‹ Réplique au second mémoire de Mgr. l'évêque de Trois-Rivières [microforme]Chapitre 16 sur 22 · FA PA A Q · texte numérisé non relu

FA PA A Q

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La différence est en faveur des écoles laïques.

Je ne cite ces chiffres que comn.e l’expression du fait particulier de 1863, parce que je n’ai pas les éléments pour poursuivre cette étude plus loin ; mais £e fait est très significatif, et il suffit pour détruire se qu'on donne comme une loi de l'administration économique réservée aux écoles où le dévouement règne de la base au sommet.

Deux choses m'ont frappé en étudiant ces statistiques, c’est que le Ministre de l'instruction, qu'on a accusé de n'être pas favorable aux religieux, ne cherche pas à établir de comparaisons odieuses, au point de vue de la dépense, entre les écoles normales congréganistes et les écoles normales laïques ; d’un autre côté, l’épiscopat français, qui aurait eu intérêt à multiplier les écoles normales religieuses, n’a jamais invoqué--que je sache--le principe de l’économie des déniers publics, sans doute parce qu’ils ne croyaient pas à cette économie.

J'ajouterai enfin pour mémoire, d'après M. Laveleye (1), que le traitement moyen de l’instituteur primaire religieux était en 1863 de 824 frs., et celui de l’instituteur laïque, de 798 frs. Si ces chiffres sont exacts, c’est encore 4: fait qui détruit de plus en plus la loi proclamée par le Mémoire.

En France, on tient à ce que toutes les écoles normales soient sur le même pied et suivent le même programme : voilà pourquoi la moyenne des dépenses totales est la même pour les écoles du même sexe.

‘ Les différentes écoles normales des noviciats des Frères et des Sœurs n'ont ‘ reçu aucune aide du Gouvernement...

‘ Nous devons l'avouer, nous avons trujours vu avec peine cette espèce d’ostra- “€ çisme vis-à-vis de'nos noviciats religieux qui tisnnent de si excellentes écoles ‘ normales pour leurs propres sujets.”

Cette accusation portée contre le Gouvernement ne me regarde point. Je ne la signale que pour faire voir que Mgr Laflèche se serait montré plus habile et plus jaloux de sa dignité et de celle de ses vénérables confrères.

Si l’on exerce encore une espèce d’ostracisme à l'égard des noviciats, c'est-àdire si on ne les subventionne pas au nom de l'Etat, n'est-ce pas un peu la faute du Conseil de Pinstruction publique, et dans le Conseil, n'est-ce pas la faute particulière de NN.SS. les évêques ?

A moins que ce ne soit un effet de leur sagesse épiscopale et de leur haute prudence administrative.

Je ne sais trop par quels liens on pourrait rattacher le passage qui suit aux idées exprimées plus haut : si ce n’est point par les lois de la logique, c’est probablement par celles des contrastes.

“Nous croyons aussi que l'on aurait atteint un résultat bien supérieur, si ‘ l'on avait suivi le conseil donné par feu M. le Dr Meilleur, le premier surin- ‘ tendant de l'éducation dans le pays, dans son rapport du 25 Mars 1851, de pour- ‘€ voir aux moyens de faire donñer l'enseignement normal dans nos institutions n’Épuca- ‘€ TION SUPÉRIEURE auæ personnes des deux sexes qui seraient disposées à se consacrer “ à l'enseignement primaire.”

(1} L'Instruclion Publique. Paris, 1872. p. 209, note.

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Si l'on avait suivi les conseils du Dr Meilleur, on aurait eu des cours normaux, et non des écoles normales. '

Si l’on avait suivi les conseils du Dr Meilleur, on aurait eu des instituteurs et des institutrices laïques comme nous en avons, et non pas seulement “ ces âmes « généreuses que Dieu appelle d’une manière toute spéciale à cet humble mais ‘“ sublime ministère de l’éducation,” tel que l’auteur l'entend.

Si l’on avait suivi les conseils du Dr Meilleur, on aurait confié la direction des élèves-institutrices aux premiers couvents du pays, comme on a fait plus tard à Québec, et comme on voudrait faire à Montréal.

Si l’on avait suivi les conseils du Dr Meilleur, on aurait confié les futurs maîtres à quelqu'une de nos institutions d'éducation supérieure, c’est-à-dire à nos premiers collèges classiques.

Et l’auteur fait cette citation pour appuyer sa thèse en faveur des écoles normales congréganistes !

En vérité... je le remercie beaucoup.

