‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 26 sur 320 · PAUL ET VIRGINIE · texte numérisé non relu

PAUL ET VIRGINIE

pas quelque nourriture plus solide, Virginie aperçut, parmi ies arbres de la forêt, un jeune palmiste. Le choïc^* que la cime de cet arbre renferme au milieu de ses feuilles est un fort bon manger ; mais quoique sa tige ne fût pas plus grosse que la jambe, elle arait plus de soixante pieds de hauteur. À la vérité', le bois de cet arbre n'est formé que d'un paquet de filaments; mais son aubier^ est si dur qu'il fait rehrousser^^ les meilleures haclies, et Paul n'avait pas même im couteau. L'idée lui vint de mettre le feu au pied de ce palmiste. Autre embarras : il n'avait point de briqu^t^^ ; et d'ailleurs, dans cette île si couverte de rochers, je ne crois pas qu'on puisse trouver une seule pierre à fusiV*. La nécessité donne de l'industrie, et souvent les inventions les plus utiles ont été dues aux hommes les plus misérables. Paul résolut d'allumer du feu à la manière des noirs. Avec l'angle d'une pien-e il fit im petit trou sur mie branche d'arbre bien sèche, qu'il assi/jettit^^ sous ses pieds ; puis, avec le tranchant de cette pierre, il fit wae pointe à un autre morceau de branche également sèche, mais d'ime espèce de bois différent. Il posa ensuite ce morceau de bois pointu dans le petit trou de la branche qui était sous ses pieds , et le faisant rouler rapidement entre ses mains, comme oi roule un moulinet-^ dont on veut faire mousser'^ du chocolat, en peu de moments il vit sortir, du point de contact, de la filmée et des étincelles. Il ramassa des herbes sèches et d'autres branches d'arbres, et mit le feu au pied du palmiste, qui, bientôt après, tomba avec un grand fracas. Le feu lui serait encore à dépouiller le chou" de l'enveloppe de ses longues feuilles ligueuses et piquantes. Virginie et lui mangèrent mie partie de ce chou crue, et l'autre cuite sous la cendre ; et ils les trouvèrent également savoureuses. Ils firent ce repas frugal, remplis de joie par le souvenir de la bonne action qu'ils avaient faite le matin ; mais cette joie était troublée par l'inquiétude où ils se doutaient'^ bien que leur longue absence de la maison jetterait leurs mères. V'rginie revenait souvent sur cet objet. Cependant, Paul, qui sentait ses forces rétabhes, l'assura qu'ils ne tarderaient pas à tranquilliser leiu-s parents.

Après dîner, ils se trouvèrent bien embarrassés ; car ils n'avaient plus de guide pour les reconduire chez eux. Paul, qui ne s'étonnait'^ de rien, dit à Virginie : " Notre case est vers le soleil du milieii du jour, il faut que non? passions, comme ce matin, par- dessus cette montagne que tu vois làbas avec ces trois pitons. Allons, marchons, mon amie." Ils descendirent donc le morne de la Rivière-Noire du côté du nord, et arrivèrent, après une heure de marche, sur les bords d'une large rivière qui barrait leur chemin. Cette grande partie de l'île, toute couverte de forêts, est si peu connue, même aujourd'hui, que plusieurs de ses rivières et de ses montagnes n'y ont pas encore de nom. La rivière, sur le bord de laquelle ils étaient, coule en bouillonnant sur un lit de roches. Le bruit de ses eaux effraya Virginie; elle n'osa y mettre les pieds pour la passer à gué. Paul alors prit Virginie sur son dos, et passa, ainsi chargé, sur les roches glissantes de la rivière, malgré le tumulte de ses eaux. "N'aie pas peur," lui disait-il, "je me sens bien fort avec toi. Si l'habitant de la Rivière-Noire t'avait refusé la grâce de son esclave, je me serais battu avec Im." — "Comment!" dit Virginie, "avec cet homme si grand et si méchant? À quoi t'ai-je exposé ? Mon Dieu, qu'il est difficile de faire le bien ! il n'y a que le mal dé-' facile à faire." Quand Paul fut sur le rivage, il voulut continuer sa route, chargé de sa sœur, et il se flattait de monter ainsi la montagne qu'il voyait devant lui à une demi-lieue de là ; mais bientôt les forces lui manquèrent, et il fut obligé de la mettre à terre, et de se reposer auprès d'elle. Virginie lui dit alors : " Mon frère, le jour baisse ; tu as encore des forces, et les miennes me manquent ; laisse-moi ici, et retourne seul à notre case, pour tranquilliser nos mères." — " Oh ! non," dit Paul ; "je ne te quitterai pas. Si la nuit nous surprend dans ces bois, j'allumerai du feu, j'abattrai un palmiste ; tu en mangeras le chou, et je ferai avec ses feuilles un ajoupa''' pour te mettre à l'abri." Cependant Virginie, s'étant lui peu reposée, cueillit sur le tronc d'un vieux arbre, penché sur le bord de la rivière, de longues feuilles de scolopendre-' qui pendaient de son tronc. Elle

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en fit des espèces de brodeqiiins, dont elle s'entoura les pieds, que les pierres des chemins avaient mis en sang-^ ; car, dans l'empressement d'être utile, elle avait oublié de se chausser. Se sentant soulagée par la fraîcheur de ces feuilles, elle, rompit une branche de bambou, et se mit en marche, en s'appuyant d'une main sur ce roseau, et de l'autre sur son frère.

