‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 291 sur 320 · Gi-ich. Et moi je veux avoir tort · texte numérisé non relu

Gi-ich. Et moi je veux avoir tort

Ar. Comme il vous plaiia. Oh çà, mon frère, revenons, je vous prie, à l'affaire dont je viens de vous parler.

M. Grich. Ne vous ai-je pas dit que je vais de ce pas chez monsieur Rigaut, mon notaire ? Sersiteur. Mais que me veut encore cet animal ?

[Scène suivante.]

Mamura, précepteur de Brillon; M. Grichard, Ariste, Cat.au.

Mam. Monsieur ....

21. Grich. Qu'est-ce, monsieur? Tous prenez très-mal votre temps, monsieur Mamura; allez-vous-en donner le fouet à Brillon.

Mam. Abiit, effugit, evasit, eriipif^.

M. Grich. Brillon s'est sauvé?

Mam. Oui, monsieur, effugit.

M. Grich. Ces animaux-là ne sauraient s'empêcher de cracher du latin. Parle français, ou tais-toi, pédant fieffé.

Mam. Puisque telle est votre volonté, sit pro ratione voluntas^,

M. Grich. Encore? Hé de par tous les diables, parle français, si tu veux, ou si tu peux.

Mam. Soit. Nous lisons dans Arriaga'^.

M. Grich. Eh bien, bourreau ! dis-moi qu'a de commun Ai'riaga avec la fuite de BriUon.

Mam. Oh çà, monsieur, puisque vous voulez qu'on vous parle français, je vous dirai que vous avez donné un soufflet à mon disciple fort mal à propos. Il a lacéré, incendié tous ses livres, et s'est sauvé. La con-ection est nécessaii-e, concedo : mais il n'est rien de plus dangereux que de châtier quelqu'un sans sujet ; on révolte l'esprit, au heu de le redresser, et la sévérité paternelle et magistrale, dit Ai-riaga . . .

M. Grich. Toujom-s Aniaga, tête incurable ! Sors d'ici tout à

* Il est parti, il s'est sauvé, il s'est évadé, il s'est échappé avec violence.

*" Que votre volonté soit faite pour la raison.

<= Ancien philosophe.

l'heure, toi et ton maudit Arriaga, et n'y remets le pied de ta vie, si tu ne me ramènes Brillon.

Mam. Monsieur.

M. Grich. Hors d'ici, te tlis-je, et va le clievclier tout à l'heure.

Bruéys. (f'ot/e: la parje 508. \

Scme du Mariage de Figaro, comédie.

Le co'siTK XIj'sikxiw, grand corrégidor d' Andalousie ; Figaro, valet de chambre du comte; Marceline, /e7n7?!e de charge-, Antonio, jardinier du château; Bartholo, médecin de Séville; Don Gusman Brid'oison, lieutenant du siège; Double-main, greffier. [Juges, huissiers, valets, paysans, paysannes, etc.]

Brid'oison. Double-Main, a-appelez'' les causes.

Double-Main [lit un papier.^ Noble, très-noble, infiniment noble, don Pedro George, hidalgo *", baron de îos altos, y montes fieras, y otros montes; contre Alonzo Calderon, jeune auteur dramatique. Il est question d'une comédie mort-née^ que chacifti de'savoue et rejette sur l'autre.

Le comte, [assis.'\ Ils ont raison tous deux. Hors de cour". S'ils font ensemble un autre ouvrage, pour qu'il marque un peu dans le grand monde, ordonné que le noble }■ mettra son nom, ie poëte son talent.

Double-Main [lit un autre papier.^ André Peirutckio, laboureur; contre le receveur de la province. Il s'agit d'un /orcewe7î^"= arbitraire.

Le comte. L'affaire n'est pas de mon ressort. Je sei-virai mieux mes vassaux en les protégeant près du roi. Passez.

Double-Main [en prend un troisième; Bartholo et Figaro se lèvent.^ Barbe-Agar-Raab-Madeleine-Nicole-Marceliîie de Verte- AUure, fille majeure [^larceline se lève et saluel ; contre Figaro ...nom de baptême en blanc.

* Brid'oison bégaye.

•> Hidalgo (de l'espag^iol, hijos, fils ; algo, biens, fortune). Titre que prennent en Espagne les nobles qui se prétendent descendus d'ancienne race chrétienne, sans mélange de sang juif ou maïu-e.

' Forcement de recette. Terme de législation. Exercice du droit qui appartient à l'administration, de faire paver par ses commis les impôts qu'ils ont négUgé de percevoir.

Figaro. Anonyme.

Brid' oison. A-anonj^me ! Què-el patron est-ce là?

Figaro. C'est le mien.

