‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 90 sur 140 · CORNE DE POUPE · texte numérisé non relu

CORNE DE POUPE

angl. crutoh, crotch. — esp. cucrno de popa. — ail. piek stuekc piek boiter. — il. eomo di popa. — port, ooroo de popa.

Les matelots dans certains ports la nomment encornas, mot que uous ne recommandons pas. C’est une fourche de bois placée des deux côtés do la poupe d’un vaisseau qui • porte une voile auriquc avec guis, et c’est dans cette corne que repose le guis quand la voile n’est pas dehors. Cette corne est faite d’un petit fourcat ou fourche de chêne, et ajustée de demi à demi sur l’alonge de cornière. -

CORNETTE, s. f. ,

angl. broad pendant. — etp. corneta. — ail. staender, — il. bandella, cornetta. — port, pavilhao, Oaramula.

Mot sur lequel personne ne s’entend , parce que les choses cL les mots changent. La cornette était autrefois un pavillon pointu que le chef d’ëscadre portail au mât d’artimon quand il commandait ; depuis lors , le chef d’escadre a pris le pavillon carré, et la cornette est descendue au chef de division, qui la porte au grand mât; mais le mot cornette , emportant l’idée de deux cornes, on a nommé cornette ce qui était autrefois guidon de commandement, et l’ancienne cornette est devenue guidon. Enfin, ce même guidon ne se distinguant pas bien de la cornette , on l’a supprimé , et la cornette seule est restée maîtresse du terrein. On a donc songé à la placer de manière à distinguer le capitaine de vaisseau ; cet officier la porte au grand mât, en pavillon, hissée le long du mât. Au-dessous de ce grade, l’officier commandant sur rade, en présence d'une autre flame , porte la cornette , mais eilverguée comme une flame et battante à plat , hissée par le milieu de sa vergue.

Dans notre opinion particulière, la cornette est pointue et n’est pas fendue; le guidon est fendu et porte le nom de guidon de commandement, c’est la marque de commandement de l’officier au-dessous du capitaine de vaisseau. Encore une fois, ou n’est pas fixé sur cet objet, et l’Encyclopédie n’a fait que répéter Bourdé.

CORNICHE d’appui, s. f.

Sculpture en dehors de la lisse d’hourdy.

CORNIÈRE. 9. f. V. allonges de cornière.

COROI. s. m. , ou corai , ou conrai, ou conroi, ou couroi. V. ce dernier.

Nous penchons de préférence pour coroi.

COROYER. v. a.

Nous ne recommandons pas cette expression, mais nous en faisons mention parce que dans certains ports les marins en font usage et l’emploient dans leurs journaux; on entend parlé, une voilure aisée, une voilure de prudence, sous laquelle un vaisseau ne court pas de risques. On dit qu’on ne doit rendre le quart qu’après avoir bien coroyé le vaisseau, afin que l’officier qui sort de son lit, trouvant son vaisseau bien coroyé, ne puisse être surpris avant de s’être reconnu.

CORPS, s. m.

angt. bulck, huit. — esp. casco, buque. — atl. rumpf. — it. carcassa, guscio, «cafo, corpo delta nave. — port, earcassa , corpo.

Le corps du vaisseau, c’est sa coque. V. coque. V. aussi bois.

CORPS d’armée.

Armée réunie, manœuvrant, naviguant ensemble; on dit naviguer en corps d’armée.

CORPS de bataille.

C’est, dans une armée navale, la division qui occupe le

milieu , entre l’avant-garde et l’arrière-garde ; il est d’usage que l’amiral commandant se tienne au corps de bataille. : et dans l’ordre naturel, la situation de l’armée s’exprime ainsi : T'iîr '• on a quelquefois dérogé à cet usage et des généraux ont reçu l’ordre de se porter de leur personne sur une frégate au moment du combat. •

CORPS. Les quatre corps de voiles.

Expression fort usitée dans la Manche, pour dire les quatre voiles majeures. •

CORPS-MORT. s. m.

angl. mooring chains, pendant chains, bollart, bridles. — isp. rnuertos. — ail. hafen anker. — il. ancora tli dimora. — port. ancora de corrente.

Point de résistance établi soit sur le rivage , ou sur le fond d’une rade , pour l’amarrage des vaisseaux. On leur donne la plus grande solidité; ordinairement ce sont de très-fortes ancres empennelées, auxquelles on casse une bègue afin qu’elles ne puissent rien intercepter sur le fond. Le bout des chaînes ù émérillon ou des câbles qui y sont entalingués, sont portés par un petit ponton , ou par une caisse flottante.

CORPS de pompe.

angl. cbamber of a pump. — esp. almacen de bomba — ail.

Iiolc cvlinder. — it. anima délia tromba. — port, anima de bomba.

