‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 10 sur 320 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

cour qui se fixa à Paris et de l'université de cette capitale, qui devint une des sources de science les plus fécondes pour l'Europe entière, forma dans ses perfectionnements successifs la langue française telle qu'elle existe aujourd'hui.

hangue celtique.

" Il ne BOUS reste," dit Voltaire, " aucun monument de la langue des anciens Welches, qui faisaient, flit-on, une partie des peuples Celtes, ou Keltes, espèces de sauvages dont on ne connaît que le nom, et que l'on a voulu en vain illustrer par des fables. Tout ce que l'on sait, c'est que les peuples que les Romains appelaient Galli, dont nous avons pris le nom de Gaulois, s'appelaient Welches ; c'est le nom que l'on donne encore aux Français dans la Basse-Allemagne, comme on appelait cette Allemagne Teutsch. La province de Galles, dont les peuples sont une colonie de Gaulois, n'a d'autre nom que celui de Welch. Un reste de l'ancien patois s'est encore conservé chez quelques rustres dans cette province de Galles, dans la Basse-Bretagne, dans quelques provinces de France. Quoique notre langue soit une corruption de la latine, mêlée de quelques expressions grecques, italiennes, espagnoles, cependant nous avons retenu plusieurs mots dont l'origine paraît être celtique*. En voici quelques-uns entr'autres que le temps n'a presque point altérés : aller, battre, blé, calme, chat, coq, danse, drap, est ainsi que ouest, nord et sudf, frapper, galand, haquenée, harnais, hasard, laquais, magasin, mouton, niais, parc, rat, regarder, saison, trou, valet, vassal, etc."

Langues du moyen âgeX-

On peut réduire à quatre les principales langues du moyen âge, dont les divers dialectes sont aujourd'hui parlés en Europe. Ces langues mères sont : 1° la langue grecque, inconnue à l'Occidept, et qui, dès le onzième siècle, dégénérait dans les provinces en langage romaïque ou grec moderne ; 2° la langue slave, d'où dérivent le russe, le polonais, le bohémien, etc., encore informes dans le moyen âge ; 3° la langue teutonique, d'où viennent l'allemand, le flamand, l'anglais, le danois, le suédois, l'islandais ; 4° la langue romane rustique, corrompue du latin, qui fut longtemps commune à tous les peuples de l'Europe latine ; c'est de là que sont nés le provençal (langue d'oc), le français [langue d'oil), l'italien {langue de si), le castillan, le portugais, le valaque.

I^ roman provençal eut ses troubadours, et le roman français ses trouvères. La poésie naquit au onzième siècle, dans le midi de France, d'où le goût s'en répandit dans les provinces du Nord. Les troubadours imaginèrent la chanson, la ballade, le sonnet, la paston-

• And some also of Teutonlc origln, introduced perhaps by the Franks. '^'ho epoko a Teutonic dialect. — Richard Taylok.

t Voyc! la page 54, note a. î Voyez la page 109, note b-

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