CARGUES-FOND
angl. buot fines. — esp. brides, briofines. — ail. bauch gordingen. — it. funicelle, iiubrogfi. — port, brioes.
Manœuvres frappées sur la ralingue de fond d’une voile, qu’elles retroussent en avant; dans quelques vaisseaux, elles viennent aux marionnettes, au pied du grand mât; dans d’autres, elles se rendent à la rambade du gaillard d’avant.
CARG LES-BOULINES.
angl. leecli fines. — esp. apagapenoles. — ail. nock gordingen.
— it. serra boline. — port, apaga fanoes, sergi deiras.
Manœuvre en avant de la voile frappée sur la patte inférieure de la bouline, après avoir passé dans une cosse frappée
sur la patte supérieure. Elle a une poulie de conduite sur la vergue, à moitié chemin , entre la cargue-fond et l’empointure, d’où elle se rend à la tète du mât et retombe à son appel.
Les perroquets n’ont pas de cargue-bouline, même sur les frégates ; mais les vaisseaux en ont à leurs perroquets. CARGUES. Fausses cargues.
angl. brails, spilling Unes. — esp. trapas. — ail. noth gordingcn. — it. icubrogli del Ion do. — port, abraçadcras.
Manœuvres destinées à relever tout le milieu des basses voiles entre les cargues-point ; elles sont frappées chacune sur une patte d’oie de sangle, à trois branches établies sur la vergue, eu arrière de la voile; la cargue passe ensuite sous la voile, passe par devant, et vient dans une poulie de conduite, sous la hune, d’où elle tombe à son appel. CARGUE-VUE, ou cargue & vue.
angl. triming line, stab line. — esp. cerro. perigallode pujamen.
— ail. karke dortjen. — it. polpo. — port, canegadeira.
Sorte de cartahut. Menu filain qu’on frappe sur le fond des basses voiles, et surtout de la misaine , en arrière de la voile, pour soulever la ralingue quand on est vent largue ou vent d’arrière, afin que le timonier voie par dessous. Quand on n’en a pas, on pèse un fond, mais il ne tarde pas à couper la voile, parce qu’il est en avant.
CARGUER. v. a.
angl. to brail. to due up, to epitl. — esp. rargar. — ait. auf geien. — it. imbrogliare. — port, cargai .
Action de retrousser, de plier une voile contre sa vergue par le moyen des cargues. Il n’est pas toujours aisé de carguer une voile, quand il survente. Il y a des circonstances où s’il fallait le faire vent arrière on ne pourrait l’empêcher de voler en morceaux, parce que les cargues-fond casseraient plutôt que d’étouffer le vent. Toutes les fois qu’on ne peut diminuer l’incidence du vent sur une voile, soit en venant au vent , soit en brassant au vent, le succès dépend de la bonté
des cargues et de l’effort qu’on peut y appliquer; il n’en est pas de même au plus près, ou quand le vent souflle dans la perpendiculaire de la route, on peut carguer et sauver un hunier de temps forcé.
liien des marins, dans ce cas, commencent par déborder dessous ; c’est le moyen de déchirer le hunier, parce que cette voile se trouvant comme en ralingue, bat comme un pavillon. Il faut, au contraire, déborder au vent, et peser en même temps le bras du vent, la cargue-point et la cargue-fond du vent, jusqu’à ce que la bouline appelle; on la file alors, et on achève de brasser au vent, en pesant les fonds vivement, pour que la toile n’aille pas se prendre au bout de la vergue , sous le vent. Le hunier, brassé au vent, prend le vent dessus, et on achève de carguer sous le vent, sans difficulté ; c’est tout le contraire pour le mettre dehors de mauvais temps, il faut border premier sous le vent.
Il n’en est pas de même d’une basse-voile , il faut la carguer sous le vent, car si on commençait par lever le lof, la voile se fouetterait sur l’étay.
CARLINGUE, s. f.
angl. keelson. — esp. carlinga, sobre quitta. — ait. kols chvrein.
— it. contra careoa, paramezzalc , premezana. — port, carlinga.
La carlingue est une quille intérieure. Elle est comme la quille, formée de plusieurs pièces, unies les unes aux autres par des écarts semblables à ceux de la quille. Elle s’étend depuis le marsouin d’avant jusqu’à celui de l’arrière, passant ainsi sur le milieu de toutes les varangues , au travers desquelles elle est chevillée avec la quille. Quelquefois on fait la carlingue de trois pièces, dont deux sont des longuerines qui l’accompagnent des deux côtés, et il est des ports où ces deux pièces prennent improprement le nom de marsouin.
