BARREAU
que ce qui a été dit entraîne doit Mil v ru ; et
fil ce qui
Qne , d'un art détail, les pièce» au Ne fument qu'un «cul tout de diverses |
Pour y réussir, on doit commencer par une expodu Tait et de ses principales circou-
I aux foreurs de la calomnie, et pour déouvertement le crime et l'oppression ! Dans ces moments, l'homme injuste pâlit; il tremble que la même bouche qui tonne contre le coupable ne s'ouvre un jour contre lui. L'homme vertueux, au contraire, se ranime dans la pratique du bien; si l'outrage le poursuit, il voit un défenseur qui saura employer pour lui son zèle et son ardeur. Tout le stances : ensuite proposer la difficulté qui se promonde est saisi d'admiration et de respect : ce n'est tente a résoudre; établir les principes et les moyens plus un orateur qu'on s'imagine d'entendre, c'est sur lesquels l'on fonde l'opiniou que l'on entend une divinité qu'on croit descendue du ciel pour pro- soutenir; réfuter les objections qui peuvent la cornléger les mortels malheureux. Chacun lui offre son battre, et terminer par une récapitulation vive rt encens et lui adresse ses vceux : on le poursuit, on serrée de tout ce qui a fait le sujet essentiel de la disl'environnc; et s'il s'échappe enfin de la foule qui le cussion.
relient, on le poursuit encore par les acclamations En remplissant cette tâche, on doit éviter deux
les plus vives. inconvénients; l'un, de ne pas dire tout ce qu'il
Tels sont les lauriers que l'avocat moissonne au faot, et l'autre, de dire plus qu'il ne convient. Tout
Barreau , quand il s'y présente avec la recommanda- ce qui est étranger an sujet est insupportable; l'in-
tion du talent : mais avant de s'y montrer, il doit jure surtout déplaît infiniment. Les moyens que
long-temps consulter ses forces. Ce n'est pas que l'on emploie doivent particulièrement convenir à
toutes les causes qui se discutent au Palais exigent la cause; ceux qui n'y sont point applicables ne
les mêmes talents; sans obtenir le premier rang au peuvent que l'affaiblir. Mais en fait de moyens, il
Barreau, ou peut toujours s'y distinguer : toute faut être aussi soigneux de faire valoir tous ceux
cause bica défendue honore son défenseur ; on peut qui s'y rapportent que d'écarter ceux qui ne peuvent même dire qu'un grand avocat serait aussi déplacé faire aucune sensation : I
tous les jours on s'aperçoit que les juges se déterminent a la même décision par des motifs souvent tout différents.
A l'égard de la manière de dire les choses, c'est ordinairement ce qui distingue l'avocat. Elles so-it bien dites quand elles le sont avec le ton qui y convient; que les transitions sont légères et comme imperceptibles; que la narration est coulante; que les termes sont propres; que le simple est noble; le beau, naturel ; le solide, clair et précis. Les pensées les plus brillantes, les comparaisons les plus fleuries, les idées les plus sublimes ne produisent qu'un qu'ils sont encore sur notre horizon , mais qui ayant mauvais effet, lorsque le sujet ne les comporte pas. une fois disparu, ne se remontrent qu'après une Au lieu d'embellir le discours, elles ne servent qu'à longue suite d'années. le rendre ridicule. La véritable éloquence est sans
Quoique l'éloquence toit, pour ainsi dire, l'on- fard, elle plaît par sa beauté naturelle. Grandis, vrage entier de la nature, il faut pourtant convenir ut Un dkam , pudiea oratio plncet, non masculosa,
née turgida , sed quat naturali pulchritudin* exurgit.
i soutenant une affaire de peu d'importance, qu'un avocat ordinaire le serait en défendant une cause au-dessus de ses talents. Mais que ceux qui aspirent au titre d'orateur fassent bien attention qu'un avocat digne de ce titre par excellence, est un homme rare, un homme précieux. Les orateurs que le Barreau de la capitale a possédé depuis un siècle seraient faciles à compter : pour l'ordinaire, celui qui n'est piui laisse un long intervalle entre lui ù lui succède : il en est d'eux a peu près i de ces astres fugitifs qui nous éclairent lors-
que l'art peut beaucoup la perfectionner. Nous ne nous proposons pr.ini do détailler ici toutes les règles qui peuvent convenir à l'éloquence du Barreau, nous nous bornerons simplement à quelques observations essentielles.
La première est de se bien pénétrer du sujet que l'on doit traiter, et de le connaître dans toutes ses parties. ■Quand on nc possède une affaire que superficiellement, il n'est pas possible de la rendre avec tout l'avantage dont elle est susceptible; il faut l'avoir étudiée, méditée , approfondie : ce que Con conçoit bien, a dit un grand maître, s'énonce elairement; et cette maxime se vérifie tous les jours par l'expérience.
Quand une fois le sujet est bien conçu, la méthode exige qu'on se fasse dans l'esprit un plan de •on discours , et qu'on y donne i toutes les parties un arrangement convenable. On doit prendre garde de ne pas mettre au milieu ce qui doit être au commencement, ni à la jfin ce qui doit se trouver au milieu ; les choses doivent être distribuées de façon
Cicéroo, deOratore.
Quelque plaisant que soit le sujet qu'on traite, on doit considérer que la cause est toujours sérieuse pour la partie. Il nc fant pas non plus mettre trop de gravité dans une affaire légère par elle-même; mais s'il est permis de donner quelquefois du ridicule a sa partie adverse, on doit toujours éviter d'être bouffon. Rien de plus contraire à la dignité du Barreau que ces efforts continuels que l'on fait souvent dans certaines causes poor égayer un auditoire : les ris, à la vérité, sont pour le peuple; mais le mépris est pour l'avocat.
La plaisanterie serait encore bien plus insupportable dans les affaires qui présentent le plus grand intérêt. Ce sont les grands mouvements de l'âme qui doivent se montrer; tout doit être sérieux comme le sujet même. Car enfin quelle idée les juges rt l< public auraient-ils d'une cause dont l'avocat se ferait un jeu? Cicéron veut que le discours soit grand • les maximes et dans l'expression; qu'il so:t