‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 7 sur 140 · AIGUADE · texte numérisé non relu

AIGUADE

angl. watering place — e*p. aguada. lugar parahaceraguada.

— ail. or:. — il. acquata, — port, agoada, lugar perfazer agoada

Lieu où l’on va prendre et embarquer l’eau pour le service des vaisseaux. Il y a aiguade en telle baie, en tel endroit l’aiguade est facile, ou bien il n’y a aiguade qu’i la nage ou avec un vat et vient.

Le besoin de faire aiguade est un motif de relâche.

On est par fois obligé de faire aiguade en pleine côte et au milieu-dcflames. Alors on est forcé d’employer une embarcation qui puisse, lège, porter une barrique sur le bord, ou même suspendue au palan à tête de mât. La chaloupe mouillée au large sur untangon, jette les barriques vides à la mer, les nageurs les conduisent à terre, où on les remplit, et on les ramène de la même manière quand elles sont pleines; mais quelquefois la lame est si forte, qu’il faut frapper dessus un vat et vient , et on les embarque avec les pattes, et quelquefois à la trevire.

AIGUILLE, s. f.

Ce mot a dans la marine plusieurs acceptions.

Aiguille a voile.

angl. needle. — csp. agtija. — ail. nadel. — il. aguglia. — port. agulha.

C’est celle dont les voiliers se servent pour coudre dans la toile à voile ; elles varient de grosseur comme la toile , ce sont des prismes triangulaires.

Aiguille a ralinguer.

a ngt. boit rope needle. —etp . aguja de ralinga. — ait. leicknadel , luck-nadel. — il. agugfia di ralinga. — port. — agulha de tralhar, agalha de apalombar.

Aiguilles plus fortes et qui servent à coudre la ralingue sur la toile; le voilier sc sert d’un poinçon pour séparer les torons de la ralingue et frayer le passage de l’aiguille. Elles sont aussi triangulaires, et déplus, recourbées.

Aiguille de carène.

angl. out riggcrs. — esp. pan taie. ail. masten stutzen. — il. bigfae. — port, esbirroa, envaaaduras.

Ce sont des bigues de la force des mfits de hune du vaisseau abattu; et à défaut des bigues, on emploie des mâts de hune. La bigue est taillée en sifflet par le haut , elle est appliquée et fortement roustée sur le bat-mât , le pied repose sur une semelle placée sur la goutière , on a soin d’épontiller dessous.

Les aiguilles de carène servent à seconder les haubans pour acorer la mature du vaisseau en carène ; on dit quelquefois bigue.

Aiguilles a mater.

angl. abeera. — esp. cabria. — ait. bock, werkzeuge masten atatzeo. — il. bighe. — port, cabrea.

Deux fortes aiguilles qu’on rouste avec une portugaise par la tête pour les unir et y suspendre les apparaux dont on se sert pour mâter un vaisseau. Leur situation respective les a fait aussi nommer fourches. On les élève sur le tillac d’un vaisseau pour le mâter dans les ports où il n’y a pas de machine à mâter. V. fourches.

Aiguille de boussole.

ant-l. compass needle. est. aguja naatica. — ail. compas nadel. it. calamita, ago di bussola. — port, agulha de bussola.

Lame d’acier aimantée, suspendue et qui se dirige ù peu près dans le sens du méridien.

L’aiguille est l’âme tle la boussole. On ne peut trop prendre de soins pour en choisir l’acier, le forger, le tremper et l’aimanter. Peu de chose J’affole ou la vicie, le marin ne doit jamais la démonter, parce que, placée hors de son méridien magnétique, elle se vicie. V. boussole. Voir l’introduction de notre dictionnaire de géographie maritime. V. Aimant.

AIGUILLETAGE, s. m.

angl. lashing. — csp. boton, cintura, cosedura encordonamento.

— ait. bindscl. — it. ligatura. — port, botao, méada.

Amarrage fait avec une aiguillette. L’aiguilletage diffère delà rousture, cette dernière se fait à bouts engagés, l’aiguilletage s’amarre.

AIGUILLETER. v. a.

angl. to lasb — esp. amarrar. cüser, encordonar. — ait. belcgen, nabcn, annahcn, sorren , fangen. — it. ligare, h-gare , carcerare. — port, coser.

C’est faire un aiguilletage.

AIGUILLETTE, s. f.

angl. lashing, laniard. — csp. cordonna , mojeles . acolladores.

— ail. kattensteert , scbwiepingen , seisiogen. — it. sagola, salmastra. — port, colhedor, colbedorea, michelos.

