‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 67 sur 140 · POIDS · texte numérisé non relu

POIDS

OC* BO Ç I.TTT *.

CALIBRE DBS BOULOTS.

VBMT

du Boulot

CA Mbit G

DU L’a MK DBA PlÙrRA.

lieras.

pouces, lignes, points.

ligues

points.

pouces.

lignes, points.

tbe calibre des balles à fusil pour la guerre est celui de 18 à la livre.

En général, toute mesure invariable de dimension est un calibre. Un cercle de fer dans lequel on fait passer les boulets pour éprouver leur diamètre est un calibre, etc. Les calibres à cartouches sont de petits mandrins de bois sur lesquels on roule le papier dont on fait les cartouches des mêmes armes, les Anglais les nomment formers , etc.

CALIBRES, s. m.

angt. callipers. — esp. calibre. — ait. kugiln zirkel. — it. calibro. — port, calibre.

Compas courbes dont on se sert pour mesurer le diamètre des mOts et des boulets.

Les Anglais nomment gage, une sorte de calibre de fer i l’usage des forgerons, et dont ils se servent pour mesurer la grosseur de leurs chevilles.

CALME, s. m.

angt. calra. — esp. calma. — ait. «tilt, wind stille. — il. calma, maccheria. — port, calma.

Repos de l’atmosphère quand on n’y ressent aucun souffle de vent. Consultez le traité de la Coudraye , et , d’après de Manneviilette , la marine manque d’un traité géographique sur les vents et les calmes.

CALME plat.

angt. stark calm , Hat calm , dead calm. — esp. calma muerta , jacio de mar. — ait. todte wind stille. — il. calma morta. — port, calma morta.

Ce mot prend son origine dans l’état des voiles qui, dans le calme, ne sont plus rondes ni enflées , mais plates et pendantes. Le calme plat est un calme profond, absolu, la mer calme est sans ride à sa surface; elle est comme un miroir, mais pour cela, elle n’est pas sans mouvement; on ressent toujours ses longues ondulations, suite ou présage d’un

grand vent. Cette grosse houle est quelquefois assez foile, même de calme plat, pour contraindre à amener et carguer les voiles, afin qu’elles ne se déchirent pas en battant le mSt. On dit qu’on est en calme quand on ne ressent point de vent.

CALMER v. n.

angl. to becalm , to fall calm. — esp . abonaozar , calmar , encalmarse. — ail. vrind stilien . — il. abbonaciare , calmare.

— port, abonançar, calmar, amainar.

Se dit d’un vent déjà modéré, et qui tombe, qui diminue jusqu’à ce qu’il fasse calme. Si un vent très-fort diminue , on ne dit pas qu’il calme , on dit qu’il mollit.

CALOU. s. m.

angl. loddy. — erp. vino de palma. — ail. kalow- — it. vino de palma. — port, calou.

Les journaux des voyageurs parlent beaucoup de cette liqueur , ce qui nous engage à dire que c’est le nom qu’à la presqu’île de l’Inde on donne au jus qu’on extrait du palmier; on le nomme ailleurs vin de palme.

CAMARD. adj.

Un vaisseau camard a le devant très-gros ; l’étrave est presque ou tout-à-fait perpendiculaire ; le lof beaucoup de l’avant et point ou presque point d’entrée à sa ligne de fort; les galiotes hollandaises sont camardes.

CAMBRER, v. a.

Plier au feu. V. bordage,

CAMBRÉ. V. arqué.

CAMBUSE, s. f.

angl. steward room. — ctp. despensa. — ail. bolterey. — il. cantina , dispensa. — port, despensa.

Lieu où se distribuent les provisions , les rations. La cambuse, quoiqu’ayant lu même destination, n’a pas la même installation dans les vaisseaux du roi et dans ceux du com-

inerce. Dans les vaisseaux du roi, elle est dans le faux pont, sous l’écoutille d’avant et au-dessus de la cale au vin. Dans les vaisseaux du commerce , c’est un retranchement fermé par un fronteau, et qui comprend toute la partie du devant de l’entrepont, depuis l’étrave jusqu’au panneau d’avant. C’est dans cette cambuse que le vin et les salaisons sont arrimés sur les navires du commerce.

CAMBUSIER. s. in.

angl. steward. — etp. despensero. — ail. buttelier. — U. dispensiere. — port, despenseiru.

Distributeur de vivres. Il prend le nom de commis aux vivres et de maître-valet sur les vaisseaux du roi , et les cumbusiers sont ses aides. Mais sur les navires du commerce le catnbusier est presque toujours le maître tonnelier; c’est lui qui pèse et distribue les rations à l’équipage.

CAMPAGNE, s. f.

nngl. campait). — tsp. viaje, campana. — ail . dienst zeit. — it. campaçna. — port, campanha.

Ce mot n’a pas un sens fixe. La première acception paraît comprendre tout l’intervalle entre l’armement et le désarmement; mais à ce compte il y aurait des campagnes très-courtes et d’autres très-longues; et comme il y a des services qui comptent par campagne, il a bien fallu les ramènera la même expression. Ainsi on compte pour campagne six mois de mer. Un homme qui fait le service voulu sur les vaisseaux du roi pour être reçu capitaine au long cours, fait six mois de mer sur un bâtimeut du roi , se fait débarquer et rembarquer sur un autre, il a fait campagne et elle lui compte, et deux campugries semblables lui donnent qualité pour commander après examen.

Les vaisseaux de commerce ne font pas campagne, ils font voyage.

Les corsaires ne font pas campagne , ils font course.

Un vaisseau armé reste quelquefois long-temps attendant des ordres. Le service auquel on le destinait n’ayant pas lieu, on le désarme; il a fait campagne de rade. On nomme campagne d’évolutions celle qui a lieu pour exercer les officiers aux mouvemens de la tactique.

On nomme campagne d’observation celle dont l’objet est d’éclairer les mouvemens de l’ennemi avec ordre de se défendre en cas d’attaque , mais de ne pas attaquer. On nomme campagne de croisière celle qui n’a point de destination outre-mer, et qui ne doit faire autre chose que d’occuper un parage , d’y croiser et d’y intercepter ceux qu’on a ordre de ne pas laisser passer. V. voyage.

CAMPANIER. s. m.

Traversin qui réunit les deux raontans au-dessus de la cloche.

