LOGIQUE
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t C'est donc une différence de $568.17 par chacune de ces personnes, en faveur de ces dernières institutions. En d’autres terines, c’est un présent annuel de # $568.17 que chaque prêtre et ecclésiastique de nos maisons de haute éducation “font à leur A/ma Mater tous les ans !
‘Or, dans nos collèges classiques, le nombre des directeurs et professeurs ‘ s'élève ordinairement à 16, et même au-delà ; il s'ensuit donc, que ces maisons “ reçoivent de cette source inépuisable du dévouement, la jolie valeur de $9,088, “ qu’elles auraient été obligées de payer à ces prêtres et à ces ecclésiastiques, en “ suivant le système prôné par M. l'abbé Verreau. Après 25 ans, ces bienfaiteurs “ généreux ont donc la consolation d’avoir assuré à la maison de leurs affections “ la belle fondation de 8227,200 ! !”
Et dire que tout cela va se renverser à terre si l’on fait un mouvement un peu brusque pour rappeller l’auteur à la réalité des choses.
Plût à Dieu, et je 1 dis de tout mon cœur, que cette somme de $227,200 fût en effet assurée à ces institutions !
Au moins, on ne devrait pas trop en vouloir aux écoles normales qui sont la cause indirecte, il est vrai, de ce présent royal. Si leur budget avait continué à augmenter, le présent aurait été plus considérable.
Dans tous les cas, si le collège reçoit annuellement $568 de chaque professeur, il lui sert en retour nne pension annuelle de $209, ou la rente de $4,000, avec cette différence qu'il ne reçoit que pendant le temps où le professeur enseigne, tandis qu’il assure la pension pour toute la vie de ceiui-ci. L'école normale paie
"son professeur plus cher; mais en même temps elle n’est pas obligée de lui
assurer une pension.
Au fond, il y a ici une question très grave, et si l’on pressait un peu le principe que pose l’auteur du Mémoire, on pourrait en tirer des conséquences où l'Eglise trouverait certainement à reprendre.
C'est la question du silaire légitime en rapport avec le dévouement.
“ Dans les institutions ecclésiastiques et religieuses le principe qui est à la ‘{ base et au sommet de l'édifice, c’est le dévouement. Dans les écoles normales au ‘ contraire le principe qui règne du sommet à la base, c’est l'intérét personnel. “(p. 10) le principe de l'intérêt personnel, qui fait de cette œuvre sublime ‘un métier, est la cause réelle des grandes dépenses qu'ont entraînées les écoles ‘“ normales. (p. 11.)”
Si l’on prétend que le salaire légitime est incompatible avec le dévouement, je dis que c’est une grosse erreur.
“J'ai fait voir quels sont les établissements où l’enseignement coûte le plus cher, où par conséquent se trouvent les plus grandes dépenses : en conclurai-je que de ce côté on fait de l’enseignement un vil métier ?
Pouvait-on reprocher cette faute aux ecclésiastiques qui recevaient un salaire *
respectable dans les universités de Rome, avant 1870 ? Elles connaissaient donc bien la bassesse de la cupidité humaine, ces âmes généreuses qui donnaient 100,000 ou 200,000 francs pour fonder une seule chaire dans les universités catholiques de Paris ou de Lille!
Et quand l'Eglise désire qu’on mette au concours les plus ric£es bénéfices, ne favorise-t-elle pas chez les ecclésiastiques cet intérêt personnel, la tendance à faire un métier des choses les plus saintes ?
Celui qui embrasse l’état écclésiastique conserve le droit de posséder; celui qui
RE
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entre dans l'état religieux y renonce. Le premier fait parti du clergé séculier, l'autre du clergé :égulier. Si tous deux deviennent curés, le dernier aura-t-il nécessairement plus de dévouement! que l’autre ?
Montréal a ex depuis son origine l'exemple du dévouement admirable des MM. de St-Sulpice, que nous pouvons comparer à des réguliers. Comme curëès, ils n'ont reçu de la ville ni dime, ni taxe, ni supplément. Les nouveaux curés sont obligés d'exiger une espèce de capitation dont le total s'élève à plusieurs milliers de piastres. Pourrait-on dire : ‘ Gette différence si tranchée, si évidente de l’ad- & ministration économique des curés réguliers et de l'administration dispendieuse « des curés séculiers vient de la différence du principe sur lequel on a assis “ ces institutions. Dans la première, le principe qui est à la base et au sommet de « l'édifice, c’est le dévouement. Dans les autres au contraire, le principe qui règne « c’est l'intérét personnel” ?