Filin, raban, commande à un bout, dont on se sert tour et autre , pour saisir deux objets. L’aiguillette reste en place comme sur les bosses de pont, sur les bouées, etc. Il y a cependant des aiguillettes frappées par leur milieu, par conséquent à deux bouts. Si on croise les tours de chaque bout, od ne fait plus un aiguilletage, c’est un amarrage.

Le bout de l’aiguillette s’envergne par deux demi-clé.

AIGUILLOTS. s. m.

Mot plus décent, pour remplacer celui de vitonières. V. ce mot, et ferrure de gouvernail.

AILE. s. f.

angl. ning. — csp. ala — ail. flugel. — it. ala. — port. ala.

Mot de lactique, resté par abus du mot, depuis que la ligne de bataille n’est plus ligne de front. Dans l’ordre de retraite , ce sont les deux côtés de l’angle sur lequel est formée l’armée : dans cet ordre l’armée marche sur les deux lignes du plus près; l’amiral au centre.

Il n’y a pas d’ailes dans la ligne, parce qu’une ligne de flanc n’a pas d’ailes. En convoi, les ailes sont les vaisseaux extrêmes , à tribord et à bâbord. Le navire convoyé ne doit jamais les dépasser

AILE — d'arrimage.

angl. wings of the liold. — esp. bande de estiva. — ail. seiten des raums. — il. bande délia stiva. — port, bandas de poram.

Extrémité des antennes. V. antenne d’arrimage. On met les plus petites futailles sur les ailes, que l’on termine avec du bois d’arrimage.

AIMANT, s. m.

angl. load stone. — ctp. iman. — ail. magnet stein. —

U. calamita. — port. iman.

Pierre très-lourde, ordinairement brune, parfois grisâtre ou blanchâtre, parfois tendre, mais généralement dure. Le meilleur se trouve dans l’Inde. Il y en a en France, en Espagne, en Suède, en Allemagne. On trouve l’aimant dans les mines de fer, dans celles de cuivre , ou dans les environs. Les propriétés de l’aimant sont de deux sortes pour l’homme de mer : ce sont l’attraction et la direction. Par son attraclion, il tend toujours à se réunir au fer et â l’acier. Dans cet effort , le plus léger des deux se met en mouvement vers l’autre. C’est cet effort qui altère les boussoles et détourne l’aiguille quand on la tient trop peu éloignée de ces objets.

Par sa direction, l’aimant tourne toujours une de ses dimensions, à peu près dans le sens des méridiens quand il est en liberté. La différence entre sa direction et le méridien du lieu , se nomme variation.

L’homme de merse sert de l’aiguille aimantée dans la construction de sa boussole. C’est un objet trop négligé dans la marine marchande. Nous entrerons sur cet objet dans quelques détails utiles au marin, en parlant de la boussole. V. ce mot.

Cet aimant est le naturel. Indépendamment de celui-là, il y en a un artificiel qui consiste en petits barreaux d’acier poli, fortement aimantés par le frottement sur la pierre d’aimant. Il est prouvé par l’expérience que ces aimaus sont les plus généreux. Y. l’article suivant.

AIMANTER, v. a.

angl. to rub with a load sterne. — ttp. cebar ea la piedra iman.

— if. tuerai co.la calamita. — port, tocar com a pedra iman.

— ail. mit magnet bestreieben.

La boussole est l’ame de la navigation : nous allons entrer dans quelques détails sur la manière d’aimanter, et nous exprimons ici le vœu que tous les navires au long cours soient pourvus d’un aimant naturel ou artificiel, et qu’on astreigne les capitaines à savoir aimanter leurs aiguilles.

Aimanter, c’est communiquer du magnétisme au fer ou à l’acier par le frottement. Le fer s’en charge assez peu, et, cependant, s’il reste long-temps immobile dans une situation verticale ou incliné à l’horizon, à peu près dans le plan du méridien, il en contracte de lui-même ; mais l’acier en prend beaucoup, surtout quand il est trempé à toute la dureté possible.

Pour aimanter deux barreaux, on les fixe sur une table, dans la direction du méridien magnétique, et écartés l’un de l’autre d’environ leur largeur; on les fait se communiquer aux extrémités par un morceau de fer doux; ensuite on prend la pierre armée et la tenant horizontalement, l’axe dirigé perpendiculairement à la direction des barreaux, on pose un des

boutons sur le milieu de la longueur d’un de ces barreaux , on le fait glisser lentement, en appuyant fortement dessus, jusqu’à une des extrémités. Alors on ramène la pierre, en lui faisant décrire une courbe assez à l’écart, et on la replace au milieu comme la première fois. On frotte de cette façon la moitié de cette surface une douzaine de fois; après quoi, changeant de pôle, on fait avec l’autre bouton la même opération sur l’autre moitié de la surface du barreau : on use aussi du même procédé pour aimanter une des surfaces d’une aiguille.

