‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 129 sur 308 · V. Anciennement les Cardinaux avaient en France · texte numérisé non relu

V. Anciennement les Cardinaux avaient en France

Dans un concile, composé de cent treue évéques, la préséance sur les princes du sang. Ou voit qu'aux

ettcnuà Rome en io5ç), sous le pape Nicolas II , on états tenus à Tours , sous Louis XI , en i4;o, le Car-

fit deux décrets, dont le premier porte en substance dinal de Sainte - Suzanne, évêque d'Angers, étaità

q«ic, le pape venant à mourir, les évêques-Cardi- la droite du roi, et le roi de Sicile à la gauche,

uni traiteront ensemble les premiers de l'élection; (M. GiruiT.) '

qu'ils y appelleront ensuite les clercs-Cardinaux, [[ Mais les princes du sang curent leur revanche

états tenus à Saint- Germain i56i.

Voici ce qu'on lit i ce sujet dans le Cérémonial f rinçais, ton», a, pag. 397 : « Il y eut quelque différend en la séance, pour ce que les princes du sang ne voulurent permettre que les Cardinaux fussent assis au-dessus d'eux, excepte le Cardinal de Bourbon, qui se mit au-dessus du prince de Coudé, son frère, avec déclaration par lui faite, que c'était en qualité de prince aîné, et non de Cardinal. l es Cardinaux de Chastillon et d'Armagnac se contentèrent de s'abaisser au-dessous des princes du sang. m

Deux ans après, en i563, les Cardinaux cédèrent encore le pas aux princes du sang, dans le lit de justice tenu par Charles IX au parlement de Kouen, pour la déclaration de sa majorité. ( Cérémonial français, tom. i,pag. a58.)

Ils en usèrent de même à l'assemblée des notables tenue i Kouen en i5g6. Le duc de Montpensicr, prince du sang, était assis à la droite du roi, et les Cardinaux de Gondy et de Givrv étaient a sa gauche. (/i/J.,pag.385.)

La querelle se renouvela en 1610. Il était question de recevoir à l'ordre du .Saint-lisprit, le prince de Coudé et le Cardinal duc de Joyeuse. Celui-ci voulait être reçu avant le prince. La contestation fut portée devant le roi, qui prononça contre le Cardinal. C'est ce qu'atteste Amclot dans ses mémoires, tom. a, pag. 137. Cet auteur ajoute que le Cardinal fut si irrité de celte décision, qu'il « refusa l'honucur d'être associé à l'ordre, et ne le fut jamais. Cette action (continuc-t-il) plut infiniment au pape et au sacré collège, qui prétendent que les Cardinaux sout égaux aux rois, u

On lit encore dans les mémoires du règne de Louis XIII, que, tous les grands ayant été invités à une audience publique qu'il donna au duc de Pastranc , les Cardinaux s'excusèrent , sous prétexte que leur dignité ne leur permettait pas de se placer audessous des princes du sang. La reine, qui voulait que les Espagnols vissent la cour de France dans toute sa magnificence, fit réponse qu'on se placerait comme on arriverait, et sans distinction de rang; mais les princes du sang avant eu grand soin d'arriver les premiers, et s'étanl ranges a la droite du roi , les Cardinaux, pour ne point se trouver au-dessous d'eux, allèrent prendre place à côté de la reine- La princesse de Condé les obligea ensuite de quitter celte place, et la reine les laissa sortir. ( Moreau , Discours sur l'histoire de France, tom. »8, page 3o8. ]]

Dans le procès-verbal de la prestation de serment que Louis XIII fit le 16 septembre iGag, dans l'église de Fontainebleau, d'entretenir la paix conclue le a4 avril précédent avec le roi d'Angleterre, le comte do boissons, prince du sang, précède le Cardinal de Hichelieu; et ce qu'il y a de plus remarquable encore, ce même procès-verbal qui a été dressé par trois secrétaires d'Ktat, appelle le premier monseigneur , tandis qu'il ne doanc au second que le

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