CAS, S
sur le fait et l'expérience, n 11 y a (dit Rousseaud de
la Combe, Recueil de Jurisprudence canonique, aux mots Cartuliire et Exemption), de grandes raisons tjui obligent de douter de la fidélité de ceux qui ont compilé les Cartuiaires, parce qu'on j trouve une infinité de titres manifestement faux et corrompus. »
On lit dans les Mémoires du clergé : « Ces recueils contiennent un grand nombre de pièces manifestement fausses, soit qu'elles aient été supposées par les auteurs de ces compilations, ou qu'ils aient transcrit celles que des faussaires ont fabriquées en très-grand nombre.... Quoique ces Cartuiaires paraissent anciens, il ne s'ensuit pas qu'ils soient autorisés. On a vu que, dès le onzième siècle, on avait supposé une prodigieuse quantité de faux litres, n
« Il y a (dit Jérôme d'Acosta) de grandes raisons qui obligent de douter de la fidélité de ceux qui ont compilé les Cartuiaires, parce qu'on y trouve une infinité de titres manifestement faux et corrompus. Premièrement , comme la ton (finie n'était pas encore introduite, dans les commencements, d'écrire les titres de fondations et d'immunités ou privilèges , des compilateurs de Cartuiaires qui ont vu qu'ils jouissaient de plusieurs terres, et qu'ils étaient en possession de quelques privilèges, sans en avoir aucuns titres, n'ont pas manqué d'ea faire, et de les •nsérer dans leurs Cartuiaires. Je crois que c'est pour cette raison que les titres qui sont attribués, dans les Cartuiaires, à nos rois de la première rate , sont presque tous faux : et l'on doit aussi , pour la même raison, se défier des premières exemptions , qui sont d'autant plus suspectes qu'elles paraissent plus anciennes. Les procès que les évêques ont eus avec les abbés des monastères, ont encore contribué à augmenter les faux titres : car chacun, pour rendre sa cause meilleure, n'a rien épargné pour supposer des actes. En second lieu, les compilateurs des Cartuiaires n'ont pas toujours inséré les actes tels qu'ils étaient dans les pièces originales j ce qu'il est aisé de justifier, en comparant les originaux avec les copies qui sont régi Urées dans les Cartuiaires , ou même en comparant les anciens Cartuiaires avec d'autres plus modernes; car plus ils sont récents, plus ils sont étendus »
Nous supprimons quantité d'autres témoignages de cette espèce , et surtout plusieurs faits consignés dans les ouvrages que nous venons de citer; ces anecdotes scandaleuses ne sont déjà que trop connues. Nous croirions commettre une injustice, en les répétant. Les successeurs de ces anciens faussaires ont expié ces délits par trop de services et de vertus. Pourquoi n'ont ils pas le courage de faire encore un pas, de proscrire eux-mêmes ces recueils infirmes, pour ne rien dire de plus? Mais les magistrats en feront justice; ils rejetteront les Cartuiaires, ou bien il faudra briser la table sur laquelle eut écrite celte grande maxime : personne ne peut se faire des titres à soi-même.
Cependant, les Cartuiaires ont trouve des défenseurs. On se doute bien que ces apologistes Tiraient dans des cloîtres ; effectivement il n'y en a