Le corps de la pompe est son battement, c’est l’endroit où sc fait le jeu du piston.

Le commerce qui vise à l’économie, introduit dansses pompes une chemise de cuivre pour empêcher que le frottement de la heuse ne ruine l’âme de la pompe dans le battement ; mais sur, les vaisseaux du roi et même sur les grands vaisseaux de commerce, les pompes ont un corps de fonte, que de forts écrous retiennent uni à deux corps ou tuyaux de bois, dont l’inférieur se nomme corps d’aspiration et le supérieur corps de dégorgement. V. pompe.

CORPS et biens.

angl. «onls and bodjr. — asp. navio y pente , bienes y gente. — ail. leib und gut, blut und gut. -i- il. nave e gente. — port. navio e gente tambem.

On dit qu’un vaisseau s’est perdu corps et biens, quand tout le inonde a péri dans le naufrage avec le vaisseau. CORRECTION, s. f. *

On nomme correction, une estime, un calcul conjectural, par lequel on essaie de faire disparaître l’erreur qui s’est glissée dans l’estime d’une route, et que l’on a découverte par une observation de latitude qui ne cadre pas avec la latitude estimée. L'erreur ne peut provenir que de la route ou du chemin, il est difficile de se tromper beaucoup sur le chemin parcouru ; on n’a à craindre qu’un transport par des courans inconnus , et comme la correction ne porte que sur une incertitude, on a conseillé de n’en pas faire , parce que dans une longue navigation, les erreurs d’estime se balancent réciproquement. Toutefois, pour aider le jeune marin qui nous consulte, nous lui dirons que s’il est sûr de son chemin parcouru, il connaîtra son aire de vent par l’analogie suivante. ,

Le chemin. parcouru : R ” la diff. en latitude ob : complètement de l’aire de vent.

Au surplus la seule bonne manière de rectifier la navigation, c’est de multiplier les observations de longitude. La méthode des distances est aujourd’hui connue de tout le monde. V. distance et longitude.

On fait aussi usage du chronomètre. V. ce mot et son renvoi. V. les articles route corrigée, chemin corrigé, et point.

CORRESPONDANTES (Hauteurs). V. longitude par le

chronomètre.

CORSAIRE, s, m.

angl. privateer. — asp. corsarin. — ail. koraar , kaper. — il. cortarc, eoisalc. — port, navio de corso, corsarin.

Bâtiment armé en guerre par des particuliers, et çommandé par un homme de mer, qui peut n’avoir aucun grade militaire. Le corsaire a une commission de son gouvernement qui l’autorise.à courir sus aux ennemis de l’État. Son objet principal est de détruire le commerce ennemi; en conséquence, il évite généralement les combats qui ne peuvent lui être profitables. II y a des corsaires de toute grandeur: il y en a eu de très-considérables. Le commandement d’un corsaire demande beaucoup d’audace et d’habileté. Dugay- Trouin commença par-là.

CORVETTE, s. f. .

angl. «loop of war. — erp. corveta. — ail. kiieg sloop. — il. corveta. — port, corveta.

Diminutif de frégate. La corvette a jusqu’à vingt-deux canons ou caronades en batteries ; elle est à trois mâts et en tout semblable à une frégate; elle doit avoir une grande stabilité et une marche supérieure.

COSMIQUE, adj.

Le lever d’une étoile est cosmique quand elle se 1ère au lever du soleil , et son coucher est cosmique quand elle se couche au soleil levant : ainsi son lever et son coucher soot cosmiques dans l’un ou l’autre cas.

COSSE, s. f.

'angl. thimblc. — esp. guarda cabos. — ail. kauach. — it. raatincia, ancllo di ferro. — port, gapatinbo, serilho.

Anneau de fer qui sert à garantir du frottement le dedans d’un œil ou d’une eslrope dans lesquels doit passer un cordage ou un croc. La cosse est concave sur l’extérieur de son cercle, ce qui forme une canelure où se noyé le cordage qui l’enveloppe. La cosse n’est point soudée; elle n’est point tout-à-fait ronde, afin de ne point tourner dans l’œil du cordage. Les deux bouts du cercle qui forme la cosse, requis près l’un de l'autre , se placent près de l’amarrage ou de la passe de l’œil , parce que cette partie reste sans frottement.

COTE. s. f.

angl. coast, aea coast. — csp Costa. — ail. kustc. — it. Costa marina, spiaggia. — per/, costa.

C’est la terre le long du rivage de la mer : il ne faut pas confondre côte et rivage. Ces deux mots sont', à la rigueur, très-différens , quoique souvent pris l’un pour l’autre. Le rivage est entre la côte et le bord de l’eau ; ce rivage est l’espace que les flots de la mer couvrent dans leur plus grande élévation, soit dans le temps du flux ou dans les tempêtes. La côte commence là où le rivage finit. Elle est haute ou basse, escarpée ou en talus, suivant la nature du terrein dont elle se compose.