CARLINGUE — de mât.
angl. «tep. — ttp. carlingu de palo — ail. trust spuhr. — if.
scassa d’un albero. — port, carlinga dos roastros. t:t* »■■■*•* J •> r?r*~ >r~9 i i «' »»>
Oiv^fiunfomlp. d^ns quelques ouvrages, la carlingue de mût avec l’emplaalure.,Ces deui objets sont bien différons. L’un et l’autre reçoivent le pied d’un mât, mais ils sont différemment construits. V. emplanture.
La carlingue de mât est une coulisse dans la forme d’une clé de voûte creusée à la profondeur de quinze à dix-huit pouces. Cette coulisse est placée entre deux varangues de porque et formée des deux côtés par deux flasques de quinze « dix - huit pouces de hauteur, entaillées à queue d’hironde dans les porques dans lesquelles on les entre par en haut : ces flasques sont appuyées, dans leur longueur, par des cour bâtons bien chevillés et dont l’épaisseur varie selon la grosseur du vaisseau.
Le pied du mât est taillé en sifflet sur les quatre faces, dans la forme d’un carré long, dont le grand axe est dans le sens de la quille. La coulisse de la carlingue n’a de largeur que celle du pied du mât, mais sa longueur est triple de celle du mât , et tout l’espace que le pied du mât n’occupe point , est rempli par des coins d’à peu près trois pouces d’épaisseur, ' sur le dos desquels il y a un jonchet à l’aide de ces anneaux ; ’-on les enlève quand on veut porterie pied du mât en avant ou en arrière , suivant que l’exige l’assiette du vaisseau et le * Ivnfancetnent de la voilure.
^ La carlingue du mât de misaine ne peut pas toujours être ainsi faite dans les vaisseaux trèsrfius de la pince. On àecontente alors d’une emplanture dans un gros billot placé dans les fourcats; mais on est privé, par là, delà faculté de porter où il faut le pied du mât, qui par sa position sur le bout de la quille, est de la plus haute importance et opère? puissamment sur les qualités du vaisseau. „ - - .*<
^ Le inât d’artimon descend rarement dans 4a cfle sur J es
vaisseaux et les frégates, et presque fautais sur les vaisseaux du commerce , il s’arrête sur une emplanture épontillée , qui porte sur trois baux du prenhier pont.
CARLINGUE — du cabestan.
angt. itep. — ctp. carlinga de cabreatanle. — ail. apubr , fusa keil. — U. scazza del argano — port, carlinga de cabrestante.
Carlingue en tout semblable à celle du mât d’artimon, l’écuelle dans laquelle tourne le pivot est noyée dans la face supérieure du billot qui fait l’emplanture. V. cabestan.
CARONADE. s. f.
Bouche à feu très -courte, inventée par Carron Écossais, qui lui a donné son nom. La caronade est d’un très-fort calibre et fait un très-grand effet à petite portée. Les gaillards de nos vaisseaux et frégates n’ont pas d’autre artillerie , et beaucoup de corvettes n’ont que des caronades pour batterie. Nous regrettons de ne pouvoir rien dire sur la forme du fond de leur âme et sur leur lumière, nous savons seulement que le 56 ne pèse que a5oo, ce qui n’est pas, à beaucoup près, la moitié du poids d’un canon. La portée de cette arme n’a pas , * il s’eo faut beaucoup, autant d’étendue que celle du canon. On la monte sur une semelle massive à peu près comme celle du mortier, mais bien moindre; quelques officiers la veulent à bragues longues, mais la plupart la préfèrent à bragues sèches.
CARRÉ, s. m. carré naval.
' Tracé qui sert à reconnaître le poste d’un vaisseau en armée. On peut le faire comme une table, ou le tracer sur la tête du cabestan. La meilleure manière est de le tracer sur un des panneaux à caillebotis du gaillard d’arrière.
On commence par tracer le grand et le petit axe du vaisseau. Il est clair que l’une de ces lignes est la route et l’autre la perpendiculaire de la route. Deux lignes formant
area la perpendiculaire de là route, un arc de aa^ 3o' seront les lit» du vent de chaque bord. Deux autres ligues séparées de la route par un arc de aa” 3o' , seront les perpendiculaires durent de chaque bord, et en arrière elles seront perpendiculaires au vent arrière, et enfin deux diagonales en arrière seront la ligne du plus près sur l’autre bord. Avec ce tracé, l’officier de quart saura toujours où est son poste dans les mouvemens d’une escadre; et en effet, que le lecteur prenne la peine de tracer ce carré, il verra que si l’escadre est en échiquier tribord amure, la diagonale tribord en arrière est le gisement de la ligne, et que c’est dans cette ligne que chaque vaisseau doit se relever réciproquement : ainsi du reste. Comme il y a long- temps que nous n’avonsnavigué en armée, j’ai entendu des officiers déprécier le carré naval et préférer la boussole ; on a tort, le carré est toujours meilleur que la boussole dont il n’a ni la mobilité ni les erreurs.
