‹ Réplique au second mémoire de Mgr. l'évêque de Trois-Rivières [microforme]Chapitre 11 sur 22 · par l · texte numérisé non relu

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Il suffit de remarquer que la somme est douze fois plus grande dans un cas que dans l’autre PARGE QU'IL y a 9 fois moins d'élèves (1),

La dernière phrase Nous livrons ne peut avoir de sens qu’à l’aide d'un autre sophisme :

‘ Les écoles normales coûtent plus cher que les collèges ; coûtent bon marché.

‘* Donc les écoles à bon marché ne sont pas une utopie. ”

Quatre sophismes dans deux phrases, et quels sophismes !

Donc les collèges

En vérité, faut-il conclure ici avec l’auteur, que l'arbre doit se juger à son fruit?

Causes de l'inefficacité des Ecoles Normales.

Autant qu'il est possible d'analyser ce chapitre, on comprend que trois causes sont données de l’inefficacité des écoles normales.

D'abord la marche ascendante des subventions et la marche décroissante du nombre des élèves qui se consacrent à l’enseignement.

On se demande comment l’augmentation du budget peut être une cause de l'inefficacité des écoles normales : l’auteur ne l'explique point.

Mais, dit-on, le nombre de vos maîtres va diminuant.

L’argumentation de l’auteur repose sur son tableau No. 8, lequel est évidem ment incomplet et inexact.

Par exemple, il indique pour 1857, année de l'ouverture des écoles normales, 40 élèves qui auraient embrassé l'état ecclésiastique, tandis qu'aucun ne se serait livré à l’enseignement ! ! Il ÿ a une lacune de 1857 à 60. A l’année 1867, on ne voit qu'un élève et il embrasse une profession libérale, tandis qu'en 1868,

78 élèves sont inscrits à la colonne de l’enseignement. Comme le tableau est fait pour deux ans, une partie au moins de ceux-ci devrait être reportée à 1867. D'ailleurs, en jetant un coup-d'œil sur le tableau détaillé que j'ai fourni dans le Rapport de 1878-79, et qu'il a consulté pour d’autres faits, l’auteur aurait pu voir qu’en 1867, 20 élèves ont reçu leurs diplômes, ce qui est l'indice de la car-

(1) Ici encore un peu d’arithmétique ne sera pas inutile. Soit la somme des collèges égale à a ; celle des écoles normales égale à b; soit le nombre des élèves des collèges égal à c ; celui des écoles normales égai à d. On a les rapports simples a : b, c:d, et le rapport composé ac : bd Si a=b, c'est-à-dire, si les sommes sont égales, «es parts des premiers seront à celles des seconds ::c:d; Si c=d, c'est-à-dire, si le nombre des élèves est égal de côté et d'autre, les parts des premiers seront à celles des seconds :: a : b. | Si les sommes sont inégales et le nombre des élèves inégal de part et d’autre, c’est le rapport composé ac : bd, où l'on peut faire a=c=1|.

Dans le cas actuel, les deux sommes à partager, $801,035 et $1,111,670 sont dans le rapport de 1:1,38, et les nombres des élèves utiles dans celui de 1: 9, En multipliant les deux rapports l’un par l’autre, on obtient 1 : 12.42.

rière qu'ils embrassaient. Le Rapport détaillé de McGill pour la même année donne aussi un chiffre exact.

De plus, en parcourant les statistiques fournies à la demande { Mgr Laflèche, il y aurait trouvé, jusqu'à 1879, le véritable nombre de ce qu’il appelle élèves utiles à l'Eglise et à l'Etat.

En examinant le tableau de la page 250, (Rapport de 1878-79), l’auteur aurait vu qu'aux années 77, 78, 79 correspond le plus grand nombre d'élèves admis aux écoles normales : 309, 306 et 327.

Si le nombre des maîtres qui ont trouvé de l'emploi est peu considérable à

cette date, cela dépend surtout de la crise que le pays entier a subie en ce temps. Jamais il n'y eut moins de permutations de places qu'à cette époque. Ceux qu en avaient se gardaient bien de les quitter de crainte de se trouver sur le pavé.