Malgré cette définition qui détermine rigoureusement les limites de la côte, l’usage veut que par extension, on entende par côte les approches de la terre, jusqu’à une certaine distance au large. C’est ainsi que pour dire* que les approches d’une terre sont dangereuses à cause des écueils, on dit une côte sale. Son opposé, côte nette, indique une terre d’un accès facile. C’est dans le même sens qu’un vaisseau est dit à la côte quand il est échoué. Les noms de côte au vent, côte sous le vept, sont déterminés par la position relative du vaisseau eu égard au Yent qui règne. On dit aussi qu’une côte est de fer quand elle est accore : elle est plate quand il y a peu d’eau à son approche.

COTE accore ou côte de fer. V. accore.

COTE sale ou malsaine. V. malsaine.

angl. foui coast. — csp. costa brava, Costa peligrosa. — ail. kustc mit viel Klippen. — it. Costa periculosa. — port. Costa brava.

COTE nette, s. f.

angl. ciear coast. — csp. costa clara. — ail. kustc ohuc klippeu. — it. costa pronta. — port, costa clara.

COTE au vent.

angl. wealher sbore. — csp. costa barlovento. — ail. luv wail — it. costa di sopravento. — port, costa de barlovento.

COTE, faire côte.

angl. to run a ground. — esp. ir a la Costa , dar a la cosla. — < ait. sicb strandcn. — it. aodare a la Costa. — port, andar a costa.

C’est faire naufrage.

COTE sous le vent.

angl. lec sliorc. — esp. costa soto veuto. — ail. leger wal. — il. cosla di sotto vento. — port, costa de sota vcnto.

COTE à la côte.

angl. a ground, stranded. — esp. a la costa. — ait. strandrte — ital. a la costa. — port, na costa.

Un vaisseau à la côte est échoué non loin de lu côte. COTE. s. f.

angl. rib. — esp. costa, cuaderna. — ail. spann. — it. coste d’un vascello. — port, costa.

Une côte d’un vaisseau est un membre , une demi-levée. V. membre et couple.

COTÉ. s. m.

angl. side. — esp. bande, ccstado. — ail. seite. — it. banda de! naïe, canto, lato. — port, bauda, costado, lado.

Le côté d’un vaisseau est tout son extérieur, depuis le bossoir jusqu’à la cornière, et depuis la lisse de fort jusqu’au plat-bord. Deux vaisseaux qui se battent bord à bord, se prêtent le côté ; un vaisseau abattu en carène est couché sur le côté. Côté est souvent pris pour stabilité dans le langage ordinaire.

COTE faible. V. ci-après.

angl. crank sbip, — esp. lado feble. — ail. rankes schiff. — it.

□ave che inclina. — port, nave que inclina.

COTÉ raide. V. ci-après. V. raide pour les langues.

COTÉ droit. V. ci-après.

angl. wall sided. — esp. lado derecho. — allem. peak seite. —

. it. banda corne un muro. — port, lado dircito.

COTÉ faux. V. bordier.

Un vaisseau a le côté faible quand il manque de stabilité, c’est-à-dire quand il porte mal la voile.

Un vaisseau a le côté raide quand il porte bien lu voile. Un vaisseau a le côté*droit quand il n’a point de rentrée; on dit aussi qu’il a le côté comme un mur.

Un vaisseau a le côté faux quand il est bordler. V. bordier.

COTÉ du vent.

angl. weather side. — esp. costado de barlovento. — ait. luv seite. — il. canto di sqpravcnto , jbanda di sopravento, —

. port, costado de barlovento. ,

COTÉ sous le vent.

angl. lee side. — esp. costado de solo vento. — ali Iee seite.

— if. canto opposto al vento, banda di. soto vento. — port. costado sota vento.

Pour peu que la quille d’un vaisseau s’écarte de la ligne de la direction du vent, il faut que le vaisseau présente l’un ou l’autre côté à son impulsion, et de ce moment il y a un côté du vent et un côté de sous le vent. Celui du vent est choqué par le vent; ainsi vent arriére ou vent debout, il n’y a point de côté au vent ni sous le vent : on désigne alors les côtés

par les mots tribord et bâbord.

COTIER, s. in. V. caboteur.

COTIER. Pilote.

angl. coasting pilol. — esp. pratico. — ail. lootse. — if. cosliere. — port, pratico, costeiro.

Nom qu’on donne aux pilotes pratiques qu’on embarque pour la navigation le long des côtes. Les pilotes côtiers connaissent l’entrée des ports, l’aspect des terres, l’établissement et le cours des marées; les sondes au large, le brassiage et la vue du fond leur font juger leur position presqu’à coup sûr.

