‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 167 sur 308 · CÉLIBAT · texte numérisé non relu

CÉLIBAT

I. Le Célibat a été plutôt toléré qu'approuvé par les nations policées. La plupart des législateurs l'ont regardé comme un mal dangereux qu'il fallait réprimer par des peines séTéres.

Si nous ouvrons les fastes de l'histoire ancienne , nous trouvons que Lycurgue nota d'infamie les célibataires. Il > avait même une cérémonie particulière I Lacédémone, où les femmes les conduisaient nus aux piedsdes autels, et leur faisaient faire une espèce d'amende honorable à la natarc.EUcslcur infligeaient ensuite une correction très-forte.

Lycurgue ne borna pas la sévérité de sa législation à cette espèce de cérémonie religieuse , pour punir le Célibat. Il marqua le terme dans lequel on devait se marier. Ceux qui ne se mariaient qu'après, i fuient assujettis à des peines prononcées par des règlements particuliers. Les maris qui n'en usaient pas bien avec «curs femmes, étaient également punis par d'autres lois. 9

A Rome, le Célibat n'était pas traité d'une manière aussi rigoureuse qu'a Lacédémone. Cependant les censeurs étaient chargés d'empêcher ce genre de vie préjudiciable à l'Etat. Pour rendre les céliba» taires moins communs , les Romains les privaient d'une partie des droits de citoyen. Ils leur interdisaient la faculté de tester et de rendre témoignage.

Le Célibat «n'a pas été, dans tous les temps , l'objet de la sévérité des lots romaines. Sous les empereurs, les peines prononcées contre les célibataires furent abrogées.

En France, on ne contraint personne à se marier. Louis XIV, pour favoriser la population , accorda des récompenses aux pères de familles qui auraient un certain nombre d'enfants. Mais si notre législation offre des exemples d'encouragement pour la population , elle ne renferme aucun règlement qui ail prononcé des peines contre les célibataires.

Cependant, il est certain que le Célibat nuit à l'Eut, par la corruption qu'il fait circuler parmi ses membres; aussi l'immortel Montesquieu dit-il, dans son Esprit des lois , « que plus on diminue le nombre des mariages qui pourraient se faire, plus on nuit a ceux qui sont faits; car, moins il y a de gens mariés, moins il y a de fidélité dans les mariages, comme lorsqu'il y a plus de voleurs , il y a plus de vols. »

Le grand nombre des célibataires est la source d'une foule de vices. Pour empêcher, ou du moins diminuer les désordres qui naissent du Célibat, les Romains annulaient les legs faits a condition de ne point se marier. C'est la disposition formelle de la loi Papia. Ils annulaient également la condition de garder le Célibat, qu'un patron avait imposée à son esclave en l'affranchissant.

Les célibataires ne manquent point de prétextes pour tâcher de faire excuser leur conduite ; mais, malgré leurs raisonnements, il n'est pas moins certain que le Célibat (abstraction faite du Célibat religieux qui est prescrit par la discipline de l'Eglise), est contraire au bien public.

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