Cela fini, on a aimanté la surface supérieure d’un des barreaux. On fait la même opération sur l’autre barreau ; mais chaque moitié doit être frottée avec le bouton opposé à celui qui a servi à frotter la moitié correspondante de l’autre barreau : voilà la surface supérieure des deux barreaux aimantée. Il faut répéter le même procédé sur l’autre surface ; pour cet effet, on retourne les barreaux ou l’aiguille, et l’on continue à les frotter moitié par moitié, et toujours avec le bouton qui a servi à la moitié opposée.

Les barreaux ainsi aimantés, peuvent à leur tour aimanter des aiguilles ; pour cet effet, ils doivent être deux ou trois fois aussi longs que l’aiguille à aimanter, et au moins deux fois aussi larges. On les pose en ligne droite, bout-à-bout, sur une table. Les deux pôles opposés doivent presque se toucher, et n’être séparés que par une feuille de carton ou de bois qui ne déborde point au-dessus, afin de ne pas gêner le frottement. Cela fait, on place l’aiguille sur les barreaux, et dans leur direction, de façon que son centre réponde à la feuille de carton qui les sépare. On la fait glisser sur les barreaux, en appuyant passablement fort, jusqu’à ce que le pôle de l’aiguille réponde presque au morceau de carton ; on la ramène de l’autre côté, faisant ainsi venir successivement chaque pôle , presqu’à la séparation des deux barreaux ; on

fait ce mouvement une douzaine de fois sur chaque face , et t’aiguille est aimantée : c’est ce qu’on nomme la double touche.

AIN. V. hameçon.

AIR. s. m.

L’homme de mer considère l’air sou» trois rapports : sous celui de la salubrité , voyez ventilateur; sous celui de la pression, voyez, pompe et baromètre ; enfin, sous celui de su vitesse, voyez vent; voyez aussi région.

AIR. s. m. ou Aibe, ou Ebbb.

angl. dead way. — etp. andar muerto. — ail. weit der tragheit.

— it. moto morto. — port, i'nercia.

Mouvement en avant; résultat d’une force d’inertie, laquelle un corps en mouvement résiste au repos, etrécipro quement. Cette force est soumise au calcul. Voy. inertie. Ainsi, un vaisseau conserve son air après que toutes ses voiles sont carguées, et un bateau après qu’on a levé les rames. Bien estimer l’air de son navire, est un point important en venant au mouillage; et, dans les bateaux, quand on fait un abordage , c’est ce tact qui fait amener ou laisser aller à propos; beaucoup de mouvemens dans un bateau rompent son air.

On a écrit aire et même erre; nous ne prétendons pas que notre opinion décide la question, mais nous préférons air. Aire est un mot d’emplacement, area. On a cru pouvoir dire erre par allusion au terme de chasse. Traces, train, allure; sont des mots qu’on exprime en vénerie par le mot erre.

AIRE — de vent. s. f. et m.

L’aire de vent n’est ni le rbumb, ni la pointe, ni le quart. y. ces mots. C’est une ligne tirée du centre de la boussole, à n’importe quel point de sa circonférence, ou, si l’on veut,

de l’horizon. Il n’en est pas ainsi de la pointe ou du rhumb ou du quart; leur place est invariable. Le N. N. £. est un rhumb, mais il est fixé à 22° 3o' du Nord; ainsi des autres : une aire de vent, au contraire, n’a point de direction fixe.

On dira â quelle aire de vent gouvernez-vous ? On peut répondre au N. E. 3° N. On ne peut pas dire dans ce cas à quelle pointe gouvernez-vous, puisque le N. E. 3° N. n’est pas une pointe. L’intervalle entre chaque pointe, chaque quart, chaque rhumb est rigoureusement mesuré par un arc de l’horizon, qui vaut n° i5', tandis qu’aucun intervalle déterminé ne sépare deux aires de vent.

AISS1EU. s. m. Nous écrivons indifféremment Aissieü ou Essieu.

angt. pin. — etp perno. — ail. pinne, achse. — it. perno.

— port, perno, eiio.

L’aissieu d’une poulie est son axe. C’est sur lui que porte l’effort et le frottement du rouet. Cet effort est tel, que , dans les grosses poulies, surtout dans celles des appareils, on est obligé de les mettre en fer. Dans les petites poulies, il est en gayac. Voyez poulie, pour les fonctions de l’aissieu.

AJLST. s. in.

angl. bend. — etp. ayusle nudo ayustado. — ail. knotc. — it. impionibauientc. — port, ajuste.