COTOYER, v. a.

angl. to coast. — esp. cojtcar. perlongar. — ail. kusten lahrt.

— if. andar, costa Costa, costeggiare. — port, costear.

Naviguer le long d’une côte, la prolonger sans la perdre de vue; on côtoyé aussi à très-petite distance.

COTRE, s. m.

C’est ainsi qu’on prononce en français le mot cutter. V. cutter.

COU DE CYGNE, s. m.

Crochet de fer dont la forme ressemble à celle du cou d’un

cygne, on en fait usage au bout d’un gui pour le crocher au mât d’artimon, ou au bout de tout autre bout dehors.

COUCHANT, s. m.

Lieu où le soleil se couche, c’est l’occident, c’est l’ouest. V. boussole.

COUCHE de câble, s. f.

angl. cable tier. — etp. andana. — ail. acbeibe — il. ruoti d’uu capo. — port, andaina.

Quand on roue un câble, on le dispose en tours circulaires et en spirales : chaque tour est un plet ou pli, et lorsque ces plets ou plis remplissent l’espace qu’on leur destine , on fait une autre couche, et ainsi de suite tant qu’il y a du câble à rouer. Plus les plets sont grands, moins on fait de jambes de chien.

COUCHER du soleil, s. m.

angl. sua set, setting of the sua — esp. la puesta del sol. — ail. niedergang der sonne. — il. il tramoutar dcl sole. — port. occaso.

L’homme de mer prend le moment du coucher du soleil pour régler l’heure du vaisseau par l’analogie, suivante, tant au matin qu’au soir, c’est-à-dire pour le coucher et le lever. 1* Le sinus total

2o Est à la tangente de la déclinaison du soleil pour le lieu et le moment de l’observation,

3° Comme la tangente de la latitude de l’observateur 4° Est au quatrième terme.

Ce quatrième terme est le sinus d’une quantité de degrés qu’il faut convertir en temps. Ce sera le lever ou le coucher

du soleil, avant ou après six heures, suivant le lieu où l’on so trouvera par rapport ap soleil.

IT est rare qu’on se serve de cette observation pour régler avec précision l’heure du vaisseau; on néglige même d’employer à cet égard le calcul de l’angle horaire ; cependant , cet ouvrage étant un répertoire, l’homme de mer a droit de nous demander ce calcul.

Voyez ce que nous avons dit à l’article angle horaire; on n’oubliera pas d’employer la déclinaison du moment de l’observation, et de prendre 90° pour complément de la hauteur. Lorsque l’angle horaire sera trouvé, on le réduira en temps, à raison de r5* pour une heure, ce sera le temps de son lever; et en retranchant ce temps de ia heures, ce sera son coucher.

Quand on a déterminé l’heure du lever et du coucher réel, il faut trouver le moment apparent, et pour cela il faut ajouter la réfraction et la dépression de l'horizon, en soustraire la parallaxe, et le reste donnera l’abaissement réel du soleil au-dessous de l’horizon, au moment où il paraît le toucher; mais le calcul de l’angle .horaire est fait pour le centre du soleil , il faut donc faire la correction relative au demi-diamètre du soleil.

Lorsqu’on a déterminé en minutes de degré l’effet de la réfraction et de la dépression, moins la parallaxe, il faut le réduire en temps , en divisant par i5, c’est-à-dire selon la règle ordinaire, i5 degrés pour 1 heure, ou i5 minutes pour 1 minute de temps. Mais si l’on voulait une précision plus grande, on chercherait dans la connaissance des temps combien le soleil emploie de temps à passer au méridien , et on le diviserait par le sinus de l’angle compris entre le vertical et le cercle de déclinaison; mais encore une fois, ce n’est pas là l’observation dont on se sert pour trouver Uheure du vaisseau. V. l’article longitude.

COUCHER delà lune.

Le lever et le coucher de la lune se trouvent ainsi : pour le •lever, en calculant l’angle horaire comme ci-dessus, et en employant la déclinaison propre au moinent'du lever ou à peu près. Pour le coucher, on ajoute l’angle horaire à l’heure du passage au méridien.

L’heure du passage de la lune au méridien se trouve en prenant l’ascension droite du soleil au moment requis , et en la soustrayant de celle de la lune ; si l’ascension droite de la lune est trop petite, on l’augmentera de 56o*. V. ascension droite. On fera ensuite les corrections propres à la réfraction, à la dépression de l’horizon, et à la parallaxe ; le reste se convertira en temps lunaire.

Si l’on cherche l’heure du lever d’une étoile, oh procédera comme pour le soleil ; mais on retranchera de l’angle horaire 10 secondes par heure, soustraction motivée sur l’anticipation des étoiles.