“ Comment se fait-il donc que le nombre des élèves se livrant à l’enseigne- “ ment diminue à mesure que les dépenses augmentent ? C’est là évidemment “une anomalie qui mécontente M. l'Abbé Verreau et il cherche à 9n rejeter la “ faute sur les autres. Dans ses remarques, il va jusqu'à nous ACCUSER D'EN ÊTRE EN & PARTIE L'AUTEUR. il prétend que la crainte de ne pas plaire à l'autorité diocé- “ saine Esr en partie la cause qui empèche les instituteurs des écoles normales “ de pénétrer dans le diocèse de Trois-Rivières.”

Je vais rapporter mes paroles, p. ?, de mes Remarques.

Monseigneur disait dans son Mémoire :

‘ Sur ces 460 écoles, il n'y en a pas 10 qui sont dirigées par des maîtres... “ venant! des écoles normales, ce qui montre à l'évidence l’inefficacité des écoles ‘ normales actuelles pour le diocèse de Trois-Rivières.”

A cela j'ai répondu :

“ Je nie de nouveau, sous la distinction que j'ai faite plus haut.

“4o. Cela ne prouve pas que l’enseignement des écoles normales soit insuffisant. 4

“ 20. Cela ne prouve pas ‘‘ à l'évidence ” que le nombre des instituteurs des écoles normales soit insuffisant. La cause qui les empêche de pénétrer dans le diocèse de Trois-Rivières peut venir d’ailleurs, comme de la modicité des salaires, de la crainte de ne pas plaire à l'autorité diocésaine. Plusieurs personnes m'ont donné à entendre qu'on n'aimait pas en général à voir les élèves de l’école normale enseigner dans le diocèse de Trois-Rivières. Elles se trompaient sans doute ; mais cette fausse impression a dû produire de l'effet sur les autorités scolaires comme sur les instituteurs.

“ Du moment ani 01 saura que l'autorité diocésaine voit avec plaisir les jeunes gens des deux sexes fréquenter les écoles normales, et, plus tard, enseigner dans les paroisses, je crois que l'inconvénient dont le Mémoire se plaint disparaîtra bientôt.”

Voilà toute ma mauvaise humeur ;

Voilà comment elle est causée par l'augmentation, en 77-79, des dépenses d’un côté et la diminution des élèves de l’autre ;

Voilà comment j'accuse Mgr Laflèche d’être en partie cause de cette anomalie.

N’avais-je pas bien raison de distinguer entre l’évêque et l’auteur du Mémoire ? Et si je voulais un peu presser le reproche qu'on m'adresse, je ferais voir qu’il manque encore plus de logique que de loyauté.

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On se plaint vivement du passage cité comme d'une accusation fausse et injurieuse portée contre Monseigneur Laflèche, Pour donner à Sa Grandeur la satisfaction qu’elle a droit d'attendre, je renvoie à la fin de ma réponse, et je continue.

Le résultat ne va en diminuant ni pour le nombre total des élèves, ni pour le nombre des diplômes. Nous avons encore 449 maîtres dans l’enseignement, quand nous devrions n’en avoir que 369. Le nombre des élèves diplômés pendant les cinq années 60-64 est 544 ; la moyenne, 104. Celui des années 75-78 est 924 ; la moyenne, 185.

Donc le second espace quinquennal accuse, sur le premier, une augmentation de 880 élèves brevetés, = Donc, de ce côté, les résultats ne vont pas en diminuant.

Il n’est pas inutile de faire remarquer encore que, malgré la recommandation du Conseil, la subvention malheureusement a été diminuée, preuve qu'elle ne va pas en augmentant.

Oui: les résrltats doivent être étudiés, et avec connaissarce de cause, mais non de parti pris.

“Il est important de savoir pourquoi il faut aujourd’hui 845,300 pour faire “ fonctionner ces écoles que l’on faisait fonctionner avec tant de succès, il y a vingt ‘ ans, pour la somme de 822,988.”

Pour la même raison qui a porté, comme je l'ai déjà dit, les dépenses des col. lèges classiques de $144,000 à $8300,000, et celles des collèges industriels de 830,000 à 860,000. (Voir les Rapports du Surintendant, 1857 et 1877).

C'est la raison générale de l'augmentation du prix de tous les objets, augmentation qui s’est fait sentir partout, en Europe, comme en Amérique ; en Canada, comme en France et en Belgique (1).