C ARRÉ — cul carré.
Vaisseau dont la levée destain a son aculement fort audessous de la lisse d’hourdy , leur intervalle est bordé verticalement et donne à l’arrière du vaisseau la forme d’un V , comme aux chaloupes. Cette construction est totalement abandonnée.
CARRÉ — trait carré.
Vaisseau qui navigue avec des voiles carrées. Les trois mâts, les senauts, les bricks, sont des traits carrés.
CARRÉE — poupe carrée ou poupe plate. i. -
angl. square stem. — erp . popa llana. — ail. spiegel scbilT. —
- . il. poppa rasa. — port, popa quadrada.
. C’est la poupe ordinaire ; on lui donne ce nom pour la distinguer des galères, des pinques et autres bâtimens du le-
Tant ; cette dénomination va devenir plus nécessaire depuis qu’on construit des frégates dont les extrémités sobt ronde» comme celles des galiotes hollandaises. La poupe carrée s’élève sur une barre d’arcasse et se forme arec des allonges de voûte , des quenouilles et des montans de poupe.
CARRÉE— voile.
angt ■ square sail. — esp. vêla de cruz, vêla quadra. — ail. crosa aegel. — il. vêla quadrada. — port, vêla in cruz.
Les voiles carrées no sont point carrées ? ce sont des trapèzes dont les vergues sont hissées par le milieu et croisent le mât à angles droits. La voile carrée amure sur le bord ou sur le bout de la vergue inférieure. Elle se présente au ohoc oblique du vent, par le moyen des bras et des bouline».
CARREAU, s. m.'
angt. sliecr rail. — esp. cinta de la secunda cubierta. ail. bergbolz unter der zvroten batterie. — • «/. cinta délia seconda , coperta. — poil, taboas de canto quebrado , cinta de segunda cubierta.
Les carreaux sont de petites précintes , mais à des places) qui ne sont pas les mêmes pour tous les vaisseaux. Dans une frégate le carreau termine le bordé au-dessus de la batterie. Dans les vaisseaux de guerre, le carreau est une «féconde ceinture entre les deux batteries. V. précifite.
CARRIA. s. m.
Fourmis termites qui s’introduisent même au travers des murs dans les colonies de l’Inde, qui rongent tout et dont les déprédations sont invisibles jusqu’à ce qu’elles aient ruiné l’objet qu’elles dévorent.
CARROSSE s. m. ; • ■
Se nomme aussi rouffle, c’est un léger édifice construit en arrière du mât d’artimon , un en fait le tour, il sert à donner des logemens. Quelques frégates en ont en temps de paix ; les vaisseaux à trois ponts en avaient autrefois sur leurs du-
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luttes ; «a ynp presque généralement Ffasncr y’ excepté1 'sur la» 'Oarires marchands, ut) ru. quoi ai -*m.b aiib-* -Je» j <Jeauc
CÀtlTÂtlÜT « ^uau^ ' »*»•> «» MWmni *u»D .noyai ne
ntJ ang/.girt line, tii.<ing line, tripping line , hauling line. — esp . ^ i| Ji anderibel. — alL ioll tau. — it. andrivel, draglia. — port, an- b 1.9
-«.LfbtSÎSÿfc Is ealéita
Nous l'écrivons ici comme il se prononce parmi les ma-
«iioUnobâTlon-ja^nij me s.. 1 ni * mn :> tresiraTli
rins, d autres écrivent rartahu. , ,*
eiièp , alon *»l mv ina’npr»** F «*6 tnclle oa Jnsaeioio eoa^ab 89l
Corde simple dans la poulie fixe. Il ne multiplie point
l’effort, il en change seulement la direction. On s’en sert pour
hisser les objets légers.
b îf.9 nuvi.i SI ié'ifv .siosaeiori ibulilsl sb Misas» Sdiaon
CARTE — marine s. 1'. u ;iw>p»’b 'oft
a angl. chart. — etp. caria de naregar. — ail. «ee karte.i — it. carta >o .
® di navigar. — port, carta de rnarear. . ,
atiuj, ... ... . "4 ».‘*J JO ’isri.
Représentation sur le papier d une partie de la surface des
mers.
On les distingue en cartes plates et en cartes réduites.
