VARIÉTÉS DE LA NATTJRE
Ce n'est point en se promenant dans nos campagnes cultivées, ni même en parcourant toutes les terres du domaiae de l'homme, que l'on peut connaître les grands effets des variétés de la nature : c'est en se transportant des sables brûlants de la zone torride aux glacières des pôles, c'est en descendant du sommet des montagnes au fond des mers, c'est en comparant les déserts avec les déserts, que nous la jugerons mieux et l'admirerons davantage. En effet, sous le point de vue de ses subUmes contrastes et ses majestueuses oppositions, elle paraît plus grande en se montrant telle qu'elle est. Nous avons ci-devant peint les déserts arides de l'Arabie Pétrée, ces solitudes nues oii l'homme n'a jamais respiré sous l'ombrage, où la terre sans verdure n'offre aucune subsistance aux animaux, aux oiseaux, aux insectes ; où tout paraît mort, parce que rien ne peut naître^, et que l'élément nécessaire au développement des germes de tout être vivant ou végétant, loin d'arroser la terre par des ruisseaux d'eau vive, ou de la pénétrer par des pluies fécondes, ne peut même l'humecter d'une simple rosée.
Opposons ce tableau d'une sécheresse absolue dans une