CAN. s. m. V. champ.

Face de moindre dimension d’une planche ou d’un madrier. On dit mettre une pièce de can ou sur le can ou canter.

CAN A POMPE, s. m.

angl. eau for fetebing l lie putnp. — f-'P . cnbo para c trgnr la bomba. — ail, ami ral. — it. seecliia per caricare la tr mba.

— port, selha para la bomba.

Le mot can est ici anglais ; le can à pompe est un grand seau à bec et dont on se sert pour charger la pompe.

CANAL, s. m.

angl. ehanel, fair wav, bed. — esp. canal, emboque. — ail. banal, bete. — it. caaale. — port, canal.

Tout intervalle entre deux terres et praticable pour des vaisseaux, est un canal. — Tout passage entre des dangers , est un canal; toute passe d’un port, est un canal; le lit d’une rivière est un canal, etc.

On nomme assez improprement canal du gouvernail, l’intervalle entre deux grosses tringles clouées sur ledos du saffran. V. gouvernail.

CANAL de poulie.

angl. score. — ■ esp. canal. — ail. kanal. — «t. canal-, — port.

canal.

Passage de la corde dans la poulie, c’est l’intervalle compris entre le rouet et ’e haut du clan. Le rouet n’est jamais au milieu du clan; il y a fort peu d’espace entre le rouet et le cul de la poulie ; mais à l’autre bout du clan , l’espace est tel, que le cordage puisse y passer facilement. On dit qu’une poulie n’a pas assez de canal quand cet espace n’est pas proportionnel à la largeur du rouet. V. poulie.

CANARD, s. m.

angl. ducker. — etp. cbapuzador. — ail. bucker, vor bucker.

— if. attuffatore. — - port, mergulhSo.

Le vaisseau canard est celui qui plonge dans la lame au tangage et qui embarque de l’eau par devant. Un vaisseau est canard, parce que sa levée de coltis n’est pas assez ouverte, parce que sa pince est trop fine , parce que son mât de mizaine est trop de l’avant, ce qui porte trop en avant le centre d’impulsion des voiles; ou bien parce que le mât de beaupré est trop long ou trop gros; ou bien enfin par un défaut de l'arrimage. Le mot canard a produit le verbe canarder; le vaisseau fatigue en canardaet, s’arrête dans sa marche, et peut facilement démâter.

CANCRELAS. s. m.

angl. coackroucb. — etp. rabeto. — au. flicgeude ungeziefer.

— if. cancrelar. — port, cancarlar.

On dit indifféremment cancrelas, cancarlas, ou ravet.

Sorte de scarabée qui tient un peu du hanneton, dont il a la couleur, cet insecte est natif de la zone torride, le froid le tue. Il pullule avec excès, remplit les vaisseaux, s’insinue

partout, ronge tout, s’élance par volées assez considérables pour éteindre les lumières, il désole les marins par son abondance, son odeur, et sa voracité.

CANDELETTE. s. t.

angl. fore tackle, long tackle. — etp. candaliza , aparejo de trinquettc. — ait. vor scitentackel, fock tackcl. — il. taglia. — port, emtalba, aparelho domastro de traqnete.

La candelette est un palan dont au moins une poulie est en violon , c’est ce qui la distingue de la caïorne. Y. poulie en violon ; la candelette résiste mieux que la caïorne, parce qu’elle a autant d’essieux que de rouets, ce qui fatigue moins les essieux. Le mât de mizaine a deux candettes pour traverser les ancres.

CANDELETTES on bras d’artimon.

angt. rangs, mi zen braces. — etp. brazos de mezana , borda* de mezana. — ait. be^ahn bracen, geerden. — il. bracci delta mezzana , oste di mezzana. - — port, braços da mezana, oslaes do burro, retrança da popa.

Deux candelettes frappées sur deux longues pentoircs cupelées au bout de la corne d’artimon, pour l’appuyer au vent comme les bras appuient les autres vergues.

CANEVETTE. s. f V. cave.

CANI. adj.

angt. decayed. — etp. deteriorado. — ail. ait schaden. — U. pcggiorato. — port, danificado.

Mot local qui signifie détérioré par vétusté, ou par échatiffemcnt, disposé à se gâter. C’est le premier degré de pourriture.

CANON, s. m.

angt. gun. — etp. canon. — ait. kanone , atnck. — it. cannone. — port, canhâo.

Arme bien connue , dont l’âme est un cylindre et la forme extérieure un cône tronqué. Le canon marin est de fer trèsdoux fondu avec de la castine : cette arme sert à lancer des corps très-lourds à une très-grande distance.

Les parties du canon sont comme suit :

La longueur. The lengih. Largura. Lange. Lungbeixa. Longitude.

On a cherché depuis long-temps à donner de la justesse au pointage des canons à bord des vaisseaux; ofixv'a pu songer à la hausse pàrèe que le roulis ne permet jamais de déterminer avèc précision l’angle sous lequel le coup part; maison a voulu corriger les effets dece roulis surle pointage. On ima* gina d’abord de raccourcir les canons, afin que le rayon étant moindre, l’arc décrit par la volée fût plus petit et le pointage plus précis. Cette opération eut du succès; les canons plus légers soulagèrent le côté du vaisseau; le pointeur conserva mieux son objet ; on acquit la facilité de rentrer la pièce et de charger à l’écouvillon de corde derrière le mantelet qui mit momentanément les canonniers à l’abri de la mousqueterie. Mais on fait abus de tout , et on en vint à proposer de ne donner aux canons que 12 calibres d’âme , ce qui était *rop court. L’ordonnance de *786 a fixé ces lopgueurs, nou^s les donnons ici avec celles du service de terre; le lecteur les

comparera. •

pied», pouce».

ligne».

*.>' "• mû r* *

Marine le 36 a de longueur d’Srae 8

Terre.

et pèse 7190.

Marine, le 24

Terre, le 24

Marine, le 18

4nia.

Terre, le 16

Marine, le 12

Terre, le 12 de siège

Terre, le ta de campagne

Marine, le 8

Terre, le 8 de siège

Terre, le 8 de campagne

Marine, le 6

Marine, le 4

Terre, le 4 de siège

Terre, le 4 de campagne.

Pour la longueur de la pièce, ajoutez à celle de l’Ame l’épaisseur du métal à la culasse , le cul de lampe et le bouton.

