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Pour rétablir les faits, démontrer l'inanité des preuves, les erreurs de raisonnements, je sous-distingue : en matière d'instruction en général, je le nie ; en ce qui concerne les trois écoles normales et plus particulièrement l'école normale Jacques-Cartier, je l'accorde.
C'était mon devoir.
Je ne chercherai pas à prouver que de fait j'ai acquis une certaine expé” rience, dans les questions de l’enseignement.— Voilà trente-deux ans que j'enseigne et vingt-quatre ans que je dirige la plus ancienne des écoles normaies, à la fondation de laquelle j'ai pris part.— En droit je suis obligé d'être aussi compétent dans ces questions que les membres du Gouvernement et du Conseil, Ils peuvent exiger que je le sois, c'est pour cela que je suis si bien rétribué.
D'ailleurs ce n’est pas à titre de plus compétent, mais à titre d'intéressé que je me suis présenté,
Comme simple défenseur de la vérité, j'avais encore le droit d’être entendu.
“ En lisant cette prétendue réfutation on y découvre facilement un plaidoyer & aussi futile que mal déguisé pro domo sua. C’est à notre avis une demande aussi “ regrettable que présomptueuse dont M. l'abbé, dans sa position, devait plus que “ tout autre s'abstenir. Il est visible que, sans s’en douter, il a cédé à un intérêt “ de clocher.
Les motifs sont connus de Dieu seul. Il suffit que mes arguments soient bons. Or, l’auteur n’en a pas renversé un seu dans ses 36 pages grand format.
On fait agir Mgr Laflèche tantôt comme évêque, tantôt comme membre du Conseil de l'instruction publique. Ainsi nous venons de voir que c'est l’évêque renseigné par son clergé qui prétend avoir parlé des besoins de son diocèse, quoique je n’aie rien vu de tel dans le premier Mémoire.
Comme membre du Conseil, il s'adresse d’abord à ses collègues, puis au Gouvernement, qu’il reconnaît pour juges.
Or, ils sont en même temps partie, puisque les écoles normales sont la création du Gouvernement.
Il est donc convenable que celui-ci laisse les Principaux défendre les écoles, et les disculper des imputations qu'on porte contre elles.
C’est ce que j'ai tâché de faire.
Si, comme évêque, Mgr Laflèche avait voulu ériger une école normale dans son diocèse, de sa propre autorité, il aurait dû encore s’adresser au Gouvernement. C’est au moins l'esprit du droit canon qui veut que, même pour l'érection des monastères de religieux, on obtienne l'autorisation de l'autorité temporelle, et qu'on entende les objections de tous ceux qui sont intéressés, par. exemple les autres religieux, les habitants, etc. etc. C’est l’opinion de Reiffenstuel (1) et de Schmalzgrueber (2).
(1) Qu'on me permette de citer ces éminents canonistes. Reiffenstuel, L. 3, titre 48, 3 2 De Ædificatione, nn. 30 et 31.
(2) Necessarius est ante omnia, consensus yrincipis lerrilorialis… Ralio est quia in erectione novorum monasleriorum semper inlerveniuni elium quædam lemporalia, et polilica, v. g. de fundo, de mediis quibus se sustenlare velin! novi religiosi ; an non novum: monaslerium in subdilorum vel prinsipis vergal gravamen vel præjudicium, in quibus haud dubiè loquendi, concedendi, judicandi, aut denegandi poteslaiem habel princeps terrilorialis, elc.
‘“ Avant tout, le consentement du souverain de l’éndroit est nécessaire... parce que dans l'érec- “tion de nouveaux monastères, il se mêle toujours quelques droits temporels.et politiques v. g:
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A plus forte raison quand ii s'agit d'institution où sent intéressés les autres diocèses et particulièrement le Gouvernement lui-même.
C'est la conduite que la cour de Rome a toujours suivie. Nous en avons un exemple frappant dans l'érection de l’Université Laval.
Dans ce cas, j'aurais droit, comme Principal, de présenter mes remarques, ét de les présenter aux différents degrés de la hiérarchie canonique.
ü Si M. Verreau avait connu comme nous la gêne où se trouvent tant de 4 familles dans la plupart de nos paroisses... le denûment d’un si grand nombre “ de colons qui défrichent avec tant de courage et de peines nos épaisses forêts» “ mais qui n’en ont pas moins à cœur la bonne éducation de leurs chers petits ‘ enfants, il ne leur reprocherait pas avec tant de sévérité de ne pas rétribuer ‘ assez largement les pauvres maîtresses qui se dévouent à la pénible tâche de ‘ leur apprendre au moins le peu qu’elles savent elle-mêmes. Son cœur de prêtre ‘et son zèle etc.!!
