LIVRE II. — TITRE XVII
cas, cela était impossible : c'était quand le testateur adoptait une personne ; l'exhérédation qu'il aurait pu faire à l'avance de ce futur héritier sien n'était pas valable : aussi est-ce l'unique hypothèse dont parlent les Institutes. (§ 1, h. t.) Mais si, au lieu de l'exhéréder, le testateur avait institué héritier à l'avance celui qu'il adopte plus tard, le testament demeurait valable.
258. — Le testament devient inutile [irritum) par les changements survenus dans la capacité du testateur, c'est-à-dire par sa capitis deminutio. Il n'y a aucun doute sur ce point, s'il perd la liberté ou le droit de cité, si la capitis deminutio est maxinia ou média.
Mais en cas de minima capitis demiiiutio, c'est-àdire si le testateur est émancipé, donné en adoption ou adrogé, le testament qu'il a pu faire est-il annulé ?
La question ne pouvait pas se présenter avant l'introduction des pécules : car celui qui était émancipé ou donné en adoption avait été jusque-là fils de famille et n'avait pu tester ; celui qui se donnait en adrogation devenait fils de famille et ne pouvait plus disposer. Mais, après l'introduction du pécule castrense, la question se pose : Quand le fils de famille qui a un pécule castrense, et qui en a disposé par testament, est émancipé ou donné en adoption, son testament reste-t-il valable ? Quand un père de famille qui est ou a été militaire se donne en adrogation, le testament qu'il a pu faire reste-t-il valable quant à son pécule castrense ?
Les jurisconsultes romains paraissent avoir été divisés sur cette question. — Les uns disaient que si le testateur était militaire au moment de la niiniyna capitis deminutio, son testament restait valable , mais par une faveur toute spéciale aux militaires, et quasi ex nova militis voluntate (§ 5, de milit. test.
260 mSTITUTES DE JUSTINIEN.
L. 22*23, D. de test, militis). Dès lors, s'il s'agissait non plus d'un soldat en activité, mais d'un vétéran, ils semblaient devoir annuler le testanent. — D'autres jurisconsultes admettaient au contraire que la capitis demmntio n'avait aucune influence , et que le testament restait toujours valable pour tous les biens conservés ou acquis par le testateur , ne fût-il plus militaire, mais vétéran (L. 6, § 13, D. de inj. rupt.).
Le testament devenu irritum par la capitis deminutio ne pouvait pas redevenir valable d'après le droit civil, même si le testateur recouvrait, avec la liberté ou le droit de cité, ^a capacité perdue ; mais, dans ce cas, le droit prétorien lui donnait effet au moyen de la possession secunduin tabulas. (§ 6, h. t.) Il n'exigeait donc la capacité chez le testateur qu'aux deux époques extrêmes de la confection du testament et de la mort, sans se préoccuper des temps intermédiaires.
259. — Le testament se trouve sans effet d'une troisième façon : c'est quand l'héritier ne se présente pas pour recueillir , et ne fait pas adition d'hérédité , soit qu'il soit mort avant le testateur, soit qu'il se trouve incapable, soit qu'il ne veuille pas se charger de la succession. On dit alors que le testament est abandonné {destitvtumou desertum).
TITRE XVIII
DU TESTAMENT INOFFICIEUX.
260. Origine de la qiierela inofjioiosi testamenti. — A qui elle est donnée, — 261. En quels cas le testament est inofïicieux : quarte légitime. — 2G2. Effet de la qverela. — 2G3. Changements apportés par Justinien. — 264. Caractères de la qverela inof/iciosi testamenti. — Eestri étions. — 265. Preuve de l'injustice de l'exhérédation. — Décision de Justinien.