‹ Réplique au second mémoire de Mgr. l'évêque de Trois-Rivières [microforme]Chapitre 12 sur 22 · frs, à · texte numérisé non relu

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puis rien répondre de précis. Si tous ces maîtres sortert de Jacques-Cartier, une autre école normale ne peut être responsable de leur manque de succès.

Je pourrais invoquer l'autorité d'autres évêques, de ceux qui se sont spécialement occupés de l'instruction ; mais je m'en dispenserai.

J’ai un témoignage public, porté officiellement à la connaissance du Conseil par Mgr l’Archevêque, au nom du Comité chargé d'examiner les Rapports des Inspecteurs en 1876. Le Comité d’abord, le Conseil ensuite, en acceptant unanimement les conclusions de Sa Grâce, ont paru s'associer au: éloges décernés à nos élèves comme aux religieux.

Il est à remarquer que MM. les Inspecteurs donnent des éloges tout particuliers ‘aux académies et écoles modèles tenues par des membres des communautés reli- ‘ gieuses, ou par d'anciens élèves des écoles normales, etc.” (Séance du 22 mars 1876).

Ce témoignage accordé par des personnes différentes, qui visitaient différentes parties du pays a une force qu’il serait difficile de récuser. à

L'auteur évidemment ne savait pas que Mgr de Trois-Rivières assistait à cette séance du Conseil.

“pendant je n'ai pas la folle prétention de croire que tous les élèves qui sortent des écoles normales soient à l’abri de toute censure. Je sais que plus ils seront suivis de près et critiqués, moins ils seront exposés à la tentation de s'écarter de leurs devoirs.

J'aurais voulu qu’il y eût pour eux un inspecteur spécial ; que le Principal ou un professeur fût de droit chargé d'examiner les écoles tenues par nos anciens maîtres, afin de constater qu'ils appliquent les méthodes enseignées et mettent en pratique nos conseils. Je sais qu'il y a de graves difficultés à l'exécution de ce projet : cepeudant elles ne me paraissent pas insurmontables.

A defaut de cette direction nfficielle, il y a la direction officieuse, les rapports de l’ancien maître avec ses élèves, d’un ami avec des amis pius jeunes que lui. Un de mes vénérables confrères l’a essayé : ce zèle, qui devait profiter à tous et à tout, a déplu. J’ai cru dès lors qu’il valait mieux concentrer tous mes soins sur les élèves que j'ai sous ma direction immédiate.

Voici quelques faits qui ne se sont pas présentés sans doute dans les diocèses uont on parle ; mais qu’il est bon de connaître quand il s’agit de juger, à distance et sur le témoignage d'autrui, des institutions nouvelles, qui peuvent être utiles ou nuisibles à certains intérêts.

10. Il est arrivé que desinstituteurs se sont donnés comme venant de l’école normale, ce qui n’était pas.

20. On m'a fait quelquefois la remarque que nos élèves ne savaient pas accompagner l’examen final de ces exercices qui font juger des progrès et de la capacité des élèves.

30. Des examinateurs ont été choqués—j'avoue qu’il y a plusieurs années de cela—que le maître leur ait présenté les cahiers et le travail de l’année, au lien de leur exhiber de beaux devoirs et des cahiers propres prép: rés pour l'examen.

40. Il y a des difficultés qui tiennent aux méthodes. Certaines personnes exigent qu’on suive les règles de telle grammaire qu’elles ont étudiée, les procédés d’arithmétique auxquels elles vnt été habituées. On en a vu refuser de continuer l'examen parce qu’il n’y avait pas de Questionnaire écrit et que l’élèv2 ne répondait pas pur le texte appris et récité mot pour mot.

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Et une foule d’autres choses semblables.

Dans les conférences des instituteurs, surtout au commencement, j'ai entendu exprimer des idées et citer des faits si étranges sur la manière dont les écoles sont souvent examinées et appréciées, que j'hésite beaucoup à accepter de confiance les témoignages de succès ou d’insuccès.

Dans tous les cas, je remercie l’auteur du Mémoire : il rend service à nos élèves en signalant les défauts que l’on peut reprocher à quelques-uns d'eux. Cela confirme ce que je ne cesse de leur répéter que la faute d’un seul rejaillira sur tous ses confrères, tandis que le succès de plusieurs semblera oublié.