L’épaisseur du métal à la culasse est d’un calibre d’Ame, non compris le cul de lampe.

Le cuL de lampe a le quart du calibre de l’âme.

Le jour du bouton est les deux cinquièmes du calibre de l’Ame.

Le boulon a trois quarts du cqlibre de l’Ame.

Si l’on reut connaître le diamètre de la pièce, il faut doubler l’épaisseur du métal, et y ajouter le calibre de l’Ame, comme suit :

le 36 et «4-

18 et it.

8, 6 et 4.

du calibre.

du calibre.

du calibre.

Épaisseur A la culasse et à la lumière.

à l’angle du 1" au second renfort.

A la fin du second renfort.

A la naissance de la volée.

17ïll9

au collet.

1 î/ai

au renflement du collet.

Le premier renfort finit aux cinq dixièmes de la longueur du canon, A compter de la partie extérieure de la plate-bande de culasse.

Le second renfort finit aux huit dix-septièmes, alors la volée commence , et depuis la tranche jusqu’à l’astragale de volée, en avant de laquelle on trouve le collet, on compte les deux dix-septièmes de la longueur. De la tranche au renflement du bourrelet, on coiiipte un trente-quatrième de la longueur totale.

Les tourillons ont un calibre d’Ame de longueur ; ils ont deux diamètres différens. A l’endroit où ils touchent le canon, leur diamètre est d’un calibre d’Amc, et au bout, ils n’ont plus qu’un calibre de boulet.

lu (>anti>A rlûü tniinillAna A da li

bande de culasse

il- î,jïi*i :uq- Ji<;V .r. ' ..'.a r-

..j!.) lest pour le 36.

.r' . ii'!'1 pour le *4* ' 1

< u >■ ;<• pour le 18.

pour le i*.

. !• pour le 8.

•i.ï* .i ... i pour- le 6.

i>. i i ^ pour le 4* >

>? 'i‘ >•' ■ ■■ Charge Je combat.

•nu i.'.i.'.

■ i ni Pour le 36.

-u- • • î «- pour le a4- •

. ^ V ! ! . : f' > • itl

pied*, pouces, lignes.

. **■.-. w>h> w>li 11 l 1 1>

3 5 îo

•î ‘VgOT

•*. ,o, .,ii

■“i )('il'')i

i a j, de poudre.

pour lé 18.

,. > • , . ->•: v-l- i UI-. * <.l i>

, - pour lë ta. 1

, . ! -Il- il

jiv ! pour le 8.

■ *u t ari •» &

pour le 6.

pour le 4-

. ,‘<vrK)

Portée. „ ,, . ,M ... r..-j -.i )

La pièce de «4, chargée de 8 liv. de poudre , porte à ,

■ 1 toute volée à ;ji5p

Le but en blanc Sous i* il'. 3?p

La pièce de 16 qu’on peut à peu près comparer au 18, ,

chargée de 5 liv. , porte à toute volée à 2080

But en blanc sous i* 5’. agç>

La pièce de ta, chargée de 4j liv., à toute volée à 1870 But en blanc sous i°. t . $J5|91

La pièce de 8, chargée de 3J liv. i\ toute volée. 16601

But en blanc sous i°. .* ’ .

La pièce de 4> chargée de 2 liv., i\ toute volée. ,‘?2Q

But en blanc sous 58'. 200

La lumière des canons marins aboutit ordinairement au fond de Pâmé.

En examinant la forme d’un canon, on roit que l’œil du pointeur découvre un point placé bien au-dessous de celui qu’il découvrirait dans le prolongement de l’axe de la pièce , puisque cette pièce est un cône. Le boulet arriverait à un point bien plus élevé que celui où l’on pointerait, s’il n’était forcé par sa gravité de tomber à mesure qu’il perd de sa force. Le projectile sortant delà bouche à feu, coupe la ligne de mire , et passe au-dessus à très-peu de distance de la volée : c’est le but en blanc primitif. Il continue la ligne de sa trajectoire au-dessus de la ligne de mire, en décrivant une courbe au bout de laquelle il coupe la ligne de mirepour la seconde fois : c’est le but en blanc ; il passe alors au dessous de la ligne de mire pour ne plus la rencontrer. On remédie à la courbe décrite par le boujet au" moyen de la hausse; mais* noug lavons dit, ce moyen, à l’usage de l’artillerie de terre, né peut être appliqué à l’artillerie de mer.

CANON à la serre. V. serre.

Canon rentré tout entier, la volée suspendue et fortement saisie à la serré au-dessus de son sabord. La culasse tombée sur la semelle au fond de l’affût, est fortement rabandéeavec la brague et les pa.lans bridés avec une aiguillette, de manière àoe pouvoir remuer dans le mauvais temps. Si le roulis devient très-fort , on soulage la brague et les palans avec un grèlin qui s’alonge de bout en bout du vaisseau et passe dttns tous les crocs de sabord. Le double se capcle derrière ràtfdt; on le bride ensuite sur chaque canon pour le raidir; friais ccrnme tout cet appareil laisse le poids du canon sur les crocs des sabords, et qu’enfin deé efforts multipliés pourrniént les arracher ou les rompre, on les soulage en calant les roues des affûts avec des cabrions, et enfin avec de forts

taquets cloués sur le tillac. Alors les canons sont en sûreté.

Ijn canon est en vache lorsque sur les rades on le place entre deux sabords, sa longueur dans le sensdu grand axe du vaisseau, et rangé tout contre la muraille. Cela n’a pour objet que de donner momentanément un peu de place dans la batterie.

On dit qu’un canon est à bout debrague quand il est à tout son recul.

CANON au sabord.

Un canon au sabord est en batterie , sa volée est passée dans son sabord, il est prêt à faire feu.

CANONS de chasse.

angl. bowcliases. — erp. caaones por la car.a. — ait. jagd comme.— il. connoni di proda. — part, cacborros.

Ce sont les deux pièces de la batterie les plus voisines de l’ctrave; dans les- vaisseaux a coltis on leur fait des sabords qui leur permettent de tirer dans le sens de la direction de la quille. Dans les frégates, les deux sabords de batterie les ' plus près de l’avant ont une émbrasure suffisante pour tirer en avant; on leur aide avec le gouvernail. Indépendamment de ces canons, on en pointe deux sur le gaillard d’avant, et qui tirent dans la direction du grand axe.