Double-Main [écrit.'] Contre Anonyme Figaro. Qualités?

Figaro. Gentilhomme.

Le comte. Vous êtes gentilhomme ?

Figaro. Si le ciel l'eût voulu, je serais le fils d'un prince.

Le comte, {au greffier qtii écrit.] Allez.

L'huissier, [glapissant.] Silence, messieurs.

Double-Main [lit.] Pour cause d'opposition faite au

mariage dudit Figaro par ladite de Verte- AU r.re. Le docteur Bartholo plaidant pour la demanderesse, et ledit Figaro pour lui-même, si la cour le permet, contre le vœu de l'usage et la jurisprudence du siège.

Figaro. L'usage, maître Double-Main, est souvent un abus ; le client im peu instruit sait toujours mieux sa cause que certains avocats qui, suant àfroid^, criant à tue tête^, et connaissant tout, hors le fait, s'embarrassent aussi peu de ruiner le plaideur que d'ennuyer l'auditoire et d'endormir Messieurs : plus boursmifflés'^ après que s'ils eussent composé VOratio pro Murœnâ". Moi je dinei le fait en peu de mots. Messieurs ....

Double-Main. En voilà beaucouj) d'inutiles, car vous n'êtes pas demandeur, et n'avez que la défense : avancez, docteur, et lisez la promesse.

Figaro. Oui, promesse !

Bartholo, [mettant ses lunettes.] Elle est précise. Brid'oison. I-il faut la voir.

Double-Main. Silence donc ! messieurs.

L'huissier, [(glapissant.] Silence !

Btcrtholo [lit.] " Je soussigné reconnais avoir reçu de damoiselle^, etc. . . . Marceline de Verte- Allure, dans le château d'Aguasîrescas, la sonnne de deux mille piastres fortes cordonnées^ laquelle somme je lui rendrai à sa réquisition dans ce château, et je l'épouserai par forme de reconnaissance, etc. Signé, Figaro," tout court. Mes conclusions sont au payement du billet, et à Fexécution de la promesse, avec dépens. [Il plaide.] Messieurs... jamais cause plus intéressante ne fut soumise au jugement de la ctnir; et depuis Alexandre-le- Grand, qui promit mariage à la belle Thalestris

■ L'une des plus belles hai-angues de Cicéron. * Damoiselle. Titre qu'on donnait autrefois aux filles nobles dans les actes publics.

Le comte, [interrompant. '\ Avant (l'aller plus loin, avocat, convient-on de la validité du titre ?

Brid'oison, [à Figaro^ Qu'oppo . . qu'oppo-osez-vous à cette lecture ?

Figaro. Qu'il y a, messieurs, malice, erreur, ou distraction dans la manière dont on a lu la pièce : car il n'est pas dit dans récrit, "laquelle somme je liu rendrai, ET je l'épouserai;" mais, "laquelle somme je lui rendrai, OU je l'épouserai:" ce qui est bien différent.

Le comte. Y a-t-il ET dans l'acte, ou bien OU ?

Bartholo. Il y a ET.

Figaro. 11 y a OU.

Brid'oison. Dou-ouble-Main, bsez vous-même.

Double-Main, \j)renant le papier. ~\ Et c'est le plus sûr; car souvent les parties déguisent en lisant. {Il lit.'] E. e. e. e. Dumoiselle, e. e. e. de Verte-allure, e. e. e. Ha ! laquelle somme je lui rendrai à sa réquisition dans ce château. ..ET. ..OU. ..ET... OU... Le mot est si mal écrit... Il y a un pctté^.

Brid'oison. Un pâ-âté ? Je sais ce que c'est.

Bartholo, [plaidant.] Je soutiens, moi, qiie c'est la conjonction copulative ET qui lie les membres coiTélatifs de la phrase : Je payerai la demoiselle, ET je l'épouserai.

Figaro, [plaidant.] Je soutiens, moi, que c'est la conjonction alternative OU qui sépare lesdits membres : Je payerai la donzelle, OU je l'épouserai. A pédant, pédant et demi : qu'il s'avise de parler latin, j'y suis grec; je l'extermine.

Le comte. Comment juger pareille question?

Bartholo. Pom- la trancher, messieurs, et ne plus chicaner sur un mot, nous passons qu'il y ait OU.

Figaro. J'en demande acte^.

Bartholo. Et nous y adhérons. Un si mauvais refuge ne sauvera pas le coupable : examinons le titre en ce sens. [Il Ut. j Laquelle somme je lui rendrai dans ce château, où je l'épouserai; c'est ainsi qu'on dirait, messieurs : Vous prendrez deux gros' de rhubarbe, où vous mêlerez un peu de tamarin; c'est-à-dire dans lesquels on mêlera. Ainsi château où je l'épouserai, messieurs, c'est château dans lequel...