COUCHER cosmique et achronique. V. héliaque. V. cosmique. COUDE, s. m.

On nomme ainsi l’endroit où un chenal, quittant un gisement direct , se détourne pour prendre une nouvelle direction.

COUDÉE, s. f.

Les anciens voyageurs se servent si fréquemment de cette expression que l’homme de mer nous saura gré de lui faire connaître les coudées en général.

pieds, pouces.

Coudée d’Egypte et de Samos. io

Coudée romaine , depuis le pli du bras jusqu’au

bout des doigts étendus. 1 5 119

Coudée géométrique des Hébreux, la grande. 2 a

— — la moyenne. 1 10

— — la petite. 1 * 5

pied». pou cri

— suivant Pauclon, la commune. » 12 840

Coudée sacrée ou 3 pieds géométriques. 1 8

Coudée pythique. » 9

Coudée iitique ou noire , ou coudée royale des Perses. 1 3

Coudée du Nil ou devakh. 1 8

Cette dernière coudée est celle hachémique des Arabes et des Mahométans, celle sacrée des Hébreux et des Egyptiens, celle du sanctuaire Ammah-Hakkodesch, amta des Syriens, olène des Grecs, brachium des Latins.

kl

COUILLON. s. m. ou couillard.

Patte d’oie frappée sur une vergue de perroquet, des deux cillés du racage , et qui sert à étouffer le fond de la voile quand on veut promptement la serrer avec peu de monde. COLLAGE, s. ra.

angl. leaLagc. — dp. derrame. — ail. lecLaschc. — il. scolo.

— port, derrame.

C’est la quantité de fluide qu’une futaille a laissé échapper. Objet d’une haute importance pour un vaisseau dont cela diminue les provisions. V. déchet.

COLLANT nœud. s. m. C’est le nœud de bois. V. nœud. COLLANT bas. part.

angl.nalcr logged. — esp. llcno de agua. — ail. noter stellages.

— il. pieno d'aqua, pieno di crcpaturc. - — port, cheio de

agoa. ,

C’esÜ’état d’un vaisseau qui sancit, qui sombre, qui prend par des voies d’eau, plus d’eau que les pompes ne peuvent en jeter, de manière que l’eau gagnant toujours quoique lentement sur les pompes, doit finir par faire couler le vaisseau si l’on ne reçoit pas assistance ou si on n’nrrive pas 11 terre. COLLÉE, s. f.

angl. quick waler. — esp. agua riva. — ait. leben wnsser. — if. aqua viva. — port, agoa viva.

Expression par laquelle on désigne parfois, l’eau vire au gouvernail, c’cst-;ï-dire les façons de derrière; celles de devant se nomment, par opposition, entrée.

Ainsi, un vaisseau fin par devant et par derrière, est dit avoir de belles entrées et de belles coulées.

COULER, v. n.

atigl. to starl. — csp. derramar. — ail. lecken. — U. colare.

— port, dcrramarsc.

On dit qu’une futaille coule, lorsqu’elle laisse échapper le fluide qu’elle contient.

COULER bas v. n.

angt. to foander, to sinck. — csp. irsç a pique , sumergirsc.

— ail. sinken. — U. aflondarii, andarc a pico, audara a fondo

— port, fundirse, ir a fundo, ir se a pique.

Un vaisseau coule bas, quand faisant plus d’eau que la pompe n’en peut jeter, il s’enfonce dans l’eau et disparaît. COULER bas. v. a.

angl. to run dow n, to sink. — csp. echar a pique , a fondo. — ait. sinken. — if. mandare, mettere a fondu. — port, uietter a fundo, a pique.

On coule bas un vaisseau quand on le force à plonger et à disparaître sous l’eau ; à la mer de nuit ou de brume un abordage entre deux vaisseaux peut les faire couler bas tous les deux, ou couler bas le plus petit. Dans un combat, on coule bas un ennemi à coups de canon. On coule bas un vaisseau dans un port en le sabordant.

On tire à couler bas en pointant dans les œuvres vives d’un vaisseau qui donne la bande, ce ,qui est facile quand on est au'vent avec bon frais; c’est pour boucher les coups u l’eau qu’on ménage dans le faux pont, une coursive, où le calfatet le charpentier se tiennent avec des tapes suiffées pour étancher momentanément les voies d’eau qui proviennent du combat.

COULER bas. charger à couler bus.

ançl. to overload. — csp. sobre cargar, — ail. uberladen. — tf. sopra caricare. — port, sobre carrcgar.

On charge un vaisseau à couler bas quand on le remplit tellement d’objets lourds que la ligne de fort est noycc. On vaisseau ainsi surchargé, a perdu toutes ses qualités. V. surchargé.

