‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 128 sur 308 · CARDINAL · texte numérisé non relu

CARDINAL

relies, comme le justifient les déclarations des 8 janvier 1719 et 5 juillet 1733. C'est pourquoi cette peine ne peut étro prononcée qu'à* la suite d'une procédure instruite par récolementet confrontation, conformément à la déclaration du ta mai 1717.

[( L'art. 60a du Code des délits et des peines, du 3 brumaire an 4> qualifiait la peine du Carcan de peine infamante, et H la distinguait des peines tt/jlîclives. L'art. 8 du Code pénal de 1810 nous présente la même disposition.}]

IL Les cas pour lesquels on prononce ordinairement la peine du Carcau sont les banqueroutes, le crime de faux, la bigamie, le roaqucrcllagc, l'escroquerie, les friponneries au jeu , les vols de fruits champêtres, le colportage des livres défendus, les insultes faites aux maitres par leurs domestiques, etc.

[[ Il n'j a plus un seul de ces délits qui soit actuellement puni du Carcan. Les uns sont passibles de peines plus graves, les autres ne le sont que de peines correctionnelles ou de simple police. V. le Code pénal de 18 10. 11

Souvent on joint d'autres peines f celle du Carcan, ainsi que deux écriteaux qu'on attache au dos rt sur la poitrine du coupable, pour indiquer sou crime.

[[Aujourd'hui, la peine du Carcan accompagne toujours celle des travaux forcés à perpétuité, des travaux forcés à temps, et de la réclusion. V. le Code pénal de 1810, art. 23.] j

Suivant la déclaration du il juillet 174g, les condamnations par contumace a la peine du Carcan •loivent être transcrites sur un tableau que l'exécuteur de la haute-justice attache ensuite dans la place publique. (M. Guïot.) *

J; Mêmes dispositions dans l'art. 47a du Code des ts et des peines, du 3 brumaire an 4 > et dans l'art. 433 du Code d'instruction criminelle de 1808.

Au surplus, V. ConJamnnliun , Crime, dégradatiens civiques, Effigie, Exécution des jugements criminels, Exposition, Peine, etc. ]1

* CARDINAL. C'est le titre d'un prince ecclésiastique qui a voix active et passive dans le conclave, lors de l'élection du pape.

I. Les Cardinaux composent le conseil et le sénat du pape. Il j a dans le Vatican une constitution du ]»ape Jean, qui règle les droits et tes titres des Cardinaux, et qui porte que, comme le pape représente Moïse, ainsi les Cardinaux représentent les soixantedix anciens qui, sous l'autorité pontificale, jugent tt terminent les différends particuliers.

Les Cardinaux, dans leur première institution, n'étaient autre chose que les prêtres principaux ou les curés des paroisses de Rome. Dans la primitive Kglisc, le prêtre principal d'une paroisse, qui suivait immédiatement l'évequc , fut appelé presbyter eardinali». On l<* distinguait par la des autres prêtres moins relevés en dignité, qui n'avaient ni église ni emploi. L'usage de cette dénomination a commencé environ l'an i5o; d'autre* tiennent que ce fut sous le pape Sylvestre, l'an 3oo. Ces prêtres- Cardinaux étaient les seuls qui pussent baptiser et 5'. TOME II.

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administrer les sacrements. Autrefois les prêtres- Cardinaux étant faits évéques, leur cardinalat vaquait, parce qu'ils croyaient être élevés & une plus grande dignité. Saint Grégoire se sert souvent de ce mot pour exprimer une grande dignité. Sous le pape Grégoire, les Cardinaux-prêtres et les Cardinauxdiacres n'étaient autre chose que les prêtres ou les diacres qui avaient une église ou une chapelle i desservir. C'est 11 ce que le mot Cardinal signifiait selon l'ancienne et véritable acception. Léon IV, dans le concile de Rome tenu en 853, nomme les Cardinaux presbyteros suce cardinis, et leurs églises parochia cardinales.