On propose et on a exécuté de fortes frégates saDS poulaine ni poupe ; leurs extrémités sont des secteurs percés pour des canons. Cette nouvelle forme supprime les canons de chasse ad hoc, ceux des secteurs découvrent toujours l’ennemi en avant.

CANONS de retraite.

angl. stern chases. — erp. oanones de retreta. — ail. binter canone. — ital. cannoni di poppa. — port, canliâos de relirada.

Canons passés dans les sabords de Ja poupe pour tirer sur

JtyJI ;

un ennemi cjqnt on est poursuivi , ce sont les canons les plus en arrière des batteries, que l’on détache pour cet effet.

Nous avons dit dans l’article précédent que la forme pro- "

posée pour les vaisseaux leur donnera une quantité de ca-

.1,110. >. .. «et: ;u> 3lip J:>"

nons de retraite.

On n’est pas d’accord sur l’usage des canons de chasse et de retraite, on dit qu’ils réagissent sur le vaisseau, que ceux de chasse retardent sa marche et que ceux de retraite l’accélèrent. D’autres croient au contraire qu’avec vent largue, fe coup de canon de retraite opère une réaction sur la colonne d’air, et que son impulsion est un instant suspendue. Cect procès n’est pas jugé, mais on est généralement d’accord que dans une chasse, on doit conserver le vaisseau dans un repos absolu, et lui éviter même un frémissement. Au surplus, le vaisseau chassé qui serait gagné, fait toujours très-bien de

tirer en retraite pour demater son ennemi.

CANONNAGE, s. m.

. * h •• i • .’,j-i uif:

angt. jfminery. — 1 csp. ciencia dcl artillero. — ail. canone wiaseu schaft. — Hat. scienza di cannoniere. — port, arte do ar-

tilheiro.

Science du canonnier. Tout marin militaire doit erf faire

J “ " 1‘ 1 • ,• ■> ./’.llOlll.f) S9~ Oh

•• 1 >• f*u:L itiv (11 5U0

étude CANONNADE, s. f.

angl. cannonado. — csp. canonazo- — ail. âtuck schuss. — it. cannonata. — port, canhonaço.

Bruit produit par plusieurs canons tirant à la fois. — Action de canonner un objet. — Vain bruit de canons sans résultat.

CANONNER. v. a.

angl. tocannonade. — csp. canonear. — ail. mitcanon schiesseo. — it. tirarc cannonatc cannoncggiare. — port, canhonear.

n« ta«»Nr;:i4 v & . *. -, .. .

Battre à coups de canon.

CANONNIER, s. m.

angl. gunner. — etp. artillero. — ail. cannonier. — it. canonnière. — port, artilhciro.

Homme qui fait le service <lu canon. Le corps royal d’artillerie de la marine a fourni long-temps les canonniers sur les vaisseaux. Mais ces hommes instruits à terre dans le service d’artillerie de terre, étaient peu familiers avec l’équipage des canons marins; peu d’usage de la mer, le pied point marin, peu de dextérité au roulis, rendaient ces excellens canonniers de terre assez mauvais canonniers de mer. On les a enfin supprimés, et le service de l’artillerie des vaisseaux est donné aux canonniers des classes , qui sont matelots.

Le maître canonnier, son second , ses aides, sont chargés de tout le détail du service de l’artillerie , poudre et gargousses, équipement des pièces, etc.

CANONNIÈRE, s. f.

angl. guu boat. — etp. lancha armada. — ail. kriegs barkas»e.

— it. lancha armata. — port, lancha armada.

Chaloupe pontée et dont les plus grandes sont gréées en brick. Ces embarcations bordent 24 avirons ou plus, elles portent plusieurs pièces d’artillerie en coursiers, et leurs canons sont orientés pour tirer aussi en belle. Une forte canonnière monte deux canons de 36 à chaque extrémité; elles sont bonnes par petite eau pour défendre l’approche d’une côte ou une passe entre des écueils.

CANOT, s. m.

angl. boat. — csp. bote, barca. — ail. kahn , schlup. — liai, lancia, canotta, barca, caico, navicella. — port, bote , batcl, lancha.

Embarcation légère qui fait le service d’un vaisseau. Depuis la nouvelle installation, chaque vaisseau a , au lieu de chaloupe, un fort double canot qui lève les ancres par une trémie avec un vireveau, plus deux canots dits bâtards, plus

deux canots genre baleinier et une Iole en porte-manteau ; les deux baleiniers sont sur des palans dont les pentoiressont suspendues au capelage d’artimon. Tout canot doit aller à la voile et â la rame.

Le vaisseau marchand n’a ordinairement qu’un grand double canot avec un davier à l’étrave , un canot bâtard et une Iole. II dépend de l’armateur d’en donner davantage. CANOT (grand).

angl. barge. — esp. bote. — ail. schute. — ital. navicella. — port, bateira.

CANOT bâtard.

angl. pinnacc. — esp. barca. — ail. kahn. — it. canot ta. — port. bote.

CANOT baleinier.

angl. wale boat , cutter, joly boat. — esp. botequia. — ail. wall GscU kahn. — it. caico. — port. bote.

CANOT iole.

angl. vawl, cock. — esp. bote. — ail. kleine kahn. — it. barcbetta. — port, catrayo.

Tous ces canots rentrent dans la description donnée au mot canot.

CANOTIER, s. m.

angl. hoat’s crew. — tsp. barquero. — ail. schiffer, rojer. — it. navicellajo. — port, bateleiro.

Matelot composant l’équipage d’un canot, il en fait tout le service, nage, etc. sous les ordres du patron. L’équipage du canot se compose d’un patron qui gouverne, d’un brigadier chargé de mouiller, de relever le grapin, de détendre abordage avec sa gaffe, et d’autant de matelots qu’il y a d’avirons.

CANTER. V. can.

CANTONNIÈRE. s. f.

angl. Csb pendant. — esp. estrovo pur' l’ancla. — ail. anker schenkel penter. — it. pendente. — port. Tergueiro de ançora.

Nous ne sommes d’accord avec aucun écrivain sur le

mot caDtonnière, il signifie propre à canter. Ce que les autres auteurs nomment cantonnière, nous le nommons traversière. Et ce sont à notre avis deux choses bien différentes, quoique produisant le même effet , celui de traverser l’ancre. La traversière se croche sur le bras de l’ancre, elle est retenue par l’oreille et ne peut se placer que quand les bras de l’ancre sont hors de l’eau. La cantonnière au contraire se croche à la candelette en même temps que le capon, et le vaisseau forcé de courir de l’avant, caponeet traverse son ancre tout à la fois.

