AMOUR DE LA CAMPÀG>'E ET DE LA PATRIE
pas retrouver, les religieux vont avec de grandes perches sonder de place en place ; l'espèce de résistance qu'éprouve l'extrémité de leur perche leur fait connaître si c'est un rocher ou un corps humain qu'ils rencontrent ; dans ce dernier cas, ils déblaient promptement la neige, et ils ont souvent la consolation de sauver des hommes qui sans eux n'auraient jamais revu la lumière. Ceux qui se trouvent blessés ou mutilés par la gelée, ils les gardent chez eux, et les soignent, jusqu'à leur entière guérison. J'ai moi-même rencontré en passant la montagne, deux soldats suisses, qui l'année précédente, en allant au printemps rejoindre leur régiment en Italie, avaient eu les mains gelées, et que l'on avait guéris et gardés pendant six semaines au couvent sans exiger d'eux la moindre rétribution. ' H.-B. De Saussure. Voyage dans les Alpes.
( Voyez la page 121.)