Parmi les ordres religieux, il y en a où ni l’ordre, ni les particul'ers ne possèdent rien : on s’abandonne à la Providence pour l'existence de chaque jour. C'est un état parfait où peu de personnes sont appelées.
Dans les autres, les particuliers font vœu de pauvreté, mais l’ordre possède des biens ; il est obligé de s'enrichir dans une certaine mesure pour atteindre sa fin et pour que les membres soient à l'abri du besoin. Il exploitera ses bois et ses prés, s’il cultive ; il fera payer la dîme s’il est curé, et la pension ou l’enseignement, s’il enseigne.
Le particulier qui y embrasse la pauvreté personnelle, reçoit l'assurance qu’il sera logé, nourri, habillé et soigné jusqu’à la fin de sa vie, dût-il devenir infirme le lendemain de son admission dans la société.
Le Mémoire nous dit que tout cela représente une pension de $180; dans les villes, cette pension coûte plus de $200. C'est encore bien modeste, sans doute ; mais c'est une rente, parfaitement assurée, dont le capital, à 5 oge s'élève à $4,000.
Le professeur de l’école normale, qui reçoit en moyenre $748, ne pourra sassurer le même capital, et par suite la même rente qu'après huit ans d’écono mies aussi strictes que celles du prêtre ou du religieux, nuisqu'’il sera obligé de ramener ses dépenses aux dépenses de celui-ci, afin de capitaliser la différence des salaires, ou $548.
En fait, cette économie est impossible ; il faudra alors un temps plus long pour créer la rente. Mais, quand un salaire de $200 ne pouvait pas suffire, une rente de $200 le pourra-t-elle d'avantage ?
Il y a donc, en faveur du prêtre ou du religieux, un avantage temporel très appréciable à prix d'argent dont il faudrait tenir compte.
Je n’établis pas ce rapport pour diminuer le mérite des religieux, mais pour faire voir que l’instituteur, prêtre ou laïque, peut demander un légitime salaire et agir encore avec dévouement.
Je connais des professeurs laïques qui xe le cèdent à personne en zèle et en dévouement.
Le dévouement du religieux ne consiste pas dans le fait que les soins qu’il reçoit ne coûtent à la communauté que $180 ou $200. Le pain qu’il mange peut valoir aujourd’hui 10 sous, demain le double : il n’en sait rien : il le reçoit régulièrement, et le collège doit voir à ce qu'il n’en manque pas. Si le prix hausse, le
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collège élèveta lé prix de la perision de l'élève, L'instituteur laïque, faisant la ième chose, n’en doit pas être plus mercenaire pour cela. C’est peut-être vrai, dira-t-on : mais vous principal, vous professeur, vous ne cherchez que votre intérêt: DU PREMIER, AU DERNIER VOUS NE FAITES QU'UN MÉTIER.
CLLELLLLELALLELELET) CELELLLLLLLL torosroise 000000000000 0060000008 000000000006, 00 cuves
Poursuivons : il nous 1este encore des surprises.
(a) ‘ Si le dévouement provoque la générosité... nous pouvons dire que l’inté- ‘ rêt personnel produit l'effet contraire. (b) De là ces dépenses extravagantes que ‘“ nous avons remarquées sur certains points, et qui doivent voiler certaines spécu “ Jations qu’il serait intéressant de connaître : telle que la dépense de $24,949.77 “ pour l’ameublement d’une seule maison d'école normale fréquentée par une ‘ soixantaine d'élèves.”
Quelles sont ces dépenses extravagantes ?
Qui veut-on accuser ?
On sait comment un homme du monde flétrirait uue accusation faite en ces termes. Si elle-avait l'autorité que le Mémoire veut lui donner, elle serait une cruauté.
Je demande la permission d'exposer l'accusation dans sa grossière crudité.
(b) ‘* La dépense de $24,949.77 pour l’ameublement de l’école normale Jacques- Cartier est une des dépenses extravagantes que nous avons remarquées; elle est une de ces dépenses qui doivent voiler certaines spéculations qu’il serait intéressant de connaître. (a) Elle est le résultat de l’intérêt personnel qui règne dans l’école normale du principal au dernier professeur :
(a) ‘ De mercenaire, (b) on devient voleur.”
