‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 130 sur 308 · CARDINAL , N° V · texte numérisé non relu

CARDINAL , N° V

en- Laye, en titre de monsieur. (Cérémonial français, tom. a, pag*

C'est cependant au Cardinal de Hichelieu que la pourpre romaine est redevable d'une révolution opérée sur cet objrt. Ecoutons Moreau dans son vingt-unième discours sur l'histoire de France ( à l'endroit cité, pag. 3og et suivantes. )

« Ce rang que nos rois n'avaient point encore regardé; ce rang, qui ne fui jamais ni avoué par la législation française, ni appuyé sur les maximes de notre constitution, fut, il faut l'avouer, accueilli par l'orgueil du premier ministre de Louis XIII : la toute-puissance de Hichelieu disposait de toutes les grâces, il faisait et défaisait toutes 1rs fortunes. Est-il étonnant qu'il ait élé en France l'arbitre de toutes les distinctions qui ne flattent que la vanité? Lorsqu'il était entré au conseil, en 16 • j. il avait bien prévu le rang qu'il y tiendrait un jour; et dèslors il avait prétendu prouver, par un mémoire, que la pourpre romaine élevait ceux qui en élaieut revêtus au-dessus des princes de la maison royale : il n'y en avait point alors dans le conseil de Louis XIII; Hichelieu ne prit le rang que sur le connétable et vis-à-vis du Cardinal de la Hoche* foucault.

» Pour réaliser ensuite cette prétention dans toute son étendue, il fallait être le maître de l'État, et il le devint. Tant qu'il gouverna la France, les princes de la maison royale lui donnèrent le pas chez eux, cl ne le reçurent point chez lui : ils sou-

tinrent, il est vrai, qu'ils ne rendaient ce respect qu'à la religion, el non au ministre, et cette excuse plaça au même rang tous les autres Cardinaux; il fallut, ou les traiier de la même manière, ou éviter les occasions de marquer la différence. »

Il y eut même à ce sujet une décision expresse du roi. Voici mot pour mot comment clic est rapportée par Lit ii lu n . dans son Dictionnaire des Arrêts, au mot Cardinal, n" 46 : « Le iC avril 164a, le roi ordonna qu'à l'avenir les princes de son sang cédassent la préséance eu lous lieux aux Cardinaux, soit français ou étrangers; et pour le particulier de M. le prince de Condé, dans les cérémonies semblables à celle qui se faisait pour lors à Narbonne, qui était un Te Deum, et en toutes autres occasions, il demeura dans le même rang que les princes du sang ont tenu par le passé, sans rien innover. Ce fut M. le duc d'Eugbien qui fit naître cette difficulté à Xarbonne. n

Cette décision est-elle rapportée exactement? Il y a lieu d'en douter. Heprcnons la suite du passage de Moreau que nous avons déjà cité.

n Si les princes, dit-il ( en cédant sous le ministère de Hichelieu, la prééminence aux Cardinaux ), n'eussent voulu honorer que le titre ecclésiastique, pourquoi crurent-ils pouvoir se dispenser des mêmes égards pour Mazarin?

» Cependant, après la mort de Richelieu, ils contestèrent tout au nouveau ministre, également revêtu de la pourpre : il était trop tard pour recouvrer le véritable rang qui leur était dû. Mazarin, premier ministre lui-même, ne consentit qu'à l'égalité; et les

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