I. Speech on TÂe Coercion Bill, page
liers. En 1773, sa dette s'élevait à 976,000 L. st. Pendant la période si prospère de son parlement national, de 1782 à 1793, cette dette s'accrut seulement de 162.000 L. st. Les années qui suivirent furent des années de troubles et de luttes pour échapper complètement à l'Angleterre. L'Irlande fit, dans ce but, de grands efforts et des sacrifices. Aussi, en 1798, avait-elle contracté une dette de 10.000.000 L. st. et de 22.500.000 en 1800.
<r Dans les quinze années qui précédèrent l'Union, l'Irlande avait dépensé 41.000.000 L. st. seulement. Dans les quinze années qui la suivirent, ses dépenses s'élevèrent à 7 1 .000.000 L. st. C'est ainsi qu'elle paya sa bienvenue dans la famille britannique.
« Sous le ministère de lord Castlereagh, la . participation de l'Irlande à la dette commune fut fixée au 2lij. Cette contribution était excessive et disproportionnée à ses facultés productives comparées à celles de l'Angleterre. Aussi ses impôts et avec eux sa dette augmentèrent-ils rapidement. En 1800, elle payait
3.500.000 L. st. ; en 1801 , 7.000.000 L. st. ; en 1806, 8.250,000 L. st.; en 1815, 17.000,000 L. st. Ses ressources ne suffisaient pas à acquitter la contribution à laquelle elle était soumise, L'Echiquier anglais lui faisait des avances. C'est ainsi qu'en 1806 elle payait de ses propres revenus, 4.500.000 L. st. et en empruntait 4.000.000 à l'Angleterre; en 181 5, elle faisait elle-même 6.500.000 L. st. et en empruntait 10.500.000.
« Avec ce système, sa dette augmentait avec une grande rapidité, et de 22.500.000 L. st, qu'elle était en 1800, elle atteignait 112,000.000 L. st. en 1816. Celle de l'Angleterre, à cette date n'était de 734.000.000 L. st. Les deux dettes furent alors unifiées, et, selon une clause de l'acte d'union, l'Irlande devint solidaire de la dette de l'Angleterre.
« On voit quelle inégalité et quelle injustice présidèrentàl'établissementdesrapports financiers de l'Angleterre et de l'Irlande. Ajoutons que ce dernier pays, qui était réduit à emprunter pour payer les taxes auxquelles il était as-
sujetti, ne profitait en rien des impôts excessifs qu'on levait sur lui, et qu'en outre les grands propriétaires fonciers, toujours absents, dépensaient loin de son territoire les sommes qu'ils en retiraient.
« Depuis vingt-cinq ans, les impôts en Irlande ont été doublés, et, comme dans ces vingt-cinq dernières années, la population a diminué de moitié environ, sa charge a réellement quadruplé.
« Uincome tax qui est, comme on le sait, l'impôt sur le revenu établi par Pitt en 1798, est basé en Angleterre sur une évaluation de 629.000.000 L. st. (Irlande comprise), et en Irlande sur une évaluation de 37.000.000 L. st. Or, l'évaluation de Xincovie tax est faite pour une période de cinq ans, et comme les progrès de l'Irlande ne comptent pas auprès de ceux de l'Angleterre, il s'ensuit que celle-ci voit, chaque année, diminuer sa charge contributive, pendant que celle de l'Irlande ne reçoit aucun allégement, quand, au contraire, elle ne s'aggrave pas.
<r Le produit total de cet impôt augmenté des taxes indirectes comme les douanes , V excise , etc. , forme annuellement un revenu total qui est pour la Grande-Bretagne de 1.200.000.000 L. st., et pour l'Irlande de 70.000.000 L. st. Les ressources de ce dernier pays sont donc d'environ i /20 de celles de l'Angleterre, et cette proportionnalité devrait être celle de la contribution comparative des deux pays : or les taxes imposées à l'Irlande représentent i / 1 o ou i / 1 1 des taxes générales du budget anglais. C'est ainsi que l'Angleterre protège un pays dont la principale industrie, l'agriculture, qui occupe et nourrit plus de 60 0/0 de sa population, devrait être imposée avec un extrême ménagement. »
Faut-il s'étonner maintenant que cette Union de l'Irlande et de l'Angleterre ait été aussi funeste? Elle se fit dans l'ignominie et n'enfanta que des malheureux.
Eh bien ! au lieu de l'indépendance législative et judiciaire, dont la nécessité paraît si évi-
demment justifiée par tous ces faits, le gouvernement britannique va donner à l'Irlande, comme don royal pour le jubilé de la Reine, le bill de coercition.
D'abord ce bill n'était pas nécessaire à cause des délits agraires, puisque, de l'avis même des inventeurs de cette loi, ils ont diminué depuis deux ans ; il n'était pas nécessaire à cause de l'état troublé de l'Irlande, puisque le rayon en fermentation « ne comprend qu'un huitième de la population du pays » (M. Morley, Discours du 22 mars 1881), puisque les crimes commis avaient lieu là où la Ligue nationale trouvait le moins de support de la part du clergé. On sait même que plusieurs des victimes étaient des membres notoires de cette Ligue nationale.
Plusieurs aussi de ces outrages ont été organisés par des landlords et la police elle-même.
C'est ainsi qu'un nommé Loughrey reçut du chef de police de son district la somme de 10 livres sterlings pour organiser des outrages dans le comté de Clare. Mais Loughrey, en patriote habile, accepta les dix livres, écrasa
la face du fameux constable d'un terrible coup de poing, et fit cadeau de la somme entière au parti national. Ce fait a été publié au commencement de juillet dans les journaux nationalistes de Dublin, entre autres : X United Ireland et le Freeman,
L'année dernière, une brave propriétaire, épouse d'un magistrat, était prise mettant le feu à son boudoir.
Rien n'est nouveau sous le soleil, et ces Dames et Messieurs imitent en petit les ministres anglais qui firent éclater eux-mêmes la révolution irlandaise du siècle dernier.
Aussi, battu sur ce terrain, M. Smith, leader des tories, finit par admettre que ce bill de coercition était nécessaire pour détruire la Ligue nationale. Enfin on disait clairement ce qu'on voulait. Or, la Ligue nationale c'est quatre millions d'habitants, c'est le clergé et l'épiscopat de l'Irlande, (i)
I. Je m'étonne de voir des étrang-ers à peine débarqués s'obstiner à se croire plus sages que tout un peuple, plus prudents qu'un épiscopat instruit, plus habiles que des hom-
Le 22 juin 1887, les Evêques irlandais, à leur assemblée annuelle, passèrent les résolutions suivantes qui prouvent l'unité de sentiment parmi eux sur l'injustice de l'administration anglaise.