(1) Les docuinents me manquent pour établir une comparaison, année par année, entre les

dépenses de nos écoles normales et celles de l'étranger. Voici quelques statistiques officielles pour la France et la Belgique, (Ministère de l'L..truclion

publique, Paris, 163; Rapport triennal, Bruxelles, 1863, etc,

1863 2,998,322.62 frs. Augmentation, France, 1865 3,700,106.25 [ 1,101,783 63 2 ans.

Dépenses de l’onseignement TA T ET q AUERAET. A 1869 987,865.16 Belgi 1870 1,015,472.02 27,606.86 POP L 1071 1,098,031.94 82,559 92 1872 1,166,907.94 68,876.00

Ces |'épenses de l’enseignement normal s'étendent aux cours normaux, écoles slagiaires. Mais j'ai pu trouver pour la Belgique le mouvement des dépenses de ses deux écoles normales d'institu- \eurs—Nivelles et Lierres—-pendant douze ans.

En 1858 ces dépenses montaient à $26,014.91 soit, par école $13,007.45.

En 1868 4 «« «6 $34,407.93 4 , « $17,203.96.

En 1869 elles diminuent légèrement.

Voici la marche des dépenses par périodes triennalles ; 1858-59-60, $ 77,745.44.

SA

“Les instituteurs sortis des écoles normales déjà si faibles par le nombre “ n’ont pas tous et partout donné pleine et entière satisfaction, tant sous le rap- &“ port de la science nécessaire à un bon maître d'école, que sous le rapport de & l’habileté à maintenir la discipline parmi les enfants.”

Qu'ils n'aient pas donné, tous et partout, pleine ot entière satisfaction, cela ne

-surprendra personne, et moins que tous les autres, ceux qui ont l’expérience de

l’enseignement.

Mgr de Trois-Rivières a-l-il, dans son collège de Trois-Rivières, rencontré cet idéal que tous les professeurs, sous sa haute et habile surveillance, aient, {ous et toujours donné cette double satisfaction ? Cet idéal, on ne le trouve pas non plus dans les autres maisons. Que l’on consulte les supérieurs des instituts où l’on forme les novices à l’enseignement, les Sœurs de la Congrégation N.-D, les Chers Frères des écoles chrétiennes, etc, et l’on pourra se renseigner avec exactitude.

L'auteur ignore sans doute, mais Mgr Laflèche sait parfaitement bien qu'assez souvent on croit devoir admettre, même à une position importante, des sujets qui n'ont que la science suffisante et un talent très ordinaire ; que des personnes, qui donnaient de bonnes espérances de succès, ne réussissent point toujours, une fois abandonnées à elles-mêmes.

Comme en toute chose, ceux qui réussissent le mieux dans l’enseignement, sont les plus recherchés. Quand ils ont de bonnes places, ils tâchent de les conserver et les contribuables tâchent de garder ces maitres.

S'il le fallait, je pourrais citer l'autorité de plusieurs personnes très respectables qui ont hautement témoigné et de la capacité et de la science pédagogique de nos maîtres et de nos maîtresses. Il est de notoriété publique qu’à Montréal ils sont recherchés.

L'auteur n’a-t-il jamais entendu que des plaintes sur le compte des élèves des écoles normales ? N'’en a-t-il pas connu qui ont enseigné avec succès, même dans le collège de Trois-Rivières ?

Quelle conclusien faut-il tirer du fait qu’on affirme ici ?

Que le peu de satisfaction donné provient de la méthode suivie aux écoles

normales ?

Qu'on le dise et surtout qu’on le prouve.

Quant au vénérable collègue de Mgr de Trois-Rivière, il prend soin de ne point préjuger la question, en avertissant qu’il n’a dans son diocèse qu'un petit nombre de nos élèves, trois, quatre peut-être. Il comprenait qu'il est bien difficile de condamner toute uneinstitution par trois ou quatre de ses élèves.

D'ailleurs, ne sachant pas de quels maîtres ni de quel diocèse il s’agit, je ne

Les dépenses totales de l’instruction primaire en France se sont élevées de 58,646,952.09 frs, à 70,913,195.27 frs., dans l’espace de deux ans, 1863-1865.

En Belgique, esies ont également suivi une marche ascendante de 1865 à 1872, comme l’indiquent les moyennes annuelles pour chacune des périodes suivantes,

3,754,203.84 frs. | 5,230,853.51 7,381,237.95 8,927,789.06

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