L EDITEUR
Les accents immortels de Byron se font aussi entendre :
" The time is past when sword subdued ; But the heart, and the mind, And the voice of maukind Shall arise ia communion, And who shall resist that proud union* ?"
Je réclame votre indulgence pour cette digression ; accusez-moi de folie romantique si vous voulez, mais toute réflexion faite, vous apprécierez, j'en, suis sûr, le sentiment d'orgueil dont je suis pénétré. Rappelez-vous donc que. Français, j'éprouve moi-même les bienfaits de la paix, et que mon bonheur a dépendu de l'accueU protecteur et de la généreuse hospitalité de la nation anglaise.
Suivant l'usage, on porta des toasts et des santés. Par un heureux à-propos on porta les santés réunies du duc de Wellington et du maréchal Soult. Il est impossible de dépeindre l'enthousiasme qui accueillit cette noble alliance. Le tonnerre d'applaudissements redoublait encore, lorsque les deux guerriers se levèrent pour répondre à l'assemblée. En un instant, l'émotion et l'attente firent succéder le calme du plus profond silence. Il ne s'effacera jamais de ma mémoire ce moment où, au signal d'un des aldermen, je m'approchai du maréchal Soult'' pour lui traduire le discours du duc de Wellington. Les paroles d'estime et d'amitié que nous entendîmes alors de la part de ce grand homme touchèrent le cœur du général français, et le vétéran de Napoléon sut reconnaître des sentiments qui font honneur au siècle et que la postérité s'empressera de recueillir.
* Ces quatre morceaux ont été recueillis à l'ouverture de l'université de Bruxelles. On les trouvera dans le discours prononcé par le professeur Auguste Baron.
^ Avant le banquet, lorsque la noblesse était dans le salon de Giùldhall, où se trouvaient le maire, les aldermen, etc., l'interprète s'adressa au duc de Nemours et pria S. A. R. de bien voidoir lui faire l'honneur d'accueillir ses services. " Je considérerais," dit-il, " ce jour le plus beau de ma vie, si, par une traduction fidèle, je pouvais transmettre les sentiments qui existent entre la France et l'Angleterre, et au moyen desquels le bonheur des deux pays semble assuré." S. A. R. le remercia avec bonté, et ajouta : " Il est bien vrai que tout nous porte à croire que ces deux nations resserreront à jamais les liens de la paix et de l'union." — Journaux anglais.