‹ Répertoire universel et raisonné de jurisprudence Tom. 2Chapitre 263 sur 308 · EN, S L · texte numérisé non relu

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et de nuls effet et valeur. » Celte disposition est aussi consignée dans l'art. 376 de la coutume de Paris.

Les lois particulières des Pays-Bas ont adopté la même prohibition. L'art. 14 de l'édit perpétuel de 1611 y est exprès.

Quoique ces lois ne parlent pas nommément des médecins et Chirurgiens, on n'a jamais douté qu'ils ne fussent compris sous la dénomination générale d'a.lministrateurs.

L'ascendant qu'ils acquièrent sur l'esprit des malades, est même plus fort, plus nécessaire et plus commun, que n'est tout autre espèce d'empire. A qui sera t on plus soumis, qu'a celui dont les soins, l'attention et les ressources semblent devoir prolonger la vie? L'autorité de cet état est sans bornes : il commande à ceux mêmes qui ne connaissent point d'égaux : imperatoribus una medecina imperat.

L n homme de cet état n'a pas même besoin d'employer la suggestion ; un simple désir de sa part devient un ordre souverain : la persuasion est attachée a tout ce qu'il dit; il captive la volonté avec d'autaut plus de succès , que le malade ne croit pas qu'il soil permis de résister : persuadere plm fit ijnam coyi sibi parère. L'empire attaché à ses fonctions sur la faiblesse du malade, fait vouloir à celuici tout ce que l'homme de l'ait, dont il espère sa guérison , Tcut exiger : râpait me nollentem , et fecit ut vellem.

«i Nous comprenons aussi (dit Ricard), som la prohibition de l'ordonnance, les médecins , Chirurgien? et apothicaires, à cause du genre de pouvoir qu'ils ont sur l'esprit «le ceux qu'ils traitent ; el leur autorité est d'autant plus à craindre, que la faible*** des malades est ordinairement extrême, lorsqu'ils ont besoin de leurs secours ; de sorte qu'il n'y a rien qu'ils ne puissent exiger, dans l'espérance qu'il* leur donnent de les guérir.

» L'inconvénient auquel on a voulu remédier ( ajoute Ricard ) , n'est pas seulement de conséquence, par la considération de ce que l'objet d'un grand danger, d'un côté, et l'espérance de la douceur de la vie , de l'aulre, peut naturellement émouvoir ses passions, pour nous porter è suivre la volonté de celui que nous nou* sommes figuré être capable de nous satisfaire en ce que nous souhaitons le plus, mais encore en ce que les médecins nous persuadent eux-mêmes que l'effet de leur art est si puissant, qu'ils peuvent , dans la pratique , gouverner l'esprit comme le corps, lui donner les qualités contraires à celle* qu'il a, et émouvoir ou apaiv-r ses passions a leur volonté; de sorte que l'oL^urité de leur art se rencontrant avec la facilité de ceux qu'ils traitent , ce n'est pas sans raison , que pour 110 leur pas laisser un plus grand sujet d'en abuser, on ne leur permet pas de recevoir de* disposition» do la part des malades qu'ils pansent. 11

Toutes les fois que le ministère public a eu occasion de traiter celle question , il a toujours soutenu que les médecins et Chirurgiens devaient être compris sous le terme général d'administrateur* , et conséquemment frappés de l'incapacité prononcée par l'ordonnance cl la coutume.

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