‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 131 sur 308 · CARDINAL, N° V · texte numérisé non relu

CARDINAL, N° V

princes crurent avoir gagné une victoire, lorsqu'ils avoué, et par «n bref qu'il avait écrit au roi , le 37 lui curent oté ce;te supériorité qui les humiliait. Le avril 1700, avait déclaré que les Cardinaux donneréglcment de Louis XIII, qui a fixé le rang dont les raient désormais la main aux princes du sang.Ce bref

Cardinaux ont joui sous Louis XIV, prononça qu'ils ne précéderaient les princes du sang que dans les églises et dans les cérémonies religieuses; et que partout ailleurs ceux-ci auraient le pas sur eux ; mais que, dans les visites réciproques, ils se rendraient mutuellement les mêmes honneurs, et se conformeraient exactement aux mêmes étiquettes. Tel est encore l'usage qui date pour nous du temps où nos très-grands seigneurs ne purent disputer les restesd'nn pouvoirdontilsavaient trop abusé, et ne disputèrent peut-être pas assez le rang qu'il eût été plus juste de leur conserver. »

Un peu plus has, Moreau continue ainsi : « Depuis la mort de Louis XIII, les Cardinaux ont joui, à. la cour, des honneurs du pas sur les plus hautes dignités; ( mais ) entre les princes du sang et etix, il ne subsiste plus aucune trace de l'égalité de rang que dans l'étiquette des visites; et cette étiquette même n'est point observée, lorsque le princes l'honneur d'être fils ou petit-fils de France. »

Nous devons pourtant observer, d'après Brillon. à l'endroit cité, que « le 36 novembre i653, le roi (Louis XIV) ordonna que les Cardinaux donneraient la main droite çbez eux dans leurs palais aux princes du sang, et que partout ailleurs, sans exception, les Cardinaux prendraient la main droite, et auraient rang et séance avant les princes. La même < hose (continue Brillon] fut ordonnée par un autre brevet du mois de février iC5t).

Mais ces règlements , échappés a la faiblesse du

cstrapportédansle Cérêmon iml diploma tique des cours de l'Europe, tont. 1, pag. 3G.

A Home, l'étiquette s'est maintenue sur le ton qu'avait voulu introduire en France le Cardinal de Richelieu. Lorsque le comte de Charolais, prince du sang, arriva dans celte ville, le 8 avril 1718, le Cardinal de la Tréinouillc résolut d'aller au-devant de lui avec une nombreusesuile pour le recevoirhors de la porte de la ville ; mais (dit l'auteur du recueil que nous venons de citer, lom. 3, pag. 17a )

« Il en fut empêché par le pape et par le sacre collège, qui prétendirent que ce serait avilir la dignité de Cardinal, que d'aller recevoir un prince qui n'était pas souverain; le Cardinal fut obligé d'j acquiescer. Cependant, comme il souhaitait de témoigner son attachement sincère à la maison rojale de France, il se contenta de charger ses deux cousins, k duc de Lanti et don Friderigo, d'aller audevant du prince jusqu'à la première station hors de la ville. Ils le conduisirent ainsi à Rome dans un carosse à six chevaux- Le Cardinal de la Trémouilic le reçut au milieu de l'escalier, lui donna la main droite, et le mena dans son appartement. Le collège des Cardinaux.... n'était point ... content de toute* ces civilités de leur confrère; c'est pourquoi le comte de Charolais changea de nom, et prit le titre de comte de Dammartin.

» Le 9, il fut visité par le Cardinal Gualtieri 5 mais le Cardinal Ottoboni ne put pas gagner sur lui de pécher contre la prétendue prééminence de la

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jeune Age de Louis XIV, furent anéantis, dès que pourpre ; c'est pourquoi il s'abstint absolument

les années eurent mûri et élevé son caractère. « Ce grand roi (dit l'auteur des Mémoires de la régence du duc d'Orléans, tom. 3, p. t5o) rendit aux princes de son sang le rangque les Cardinaux avaient usurpésur eux, et a conservé à la première dignité de son Fiat la préséance qu'une dignité étrangère avait voulu lui enlever, »

Brillon lui-même rapporte un trait qui sert d'exemple et tout a la fois de preuve de ce changement. Voici comment il s'exprime, n" 4g : « L'oraisou funèbre de M. le prince de Condé fut prononcée en l'église de Notre-Dame, a Paris, le jeudi 39 août 1709, par le père Gaillard, jésuite; et la cérémonie fut faite par M. le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris. Monsieur le Cardinal avait prétendu qu'en cette qualité, la parole devait lui être adressée, et non à monsieur le duc, qui n'était pas premier prince du sang; le roi décida en faveur de monsieur le duc; il eut les honneurs de l'église et de la cérémonie ; mais le roi permit à monsieur le Cardinal de se retirer, ce qu'il fit; en sorte que, pendant l'oraisou funèbre, il demeura derrière l'autel. »

Ce trait prouve que les Cardinaux ont lutté longtemps contre la règle établie par Louis XIV.

On avait vu, même en 169g, un Cardinal refuser

de faire civilité au prince, et de lui faire visite.

» Le Cardinal de la Trémouille se dispensa de le mènera l'audience du pape, parce qu'il ne pouvait pas lui donner la main droite.

» Le pape aurait volontiers souhaité que le comte de Charolais eût pu se résoudre de faire la première visite au doyen du sacré collège; le comte déclara aussi qu'il oc ferait aucune difficulté de voir tous les Cardinaux, pourvu qu'ils lui accordassent la main chez eux. »

Au surplus, l'attachement de la cour de Rome a son étiquette et les variations qu'a éprouvées celle de la cour de France, n'ont jamais influé sur les honneurs de la séance dans les lits de justice. La, non -seulement les princes du sang, mais les simples pairs ont toujours primé les Cardinaux.

Le 1*' octobre tf>i on agita au parlement de Paris , par ordre de la reine, mère de Louis XIII , U question de savoir si , au lit de justice qui devait se tenir le lendemain pour la déclaration de la majorité du roi , les Cardinaux que la reine se proposait d'amener précéderaient les pairs ecclésiastiques. Après en avoir délibéré, on arrêta <c que les gens dn roi se transporteraient présentement vers la reine, pour lui faire entendre que cette contestation ne

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hautement de donner la main aux princes du sang, pouvait pas être traitée et décidée en si peu qu'il en les recevant dans son palais. Ce Cardinal s'appe- restait de temps avant le jour assigné pour la J éclatait Delphini. Mais le pape Innocent XII l'avait dés- ration de majorité; que cette cérémonie n'était point

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