Les Cardinaux demeurèrent sur le même pied jusqu'au onzième siècle : mais la grandeur du pape s'élant depuis extrêmement accrue, il voulut avoir un conseil de Cardinaux plus élevés en dignité que les anciens prêtres. Il cet vrai que l'ancien nom est demeuré; mais ce qu'il exprimait n'est plus. Il se passa un assez long temps sans qu'ils prissent le pas sur les évêques, ou qu'ils se fussent rendus les maîtres de l'élection du pape.

Ducange observe qu'originairement il y avait trois sortes d'églises; que les vraies églises s'appelaient proprement paroisses; les secondes, diaconies, qui étaient jointes & des hôpitaux desservis par les diacres; les troisièmes, de simples oratoires où l'on disait des messes particulières, et qui étaient desservis par des chapelains locaux ; et que, pour distinguer les églises principales ou les paroisses, des chapelles ou oratoires, on leur donna le nom de cardinales. Les églises paroissiales donnèrent en conséquence les titres aux Cardinauxprêtres, et quelques chapelles donnèrent ensuite le titre aux Cardinaux-diacres.

Tous les Cardinaux furent distribués sous cinq églises patriarcales, savoir, deSaiiit-Jean-dc-Latran, deSainte-Marie-Majeurc, de Saint-Pierre du Vatican, de Saint-Paul, de Saint-Laurent.

D'autres remarquent qu'on appelait Cardinaux, non-seulement les prêtres, mais encore les diacres titulaires et attachés a une certaine église, à la différence de ceux qui ne la servaient qu'en passant et par commission. Les églises titulaires étaient des espèces de paroisses, c'est-à-dire des églises attribuées chacune à un prêtre-Cardinal, avec un quartier fixé et déterminé qui en dépendait, et des fonts pour administrer le baptême dans le cas où il ne pouvait pas être administré par l'évêque. Ces Cardinaux étaient subordonnés aux évfiqaes. C'est pour cela que, dans le* ronrilcs, par exemple , dans celui de Rome, tenu l'an 868, ils ne signèrent qu'après les évéques.

Ce n'était pas seulement à Rome qu'ils portaient ce nom ; on trouve des préires-Cardinaux en France. Ainsi, le curé de la paroisse de Saint-Jcan-dcs- Vigncs est nommé Cardinal de cette paroisse, dans une charte de Thibault, évéque de Soissons, où ce pri-lat, confirmant la fondation dp l'abbaye de Sain t- Jean-dcs-Vigncs , faite par Hugues , seigneur de Château-Thierry, exige que le prêtre-Cardinal du lieu, prtsbyter-Cardinalii Mini leci, soit tenu de rendre

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raison du soin qu'il aura eu de ses paroissiens â et enfin que le reste du peuple et du clergé y donnera son consentement. C'est par suite de ce décret et d'autres postérieurs, que les Cardinaux sont aujourd'hui les seuls électeurs du pape, à l'exclusion de tous ceux qui autrefois avaient part à l'élection.

III. Comme il n'y a que les Cardinaux qui créent le pape, il n'y a aussi que le pape qui crée les Carcription de cette ville par Piganiol de la Force, nous dinaux. Mais l'usage est que le pape ne procède à

l'évêquc de Soissons, ou à son archidiacre, il faisait auparavant. Lrs mêmes termes se trouvent employés, et dans lo>nu'mc sens, dans la charte du roi Philippe 1", en 1076, portant confirmation de la fondation de Saint-Jean-dcs-Vignes.

L'histoire abrégée de l'Eglise de Paris et la des-

ipprenncnt qu'autrefois l'évêquc de Paris avait des prêtres-Cardinaux qui devaient l'assister & Noêi, à Pâques et à l'Assomption, lorsqu'il officiait ponlificalcment. Ces Cardinaux étaient les curés de Saint- Paul , de Saint-Jacques , de SaintSeverin , de Saint- Benoit, de Saint Laurent, de Saint-Jcan-cn-Grcve et de Charonnc, ainsi que les prieurs de Saint- Etienne-des-Grès, de Saint-Julien-le- Pauvre, de Sa i nt-Mcrry et de Notre- Dame-des-Champs.

Les curés de Sens, de ïroyes et d'Angers sont même encore aujourd'hui qualifiés de curés-Cardinaux.

