CHAMPAGNE
nommée Jeanne, et Clémence, sa seconde femme, enceinte.
Philippc-le-Long, frère de Louis, qui prenait le titre de fils de roi de France, régent des royaumes de France et de Navarre, passa le 17 juillet 1 3 1 6, avec, Eudes, duc de Bourgogne, au nom de Jeanne , fille de Louis-Hutin, sa nièce, un acte par lequel il lui Stipulé qu'en cas que la reine Clémence accouchât d'une fille, cette fille et Jeanne sa soeur du premier lit, ou l'une des deux, en cas que l'autre vint 4 mourir, auraient en héritage, aussitôt qu'elles seraient en âge d'être mariées, le royaume de Navarre et les comtés de Champagne et de Brie , & l'exception do ce que Philippc-le-Long et son frère Cbarlcs-lc- Bcl en avaient ou devaient en avoir pour la succession de Jeanne de Navarre, leur mère; et qu'en attendant qu'elles fussent en âge d'être mariées, I bilippc aurait le gouvernement de la Navarre et de la Champagne.
La reine Clémence accoucha d'un fils qui ne vécut que quelques jours. Philippc-le-Long, se voyant sur le trône, fit un second traité le 37 mars 1 3 1 7, avec le même duc de Bourgogne , stipulant pour sa nièce : on convint que, si le roi décédait sans enfants mâles, les comtés de Champagne et de Brie appartiendraient à la princesse Jeanuc en propriété; et que, si elle mourait sans héritiers, ces comtés retourneraient k la couronne.
Le roi promit i sa nièce, par le mêire acte, en forme de dédommagement, i,5oo livres de rentes en domaines, et 5o,ooo livres a placer en héritages qui lui seraient propres.
Philippc-le-Long étant mort sans enfants, les comtés de Champagne et de Bric auraient dû élr» restitués , ainsi que la Navarre, i Jeanne de France, qui était alors mariée au comto d Évreux; mais le» rois Charles-lc Bel et Philippe de Valois conservèrent la possession de ces comtés au moyen de deux actes qu'ils passèrent en i3a;et 1 335.
On voit par le dernier traité, que le roi et la reine de Navarre cédèrent a Philippe de Valois tout le droit qu'ils avaient aux comtés de Champagne et de Bric, moyennant des assiettes de rente de 5, 000 livres, de 3, 000 livres et do 7,000 livres sur différents domaines, qu'ils tiendraient de la couronne en baronnic et pairie, et à foi et hommage. F. Msiette de rente.
La Champagne et la Brie entrèrent ainsi dans le domaine royal, et cette réunion devint irrévocable parles lettres que le roi Jean donna en i36i. H enjoignit a son fils de ne jamais les séparer de la couronne, non plus que quelques autres provinces qu'il réunissait : il voulut même que 1rs rois, a l'avenir, fussent obligés de jurer l'observation de cette loi eu montant sur le trône.
F. les historiens de France Mezcray et Villaret; le Traité des droits du roi de Dupuy; le trésor de Chartres; les ordonnances rendues par Phitippe-lc- Brl en i3oa, par Louis-Hutin en i3i5, et par Pb.lippe-le-Long , en 1 3 19; les lettres du roi Jean «la l36i,etc.,ctl'ailidc Bar. (M. Giutai de bUumi:.)*