Ils cheminaient ainsi doucement à travers les bois ; mais la hauteur des arbres et l'épaisseur de leui's feuillages leur firent bientôt perdre de vue la montagne sur laquelle ils se dirigeaient, et même le soleil, qui était déjà près de se coucher. Au bout de quelque temps ils quittèrent, sans s'en apercevoir, le sentier frayé-'^ dans lequel ils avaient marché jusqu'alors, et ils se trouvèrent dans un labyrinthe d'arbres, de lianes^° et de roches, qui n'avait plus d'issue. Paul fit asseoir Virginie, et se mit à courir çà et là, tout hors de lui, pour chercher un chemin hors de ce fowrré^^ épais ; mais il se fatigua en vain. Il monta au haut d'un grand arbre, pour découvrir au moins la montagne ; mais il n'aperçut autour de lui que les cimes des arbres, dont quelques-unes étaient éclairées par les derniers rayons du soleil couchant. Cependant l'ombre des montagnes couvrait déjà les forêts dans les vallées ; le vent se calmait, comme il arrive au coucher du soleil ; un profond silence régnait dans ces solitudes, et on n'y entendait d'autre bruit que le bramement des cerfs, qui venaient chercher leurs gîtes dans ces lieux écartés. Paul, dans l'espoir que quelque chasseur pourrait l'entendre, cria alors de toute sa force : " Venez, venez au secours de Virginie!" Mais les seuls échos de la forêt répcnchrent à sa voix, et répétèrent à plusieurs reprises : "Virginie! . . . Virginie!"

Paul descendit alors de l'arbre, accablé de fatigue et de chagrin : il chercha les moyens de passer la nuit dans ce lieu ; mais il n'y avait ni fontaine, ni palmiste, ni même de branches de bois sec propres à allumer du feu. Il sentit alors, par son expérience, toute la faiblesse de ses ressources, et il se mit à pleurer. Virginie lui dit : " Ne pleure point, mon ami, si tu ne veux m' accabler de chagrin. C'est moi

qui suis la cause de toutes tes peines, et de celles qu'éprouvent maintenant nos mères. Il ne faut rien faire, pas même le bien, sans consulter ses parents. Oh ! j'ai été bien imprudente !" Et elle se prit à verser des lamies. Cependant elle dit à Paul : " Prions Dieu, mon frère, et il aura pitié de nousi" A peine avaient-ils achevé leur prière, qu'ils entendirent im chien aboyer. "C'est," dit Paul, "le chien de quelque chasseur qui vient le soir tuer des cerfs à Vaffûi^-r Peu après, les aboiements du chien redoublèrent. " Il me semble," dit . Virginie, "que c'est Fidèle, le chien de notre case. Oui, je reconnais sa voix : serions-nous si près d'arriver, et au pied de notre montagne?" En effet un moment après. Fidèle était à leurs pieds, aboyant, hurlant, gémissant et les accablant de caresses. Comme ils ne pouvaient revenir dé^ leur surprise, ils aperçurent Domingue qui accourait à eux. À l'arrivée de ce bon noir, qui pleurait de joie, ils se mirent aussi à pleurer, sans pouvoir lui dire un mot. Quand Domingue eut repris ses sens : " Ô mes jeunes maîtres," leur dit-il, " que vos mères ont d'inquiétude! comme elles ont été étonnées, quand elles ne vous ont plus retrouvés au retour de l'église, où je les accompagnass ! Marie, qui travaillait dans un coin de l'habitation, n'a su nous dire oii vous étiez allés. J'allais, je venais autour de l'habitation, ne sachant moi-même de quel côté vous chercher. Enfin, j'ai pris vos vieux habits à l'un et à l'autre, je les ai fait fiairer à FicUle^^ ; et sur-le-champ, comme si ce pauvre animal m'eût entendu, il s'est mis à quêter^ sur vos pas. Il m'a conduit, toujours en remuant la queue, jusqu'à la Rivière-Noire. C'est là ovi j'ai appris d'un habitant que vous lui aviez ramené une négresse marronne, et qu'il vous avait accordé sa grâce. Mais quelle grâce ! il me l'a montrée attachée, avec une chaîne au pied, à im billot de bois, et avec un colher de fer à trois crochets autour du coa. De là. Fidèle, toujours quêtant, m'a mené sur le morne de la Rivière-Noire, oii il s'est arrêté encore en aboyant de toute sa force. C'était sur le bord d'une source, auprès d'un palmiste abattu, et près d'un feu qui fumait encore : enfin, il m'a conduit ici. Nous sommes au pied de la