D'ailleurs, le Mémoire, par un acte de justice font je lui sais gré, répond à ses propres critiques ; je termine par cette réfutation.

‘. Cela n'empêche pas sans doute qu’il y a beaucoup d'excellents instivuteurs “ et institutrices sortis de ces écoles, maïs ji’ n’en est pas moins vrai que le nombre ‘ de ceux qui n’ont pas donné satisfaction a nui grandement à leur prestige.”

Il y a un autre défaut qui nuit grandement au succès pédagogique des ‘* écoles normales, telles que conduites actuellement.”

L'auteur ne paraît pas se comprendre lui-même.

Veut-il dire que les écoles normales n’obtiennent pas de succès pédagogiques par suite d’une cause accidentelle, et que cette cause dispareissant les écoles normales, telles qu’elles sont conduites, obtiendraient un légitime sac . !

Veut-il dire que les écoles normales telles qu’elles sont conduites ont un défaut qui les empêche d'obtenir du succès ?

La grammaire exige le premier sens: le but de l’auteur semble indiquer qu'il avait le second dans l'esprit.

4 ,..C'est le programme trop élevé qu'on y suit et qui est presque le pro- ‘“ gramme des collèges classiques.”

Ce programme est trop élevé, et il nuit aux écoles parce qu’il est trop élevé ?

Je nie simplement.

Evidemment l’auteur ne connaît ni le but des écoles normales, ni leur programme.

Ellss doivent préparer des maîtres pour les trois classes d'écoles, élémentaire,

modèle et académique. e

Le programme qu’elles suivent peut varier das les détails, mai: ‘1: l’ensemble il est conforme aux dispositions générales de la loi ; il a été fit : : uver. ture des écoles normales et approuvé par le Gouverneur Général en Conse est

celui que le Conseil de l'instruction a adopté plus tard pour les Bureaux des examinateurs.

Le Conseil à cette époque renfermait un évêque catholique, Mgr J. Larocque, des prêtres comme MM. Dowd du séminaire de St-Sulpice et Taschereau du séminaire de Québec, aujourd’hui métropolitain de la province, et des laïques les plus distingués tels que les Honorables Chauveau, J. J. Loranger, Dunkin, etc. Le Conseil actuel forme une même perst ae morale avec le conseil de cette époque, et jusqu’à preuve du contraire, il est censé approuver ce que l’autre a approuvé par un acte délibéré et formel.

Comment l’auteur osetil, en critiquant le programme, se poser en aviseur du

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Conseil de l'Instruction ?ublique, composé de l'épisropat de la province et des laïques les plus compétents en matière d'instruction ?

D'ailleurs, j'ai déjà répondu à cette objection et je renvoie à mes Remarques, p.8.

Mais est-re bien notre programme qui est trop élevé, ou certains succès obtenus par quelques-uns de nos élèves ? Le cas de conscience qu'on tâche de leur faire plus lain ne me paraît pas signifier autre chose.

Ce n’est pas notre programme qu’il faudrait blâmer, mais la manière dont où étudie en quelques endroits. La faute n'en est pas aux institutions, mais aux élèves, je le crois. En général le calcul, l’arithmétique, l'algèbre, la géographie, les principes de la langue française sont très mal étudiés ou très r ‘u compris.

Je puis donner là-dessus le témoignage de personnes qui ont eu l’occasion de juger de cet état de choses comme moi.

Et ceux qui s’imaginent que la meilleure manière d’ensrigner le lt est de faire étudier une grammaire, ligne par ligne, et de traduire un nombre considérable de pages ou de vers pourraient peut-être se tromper.

Quand on voit les succès obtenus par des élèves de high schools et de simples grammar schools, on se demande s’il n’y aurait pas quelques réformes à opérer dans nos méthodes, au profit du temps et de la science.

Le Conseil de l'instruction Publique a le droit d’être renseigné sur ces faits.

Si les écoles normales ont formé ‘‘ des bacheliers dans les concours universitaires ”, ce n’est que par exception. Nous n'avons pas le droit d'empêcher les jeunes gens de prendre leurs degrés s'ils ea sont capables.

‘ On y enseigne la philosophie dans des auteurs tels que le P. Joint et le Cha- ‘“ noine Sanseverino.”

Je distingue :

Dans des auteurs, c’est-à-dire en raisant apprendre page par page, et prenant un temps trop considérable, je nie : telle n’est pas notre méthode pédagogique ;

Dans les auteurs, c’est-à-dire en suivant leur doctrine, j'accorde.

