EN, S U
Marlin avait eu l'accouchement le plus laborien* ;
que, dés le premier moment, il s'élait annancè contre nature; que cependant le succès avait répondu à ses soins, et que l'accouchement avait été fait suivant toutes les règles de l'art ; qu'il était vrai que la femme Marlin avait eu des vomissements si fréquents, qu'ils avaient fait paraître une excroissance de chair ; mais que le médecin qu'ij avait appelé, avait seul ordonné l'opération dans laquelle la femme était morte ; qu'ainsi , sa conduite était exempte de reproches.— Cependant le mari rendit plainte devant le lieutenant criminel de Meaux ; et, sur l'information, le Chirurgien et sa femme furent décrétés , l'un d'ajournement personnel, l'autre d'assigné pour ftre oui. Apres 1rs interrogatoires des accusés, le juge de Meaux civilisa l'affaire; et, sur les preuves respectives des parties, il condamna les accusés à i5o livres de dommages-intérêts. Le Chirurgien et sa femme appelèrent de cette sentence. — Il fut démontré, par une consultation de M. Louis, souscrite par les principaux membres de l'académie de chirurgie, que le Chirurgien ne pouvait, d'après les enquêtes, être accuse d'aucune faute dans l'accouchement de la femme Marlin : qu'il avait suivi toutes les règles de l'art ; que, s'il paraissait avoir commis une faute, ce n'avait été qu'eu partageant l'erreur du médecin sur le piélcndu corps étranger; que, dèslors, il n'avait agi que par les ordres de ce dernier; et que celui-ci pouvait seul être exposé aux poursuites du mari. - Sur ces motif», par anél rendu au parlement de Parut, le 11 mars 1771, la sentence du premier juge lut infirmée, et le Chirurgien fut, ainsi que sa femme, déchargé des condamnations qu'elle prononçait.
(Quelques années après, s'est présenté au parlement de Nancy, la question de savoir si un Chirurgien de campagne est réprehensible, pour avoir fait l'opération césarienne, sans avoir appelé un médecin, ou au moins un seiond Chirurgien.
Une femme, d'un village situé près de Sedan, se trouvait, depuis vingt-quatre heures, dans les douleurs de l'enfanlemcnt. Trois matrones avaient déjà épuisé leurs efforts et leur science autour de la malade. Un se détermina enfin, et trop tard sans doute, à envoyer chercher un Chirurgien dans la ville de Sedan. Il y a dans celte ville plusieurs Chirurgiens qui forment une communauté, il est naturel de penser que c'était l'un d'eux que l'on demandait; mais le messager fit une méprise, il s'adressa a un Chirurgien étranger qui se trouvait pour lors à Sedan.
— Ce Chirurgien crut d'abord pouvoir faire l'accouchement par les voies ordinaires. 11 devait d'autant plus l'espérer, que la temnie avait déjà mis au monde neuf entants qui avaient vécu. Celui qu'elle portait eu ce moment dans sou sein, était mort, et préientait un bras. L'accoucheur voulut commentera tordre* ce membre; il n'y réusssit pas; il en lit l'amputation.
— Apres cette opération , il essaya d'extraire l'entant par parties; mais il n'avait pas les instruments ordinaires, il se servit d'un ervehet de lampe. Un pressent bien que cette opération fut aussi inutile qua cruelle. — Le Chirurgieu ue vit plus d'autre ressourça