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montîigne, et il y a encore quatre bonnes lieues jusque chez nous. Allons, mangez, et prenez des forces," Il leur présenta aussitôt un gâteau, des fruits et une grande calebasse^^ remplie d'une liqueur composée d'eau, de vin, de jus de citron, de sucre et de muscade, que leurs mères avaient préparée pour les fortifier et les rafraîchir. Virginie soupira au souvenir de la pauvre esclave, et des inquiétudes de leurs mères. Elle répéta plusieurs fois : " Oh ! qu'il est difficile de feire le bien!" Pendant que Paul et elle se rafraîchissaient, Domingue alluma du feu ; et ayant cherché dans les rochers un bois tortu qu'on appelle bois de ronde, et qui brûle tout vert en jetant une grande flamme, il en fit un flambeau qu'il alluma; car il était déjà nuit. Mais il éprouva un embarras bien plus grand quand il fallut se mettre en route : Paul et Virginie ne pouvaient plus marcher; leurs pieds étaient enflés et tout rouges. Domingue ne savait s'il devait aller bien loin de là leur chercher du secours, ou passer dans ce lieu la nuit avec eux. " Où est le temps," leur disait-il, "où je vous portais tous deux à la fois dans mes bras ? Mais maintenant, vous êtes grands, et je suis vieux." Comme il était dans cette perplexité, une troupe de noirs marrons se fit voir à vingt pas de là. Le chef de cette troupe, s' approchant de Paul et de Virginie, leur dit : " Bons petits blancs, n'ayez pas peur ; nous vous avons vus passer ce matin avec une négresse de la Rivière- Noire ; vous alliez demander sa grâce à son mauvais maître. En reconnaissance, nous vous reporterons chez vous sur nos épaules." Alors il fit un signe, et quatre noirs marrons des plus robustes firent aussitôt un brancard avec des branches d'arbres et des lianes, y placèrent Paul et Virginie, les mirent sur leurs épaules ,\et Domingue marchant devant eux avec son flambeau, ils se mirent en route, aux cris de joie de toute la troupe, qui les comblait de bénédictions. Virginie, attendrie, disait à Paul : " Ô mon ami ! jamais Dieu ne laisse un bienfait sans récompense."

Ils arrivèrent vers le milieu de la nuit au pied de leur moutag;ne, dont les croupes étaient éclairées de plusieurs feux. A peine ils la montaient, qu'ils entendirent des voix qui criaient : " Est-ce vous, ir«?s euiants ?" Ils répondirentj

4b BERNARDIN DE SAINT-PIERRE.

avec les noirs : " Oui, c'est nous." Et bientôt ils aperçurent leurs mères et ^Marie qui venaient au devant d'eux avec des tisons flambants. " Malheureux^ enfants," dit madame de la Tour, "d'oii venez- vous? dans quelles angoisses vous nous avez jetées !" — " Nous venons," dit Virginie, " de la Rivière- Noire, demander la grâce d'une pauvre esclave œarromie, à qui j'ai donne', ce matin, le déjeuner de la maison, parce qu'elle mourait de faim ; et voilà que les noirs marrons nous ont ramene's." Madame de la Tour embrassa sa fille sans pouvoir parler ; et Virguiie, qui sentit sou visage mouillé des larmes de sa mère, lui dit: "Vous me payez de tout le mal que j'ai souffert !" Marguerite, ravie de joie, serrait Paul dans ses bras, et lui disait : "Et toi aussi, mon fils, tu as fait une bonne action." Quand elles fm-ent arrivées dans leurs cases avec leurs enfants, elles donnèrent bien à manger aux noirs marrons, qui s'en retournèrent dans leurs bois, eii leur souhaitant toute sorte de prospérités.

Naufraye de Virginie.

Dans les balancements du vaisseau, ce qu'on craignait arriva. Les câbles de son avant rompirent ; et comme il n'était plus retenu que par une seule ansière^, il fut jeté sur les rocbers à une demi-encâblure du rivage. Ce ne fut qu'un cri de douleur parmi nous. Paul allait s'élancer à la mer, lorsque je le saisis par le bras. " Mon fils," lui dis-je, " voulez-vous périr ?" — " Que j'aiUe à son secom's, ' s'écriat-il, "ou que je meure!" Comme le désespoir lui ôtait la raison, pour prévenir sa perte, Domingue et moi lui attachâmes à la ceinture une longue corde dont nous saisîmes l'ime des extrémités. Paul alors avança vers le Saint- Géran, tantôt nageant, tantôt marchant sur les récifs ....