Dans des auteurs tels que le P. Joint et Sanseverino, je sous-distingue :

Auteurs dont l’enseignement est trop élevé, je nie ;

Autrement, j'accorde.

L’'hon. M. Chauveau et, plus tard, le Conseil de l'instruction ont eu grandement raison d'exiger des notions de philosophie morale et intellectuelle de ceux qui prennent des brevets supérieurs de l’enseignement : le mouvement que le grand Léon XIII vient d'imprimer aux études philosophiques finira par convaincre ceux qui auraient encore des doutes.

1! faut que la philosophie reprenne dans l’enseignement la piace principale qu’elle occupait autrefois. Aujourd’hui, elle n’est qu’un accessoire dont on se dispense volontiers et facilement. On emploie huit ans pour apprendre à tourner assez péniblement une phrase et à traduire un passage latin ou grec, t un an à peine pour les études philosophiques ! Sur plus de 70,000 élèves qui ont fréquenté les collèges classiques pend”nt 25 ans, 3000 à peine ont terminé ieur cours, c’est-àdire fait leur philosophie.

Je regretterai toujours que ces études ne soient pas exigées, comme une condition absolue, de ceux qui se présentent à l'étude des professions libérales, principalement du droit et de la médecine.

Je suis attristé et réellement alarmé quan1 je vois chaque année que, sur une

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trentaine d’aspirants à l'étude de la médecine, deux, trois tout au plus, se sont préparés à subir un examen sur la philosopuie.

On abandonne, pour ainsi dire de gaité de cœur, la classe qui est la plus exposée, au point de vue de la morale et de la doctrine, aux erreurs pernicieuses de la science moderne ; on les abandonne sans aucun autre moyen, je ne dis pas de combattre, mais de découvrir, mais de soupçonner l'erreur, que le bon sens inné. = Les futurs avocats, pour qui les principes de la logique et du droit naturel sont nécessaires, ne sont pas obligés de faire preuve de plus de science, ni de pousser plus loin leurs études secondaires.

Cependant les avocats, non seulement forment partie de la classe dirigeante, comme le Mémoire l'appelle, mais encore se trouvent, par suite de notre état politique, maîtres de la législation et des plus hauts problèmes de la société.

Nous sommes témoins de cette anomalie, bien honorable pour les instituteurs, que pour obtenir le brevet supérieur de l’enseignement primaire, il faille posséder des notions de philosophie ; tandis qu'on peut devenir Docteur en médecine, parvenir aux plus hautes charges de la judicature sans en avoir la moindre teinture.

Il y a certainement là de quoi attirer l'attention et exercer un zèle utile.

On s'inquiète beaucoup si une maison reçoit un peu plus qu’une autre ; on craint que quelques dollars soient, je ne dis pas gaspillés, ce qui est toujours un mal ; mais employés un peu moins utilement ou moins économiquement qu'ils pourraient l'être.

On voudrait que l’Episcopat descendît de son trône pour compter des gros sous !

Il y a des hommes chargés de protéger les intérêts matériels et ils le font souvent mieux que nous ; mais ils ne peuvent nous remplacer dans notre chaire.

Pour moi, dans ma modeste position, je crois rendre un service à la société en donnant à nos élèves des leçons de philosophie et suriout de logique. Je considère cet enseignement comme le couronnement de notre cours, où nous cherchons à développer le jugement et non la mémoire.

De même, les leçons d’apiculture sont le couronnement de l’ense'nement de l'agriculture, auquel le Conseil de l'instruction a décidé que nous consacrerions plusie rs heures par semaine.

& C’est perdre de vue le but des écoles normales qui ont été établies pour ‘or-

‘ mer de bons maîtres et non des latinistes, des philosophes et des bacheliers.” Ici encore que de choses à distinguer pour établir la vérité !

Elles n’ont pas été établies pour former des latinistes, des philosophes, je distingue :

Pour former à la science philologique du latin, à une étuue spéciale de la philosopaie, j'accorde ;

Pour les rendre capables de traduire passablement le latin et e grec, de trouver l’étymologie ot la raison de l'orthographe de certains mots français ; pour les rendre capables de comprendre les questions les plus importantes de la philosophie, je sous-distingue :

10. Comme but unique, ou simplement principal, je laisse passer ;

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