La cantonnière est une véritable élingue cantonnée à poste fixe, et dont le double, embrasse le bras de l’ancre avec une forte bridure qui lui permet de parcourir le bras depuis le diamant jusqu’à l’oreille. L’autre bout porte une grande cosse assez forte pour recevoir le croc de la candelette. Dans cette cosse, est une aiguillette qui amarre la cantonnière au jas. Aussitôt que le matelot a croche le capon, il détache l’aiguillette de la cantonnière et croche la candelette dans la cosse. V. davier.

CAP. s. m.

angl. cape, head. — csp. cabo, proa. — atlem. kaap, vordere.

— if. capo, proda. — port, cabo, proa, promontorio.

De caput (tête). Cette définition fait voir que le mot cap a bien des acceptions ; d’abord le devant du vaisseau est le cap, on a le cap à une aire de vent quelconque, ou sur un objet; on a le cap à terre, le cap au large, le cap sur un vaisseau, le cap en route. Aussi quand on demande au timonier à quelle aire de vent il gouverne , on lui demande où est le cap.

Le mot cap, en géographie maritime, est le promontoire des anciens, c’est une projection de la côte. Si cette saillie est peu de chose , elle prend le nom de pointe. Un cap doit s’élancer au large et loin du gisement général de la côte. Il est plus haut qu’une pointe et surtout plus saillant. Le point de démarcation entre cap et pointe n’est pas précis.

Le cap n’est pas toujours une pointe, mais l’endroit proéminent se nomme alors, pointe du cap. Le cap ne porte pas ordinairement d’épithète jointe à son nom , mais la pointe en a souvent : pointe haute , pointe saine , pointe sale, pointe de roches ou de sable , etc. Le cap ne porte que son nom , du moins dans l’usage ordinaire.

CAP pourcap.

C’est virer vent arrière. Arriver cap pour cap, c’est arriver à l’aire de vent opposée ; un vaisseau courant au nord-est, arrivera cap pour cap au sud-ouest.

CAP de mouton, s. m.

angl. dead eye, ram head. — etp. vigota. — ait. yung fern. — if. bigotta, rigotto. — port, vigota, capata, tamanca.

Bloc de bois rond, percé de trois trous. Ce qui lui donne en effet l’apparence d’une tête de mouton. Ce bloc est dans la forme d’une boule aplatie, son grand cercle est gougé d’une grosse cannelure asseï profonde pour noyer la moitié du diamètre du hauban ou galhauban qui l’enveloppe. La grosseur du cap de mouton n’a rien de fixe, un hauban de 6 pouces peut avoir un cap de mouton de 14 è t5 pouces de granddiamètre.

Au-dessousde chaque cap de mouton fixé sur un hauban ou galhauban, il y en a un correspondant appuyé sur le porte hauban , il est estropé de fer et tenu par une chaîne chevillée sur les carreaux au-dessous.

Ces cap de moutons ont pour objet de roidir les haubans. On les préfère à des poulies, parce que n’ayant ni rouet ni essieu, ils ne courent pas le danger de rompre. Les trous des cap de moutons sont posés deux et un ; dans ces trous on passe les rides qui font fonction de garans. V. ride. Il y a des cap de moutons dont la chaîne est à croc, ils sont de rechange ; et si une chaîne casse , on la remplace aussitôt pap

une à croc qui se croche dans des anneaux placés pour cei effet, entre les étriers des autres chaînes.

CAP. Chef d’escouade dans le port à Toulon.

CAPACITÉ, s. f.

angt. bulk. — etp. buque, bucosidad, porte. — ait. Iastig leit.

— it. portata. — port, porte do oario, arqueameuto.

C’est tout l’espace contenu dans un vaisseau , c’est la jauge

qui fait connaître cette capacité. Y. jauger.

CAPE. s. f.

angt. bull. — etp. capa. — ail. bey lieger. — ital. cappa. — port. capa.

Situation d’un vaisseau qui tient en travers au vent sous petite voilure pleine, avec la barre dessous. La cape à la mizaine fatigue le vaisseau, le fait tordre, et fait de cette situation une succession continuelle d’arrivées etd’éloféesqui font beaucoup dériver. La cape à la grande voile est meilleure, et le vaisseau se comporte bien. Mais si dans une saute on vient à masquer, le vaisseau peut passer avant qu’on ait eu le temps de couper la mâture. La cape à l’artimon ne fatigue pas et tient le devant éveillé, mais elle n’appuie pas assez le vaisseau qui roule effroyablement en retombant dans le vent et qui cule dans les élofées, ce qui peut le faire acculer. De toutes les capes, la préférable est celle aux trois voilesd’étay, c’est-à-dire le petit foc, la grande voile d’étay et le foc d’artimon, la barre est à moitié dessous, et le vaisseau taillant de l’avant , dérive moins.

CAPE, être à la cape.

angl. lying to, tiy a huit, trying. — etp. estar a la capa. — ail. bey licgen. — it. essere a la cappa. — port, estar a capa.

On est à la cape quand on est dans la position de l’article

précédent.

CAPE, mettre à la cape.

angl. heave to, — etp. ponerse^a la capa. — ail. bey dreho.

— ital. mettersi a la cappa. — port, porse a capa.

C’est se mettre dans la position de l’article précédent. y. cape.

CAPÉER ou capeyer, ou même eapoyer. v. n.

angl. to try a hull. — esp. estar a la capa. — ail. bey liegen. — it. cappear, cappeggiare. — port, capear.

C’est être à la cape.

CAPE Yoile de cape. V. voile.

CAPELAGE. s. m.

angl. eye. — esp. encapilladura , obencadura. — ail. auge. — >

it. iucappellatura. — port, ovençadura.

Toute garniture qui se passe avec un œil à l’extrémité d’un

mât, d’une vergue, etc. Les grands haubans font un cape-

lage à la tête du grand mât, l’étay lui-même a son collier

capelé autour de la tête du mât, les balancines sont capclées

au bout des vergues, etc. On prononce caplage. Un cape-

lage ne doit pas être gros pour être réputé bien fait.