J'ai répondu à Mgr Laflèche, qui nous reprochait l'insuffisance des écoles normales : ‘‘ le Mémoire nous donne lui-même une des causes de cette prétendue “ insuffisance ” et après une citation du Mémoire, ‘“ ce serait donc parce qu’on n’a “ pas les moyens de payer les maîtres capables qu'on ne les engage pas.”
Rien de plus !!
Utilité des écoles normales quand elles sont conduites d'après un bon système.
C'est une vérité dont personne ne doute, qui s'applique à une foule d’institutions.
Mais je demanderai si c’est conduire les écoles normales d’après un bon système que les multiplier.
L'auteur accepterait-il le raisonnement qui suit ?
“ Les écoles normales, les collèges, les universités, les diocèses sont utiles. Donc il faut les multiplier.”
Ces institutions, par leur multiplicité, divisent les ressources pécuniaires, intellectuelles et morales. Là où une seule aurait prospéré, deux ou trois végètent au détriment de tous et de tout. |
On fait ici une étrange confusion de l’abstrait et du concret.
L’utilité des écoles normales en général, voilà labstrait; l'utilité des écoles normales établies par le Gouvernement à Québec et à Montréal, voilà le concret.
« pour la propriété, les moyens de subsistance qu’auront les religieux : il faut voir si le monastère “nouveau ne tournera pas à la charge et au préjudice des sujets ou du prince. En tout cela, il n’y a ‘ pas de doute que le souvérain ait le droit de parler, d'accorder, de refuser ou de juger, etc. etc.”’,
Schmalzgrueber, t. 7, p. 1v., t. 36, n. 36.
Ut consentiant, prelerea etiam incolae el habilalores ejusdem loci ul palel ex forma constitu lionis Gregorii AV et Urbani VIII, ulque, teste Pignalello, n. T0 decisum a rota. Ex quo sequitur mullo magis inlerrogandum principem lerrilorii, inlra quad erigendum est novum monaslerium ; nam juæta conslitu. Clem. VIII interrogari debent omnés qui “inlerésse in eo habent. Alqui vemaæime in islo habel interesse lerrilorii princips.
‘“[l faut, en outre, le consentement des propriétaires et habitants du lieu, comme i! paraît par ‘“ la teneur des constitutions de Grégoire XV et d’Urbain VIIL, c’est ce qui a été décidé par la ‘“ Rote au témoignage de Pignatelli, n. 70. De là il suit qu’à plus forte raison il faut consulter le ‘“ souverain du territoire où l’on veut ériger le nouveau monastère, car d’après la constitution de «“ Clément VIII, il faut consulter tous ceux qui y ont quelque intérêt. Or le souvérain y est le
‘“ plus intéressé. "
+ 3e, TOR PEIRETINE TEEN
Le Conseil de l'instruction publique, dans sa séance du 22 octobre dernier, n'avait pas à s'occuper de la question théorique, puisque nous avons des écoles normales depuis bientôt 25 ans ; mais seulement de la question pratique, c’est-àdire des écoles normales McGill, Laval et Jacques Cartier, et voici comment le Conseii s’est exprimé :
& Ce comité se prononce énergiquement en faver-" du maintien des écoles nor- ‘ males actuelles et ce comité croit devoir exprimer son entière désanprobation du “ mouvement qui paraît se faire pour demander l’aholition de ces écoles.
t Adorié à l’unanimité.”
Mgr de Trois-Rivières, votant librement et franchement pour la proposition, a manifesté ses véritables sentiments, et l’on a bien tort de vouloir aujourd’hui lui prêter des phrasss et des calculs qui tombent sous la censure qu'il a lui-même proclamée.
On se plaint que j'impute à Mgr de Trois-Rivières un raisonnement ridicule, Malheureusement, la preuve de ma méchanceté se porne à une seule affirmation, que je pourrais repousser par une seule négation, en vertu du principe ‘‘ quod gratis asseritur, etc.”
Mais on peut lire ici-mêms ce que j'ai dit. (1)
Coût des écoles normales actu.lles depuis leur fondation en 1856 jusqu'a 1880.
Ce chapitre comprend trois parties, 10. Comment Sa Grandeur a été anienée à savoir que ces écoles coûtent beaucoup ; 20. les difficultés qu’elle a éprouvées pour obtenir les chiffres des dépenses ; 30. enfin la discussion de ces chiffres.
‘ Nous devons d’abord déclarer ici que le système défectueux de ces écoles ‘“ normales nous a été signalé par des laïques éclairés qui s'occupent activement “ de ce qui peut être: utile à nos institutions d'enseignement et en assurer le succès, ‘et non point par des membres du clergé.”
Pourquoi cette déclaration ?
Les laïques peuvent-ils mieux juger ces faits que le clergé ?
Cette dénonciation aurait-elle par hasard quelque chose d’odieux ?