillie et le calfat ne ménage plus son coup. Dans une couture entre des bordages de 4 pouces, le calfat fera d’abord entrer trois couches qui occuperont une épaisseur d’un pouce; il change son'clavetet en prend undouble dontil rebat lespremière, seconde et troisième étoupes quand elles sont en place. Alors il introduit dans la couture un toron de cordage très-peu commis, qu’il force d’abordavec un ciavet en deux, ensuite avec la patarasse. Lorsque ce toron remplit bien la largeur de la couture, quand il est bien rendu et battu bien ferme, le calfat introduit encore trois étoupes, qu’il force et bat à tour de bras; et pour la troisième, il emploie un ciavet en trois. Ces trois étoupes sont cueillies dans les mêmes proportions que les trois premières. Il ne doit y avoir encore que 2 pouces et demi de rempli : on force alors un second toron plus gros que le premier, et on le range à place avec la patarasse. Il doit occuper un demi-pouce, et doit être battu à coups de masse et à refus de patarasse. Sur ce second toron on place encore deux étoupes plus grosses, un peu moins cueillies , mais beaucoup plus battues que les autres : le calfat se sert
ici de son clavet en trois , et doit tellement battre son étoupe qu’elle devienne assezdure pour qu’un instrument tranchant ne puisse l’entamer. Il doit rester encore un quart de pouce vide : cet espace se remplit avec du bray chaud. Une couture trop pleine vomit au premier effort, et quelque bien faite qu’elle soit, il convient de la rebattre après que le navire a été mis à flot.
Si le vaisseau n’est pas neuf, le premier soin du calfat est de s’assurer par-dedans si la couture est fausse; ensuite il s’assure de l’état de l’étoupe, et la retire avec un fer qu’on nomme bec de corbin, instrument qui demande de l’adresse, car si on l’enfonçait dans le bois, la couture seraitperdue. Il retire l’étoupe jusqu’à ce qu’il la trouve jaune et sèche, dure et saine; alors il rebat et met de nouvelle étoupe pour finir la couture comme nous venons de le dire.
Si le dernier toron marche sous le coup de maillet, le calfat le bat avec la patarasse. Il arrive même parfois que la couture est si détériorée que le calfat est obligé d’arracher le dernier toron et les trois étoupes qui le suivent pour arriver à rebattre le premier toron. Si le calfatage exige davantage , c’est le cas du radoub, car jusque là, c’est encore caréner.
Notre calfatage emploie des ouvriers d’une adresse extrême, et malgré cela, il a des vices insurmontables; car les mouvemens du vaisseau à la mer ne peuvent avoir lieu sans que toutes ses parties prennent plus ou moins de jeu, il en résulte une pression et un relâchement perpétuel des bordages sur l’étoupe des coutures , cette trituration l’amollit; elle admet l’eau, se pourrit, et le vaisseau cesse d’être imperméable. On ne peut se lasser de répéter ce qu’a dit Bourdé de la Villehuette, c’est qu’on ne peut trop se hâter d’adopter le sarangousti dans notre marine ; mais l’esprit de routine, l’aversion pour la nouveauté triomphent de l’expé-
rience journalière. Enfin j’ai voulu l’essayer à Toulon, et, malgré l’ascendant du consentement de l’amiral-commandant, malgré quelqit’influence que me donnait mon grade , malgré la bonne volonté de l’ingénieur en chef, je n’ai pu parvenir à en faire employer, ni même à en faire faire, quoique j’aie proposé de le faire moi-même.
CALIBRE.», m.
angl. bore pour te canon, pounder po r le boulet. — esp. calibre. — ait. kugeln dicke , echiess kugeln. — it. calibro. — port, calibre.
Le calibre d’uu boulet est son diamètre.
Le calibre d’un canon est le diamètre de son âme, leur différence est le vent du boulet. Ces deux calibres sont l’un ù l’autre dans le rapport du sinus total au sinus de ?5 degrés.
On trouvera le calibre de l’âme de sa pièce par la proportion suivante : le sinus de 75° est au diamètre du boulet comme le sinus total est au calibre de la pièce.
L’expérience ayant appris qu’un boulet d’une livre avait un diamètre d’un pouce 10 lignes 8 points.
Si l’on veut trouver le diamètre d’un boulet, il faut dire, le volume des corps semblables est dans le rapport du cube de leurs dimensions homologues. Ainsi :
Une livre est au cube de son diamètre comme le poids du boulet demandé est au cube du diamètre cherché.
La table des calibres étant fort petite, nous l’insérons ici pour éviter le calcul.