En 1851, le Dr Meilleur faisait preuve d’un sens très pratique en donnant le conseil qu'on vient de lire, parce que tout était à créer, et qu’il fallait aller au plus pressé. Les cours normaux pouvaient rendre de grands services en commençant la réforme immédiatement. En 1857, le Dr Meilleur aurait certainement établi les écoles normales telles qu’elles sont. Plusieurs même ont reclamé pour lui le mérite et la gloire de ce qui se faisait alors.

J’ai déjà eu l’occasion de répondre à une objection analogue présentée dans le ler Mémoire de Sa Grandeur : ‘“ Le Gouvernement, disais-je, n’a voulu, en fondant les écoles normales, mettre de côté ni les collèges, ni les couvents. Il a adopté une combinaison digne des éloges et de la reconnaissance de tous les bons catholiques. Il a voulu confier l’école Normale Laval au Séminaire de Québec, pour les garçons, et aux Ursulines pour les filles Le Séminaire ne voulut pas ajouter cette nouvelle œuvre à l’œuvre si importante de l’Université qu’il commençait. Les Ursulines acceptèrent. Pour Montréal, si j'ai bien compris, on aurait songé au Séminaire et à la Congrégation. Le vénérable M. Bilaudelle, sondé au sujet de la première maison, aurait trouvé de grandes difficultés...

‘ On doit donc savoir gré à l'autorité de cette marque de respect et de confiance qu’elle a donnée à nos maisons religieuses enseignantes. Et c’est dans ces maisons, autant que possible que l’autorité est allée chercher ceux qu’elle voulait associer à l'œuvre des écoles normales. ”

En rappelant que Mgr de Trois-Rivières a présenté une requête au Gouverne. ment, pour obtenir une école no:male, l’auteur nous fait connaître l’économie ou le plan de la nouvelle école.

Ce sera très simple.

Le Gouvernement reconnaîtra le chapelain du couvent comme Principal.

Et il paiera $4,000!

$ 5 11 fallait clore par un sophisme.

& L'efficacité des écoles normales congréganistes et leur supériorité est donc un fait constaté ici comme en France.”

Je nie simplement.

On a affirmé, mais on n'a rien constaté.

| Le sophisme consiste à donner les noviciats du Canada comme la même chose con à que les écoles normales d’instituteurs dirigées par des religieux en France. de ; ni: En France, il y a eu de véritables écoles normales, confiées à des congréga- D: tions religieuses, qui avaient en même temps leurs noviciats particuliers, mais en ete ‘4 dehors de l'école normale. plu:

En Canada, il n’y a que des noviciats.

Conclusion de l'auteur.

Le Mémoire se termine par une demande de $4,000 pour la future école nor- un male de Trois-Rivières. d'ur On a certainement droit de s'étonner d’une demande aussi élevée après les Le CE afürmations réitérées que l’enseignement à bon marché n’est pas une utopie. bec | ñ 1 Quatre mille piastres, plus les rétributions des élèves ! C’est beaucoup plus hu que ne coûte l’école normale des filles à Québec. 1h 1 Mille piastres seront consacrées aux bourses. Comme l'expérience générale a M : prouvé que le système de bourses complètes n’est pas le meilleur, on peut croire D : que le Gouvernement n’accordera à Trois-Rivières, comme à Québecet à Montréal, ; # 1 que des demi-bourses de $25. à l Les 40 élèves qui les recevront auront encore à payer la différence du prix 1h de la pension, soit $30, en supposant la pension de 855 comme à Québec. Ce sera À 1k donc une nouvelle somme de $1,200 que la communauté pourra ajouter à celle not | de $1,000.

le Quarante autres élèves, payant leur pension entière, fourniront encore $2,200, ff Cette .école normale devra recevoir le plus grand nombre d'élèves possible ps Il pour échapper aux reproches que le Mémoire nous fait. Je viens d'en supposer La l' 80 : il faudra aller même au-delà.

Lei Ajoutons à cela, la rétribution de l’école modèle qui devra s'élever au moins d à $200.

l: Nous arrivons facilement à un total de $7,400. Cette somme est un minimum, et elle est pour une seule école d’institutrices, d etnon pour une école d’instituteurs et d’institutrices, comme Laval, par exemple. En France, sur 11 écoles normales d’institutrices, une seule, en 1863, «vait d

une recette plus élevée : toutes les autres recevaient moins !

| Sur 76 écoles d’instituteurs, 17 seulement recevaient autant et plus ; toutes les

. autres, moins.

hi Le Conseil peut juger maintenant de l'esprit qui a présidé aux accusations

À portées contre les dépenses excessives des écoles normales actuelles. . Cependant, j’ajouterai que je ne trouve pas cette somme de #7,400 e2 cessive ;

elle sera probablement absorbée en entier, si l’on veut mettre et maintenir l’école sur un bon pied.

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