‹ Répertoire polyglotte de la marine, à l'usage des navigateurs et des armateursChapitre 91 sur 140 · COUPLE · texte numérisé non relu

COUPLE

On dit qu’on nage couple quand il y a deux rameurs sur le même banc. V. aviron. On dit qu’un vaisseau est en couple avec un autre, quand, dans le port, il est amarré bord à bord avec lui.

COUPLE de remplissage, s. m.

angl. lilling timber. — esp. quaderna de bencbiuiieato. — ail. fuit spanti. — il. quaderna di reimpimento. — port, batiza de cnclumeuto, madeiro de enehimento.

COUPLE — maître couple, s. m.

angt. mid-shi|> trame — esp. quaderna maestra. — ait. mittel spann , haupt »pauu- — «t. caiba maestra. — port, baliza mettre, 'caza mettra.

Le maître couple est celui qui a le plus de capacité, c’està-dire les plus grandes dimensions. L’emplacement du maître couple n’est point fixe ; chaque constructeur le place à sa guise dans les environs du milieu . c’est-à-dire toujours en avant du milieu de la quille. Il y a sur ce sujet une infinité d’opinions, qui ne peuvent trouver place ici; nous nous bornerons à dire qu’une grande partie des ingénieurs le placent aux cinq douzièmes de la quille , à partir de devant. Lorsqu’on veut donner beaucoup de fleurs à un vaisseau , on lui donne plusieurs maîtres couples en les disposant toujours en avant du milieu, et presque toujours, même en avant des cinq douzièmes. V. maître bau.

COUPLE de coltis. V. coltis.

COUPLES, s. m.

ançt. frames, timbers, ribs. — esp. quadernos, miembros. — ail. spannen, bau holzer. — ital. latoni , quaderni. — port, balizas, ouatas, coitdlae, madeirot.

Ce mot générique comprend la totalité des membres d’un vaisseau, couplesde levée ou de gabarit etcouples de remplissage. Chaquecouple est un assemblage de fortespièces de bois tors, dont l’échantillon est proportionné à la grosseur du vaisseau (V. la table), et dontla forme est déterminée par la coupe verticale du vaisseau , à l’endroit du couple. Chaque couple est assujetti par son milieu sur la quille ; de là ses branches en s’étendant des deux côtés, embrassent la capacité du vaisseau, et se terminent au plat bord. Tous les couples ne sont point faits, assemblés et placés de la même manière. On lève le bois tors d’un vaisseau au tiers ou au quart, c’est-à-dire qu’on élève un couple sur trois ou quatre : ces couples se nomment eq.uples de levée ou de gabarit; pour faire oes couples, on les assemble tout entiers avant de les lever; alors on les place verticalement sur la quille à l’aide de palans, ensuite on remplit leurs intervalles avec des couples de rem-

plissage que l’on monte pièce par pièce, en les alignant sur les couples de gabarit. Les couples sont composas d’une varangue de deux genoux et d’une quantité indéterminée d’allonges, selon la grosseur du vaisseau. La pièce fondamentale est la varangue; elle porte par son milieu sur la contre-quille, et scs deux branches s’étendent des deux côtés en se mariant avec un genou <Je chaque côté. Le genou est empâté sur la varangue ou sur un fourcat qui en tient lieu dans les façons. Il y a des genoux de fond et des genoux de revers ; les premiers ont leur gorge intérieurement et les autres extérieurement, comme par exemple dans la coulée ; mais leur emplacement ne change pas, ils sont toujours mariés à la varangue ou an fourcat. Après ces pièces principales, le reste du couple se compose d’allonges, dont la dernière, celle d’en haut, se nomme allonge de revers. Toutes ces pièces sont assemblées A côté )’une de l’autre de manière que l’abutement de deux pièces se trouve au milieu de la longueur de l’autre. Il y a des ports du commerce où les charpentiers donnent le nom de grand et petit plion aux deux allonges les plus voisines du genou ; mais cette expression locale n’est pas admise dans les chantiers du roi. V. les articles balancement, coltis et lof. COURANT, s. m.

angl. current, drift, sircam. — esp. corriente. — ail. itrobm, Itrome, reit. — if. correcte. — port, correnle.

Le courant est un mouvement horizontal et progressif des eaux de la mer; c’est la définition de l’Encyclopédie : on ne peut'rien dire de plus juste.

La grande masse descourans qui se font sentir sur le globe est le résultat du mouvement de rotation de la terre : c’est l’opinion de Daniel Bernouiüi, et elle nous paraît incontestable. Donc leur direction générale est de l’orient en occident. Mais cette direction générale se modifie à l’infini par tous les obstacles que los courans rencontrent A la surface des eaux, et

par le gisement des vallées qui séparent les montagnes sousmarines et dont les courans sont forcés de suivre les canaux. Une foule d’autres circonstances locales leur imprime des cours variés à l’infini, dans le voisinage des côtes et au milieu des archipels.

La force motrice qui pousse la masse des eaux, a donc la .direction est et ouest; cette force agissant sans repos, force les eaux de changer leur cours chaque fois qu’un obstacle les oblige de se détourner. Mais quand elles ne peuvent s’élever au-dessus des courans collatéraux, ni se dévoyer horizontalement , ni marcher en arrière à cause de la masse sans cesse agissante qui les pousse; alors ces eaux plongeant à une certaine profondeur, prennent une direction opposée et constituent ainsi ce que l'on nomme contre-courant inférieur: phénomène observé en plus d’un lieu, notamment au détroit de Gibraltar. II est un autre parage, c’est celui de la Guyane, où les courans offrent une quantité de phénomènes variés et difficiles à expliquer; comme par exemple, vers les syzigies, un gonflement subit de la surface des eaux, gonflement qui a, dit-on, excédétrente brasses, et que l’on a bien pu observer à l’ancre. Cette espèce de raz de marée n’a qu’une petite durée, et la mer ne tarde pas à reprendre ses limites, et ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que ce gonflement est au large et n’envahit pas le rivage. Les Indiens le nomment pororoca.

La connaissance parfaite des courans est encore un problème irrésolu.

COURANTES , manœuvres courantes.

angt. running rigging. — esp- jarcia viva , cabos cnrrientea , cabos de labor. — ait. laat'eodea lannei l. il- corrente manovra. — port, cabos de tavrar, mannbras volantes.

Il y a des manœuvres condamnées à l’immobilité , comme tous les capelages, sonharbes, garnitures de vergues, etc. On les nomme manœuvres dormantes. Les autres qui cou-

rent dans les poulies , dans les cosses, margouillets, enfin toutes celles qui ont du mouvement, quand on leur applique des puissances, sont manœuvres courantes.

COURBATON. s. m.

nngl. small knee. — etp. ciirvaton. — ail. klein knien. — if. c inval ilia. — port, curvadon.

Diminutif de courbe. Le courbalon est une petite courbe. COURBE, s. f.

nngl. knee. — esp. curva. — ail. knien if. staminata , eut va, bracciuolo. — port, curva.

Pièce de bois dont la courbure est naturelle et telle, qu’elle forme un angle par la réunion de ses deux branches. Les courbes servent principalement aux liaisons des ponts. Cependant on en met ailleurs, et les places qu’elles doivent occuper dans la construction d’un vaisseau, étant toutes de formes diverses, c’est-à-dire formant un angle plus ou moins ouvert, il faut qu’il y en ait de toutes sorte» d’ouvertures pour les adapter au lieu qui leur convient. Et en effet, la naturelles varie beaucoup. On les tire de la jonction de deux principales branches d’un arbre, ou d’une forte branche et du corps de l’arbre. Souvent on se sert des racines, mais ces dernières sont plus propres à faire des jottereaux. Malgré toute l’économie qu’on peut apporter dans la dépense du bois, les courbes deviennent tous les jours plus rares. Il arrive très-fréquemment qu’on est obligé de leur substituer des courbes de fer, au moins pour les gros vaisseaux. On nomme branches ou bras de la courbe les deux côtés dont la réunion forme l’angle de la courbure ; le coude- ou le genou de la courbe est l’angle extérieur. La gorge est l’angle intérieur; le collet est l’épaisseur entre le coude et la gorge. COURBE de bout. s. f.

angl. hanging knee. — etp. cm va de allô abajo , cm va de ;>cr alto. — ail. vcrlical knien, stccli knieo. — il. bracciuoli vertical!. — port, cuira do alto.

Ou coui'be verticale. Une des branches est chevillée sur un bau, et l’autre descend sur le côté intérieur du vaisseau. 11 ne faut pas la confondre avec la capucine dont la branche verticale monte et ne descend jamais. V, bau, V. capucines.

COURBE horizontale, s. f.

angl. lodging knec. — esp. curva a ta valons. — ad. winkel knieo. — if. braccinolo o ri ton laie — port, cnrva de abcrtona.

Les vaisseaux marchands font un grand usage de ces courbes, qui ne gênent point l’arrimage : une branche est cheville sur le bau , l’autre sur la serre.

COURBES obliques.

angl. dagger knee. — esp. curva obliqua. — alU krum knicn. — if. bracciuolo oblique). — port, curva obliqua.

Les courbes obliques sont fort solides, parce qu’elles portent sur plusieurs membres. On les pose ainsi, quand on veut éviter un sabord, ou, pour tout motif suffisant.

COURBE capucines. V. capucine.

COURBES de contre lisse.

angl. transom knec. — esp. corales. — ail. heck knicn , tomelers. — if.bracciuoli delle alctte , forzellu d’arc asso. — port. curvas de palmejar.

Courbes placées dans la cale sur les façons de derrière, une branche porte sur plusieurs membres, et l’autre, en s’élevant , areboute sur la barre du premier pont.

COURBES de la lisse d'hourdy.

angl. wing transom knecs — esp. cuiras dcl yugo principal. r~- . ail. heck balken knicn. — it. hracciuoli del tragante. — port. curvas de gio grande.

Courbes horizontales qui lient les bouts de la lisse d'hourdy avec les estains.

COURBES de la barre du bout de l’étainbot.

angl. kelin post transom knecs. — esp. curvas dcl contra yugo.

*— ail. beck kuien de» oheraten beck balken. — it. bracciuoli del coati a trigantc. — port, curva» da praça de armas.

Courbes qui lient la barre du bout de Tétambot à l’estain, comme toutes les barres de pont.

COURBES de9 barres de pont. ^

angl. deck transom knee». — esp. curvas de la cubierta. — ail. beck koieo in der ilascbc des decks. — it. bracciuoli délia coperta. — port, curva da cuberta.

Courbes horizontales qui lient les barres de pont avec les allonges de cornière et de l’estain.

COURBE d’étambot.

angl. knee of the stem post. — esp. curva del codaste. — ail. knien der binter steven. — it. bracciuolo dcll asta di poppa. — port, curva do codaste, coral do codaste.

Forte capucine qui lie l’étambot à la quille.

COURBE de poulaine. V. poulaine.

angl. brackat. — esp. curva de roda. • — ait. stieper , repter.

— it. curva de polena. — port, curva do 1 eque.

COURBE de la guibre.

angl. standart of lhe head. — esp. curva de tajamar.p— ail. knien der spuhr. — it. curva di sperone. — port, curva de talhamar.

Capucine qui lie la guibre avec l’étrave et qui se place audessus de la guibre , sa prolongation va appuyer la figure par derrière.

COURBES de bittes. V. bittes.

COURBER, v. a.

Opération par laquelle on donne à un bordage la courbure nécessaire pour l’appliquer sur les parties rondes d’un vaisseau , et surtout depuis le grand lof jusqu’à l’étrave. Cette courbure peut se donner à l’eau bouillaute , ce qui nécessite une étuve et un établissement dispendieux; en conséquence , on se borne à construire en terre une élévation de quelques pieds, avec un plan incliné de deux côtés opposés. On revet

les deux autres côtés de planches pour contenir la terre, et on enfonce quatre gros pieux d’un pied au moins d’équarrissage au haut des plans inclinés, ces pieux s'élèvent d’à pen près deux pieds au-dessus du terre-plein sur lequel on allume un brasier, deuxiarres de fer sur la tête des pieux, solidement établies , reçoivent le bordage qu’on expose ainsi sur le brasier avec des poids considérables sur son extrémité, dont l’effet est de solliciter le bordage à se courber à mesure que l’action du feu lui imprime une sorte de ductilité. Pendant l’opération , on ne cesse de mouiller le bordage avec un faubert au-dessus du feu. V. chauffer.

COURBURE, s. f. V. bouge.

COUREAU. s. m.

Expression locale sur les côtes de Bretagne. C’est un canal entre une île et la terre, s’il y a grand cours de marée. On dit le coureau de l’île de bas, de Beile-ile, de Crois, etc. En Saintonge, on le nomme pertuis.

COURIR, v. n.

angl. to run, to niake head way, to go a head , to eut way. — csp. corrcr, ir, Mevar via. — ail. srgeln gelm. — if. corier , andare, far ruta, avaozarc. — port, ir , audar, audar adiante , andar para adiante.

Avoir un mouvement progressif en avant. Mot générique dans une foule d’acceptions.

COURIR faites courir.

angl. keap lier fuit , let ber gather way. — et p. hacc corrcr. — ail. machen sie rennen. — it. fatte correre. — port, faze corrcr.

Commandement au timonier , pour lui dire de porter plein. De donner, par cette raison , de l’air au vaisseau ; de ne pas serrer le vent aussi près qu’il le pourrait.

COURIR faire coprir.

angl. to ease. — ctp, einendar. — ail. ver fahren — if. ricorrere. — port, tira molli ar.

C’est faire courir les garans d’uu appareil, c’est les affaler. V. ce mot.

COURIR laisse.

angl. let ber go. — esp. suelta. — ail. lassen sie gelin. — il. • lascia andare. — port, lugar.

Expression indéterminée qui s’applique à tout. Ainsi , quand on court la bordée de terre, un pilote dira laisse courir, il y a de l’eau. Si l’on double un danger , on dit laisse courir, nous sommes parés. Si l’on conseille une précaution qu’on ne veut pas prendre , on répond laissez courir, il n’y a pas de soin , etc. C’est comme si on disait laissez al'er il n’y a pas sujet de s’inquiéter.

COURIR au nord.

angl. to'stand to the northward. — esp. hacer la dcrrola del aorte. — ail. nord anliegen. — it. far runibo a tramontana. 1 — port, apon tarse para o’norte.

C’est faire du chemin vers le nord, sous quelqu’ullure que ce soit, ainsi des autres aires de vent.

COURIR au plus près.

angl. to kccp close to tbe wind. — esp. barl ventar , trincar , bolinar, ira la bolina. — ail. ab kneifeu. — il. aodaralla bolina. — port, abolinar. andar a la bolina.

C’est faire du chemin au plus près du vcnl. V. plus près. COURIR au large.

angl. to stand off — esp. correr hacia fueta. — ail. see warls anliegen. — it. far rota al largo. — port, corrcr ao largo.

Courir au large pour s’éloigner de terre , avoir le cap au large, gouverner au large, soit au plus près on sous toute autre allure.

COURIR à terre.

angl. to stand in. — erp. correr a la Costa. — ail. land wart an liegen, das land anthun. — it. far rota alla Costa. — port. correr à la Costa.

C’est l’opposé de l’article précé dent.

COURIR vent arrière.

angl. to sail before tbe wind. — esp. ir viento en popa — ail.

mit lùotcm wind segeln. — il, andarc con vieil ! o in poppa.

— port. ir cum vcntu em popa.

Gouverner dans la direction du vent, placer la quille du vaisseau dans la direction du vent de manière qu’il souille dans la poupe; le j^ent arrière est l’arrivée totale.

COURIR la grande bordée.

On désigne ainsi le service des quarts à la mer lorsqu’ils sont distribués de telle sorte qu’il n’y en ait que deux. Moitié de l’équipage est de quart et l’autre moitié est couchée. COURIR une bordée.

lli. !

angt. to make a board, to run upou a tack. — etp. correr un buetto. — ail. cin gang machen. — it. correr una bordetta. '

— port, fazer hum bordo, apontar.

Page 1