‹ Répertoires des prosateurs françaisChapitre 53 sur 320 · LES DESERTS DE L ARABIE PETREE · texte numérisé non relu

LES DESERTS DE L ARABIE PETREE

Qu'on se figure un pays sans verdure et sans eau, un soleil brûlant, un ciel toujours sec, des plaines sablonneuses, des montagnes encore plus arides, sur lesquelles l'œil s'étend, et le regard se perd, sans pouvoir s'arrêter sur aucun objet vivant ; une terre morte, et pour ainsi dire écorchée par les vents, laquelle ne présente que des ossements, des cailloux jonchés^, des rochers debout ou renversés ; un désert entièrement découvert^ oh. le voyageur n'a jamais respiré sous l'ombrage, où rien ne l'accompagne, rien ne lui rappelle la nature vivante : solitude absolue, mille fois plus affreuse que celle des forêts ; car les arbres

* Voyez ci-après, l'extrait de Pascal, L'Jiomme entre Vabime de Vin- Jiniment grand et l'abîme de V infiniment petit. ^ Pétrée, du grec irérpa (pétra), pierre.

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