On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié: une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint- Géran, tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre : c'était Virginie. La vue de cette aimabfe personne, exposée à un si terrible danger, nous rempht de douleur et de désespoir. Pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un étemel adieu. Tous les matelots s'étaient jetés à la mer

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il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était nerveux comme Hercule. Il s'approcha de Virginie avec respect. Nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits ; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. Dans ce moment, ime montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. A cette terrible vue, le matelot s'élança seul à la mer, et Virginie, voyant la mort inévitable, posa ime main sur ses habits, l'autre sur son cœur, et, levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux.

Jdami de Paul cherche à le consoler de la perte de Virginie.

" Mon fils. Dieu donne à la vertu tous les événements de la vie à supporter, pour faire voir qu'elle seule peut en faire usage, et y trouver du bonheur et de la gloire. Quand il lui réserve une réputation Ulustre, il l'élève sur im grand théâtre, et la met aux prises^ avec la mort ; alors son courage sert d'exemple, et le souvenir de ses malheurs reçoit à jamais un tribut de larmes de la postérité. Voilà le monument immortel qui lui est réservé sur \me terre où tout passe, et oh. la mémoire même de la plupart des rois est bientôt ensevelie dans un étemel oubli.

"Mais Virginie existe encore. Mon fils, voyez que tout change sur la terre, et que rien ne s'y perd. Aucun art humain ne pourrait anéantir la plus petite particule de matière ; et ce qui fut raisonnable, sensible, aimant, vertueux, reUgieux, aurait péri, lorsque les éléments, dont il était revêtu, sont indestructibles ! Ah ! si Virginie a été heureuse avec nous, elle l'est maintenant bien davantage. Il y a un Dieu, mon fils : toute la nature l'annonce ; je n'ai pas besoin de vous le prouver. Il n'y a que la méchanceté des hommes qui leur fasse nier une justice qu'ils craignent. Son sentiment est dans votre cœur, ainsi que ses ouvrages sont sous vos yeux. Croyez-vous donc qu'il laisse Virginie sans récompense ? Croyez-vous que cette même puissance, qui avait revêtu cette âme si noble d'une forme si belle,

OÙ TOUS sentiez un art divin, n'aurait pu la tirer des flots? que celui qui a arrangé le bonheur actuel des hommes par des lois que vous ne connaissez pas, ne puisse en préparer im autre à Virginie par des lois qui tous sont également inconnues? Quand nous étions dans le néant, si nous eussions été capables de penser, aurions-nous pu nous former une idée de notre existence? Et, maintenant que nous sommes dans cette existence ténébreuse et fugitive, pouvons-nous prévoir ce qu'il y a au delà de la mort, par où nous en devons sortir? Dieu a-t-il besoin, comme l'homme, du petit globe de notre terre, pour servir de théâtre à son intelligence et à sa bonté ; et n'a-t-U pu propager la vie humaine que dans les champs de la mort ? Il n'y a pas dans l'Océan une seule goutte d'eau qui ne soit pleine d'êtres vivants qvd ressortissent à nous^ ; et il n'existerait rien pour nous parmi tant d'astres qui roulent sur nos têtes ! Quoi ! il n'y aurait d'intelligence suprême et de bonté divine, précisément que là où nous sommes ; et, dans ces globes rayonnants et innombrables, dans ces champs infinis de lumière qui les environnent, que ni les orages, ni les nuits n'obscurcissent jamais, il n'y aurait qu'un espace vain et \m néant étemel ! Si nous, q\ii ne nous sommes rien donné, osions assigner des bornes à la puissance de laquelle nous avons tout reçu, nous pourrions croire que nous sommes ici sur les hmites de son empire, où la vie se débat avec la mort, et l'innocence avec la tyrannie ! "Sans doute, il est quelque part un heu où la vertu reçoit sa récompense. Virginie maintenant est heureuse. Ah! si du séjour des anges elle pouvait se communiquer à vous, elle vous dirait, comme dans ses adieux : *Ô Paul! la vie n'est qu'ime épreuve. J'ai été trouvée fidèle aux lois de la nature, de l'amour et de la vertu. J'ai traversé les mers pour obéir à mes parents ; j'ai renoncé aux richesses pour conserver ma foi ; et j'ai mieux aimé perdre la vie que de ATioler la pudeur. Le ciel a trouvé ma carrière suffisamment remplie. J'ai échappé pour toujours à

• Cest-à-dire, gia sont faits pour nous, gui se rapportent à nous, nouvelle acceptation du verbe ressortir.

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