Figaro. Point du tout : la phrase est dans le sens de celle-ci : ou la maladie vous tuera, ou ce sera le médecin, ou bien le médecin ; c'est incontestable. Autre exemple : ou vous n'écrirez rien qui plaise, ou les sots vous dénigreront, ou bien les sots ; le sens est claii* ; car, audit cas, sots ou méchants sont le substantif

qui gouverne. Maître Bartholo croit-il donc que j'aie oublié ma syntaxe? Ainsi, Je la payerai dans ce château, virgule, ou je l'épouserai...

Bartholo, \yite.'] Sans vii'gule.

Figaro, [vite.'] Elle y est. C'est virgule, messieurs, ou bien je l'épouserai.

Bartholo, [regardant le papier, vite.] Sans virgule, messieurs.

Figaro, [vite.] Elle y était, messieurs. D'ailleurs l'homme qui épouse est-il tenu de rembourser ?

Bartholo, [vite.] Oui ; nous nous marions séparés de biens.

Figaro, [vite.] Et nous de coi-ps, dès que mariage n'est pas quittance. [Les juges se lèvent, et opinent tout bas.]

Bartholo. Plaisant acquittement !

Double-Main. Silence, messieurs !

L'huissier, [glapissant.] Silence !

Bartholo. Un pareil fripon appelle cela payer ses dettes!

Figaro. Est-ce votre cause, avocat, que vous plaidez ?

Bartholo. Je défends cette demoiselle.

Figaro. Continuez à déraisonner; mais cessez d'injurier. Lorsque, craignant l'emportement des plaideurs, les tribunaux ont toléré qu'on appelât des tiers, ils n'ont pas entendu que ces défenseurs modérés deviendraient impunément des insolents privilégiés. C'est dégrader le plus noble institut. [Les juges continuent d'opiner bas.]

Antonio, [à Marceline, montrant les juges.] Qu'ont-ils tant à balbucijîer'^1

Marceline. On a corrompu le grand-juge, il corrompt l'autre, et je perds mon procès.

Bartholo, [bas.] J'en ai peur.

Figaro, [gaiment.] Courage, Marceline !

Double-Main, [à Marceline.] Ah ! c'est trop fort ! je vous dénonce, et pour l'honneur du tribunal, je demande qu'avant faire droit sur l'autre affaire, il soit prononcé siu" celle-ci.

Le comte. Non, gi-eiSer, je ne prononcerai point sur mon injure personnelle ; un juge espagnol n'am-a jjoint à rougir d'un excès digne au plus des tribunaux asiatiques : c'est assez des autres abus ! J'en vais corriger un second ; en vous motivant mon arrêt : tout juge qui s'y refuse est un grand ennemi des lois. Que peut requérir la demanderesse ? mariage à défaut de payement; les deux ensemble impliqueraient^^.

• Balbucifier pour balbutier. Hésiter eu parlant.

Double-Main. Silence, messieurs.

L'huissier, [glapissant^ Silence !

Le comte. Que nous répond le défendeur? qu'il veut garder sa personne; à lui permis.

Figaro, [avec joie. ^ J'ai gagné.

Le comte. Mais comme le texte dit : laquelle somme je payerai ô la première réquisition, ou bien j'épouserai, etc. ; la cour condamne le défendeur à payer deux mille piastres fortes à la demanderesse, ou bien à l'épouser dans le jour. [Il se lève.']

Figaro, [stupéfait.] J'ai perdu.

L'huissier, [glapissant.] Passez messieurs. [Le peuple sort.]

[Scène suivante.]

Figaro, seul.

Non, monsieur le comte, vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez pas... Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !... noblesse, fortune, un rang, des places ; tout cela rend si fier ! Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes.... Est-il rien de plus bizarre que ma destinée ! Fils de je ne sais pas qui, volé par des bandits, élevé dans leurs mœurs, je m'en dégoûte, et veux courir une carrière honnête ; et partout je suis repoussé ! J'apprends la chimie, la pharmacie, 'a chirurgie; et tout le crédit d'un grand seigneur peut à peine rao mettre à la main une lancette vétérinaire ! — Las d'attrister des bêtes malades, et pour faii-e un métier contraire, je me jette k corps perdu dans le théâtre ; me fussé-je mis une pieiTC au cou ! Je broche une comédie dans les mœm's du sérail ; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l'instant un envoyé... de je ne sais oii, se plaint que j'oiFense dans mes vers la Sublime Porte, la Perse, une partie de la presqu' île de l'Inde, toute l'Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahomttans, dont jjas un, je crois, ne sait ure, et qui nous memtrissent l'omoplate, en nous disant : Chiens de chrétiens ! — Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant.— Mes joues creusaient ; mon terme était échu : je voyais de loin arriver l'afixeux recors, la plume fichée dans sa perruque :