CARTE réduite.
angl. mercalor chart. — tsp. carta de mercator. — « U. kartfl >\ von mercator. — U. carta di mercatore. — port, carta de mercator.
Puisque tous les méridiens aboutissent au pôle, l’espace comprisentreeuxdiminue continuellement depuis l’équateur jusqu’au pôle, comme les rayons des parallèles diminuent ' eux-mêmes, ou si l’on veut comme les cosinus des latitudes de ces parallèles. Cependant pour obviera la courbure des loxodronies, il a fallu conserver sur les cartes réduites un intervalle toujours égal entre les méridiens, sans quoi l’on n’aurâit pu représenter les aires de vent pardes lignes droites; mais en agissant simplement ainsi, plus on se serait éloigné de l’équateur, plus la carte aurait été trop large, et tous les objets se seraient trouvés agrandis dans le sens de l’est à l’ouest, pendant que leur étendue nord et sud eût été juste : ainsi la ligure des lies et des terres se serait trouvée fausse sur U
carte. On a remédié à cet iriébnvénient en augmentant l'étendue Bord et sud, dans la même proportion que celle est et ouest, c’est-à-dire dans le rapport du cosinus de la latitude
au rayon. Cette invention est due à Edouard Wright en 1599.
Pour construire' une carte réduite, il faut donc tracer un cadre dont la graduation soit telle que les mérjdiens soient parallèles et séparés par des intervalles égaux; les degrés de latitude au contraire doivent être tracés sur une échelle dont tous les degrés croissent en allant de l’équateur vers le pôle, dans le rapport du cosinus de chaque latitude au rayon , ou dans celui du rayon à la sécante de chaque latitude. C’est ce qu’on nomme échelle de latitude croissante. Ainsi le rayon est à 60' d’équateur, ou toute autre valeur, toise, etc. , comme le cosinus de la latitude demandée est à la valeur du de^ré
cherché. Ce calcul n’est pas tout-à-fait exact à une grapde distance de l’équateur, parce que les degrés augmentent rapidement. Pour remédier aux petites incorrections de cette méthode on a dressé des tables de latitude croissante que l’on fera bien de consulter. V. celle de M. Bouguer.
Mais comme le globe est un sphéroïde aplati, il y a une correction à faire pour cet aplatissement : on en trouve la table dans Bouguer.
CARTE plate. ’
La carte plate a pour graduation une échelle de parties égales qui détermine les degrés en longitude et en latitude , ou toute autre mesure qu’on juge à propos, toise, lieue, etc. Elles ne peuvent servir que pour des plans particuliers faits à l’aide de quelqu’opération trigonométrique. On n’en fait
usage dans la marine que pour plan particulier.
èns «'l- .' ■■•jo-’ ?» r ' \ ■ 1:
CARTE , pointer la carte.
tO-pHcà ttie cliart. ■-*- ttp. cartear ; ecli»r et punto en la >f . . Çarta. — a//, passen die karte , beateck. macbau. — U. uuu
® "4’ tare liïèaVta'.*£- pM. por ponte ua earti. ' P ,v'ï
tiu a«ucî sivi'.vj J »* aavs: ssii «s*. si'Jgr!
C’est pôrter sur'h» carte le point, c’est-'à-dire, la position où l’on sëtéouve , celle qui résulte ou de l’estime ou d’observations'On se sert pour cela de deux compas et des échelles de la carte. La carte indique assèrblenlarôute qu’on doittenir pour se rendre à sa destination , mais quand les distances sont petites, on fait mieux de recourir à la règle de distance. CARTEL, s. m.
ttngl. llagof truce, cartel. — csp. bandera de par. — ail. frie-
. dens ïlagge. — . iU baudiera di pace. — port, bandcira brança.
Convention entre nations en guerre, par laquelle certaines conditions sont réglées pour certains cas , mais surtout pour l’échange des prisonniers. Le navire qui porte ces prisonniers est vaisseau de cartel : il se reconnaît au même signal que le parlementaire, il porte son pavillon sur poupe, et porte à ta tête du mât de misaine le pavillon de la nation vers laquelle on l’envoie. Y. parlementaire.
CARTOUCHE, s. f.
Petit cylindre creux de papier roulé sur un moule , et dans lequel on met la balle et la poudre nécessaires pour charger el amorcer un fusil. Y. gargousse.
CARTOUCHIER. s. m. * • •* • r • •)»
angl. cartridge box. — etp. cartuchera. — ail. patron tasçhe. i ,
— it. cartoccierc. — port, cartuxeire.
Petite boîte recouverte d’une toile peinte, et suspendue à • une espèce de baudrier. On peut y mettre une trentaine de cartouches : c’est une grossière giberne.