CAPELER. v. a.

angl. to fia tbe ahrouds. — esp. encapillar. — ail. die waad tauen setzen. — it. incappellare. — port, encapelar.

On prononce capler et on le conjugue ainsi, surtout au

singulier du'présent indicatif: je caple, tu caples, il caple ,

on caple; nous caplons, vous caplez, ils caplent, il est caplé.

Mais cette prononciation est vicieuse et il faut écrire capeler.

On capèle toutes les fois qu’on passe une corde ou tout

autre objet par sur la tête d’une autre objet pour l’embrasser.

On capèle un hauban à la tête d’un mât; on capèle à retour un

garant à une tête d’ullonge; on capèle une hune pour la mettre

sur ses barres. On dit qu’un vaisseau est capelé quand ses

bas haubans sont en place.

Par abus on dit capeler pour masquer, coeffer. C’est une locution vicieuse.

La première chose qu’on capèle, ce sont les pentoires, ensuite les haubans, enfin l’étay par-dessus tout. Au grand mât on commence par capeler le hauban de devant à tribord par-

dessus les pentoires, ensuite celui de bâbord, puis le second de tribord , ainsi de suite. Le mût de misaine au contraire capèle le premier hauban de bâbord par sur les pentoires; le mût d’artimon comme le grand mât.

CAPITAINE, s. m.

angl. captain. — esp. capitan. — ail. kaptainn. — it. capitano.

— \o t. capitâo.

L’homme de la tête, celui qui commande; ce nom se donne à celui qui commande un navire quelconque , de guerre ou de commerce; excepté cependant les barques du petit cabotage , leurchefacontinué de se nommer capitaine de barque.

Dans la marine militaire le capitaine de vaisseau est colonel; le capitaine de frégate est lieutenant colonel ; mais quel que soit le grade de l’officier qui commande même une chaloupe canonnière, il reçoit sans difficulté, à son bord, le titre de capitaine; et tel est l’abus de ce mot qu’on dit souvent, le capitaine de cette canonnière est un enseigne. CAPITAINE de pavillon.

Capitaine de vaisseau commandant un vaisseau sur lequel un officier général porte son pavillon.

CAPITAINE de port.

angl. master attendant. — ei p. capitan de puerto. — ail. komînandant eines liafeos. — it. capitano de porto. — port, capitao de porto.

Cet emploi n’a lieu que dans les ports de commerce; le capitaine de port est nommé par le ministre de l’intérieur, qui, le plussouvent, choisit des officiers demarineen retraite, mais il ne les prend point dan» les hauts grades. Le capitaine de port est chcfde tous les mouvemenset exerce la police dans le port. Danslesportsdu roi le capitaine du port a le titre de directeur. CAPITAINE d’armes.

Sous-officier du corps royal, qui remplit envers la garnison le service de fourier; il est aussi chargé de toutes les menues armes et de tout ce qui concerne le travail de l’armurier.

CAPITAINE marchand.

angl. master or captain of a merchaut sbip. — er p. maestro , capitan de nario. — ail. fcbiiler sckift meistcr. — il. padrone di nave. — port, mestre.

Particulier non militaire, ou non entretenu, qui commande, un navire du commerce ; il ne peut être habile à commander s’il n’a servi douze mois sur les vaisseaux du roi, et s’il n’a subi un examen sur la navigation et la manœuvre ; lorsque ces conditions sont remplies, il est reçu et prend rang d’enseigne non entretenu.

Un officier de marine en retraite, peut prendre un commandement de commerce; mais s’il n’est que lieutenant, il doit subir l’examen, ce qui est une monstruosité. Un officier de marine qui commande au commerce, n’a aucun rang en présence delà marine royale. Un capitaine de vaisseau, en retraite, commandant un navire marchand, est sur rade sous le commandement d’un élève commandant une chaloupe du roi, il ne peut porter ni guidon, ni flamme, ni aucune distinction en présence d’un bâtiment du roi. Les devoirs du capitaine marchand sont prescrits parle Code de commerce, titre îv, livre 2, loi du i5 septembre 1807. V. francisation. Y. affrettement.

CAPLAN. s. m.

Petit poisson à peu près de la grosseur de la sardine , et dont la morue est très-friande; les pêcheurs de morue s’en servent pour appât.

CAPLANIERS. s. m.

Hommes résolus et intrépides, chargés à Terre-Neuve de pêcher le caplan ; ils doivent en entretenir les pêcheurs. Mais comme quelquefois le caplan est rare, on est obligé d’envoyer les caplaniers à de grandes distances pour en trouver; ces missions leur donnent lieu de déployer souvent de l’intrépidité, surtout s’ils viennent passer la nuit à terre ou près de terre, ils sont armés contre les sauvages et contre les ours.

(JAPON, s. m.

angl. cat. — ttp. gala, galga. — ait. kat. katze. — il. capone, peoello. — port, aparelho de turco.

C APON. Garant de capon.

angl. cat fall. — esp. beta de gata. — a II. kat laufcr — il. yetta del capone. — port, beta de aparelho de turco.

CAPON — poulie de capon.

angl. cat block. — m/>. quadcrnal de gata. — ail. kat block. — ital. bozzello di capone. — port, cadernal do aparelho de turco.

Le capon est line forte caïorne en trois , dont la poulie supérieure est formée par le bossoir. La poulie inférieure est une grosse et forte poulie ferrée, c’est-à-dire estropée en fer et dont l’estrope se termine en un grand croc assez grand pour embrasser l’anneau de l’ancre et assez fort pour l’enlever, les rouets de la poulie et ceux du bossoir doivent être de fonte et l’essieu de fer. Le garant du capon a de grosseur un peu plus que le cinquième du grand câble; il doit être l assez long pour aller prendre à retour sur le gaillard d’arrière quand la poulie est affalée jusqu’à l’eau.

CAPONNER. r. a.

angl. to cat. — etp. cngalgar. — ail. auf zn katten. — il. caponare. — • port, emrabacbar.