COULEUR, s. f.

On-dit que la mer change de couleur, quand venant du large, on entre sur le fond; la mer perd sa teinte noirâtre foncée, et prend un aspect verdâtre et grisâtre : les marins ne s’y trompent pas,. et disent que la mer a couleur de fond, cela est facile â distinguer par 100 brasses d’eau.

Un vaisseau montre sa couleur quand il hisse sur poupe, non pas un pavillon quelconque, mais le pavillon de sa nation. Un vaisseau français qui veut user de déception chasse un ennemi sous pavillon anglais, il ne montre pas sa couleur.

COULEURS déployées. C’est avoir pavillon battant.

COUP. s. m.

Mot qui a une foule d’acceptions dont nous allons signaler les principales.

COUP de garcette.

angl. lasli. — esp. golpc de gratel. — ntl. lauc schlag. — - if. colpo de satina lia. — port, golpe de cordas.

Coups dont on frappe un matelot coupable de quelque

délit prévu par l’ordonnance. On se sert pour cela d’une

garcette.

COUP de plomb.

angl. caat. — esp. golpe de escaudallo. — ail. lotli streicli. • — if. colpo de scandaglio. — port, golpc de prumo.

On nomme coup de plomb, l’action de jeter le plomb de

sonde, soit qu’on trouve le fond ou nop. On dit, jeter un

coup de plomb , pour dire sonder.

COUP de mer.

angl. a sea. — esp. golpe de mar, warejada, ola. — ait. sturz sec. — if. colpo di mare. — port, cscarceo, golpe de mar.

Choc d’une lame qui se déploie sur le vaisseau. Un violent coup de mer peut enlever tout ce qu’il trouve sur le pont d’un vaisseau , même les hommes. Dans un violent coup de mer, il y a lame et fausse lame. La première déferle avec impétuosité sur le vaisseau, l'autre qui fait partie de la première , passe par-dessous le vaisseau avec une impétuosité d’autant plus grandis que le vaisseau est poussé sur elle. Cette fausse lame ainsi pressée , acquiert une force rétroactive qui souvent a lancé à bord de» objets emportés par la première.

COUP de mer (recevoir un).

angt. to ihip a sea, to bo over raked. — tsp. embarear u» golpe de mar. — ail. eine sturz see bekoinmen. — il. imbarcare una onda. — port, embarear hum guipe de mar.

C’est recevoir le coup de mer comme dans l’article précédent. ,

COUP de vent.

angl. gale, Btorm. — etp. borrasca. — ail. sturm. — if. burrasca, fortune di vento. — port, borrasca.

Le coup de vent est une tempête, le mot coup de vent est plus familier aux marins que celui de tempête qui leur semble de haut style ; mais dans l’acception rigoureuse du mot , nous croyons que le coup de vent est diminutif de tempête, qu’il est pluscourt et la mer moins grosse. Quand l’cfforl du coup de vent est passé, on s’aperçoit qu’il va diminuer, parce qu’il cesse de siffler, il mugit dans l’air. Les marins disent alors que le venta le cou cassé. V. tempête. V. taire.

COUP de gouvernail.

Mouvement brusque du gouvernail , dont l’effet est de faire vivement lancer un vaisseau sur un bord ou sur l’autre, ce qui est parfois utile dans un combat, dans une passe, pour s’élever au vent, doubler une roche ou un ennemi. — Un faux coup de gouvernail par maladresse peut faire jetci bas les deux mâts de hune; c’est presque toujours les faux

coups de barre qui l'ont faire chapelle. Coup de barre est synonyme de coup de gouvernail.

COUP de talon.

C’est le coup que donne l’extrémité de la quille en arrière quand le vaisseau n’a que l’eau nécessaire pour flotcr. Alors ■le mouvement de la lame fait qu’il frapjpe sur le fond. Si le coup est dur, il peut faire ouvrir le vaisseau, etc. C’est par le talon que le vaisseau touche d’abord, parce que c’est la partie qui plonge le plus dans l’eau, à cause de la différence de tirant d’eau. V. ces mots.

COUP de canon.

angl. gun fire. — etp. canonazo. — ail. schuss. — il. tîro. — port, canhonaço.

Le coup de canon est le bruit que fait l’explosion d’un canon qui tire. C’est aussi le coup du boulet sur l’objet qu’il frappe. On reçoit un coup de canon à l’eau, ou en plein bord, ou à démâter.

COUP de canon de partance.

angl. gun for sailing — etp. canonazo por dar se a la vcla. — ail. abscgelu schuss. — il. colpo, tiro di partenza. — port. canhonaco per dar pano.

Coup de canon qu’un vaisseau tire pour faire signal qu’il va partir et pour rappeler les embarcations et son monde s’il en a à terre.