Non, Mgr Lafièche n'aurait pas voulu formuler une pareille accusation contre un prêtre, sans avoir quelque preuve de sa cuipabilité.
‘ Un autre inconvénient de ce système est le trop grand nombre de professeurs. ‘ On ne se contente pas de les payer trop cher ; on les multiplie inutilement.”
Je nie cette affirmation.
D’après l’auteur lui-même (p. 11), chaque collège a ordinairement 16 professeurs ‘et même au delà ” : 3 en auront donc 48. Or il déclare, à la même page 12 où il fait cette affirmation, que les écoles normales n’en ont que 31.
ineficacité des Ecoles Normales actuelles.
Qu'est-ce que l'efficacité d’un collège, d’une école norn.ale ?
Il paraît que c’est quelque chose qui correspond à ce qu’on appelle, dans le langage industriel, la force de production.
Un collège, une école normale seront eficaces s'ils protuisent un grand nombre d'élèves ; inefficaces, dans le cas contraire.
On réclamera. Je n’y puis rien ; je prends les mots avec la signification qu’on leur donne ici.
On veut prouver l’inefficacité de nos écoles par le petit nombre de maîtres qu’elles ont produits depuis 25 ans, c’est au moins ce que signifie le passage suivant : *
“ Les écoles normales ont-elles bien répondu aux vues sages du gouverne-
“ ment, et ont-elles donné à l’enseignement depuis 25 ans un nombre de maîtres ‘et de maîtresses bien formés, et proportionné aux grandes dépenses qu’elles ont ‘ entrainées ? ”
Pour réponse, on prend le nombre de tous les instituteurs qui enseignent actuellement en 1880, soit 6,085, et l’on dit : “ Voyez, il n'y a là que 416 maîtres qui sortent des écoles normales.”
L'argument serait bon: 10. si l'efficacité d’une institution se mesurait nécessairement au nombre de ses.élèves ; 20. si les maîtres sortis des écoles normales devaient tous continuer à enseigner, après un quart de siècle, même en dépit de la mort,
Quoiqu’ii en soit, j'accepte encore cette comparaison.
S'il y a en ce moment dans l’enseignement 416 élèves des écoles normales —nombre inexact—c'est en moyenne 138 pour chaque école.
Résultat de 25 ans, dites-vous—C'est donc 5 par année et par école.
De l’autre côté, voici un nombre élevé, 5,669. IL représente les instituteurs de toute source et de toute provenance : diplômés et non diplômés, anglais et canadiens, catholiques et protestants, relgieux et laïques, hommes et femmes. Ils ont été formés dans les différentes institutions : collèges classiques, collèges industriels, high schools, académies, couvents et écoles modèles. Or d’après le Rapport de 1879-80, le nombre de toutes ces institutions est 242.
Chacune en moyenne n'aurait donc fourni que 23 maîtres.
Résultat de 25 ans, je réponds à mon tour; ce n’est pas même un par année ! !
Je puis conclure comme le Mémoire, mais avec plus de raison : COMME ON LE VOIT, C’EST BIEN PEU (p. 14).
D’après votre principe, de quel côté se trouve l'efficacité ?
Encore, j'ai supposé que tous ces maîtres avaient été formés par les 242 insti. tutions. Ce n’est pas le cas, plusieurs ayant suivi des écoles élémentaires, ou pris des leçons privées : il y en a même qui ont étudié dans les écoles normales et d’autres qui viennent de l'étranger.
Pour que la comparaison fût juste, il faudrait encore établir que les condi. tions de production sont les mêmes dans ces institutions et dans les écoles normales.
Or tel n’est pas le cas.
D'abord, puisque le nombre d'années est un des facteurs du résultat — 416 maîtres après 25 d'existence ! — il faudrait ramener le résultat des autres institutions au même facteur. Non seulement il faudrait ramener à zéro le nombre de leurs maîtres en 1856 ; mais encore supposer qu’elles commencent à exister et qu’elles ouvrent leurs cours en même temps que les écoles normales.
Ensuite :
lo. Les instituteurs bre.etés des écoles normales ont eu à payer leur pension ou une partie ;
Un grand nombre des autres n’ont rien déboursé.
20. Les premiers ont dû subir l’épreuve morale du pensionnat pendant un an au Moins ;
Un très grand nombre des autres n’ont eu aucune épreuve.
30. Les premiers n'ont été admis qu'après plusieurs examens, trois au moins ;
Plusieurs des autres n’ont subi aucun examen: