THEORIE DE L AURORE
Les rayons qui se plient pour s'approcher de nous passent au-dessus de nos têtes avant de nous atteindre ; ils se réfléchissent sur les particules grossières de l'air pour former d'abord une faible lueur, incessamment augmentée, qui annonce et devient bientôt le jour. Cette lueur est l'aurore. La lumière décomposée peint les nuages, et forme ces couleurs brillantes qui précèdent le lever du soleil : c'est dans ce phénomène coloré de la réfraction^ que les poètes ont vu la déesse du matin : elle ouvre les portes du jour avec ses doigts de rose, et la fille de l'air et du soleil a' son trône dans l'atmosphère. Si cette atmosphère n'existait pas, si les rayons nous 'parvenaient^ en ligne droite, l'apparition et la disparition du soleil seraient instantanées ; le grand éclat du jour succéderait à la profonde nuit, et des ténèbres épaisses prendraient tout à coup la jjlace du plus beau jour. La réfraction est donc utile à la terre, nonseulement parce qu'elle nous fait jouir quelques moments de plus de la présence du soleil, mais parce qu'en nous donnant les crépuscfides' , elle prolonge la durée de la lumière ; et la nature a établi des gradations pour préparer nos plaisirs, pour diminuer nos regrets. Nous voyons poindre le jour comme une faible espérance ; il s'échappe sans qu'on y songe, et la lumière se perd comme nos forces, comme la santé, les plaisirs, la vie même, sans que nous nous en apercevions. Bailly. Astronomie moderne,
Bailly {Jean-Silvain), maire de Pans, Né à Paris en 1736, mort en 1793; célèbre par le rôle qu'il a rempli dans la révolution française. On a de lui plusieurs orivrages scientifiques très-estimés.
• Réfraction. Tenne de Physique. Changement de direction qui se fait dans un rayon de lumière, lorsqu'il passe obliquement d'un milieu dans un autre. Un bâton, plongé en partie dans Veau, parait rompu à cause de la réfraction.