C’est hisser l’ancre au bossoiravec le capon. Lorsqu’un vaisseauvire à pic, on affale le capon de telle sorte que la poulie soit entièrement dans l’eau. On guette l’ancre et dès qu’on la voit un matelot s’affale à l’eau , il se plante sur l’enlalingure, et saisissant l’aiguillette fixée sur le dos du croc, il fait en sorte de le crocher dans l’organeau. Aussitôt on abraque le garant, on cesse de virer sur le cable, et beaucoup d’bommes rangés sur le capon, hissent l'ancre jusqu’à ce que la poulie touche le bossoir. L’ancre est alors caponnée , mais elle ne peu t rester ainsi ; on la suspend par la bosse de bout, et on la traverse : ensuite on largue et on décroche le capon.

CAPOT, s. in. Faire capot, c’est capoter, V. capoter.

CAPOT, synonyme de capuchon. V. ce mot.

CAPOTE, s. f. V. caban.

CAPOTER, y. n.

angl. capsize- o verset. — ap. zozobrar. — ait. unten oben setzen. — it. cappellare. — port, soçobrar.

C’est chavirer sens dessus dessous, noyer le plat-bord et couler. On dit aussi chavirer, sancir , sombrer, passer. Il n’est pas rare que des bateaux capotent, mais il est fort rare que cet accident arrive aux vaisseaux ; il faut qu’ils n’aient aucune stabilité. Les fastes de la marine française n’en offrent que deux exemples ; on en connaît deux autres dans la marine anglaise. La frégate française la Diane, a chaviré sous voile dans la guerre d’Amérique; plus anciennement le Prothée de 64 a chaviré sur la rade de Brest en virant vent-devant sans avoir eu la précaution de fermer les sabords de la batte- \ rie basse; le vaisseau plia jusqu’aux sabords, la mer remplit le vaisseau si vite , qu’il coula avant qu’on pût décharger les voiles. Les Anglais ont perdu la Ville de Paris qui-, ayant pris vent devant dans une saute à la cape sous la grande voile, chavira. Ils ont perdu le Royal-Georges dans une demibande, le vaisseau capota sur la rade de Spit Head. V. Sancir.

CAPPANUS. s. m.

Nom que l’histoire naturelle donne au ver qui pique le» vaisseaux la mer. V. ver.

CAPRE, s. m.

Mot entièrement en désuétude , pour dire corsaire.

CAPUCHON, s. m.

angt. companion, hnod, cap scuttle. — esp. sombrero de la escaleia - ail. kappe, schot, treppe schot. — it. cappello délia scala. — port, chapeo meva laraoja.

On le nomme aussi dôme. C’est une boîte carrée, faite de

planches légères de sapin , et dont on recouvre l’écoutille du

grand escalier de derrière. On le nomme aussi capot d’é-

chelle. Ce dôme , ce capuchon ouvre et ferme à volonté fcl facilite l’usage de l’escalier qu’il recouvre.

CAPUCHON — de la cheminée.

angl. cabo.se hood. — esp. sombrero de la chimcnca. — ail. kappe. — it. cappe lo. — par’, meya laranja.

Petite boite carrée par le bas, et sc terminant à peu près

dans la figure d’un froc ouvert sur une face. Cette boîte est

mobile et on la retourne, de façon que l’ouverture soit tou*

jours sous le vent; depuis les nouvelles cuisines, on a des

cheminées en tôle et ce capuchon n’est plus en usage.

CAPUCHON — de la pompe.

angl. pump hood. — esp. tapa de la bomba. — ail. pump kappe.

— it. cappeilo délia tromba. — port, chapeo da bomba.

Capot semi-cylindrique qui recouvre la roue d’une pompe

à chapelet. V. ce mot.

CAPUCINES, s. F.

angl standai t knees. — asp. capuchina*, curvas llares. — ail. verkebrte knien. — it. braccitioli dei vai. — port, curva* perpendicularea, curvas do corral.

Fortes courbes qui prennent leur nom de la manière dont elles sont posées. A partir du collet, une des branches doit être ascendante et verticale. Toute courbe, ainsi posée, est une capucine. Elles diffèrent des courbes verticales en ce que ces dernières ont leur branche verticale descendante. Ainsi les taquets ou courbes de bittes sont des capucines. La courbe qui marie le pied de l’étambol à la quille , est une capucine. La courbe qui marie la guibre à l’étrave, est une capucine. On emploie par fois des capucines pour lier un vieux vaisseau ; on les pose, une branche sur un barot et l'autre ascendante sur la muraille.

CAQUE, s. f.

angl. keg. cag. — etp. peqiieno barrit. — ail. klcin fassge-n.

— U. piccolo barilc. — port, barrit.

fetit baril dans lequel on conserve le hareng salé.

CARABINÉE. V. brise.

CARANGUER. v. n.

Fatiguera l’ancre, terme de la Méditerranée, inconnu sur l’Océan, En désuétude.

CARANTUNIER. s. m. V. carentenier.

CARAVELLE, s. f.

Sorte de petit batiment portugais. V. carvelle, boder, et clou.

CARCASSE, s. f.

angt. wreck, Crame , hulk. — etp. casco. — ail. ruinpf. — (t. carcassa di nave. — port, carcassa de navio.

Fond d’un vaisseau brisé par le naufrage ou en partie dépecé dans un port, c’est aussi le bois tors d’un vaisseau avant d’être bordé. C’est aussi le corps d’un bâtiment vieux eleondamné , prêt à être démoli. •

C’est aussi un artifice de guerre. V. cruche à feu.

CARDAN — nom propre.

Nom de l’inventeur de la suspension des boussoles. Elle porte son nom. On dit suspension de Cardan. Ce sont deux cercles concentriques dont lediamètre se croiseâ angle droit. L’un de ces axes est posé dans le sens du grand axe du vaisseau , l’autre dans le sens du petit axe.

CARDINAUX, s. m.

Nom donné collectivement aux quatre points principaux de l’horizon; mais jamais individuellement au singulier. CARENAGE, s. m.

anql. careening place. — etp. carenero. — ail. beqoemer ort die «chiffe zu kalfatero. — liai, carenaggio. — port, carcneiro.

Lieu, dans un port, où se font ordinairement les carènes. Le carénage doit être bien abrité et à l’écart des monvemens ordinaires du port dont il entraverait les opérations. Les carénages ne sont établis que dans les colonies , car, dans nos

ports, on carène partout où le vaisseau se trouve ; il n’y a point de carénage proprement dit, à Brest, Rochefort, Toulon, Lorient, etc.