Assemblage de deux cordages bout A bout, soit par un nœud cornu, ou de3 étrives, ou un aiguilletage dans des yeux.

AJUST — Cfibled’.

angl sîiot cal. le. — esp. cable ayustado. —

ait. zusanmicii grsplisscne tau. — it. gomena impiombata,

— port, amarra ajus'ada.

On nomme câble d’ajust, un câble de 200 ou 25o brasses. Très-souvent il se compose de deux câbles ajustés bout

bout. Au moyeu de cette grande longueur, on donne une très-grande touée , ce qui peut sauver un vaisseau à l’ancre dans une tempête : l’effort du câble sur l’ancre étant d’autant plus faible qu’il éprouve plus de frottement sur le fond.

A LA DÉRIVE. V. dériver.

A LA MER. Être.

angl. open sea. — erp. estar bacia fuera. — ail. um see. — il. trovarsi in mare. — port, ao mar.

Être au large , hors des dangers de la côte.

A LA MER. Jeter.

angl. to heavc over board. — csp. echar a la mar. — ail. ueber bord werfeu. — if. gettar io mare. — port, echar no mar.

Jeter ila mer, jeter par-dessus le bord, lancer à dessein, pour le perdre, un objet quelconque ; ou pour utilité. On dit mettre un canot à la mer.

ALBATROS. V. mouton du Cap.

ALESTIR. v. a. et n.

anç/. to clear the ship. — etp. clarar. — ail. klar macben. —

U. far netto. — port, clarar.

Rendre leste, débarrasser de l’encombrement. Dn vaisseau de commerce qui prend la mer est encombré, peu à peu on s’alestit , chaque objet trouve une place et le navire est paré. On alestit un gréement au mouillage en dépassant ou en collant aux mâts, les manœuvres doubles, etc. Dans un gréement très-alesti, on ne voit en outre le dormant, que les bras et les balancines.

ALGUE, s. f.

angl. sca weed — etp. alga. — ail. sec kraut. — il. ali ghe , alghe. — port, cracas.

Algue-marine, c’est une plante marine, c’est le vareck , le gouesmon, le sart. Le navigateur qui les aperçoit flottans sur la mer, les regarde comme indice de proximité de terre ou de vigie. L’espèce dite grappe de raisin est un indice sûr pour l’approche des îles du vent.

ALIZÉS, adj.

a ngl. trade winds. — esp. viento generale. — ail. passât «Inde.

— il. venlo generale. — po:t. vento gérai.

Les vents alizés sont ceux qui résultent du mouvement de

rotation de la terre. Ils soufflent toujours de la partie de l’est.

C’est le vent d’Orient; ils varient. Au nord de la ligne, ils

souillent de la partie de nord-est. Au sud de l’équateur, ils

soufflent du sud-est. Les Français nomment les premiers,

vents alizés, et les seconds, vents généraux. V. vent.

ALIZOIR. s. m. ou alézoir.

angl. bore. — esp. trepano por las pièzas. — ail. eines canone bohrer. — il. trapano, — port, trepano.

Outil d’artillerie qui sert à mettre au calibre l’âme des canons, et à la polir. On se sert aussi de l’alizoir pour remettre au calibre français les canons des vaisseaux anglais pris; mais cette opération , qui diminue l’épaisseur du métal , est toujours une assez mauvaise opération.

ALLÈGE, s. f.

angl. liglcer, craft, keel. — esp. alijo, gabarra, barca de lastre, cbata. — ail. lichter, ever, schnte, ballast ever. — it. barca d’alle gio, alleggio, piatta, sandale, musclera, savorratore, burchio de saorna. — port, barco de lastre; batelao.

Embarcation qui sert à alléger, "à décharger un vaisseau , ainsi qu’à le charger, quels que soient sa forme et son équipement. Dans un port clos, l’allége^est un simple chalan ; mais dans les localités où l’allége va sur les rades ouvertes), elle est d’une forme propre à la navigation, gréée et équi-

pée selon ses besoins. Celles qui vont du Hâvre à la grande rade, de l’Orient à Groix , de Rochefort à l’île d’Aix, sont installées pour bien naviguer.

ALLÉGER, v. a.

angl. to lighten , to ease , to *tick-oot. — esp. aiijar. — ail. loschen. — it.'alleggerire. — port, alliviar. )

On dit aussi allégir. C’est diminuer la charge d’un vaisseau et le mettre à un moindre tirant d’eau. V. lége.

On dit aussi qu’on allège un câble ou une manœuvre, quand on détruit son frottement en portant son double vers son appel; en un mol, on allège toute corde dont on diminua la résistance.

ALLER. — En dérive, v. n.

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