On a aussi donné le titre de Cardinal 1 quelques évoques en leur qualité d'évêques, par exemple, i ceux de Maycnce et de Milan. D'anciens écrits appellent l'archevêque do Bourges Cardinal, et l'église de Bourges église Cardinale. L'abbé de Vendôme prend le titre de Cirdinal-nê.

A mesure que la grandeur du souverain pontife s'est accrue, les Cardinaux ont augmenté leurs privilèges. Il s'était néanmoins écoulé un espace detemps assez considérable , comme on l'a déjà dit, avant qu'ils prissent le pas sur les évéques; mais, s'étant rendus les maîtres de l'élection du pape, ils obtinrent bientôt après le chapeau rouge et la pourpre. Us se sont enfui élevés au-dessus des évéques, archevêques et primats, par la seule dignité de Cardinal. Urbain VIII leur accorda le titre à'Êminenee le 10 janvier i63o. Jusque-là, on les appelait iltustrissimes, nom qu'on donne encore aux princes d'Italie qui n'ont pas le litre i' altesse.

II. Les Cardinaux sont divisés en trois ordres, si\ évéques, cinquante prêtres et quatorze diacres.

Les Cardinaux-évêques , qui sont comme les vicaires du pape, portent les titres des évéchés qui leur sont attribués. Ces évêchés sont Oslic, Porto, Sabine, Palcstrine, Frescati et Albe. Il est d'usage que les anciens Cardinaux qui sont i Borne optent les églises d'évêques-Cardinaux , quand elles viennent a vaquer. La bulle de Paul IV donne au plus ancien Cardinal-évéquc le droit de faire les fonctions du doyen du sacré collège, quand le doyenné est vacant, ou lorsque le doyen est absent.

A l'égard des Cardinaux-prêtres et des Cardinauxdiacres, ils ont tous un titre tel qu'il leur est assigné. Ce titre n'est autre chose qu'une de ces églises ou diaconics dont les anciens Cardinaux-prêtres ou diacres étaient simples titulaires.

cette création que dans plusieurs consistoires, do l'avis et du gré du sacré collège. Le cérémonial de l'Eglise romaine règle toute la procédure de cette création : on y voit les visites qui se font, les cérémonies de la barctte et du chapeau rouge, du baiser de paix , de la bouche close et ouverte , la concession du titre et de l'anneau, et enfin, la manière d'envoyer la barctte aux absents.

IV. La barette est un bonnet que le pape donne ou envoie par un de ses camériers d'honneur aux Cardinaux, après leur nomination. En France, le roi donne lui-même la barctte aux Cardinaux de sa nomination. Mais les Cardinaux sont obligés d'aller recevoir le chapeau des mains de sa sainteté. Ce fut Innocent 1\ -qui donna aux Cardinaux le ebapean rouge dans le concile de Lyon, en ia65, comme une marque de l'obligation où ils sont de perdre la vie, s'il en est besoin, pour le service de Dieu et de l'Eglise.

Les habits de Cardinaux sont la soutane, le rochet, le mantclct, la moiclte et la chape papale sur le rochet, dans les actions publiques et solennelles. La couleur de leur habit différente selon les temps, est de rouge ou de rose sèche, ou de violet : les Cardinaux réguliers ne portent point d'autres couleurs que celle de leur ordre, avec une doublure rouge ; mais lo chapeau cl le bonnet rouge sont communs à tous.

Les Cardinaux envoyés par le pape aux princes souverains, sont décorés du titre de légat a latere. S'ils sont envoyés dans une ville de la domination du pape, leur gouvernement s'appelle légation.

Les Cardinaux ont le plivilégedes autels portatifs, en vertu desquels ils peuvent avoir des chapelles domestiques.

Barbosa nous apprend qu'à Borne, on punit comme criminel de lèse-majesté, quiconque attente à la personne d'un Cardinal.

Suivant le même auteur, les maisons des Cardinaux étaient autrefois, dans la même ville, des lieux d'immunités; et ces princes de l'Eglise jouissent encore du privilège de sauver du supplice le criminel qu'ils couvrent de leur robe ou de leur chapeau.

Le concile dcTrcnte dispense les Cardinaux de ré. sider dans leurs évêchés.

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