Le mot carénage ne peut s’appliquer à l’action de caréner. On ne dit point faire un carénage, donner un carénage, pendant le carénage. On dit faire ou donner un carène, être employé à la carène d’un vaisseau, pendant la carène, etc.

CARÈNE, s. f.

angl. eareening. — ttp. caréna. — > ait. lus besserung. — if. caréna.— /)orf. caréna. ,

C’est l’opération de caréner.

CARÈNE, s. f.

angl. bottom, quickworks. — ttp. caréna. — ail. lebendige werk. — </. opéra riva, caréna. — port, caréna.

Partie submergée du vaisseau, quand il est calé à sa plus grande flotaison ; généralement on donne ce nom à toute la partie du vaisseau au-dessous de la première précinte. On nomme aussi cette partie du vaisseau œuvres-vives. Les qualités d’un vaisseau dépendent de l’heureux accord des formes de sa carène avec ses capacités, avec la distribution de ses pesanteurs et avec la situation du point vélique. Encore dit-on toujours qu’on ne sait pas ce que la mer demande.

CARENER, v. a. et n .

angl. to careen. — ttp. dar caréna, carenar. — ail. schiff unten ausbessern. — if. dare caréna, carenare. — port, carenar, dar caréna, querenar.

Caréner n’est point radouber, et n’est point non plus espalmer, quoique par abus on les confonde quelquefois.

Caréner c’est réparer le calfatage de la carène d’un vaisseau , c’est le chauffer, visiter les coutures, et les calfater de nouveau , changer son doublage, s’il le faut. En un mot, il y a des carènes qui se font sans l’intervention des charpentiers. Le radoub se fait, au contraire, sans l’intervention des calfots;

la carène succède au radoub; il y a des carènes sans radoub, mais il n’y a pas de radoub sans carène.

On peut caréner à flot; voy. abattre en carène; on peut caréner à sec en acorant le vaisseau ; mais cette carène n’est pas aussi bonne, parce que la couture du vaisseau échoué ne baille pas, elle presse au contraire l’étoupe, et quand le vaisseau flotte, la couture crache volontiers.

CARENTENIER. s. m.

angl.' rat line. — etp. saula. — ail. kleincr tau. — if. linea incatramata. — port, mui pequeno cordame alcatroado.

C’est le plus petit cordage goudronné qui soit commis ; s’il

était blanc, ce serait une ligne. Le carcntenier est commis

une fois; le plus petit n’a que deux fils par toron; il y en a

jusqu’à quinze fils; au-delà de cette grosseur, on dit filaîn en

dix-huit ou vingt-quatre fils, etc.

CARET, s. m.

angl. reel. — csp. carretel, barquiila, palo de la corrcdera. —

— ail. rolle, mutile zu schiemang gam. — if. mulinello, paparetta , rocchetto. — port, carritel , barquintia , corre defta.

Tour, dévidoir longitudinal traversé d’un axe sur lequel il fait ses révolutions. C’est sur ce caret qu’on roule la ligne de lock , aussi le nomme-t-on carct-de-Iock. C’est un dévidoir de ce genre qu’on emploie pour faire du bitord et refaire à bord du fil de caret. Dans ce cas, on fait son axe avec une paille de bitte, que l’on passe dans le trou d’une barre de cabestan plantée; on le fait tourner avec les fils qu’on tient à la main, et dont onl’en veloppe à chaque portée quel’on a tordue. Les cordiers ont une quantité de ces carets, sur lesquels ils roulent leur fil à mesure qu’ils le filent.

CARET. Fil de caret.

angl. yarn, rope yarn. — esp. filastica. — ail. kabel garn , schiemans garn. — if. «filazzî , filuzzo. — port. Glastica, fio de carrete.

Le fil de caret est le fil tel qu’il est filé et roulé sur le caret.

lin fil de caret est un de ceux que l’on tord en cordons ou en torons pour former des cordes. On en fait aussi des amarrages, desgenopes, etc. •

CARGAISON, s. f.

angl. cargo. — ttp. cargo, cargazon. — ait. Iadung — it. carico.

— port, carga, carregaçao.

Ce nom se donne aux marchandises dont est chargé un vaisseau marchand. Si le chargement est entier, on a cargaison complète; mais quand mêmeelle n’est pas complète, on dit toujours cargaison, on dit aussi demi-cargaison, etc. La cargaison entraîne l’idée de la propriété. Si le vaisseau est chargé à fret, on doit dire chargement; cependant l’abus prévaut souvent, et l’on dit cargaison à fret, en prenant le mot cargaison dans l’acception de l’espagnol cargazon , chargement. Les vaisseaux du roi n’ont point de cargaison.

CARGUE. s. f.

angl. lirait. — erp. osta. — ail. gordingen. — il. imbrogli, cordi celle, serra. — port, carregadeira.

Mot générique qui désigne tout cordage destiné à plier, à retrousser les voiles contre leurs vergues, afin qu’on puisse les ferler. Pour qu’une voile soit facile à ferler, il ne faut pas qu’elle soit gonflée par le vent, elle doit être pliée par les cargues sur l’avant, aussi les cargue-fond et cargue-boutine sont-elles en avant de la voile; les cargues-point, seules, retroussent les points sur l’arrière. Le vent rend quelquefois difficile de ferler le milieu des basses voiles , qui , par la grosseur de leur toile , sont moins souples . et plus difficiles à manier; on facilite ce travail avec de fausses cargues , qui retroussent tout le milieu de la voile entre les deux carguespoint. Les cargues prennent le nom de la voile à laquelle elles appartiennent ; voyez leur nom ci-après :

CARGUE d’artimon.

angl. mizen brails — ctp. candelizas de mczana. — ail. demp gordingen, bcsatm brotli. — it, imbrogli délia urczzana. — port, carregadeira da mezana.

Les cargues d’artimon 11e sont point fixées sur la ralingue, elles aboutissent à une cosse, dans laquelle passe le halebreu; manœuvre à l’aide de laquelle on les affale jusqu’au bout de la corne. II y a une autre cargue fixe qui aboutit au racage, et enfin une au milieu de la voile, et qui en cueillit le fond.

Il ne faut pas oublier que si l’on veut ferler l’artimon dans un coup de vent, il faut rouler la toile sous le vent; le vent facilite l’opération ; mais si on roule au vent, on empoche le vent, et on risque de lancer un homme à la mer; il en est de même des voiles d’étay.

Page 1