Un navire de commerce tire ce coup de canon deux ou trois jours de suite avec pavillon en berne pour appeler son équipage, dans certains ports.

COUP de canon de Diane. ’

angl. niorning gun. — etp. canonazo de alva. — ail. uiorning schuss. — il. tiro de diana. — poil, alvorada, canhonaco de alva.

Le vaisseau amiral dans le port, et le commandant sur la rade, tirent un coup de canon à la pointe du jour, on le

nomme diane. A ce signal , le service de nuit finit , la chaîne s’ouvre et les communications sont libres.

COUP de canon de retraite.

angt. eveninggun — esp. canonaio- de retreta. — ait. abend schuss. — it. colpo di retiro. — port, canhunaço ao por do sol, caohonaço de retirada.

Le vaisseau amiral dans le port, et le commandant sur la rade tirent ce coup de canon à la fin du crépuscule; on le nomme retraite. A ce signal, les tambours battent la retraite, les feux s’éteignent, les quarts de nuit et les rondes commencent, et on hèle les bateaux qui passent à portée de voix. COUPE des voiles.

C’est l’art de couper les toiles qui composent une voile , de manière qu’elle ait la forme requise ; un hunier n’est point carré puisqu’il a plus de bordure que d’envergure; il lui faut des toiles en pointe de chaque côté. Les focs ne sont qu’un assemblage de toiles en pointes, dont l’angle est celui que fait la draille avec la verticale. Une voile bien faite doit être parfaitement tendue de taquets è taquets, de point d’écoute en point d’écoute, elle doits’étarquer à tête de bois, et dans aucun cas elle ne doit grimacer. L’art du voilier n’est point indifférent ; des voiles bien faites orientent toujours bien, elles ne font point le sac et au plus près tout porte, rien ne bat sous le vent; cela influe sur la marche du vaisseau. Bien couper une voile est une difficulté prouvée parla quantité de celles qui le sont mal. Une misaine parfaitement faite est une chose très -rare, et les meilleurs voiliers y échouent, surtout quand le bout de lof est bas. La coupe française est un peu lourde , nos voiles en général ne font pas assez la planche , elles ont trop de sac. V. toile en pofble.

COUPE des manœuvres, s. f.

C’est l’art de couper les cordes qui composent le gréement d’un vaisseau. Cette opération se fait dans lesarsenauxpar un maître de l’atelier de la garniture; dans un port de com-

merce c’est le maître d’équipage du navire qui en est chargé. V. hauban.

COUPE verticale, s. f.

angl. vertical section. — etp. corlc vertical. — a II. gerade schneiden. — il, taglia vertiiale. — port, talho vertical.

Tranche verticale et transversale perpendiculaire , au grand axe d’un vaisseau, A l’endroit de l’intersection de ses deux axes; chaque couple forme une section verticale; toutes ces sections diminuent de capacité i\ mesure qu’elles s’éloignent du maître couple qui les renferme toutes. La coupe verticale donne le tracé de tous les couples.

COUPE horizontale.

angl. horizontal section. — ■ etp, corte horizontal. — ail. horizontal schneiden. — il. taglia orizontalc, — port, talho horizontal.

Tranche d’un vaisseau supposé coupé horizontalement dans

sa longueur, à une élévation quelconque au-dessus de la quille.

Les coupes horizontales sont des lignes d’eau. La ligne de flo-

taison est une coupe horizontale.

COUPEAU. V. Copeau.

COUPÉE, s. f.

angl. break of the deck. — etp. rancho de la gentc. — ail. folkslogis, banjer. — if. rancio délia gentc. port, râncho da' gente.

L’intérieur de la coupée est l’espace compris entre la chambre et l’avant de la coupée ; c’est là que couche l’équipage des caboteurs et des uavires du Nord. Quant à l’extérieur, la coupée forme une rabatuc , et à l’intérieur une sorte de gaillard élevé d’une marche au-dessus du pont; cela produit le double avantage d’empêcher la lame qui saute sur le pont de passer jusque derrière où l’on conserve le pied sec, et de donner plus d’élévation à la chambre. La coupée n’a lieu que sur de très-petits bStimens.

COUPER, v. a.

angl. to eut. — etp. picar. — ail, kappeo. — if. tagliare. — port, cortar.

Ce mot s’emploie de diverses manières , comme suit : COUPER un câble.

angl. to eut a cable. — ttp. picar et cable. — art. ein kabel kappen. — il. tagliare la gotnena. — paît, corta a amarra.

Manœuvre forcée, qui s’exécute en coupant le câble sur la bitte à coups de hache. Cela a lieu quand il faut appareiller sans délai , soit par la force dg vent ou de la marée, ou quand on n’a pas d’évitage, ou devant un ennemi, ou enfin dans une manœuvre désespérée, en virant vent devant près de la côte, après avoir manqué plusieurs fois à virer. V. mouiller en viraut et virer en mouillant.