en frémissant je m'évertue. Il s'élève une question sur la nature des richesses ; et comme il n'est pas nécessaire de tenir les choses pour en raisonner, n'ayant pas un sou, j'écris sur la ^Tileur de l'argent et sur son produit net : sitôt je vois, du fond d'un fiacre, baisser pour moi le pont d'un château fort, à l'entrée duquel jç laissai l'espérance et la hberté. \Il se lève.'] Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil Je lui dirais... que les sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours; que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur; et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. [Il se rassied.'] Las de nourrk un obscur pensionnaire, on me met un jour dans la rue ; et comme il faut dîner, quoiqu'on ne soit plus en prison, je taille encore ma plume, et demande à chacun de quoi il est question : on me dit que pendant ma retraite économique il s'est établi dans Madrid im système de liberté sm* la vente des productions, qui s'étend même à celles de la presse; et que, pour\'u que je ne parle en mes écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des cor|}s en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce Uberté, j'annonce un écrit périodique, et, croyant n'aller sur les brisées d'aucun auti'e, je le nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s'élever contre moi mille pauvres hères àla feuille^; on me supprime ; et me voilà derechef sans emploi ! Le désespoir m'allait saisir ; on pense à moi pour une place ; mais par malheur j'y étais propre : il fallait un calculateur, ce fut un dansem* qui l'obtint. Il ne me restait plus qu'à voler; je me fais banquier de pharaon'^: alors, bonnes gens! je soupe en ville, et les per sonnes dites comme il faut m'ouvrent poliment lem* maison, en retenant pour elles les trois quarts du profit. J'aurais bien pu me remonter; je commençais même à comprendre que, pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais comme chacun pillait autour de moi en exigeant que je fiisse honnête, il fallut bien périr encore. Pour le coup je quittais le monde ; et vingt brasses d'eau m'en allaient séparer, lorsqu'un dieu bienfaisant m'appelle à mon premier état. Je reprends ma trousse, et mon cuir anglais ; puis, laissant la fumée n.ux sots qui

» Pharaon. Jeu de hasard qui se joue avec des cartes.

s'en nourrissent, et la honte au milieu du chemin, comme trop iburde à un piéton, je rais rasant de ville en ville, et je vis enfin sans souci. Un grand seigneur passe à Séville ; il me reconnaît, je le marie ; et pom- prix d'avoh- eu par mes soins son épouse, il veut intercepter la mienne ! intrigue, orage à ce sujet. Prêt à tomber dans mi abîme, au moment d'épouser ma mère, mes pai'ents m'arrivent à la file. \Il se lève en s' échauffant.'] On se débat ; c'est vous, c'est lui, c'est moi, c'est toi ; non ce n'est pas nous ; eh mais ! qui donc ? \Il retombe assis.l ô bizarre suite d'événements! Comment cela m'est-il amvé? Pourquoi ces choses, et non pas d'autres ? Qui les a fixées sur ma tête ? Forcé de parcourir la route oii je suis entré sans le savoir, comme j'en sortirai sans le vouloii*, je l'ai jonchée d'autant de fleurs que ma gaîté me l'a permis : encore je dis ma gaîté, sans savoir si elle est à moi plus que le reste, ni même quel est ce jnoi dont je m'occupe ; un assemblage informe de parties incoimues, puis un chétif être imbécile ; un petit animal folâtre ; un jeune homme ardent au plaisir; ayant tous les goûts pom- jouir; faisant tous les métiers pour vivre ; maîti-e ici, valet là, selon qu'il plaît à la fortune ! ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux... avec délices! orateur selon le danger, poëte pai' délassement ; musicien par occasion, amoui'cux par folles bouffées ; j'ai tout ^ti, tout fait, tout usé. Puis l'illusion s'est détruite, et trop désabusé... Désabusé !...Suson, Suson, Suson, que tu me donnes de tourments ! Beaumarchais.

Beaumarchais (Pierre-Auguate-Caron de),

Né en 1 732, mort en 1799. Auteur dramatique, et l'un des plus beaux génies du dix-huitième siècle. Ses principales pièces de théâtre sont le Barbier de Séville et le Mariage de Figai-o.

Scènes de la Fête de Corneille', comédie. Personnages.

PieiTc Corneille. Desbaudières, procureur.

TJjomas Corneille. Marie, servante.

La scène est à Rouen dans la maison des deux frères Pierre et Thomas Corneille. L'introduction du procureur fournit à l'auteur l'occasion

* Voyez la notice de Corneille dans les JIodèles db poésie française.

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