COUPER un mât.

angl. to eut away a mast. — esp. picar un palo. — ail. einen mast kappen. — it. tagliare un albero. — port, picar hum mastro.

Opération qui se fait dans un danger imminent, soit sous voiles ou à l’ancre : elle est difficile, demande beaucoup de dextérité et de précautions pour ne blesser personne. A la mer, on commence par couper les haubans de sous le vent, ensuite on donne quelques coups de hache au mât, vers le vent , en pénétrant à peu près au quart de son diamètre ; on coupe alors tout aussitôt les haubans du vent, et Pétai le dernier; le mât, abandonné à lui-même, cède A trois ou quatre coups de hache ; la bande du vaisseau , la force du veut, déterminent sa chute sous le vent.

Il est plus difficile de le couper sur rade, car le mouvement du tangage tend à le faire tomber en arrière , ce qui est dangereux et peut produire des accidens , aussi garde-t-on l’étay , que l’on ne coupe qu’après la chute du mât ; on coupe le mât du côté opposé A celui sur lequel on yeut le faire tomber. COUPER chemin.

C’est tirer un coup de canon à boulet en avant d’un vaisseau chassé. C’est un ordre à ce vaisseau de s’arrêter pour être arraisonné. S’il n’obéit pas, il annonce qu’il veut faire résis •

tance, et de ce moment le combat commence si c’est un ennemi.

COUPER un vaisseau.

angl • to fore reach tipon a ship, to eut off. — esp. atajar el paso.

— ail. auf fangeo. — it. separare. — port, tolher o passo.

On coupe un vaisseau quand on a sur lui une grande supériorité de marche ; on vire sur lai si l’on est sous le vent; dans le cas contraire , on porte sur lui en dépendant , de manière qu’il ne puisse échapper, et qu’on soit maître de lui passer sur l’avant et de l’approcher à volonté pour le reconnaître , lui parler, ou le combattre.

On coupe un ou plusieurs vaisseaux quand on les sépare de leur armée et qu’ori s’en empare. V. le suivant.

COUPER la ligne.

angl. to break the line. — esp. cruzar y séparai' la linca de batall.i. — ail. die linie neber setzen., — lt. truversare la IJnea di battaglia , separare la linea di battaglia. — port, crusar e cortar la linha de batalha.

Manœuvrc dangereuse pour celui qui la tente; et si celui sur qui on l’exerce est manœuvrier, il peut en tirer grand parti , et saisir la victoire là où tant d’autres ont trouvé leur défaite. Écoulons M. de Morogucs, tactique, i" partie, chap. vu : « Si on veut empêcher l’ennemi de couper la » ligne, ou rendre son entreprise inutile, l’armée se tiendra » serrée, et si, malgré son intention, l’ennemi traverse; » aussi tôt que quelques vaisseaux auront pénétré, et avaut t que plusieurs aient mis A l’autre bord, l’armée virera toute » en même temps, en sorte que s’élevant au vent sur le » même bord que les vaisseaux qui l’ont coupée, ceux d’entre » eux qui se trouveront dans la ligne ennemie lors de ce » mouvement, seront entre deux leux et bientôt désemparés : » et ceux qui auront traversé les premiers, seront eux-mêmes » eonpés et séparés du reste de leur armée, qui n’aora pas » d’autre manœuvre à faire que de se mettre aussi à l’autre

» bord pour chasser l’ennemi au vent, et ne point abandonner » ses vaisseaux, qui, de leur côté, feront en sorte de rejoindre » leur ligne. »

COUPER l’équateur.

angt. to cross the line. — e\p. cruzar el eqtiador. — ail. ueber setzen die Unie. — il. traversant il equatore. — port, cruzar o equadore.

Passer d’un hémisphère dans l’autre, en traversant l’équateur. L’Océan atlantique est soumis, sous l’équateur, à des ' calmes, à des pluies qui rendent ce passage plus ou moins difficile, et on ne peut mieux faire que de consulter le Neptune oriental de Daprès de Manncvillette. Cet ouvrage est dans la main de tout le rnoude. Le passage de la ligne est bien moins difficile dans l’Océan indien , et moins encore dans l’Océan pacifique. Y. baptême,

COUPER. Terme général.

On coupe le gréement d’un ennemi en lui tirant à mitraille dans sa mâture. On dit qu’on coupe <1 terre quand on l’accoste parla ligne la plus courte; on dit qu’on coupe la terre à un vaisseau quand on passe entre la terre et lui, pour l’empêcher de l’accoster ou de s’y réfugier.

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