LES FINANCES
Albano, 30 octobre.
De tout temps, les finances ont tenté la cupidité des hommes. Il faut à qui les administre un grand fond de religion ou d'honnêteté naturelle pour ûe pas y toucher. Cette tentation est si forte qu'elle se communique même aux chiffres qui représentent les finances. Quant on les groupe, il est difficile d'être exact. On les augmente, on les abaisse à volonté. On les tire d'ici et de là pour leur faire prouver tout ce que l'on veut. M. About et son confrère M. le marquis Pépoli ont connu cette tentation. Chose triste à dire ! ils y ont consenti. Ils ont groupé au hasard leurs chiffres, ils ont fait des additions, des soustractions arbitraires, et des suppositions queje dirais bien volontiers gratuites, si M. About n'avait i*eçu de Méline, Cans et compagnie Une forte Somme pour calculer si mal. Quant ils ont formé avec leurs chiffres un fantôme de budget pontifica?^ ils disent aux lecteurs d'un ali* assuré : voyez donc (jomme les Papes administrent mal. N'est-ce pas
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que des laïques comme nous auraient bientôt mis en meilleur état les finances pontificales?
M. About est un habile financier, ce chapitre le prouve. Pour moi qui n'ai pas son talent, je ne puis traiter en "général des finances pontificales. Je ne voudrais pas même démontrer ex professa qu'elles sont plus florissantes que celles du Piémont. Je m'embrouillerais très-certainement. D'un autre côté, semer quelques chifires dans un chapitre et intituler cela : finances, je ne puis m'y résoudre ; j'ai trop de respect pour mon lecteur. M. About peut le faire impunément. Il est trop bien placé dans l'opinion publique pour enêtre déconsidéré. Je me bornerai donc à relever les légères inexactitudes qui lui sont échappées.
Mais avant d'aborder les chiffres et craignant d'être distrait par des digressions qui pourraient troubler nos opérations financières, je veux traiter avec M. About une question de personne. Il parle bien légèrement, à mon avis, d'un homme que la France et l'Empereur, Rome et le Pape estimèrent, une de nos gloires dans la diplomatie, M. de Rayneval. A la fin du chapitre, ce nom illustre est accolé à celui de Soulouque. Dans l'opinion des gens sensés, la gloire de M. de Rayneval n'en sera pas ternie ; au contraire. Une longue vie épuisée au service de la France ne peut être flétrie par les phrases inconvenantes du premier venu. Ce qui m'étonne c'est de voir un écrivain français attaquer un homme qui ne peut plus se défendre contre des attaques injustes. Il fallait, M. About, vous déchaî-
•ner contre M. de Rayneval quand il pouvait vous atteindre. Pourquoi attaquer les morts ? Paix aux morts !
M. de Rayneval avait dit avec la statistique des Etats romains que les sujets du Pape paient un impôt foncier qui revient à 9 fr. par tête. M. About le nie. Avec une bonne foi qui l'honore, il cite le chiffre de 70 millions, total du budget pontifical. De grâce, M. About, ménagez-nous un peu. Ne nous écrasez pas par des réponses aussi concluantes. C'est de l'impôt foncier qu'il s'agit. Cet impôt qui est de 3,551,617 écus, réparti sur trois millions 124,668 individus, revient à 9 francs par tête. Vous avez tout confondu, l'impôt foncier, les douanes, la loterie, et tout le reste du budget pontifical !
Mais, reprend notre financier, la modicité des irrir pots ne consiste pas dans tel ou tel chiffre. Elle résulte du rapport entre les revenus de la nation et les prélèvements annuels opérés par VEtat. C'est fort bien dit. Il faut donc voir si l'impôt est à Rome en rapport avec le revenu. Le revenu est de deux sortes : celui de la terre et celui du commerce. Comparons donc Rome et le Piémont, et voyons à l'honneur de qui est la différence.
En Piémont, le mouvement commercial est plus animé qu'à Rome ; mais il faut noter que les importations sont plus fortes que les exportations. L'année dernière, la différence fut de 86 millions. C'est autant de perdu pour la nation. Par l'importation, on le sait, l'argent s'en va et le pays s'appauvrit. A Rome, le chiffre des importations et celui des expor
tations se balancent. Ainsi, le commerce n'appauvrit pas les Romainsl Quant à l'agriculture, l'Etat- Romain produit 416,413,000 fr., et le Piémont 525,176,262 fr. ; mais comme la population du Piémont est plus forte presque dû double, il s'en suit que TEtat romain est plus riche , proportions gardées. Cependant à Rome, l'impôt foncier est de 20 millions environ, et en Piémont, il atteint le cbiffre énorme de 65 millions- Qu'on juge par là si M. About est fondé à venir nous dire qite la modicité des impôts lie consiste pas dans tel ou tel chiffre.
M. About se détourne un moment de la question du budget pontifical pour nous apprendre comment les choses se passent à Bologne. Il nous dit que dans cette ville, un bien de ville ne paie que le deux pour cent, et tm bien rural le six pour cent; qu'il y a dans Bologne un palais qui ne paie qu'un impôt de 452 fr., tandis qu'à côté une petite maison en paie 250 ; que dans la province de Bologne on paie 60 mille francs de plus que dans celle de Milan ; qu'enfin à Bologne, un candidat honorable et solvable (un ami sans doute de M. About) avait fait au Pape ses ojffros de service pour faire rentrer l'impôt moyennant une remise de un et demi pour cent ; mais qu'on lui préféra, on ne sait pour quelle raison, le comte Mattei, lequel fait rentrer l'impôt avec une remise de deux pour cent. Ce sont là des commérages de province. Pour voir si le^ choses sont comme on le dit , il faudrait aller vérifier les faits sur place, M. About nous ayant habitués à ne paig le croire toujours sur parole; mais dans l'état où se
trouvent les Romagnes, je ne le conseillerais à personne. Le mieux, suivant moi, c'est de laisser de côté tous ces détails pour nous occuper des finances en général .
Les charges publiques, affirme M. About, ne sont devenues insupportables que sons le règne de Pie IX. Je le confesse, les charges sont plus lourdes qu'autrefois. Pourquoi? c'est qu'il a fallu réparer les brèches que la révolution avait faites aux finances, par-^conséquent emprunter et payer des intérêts au cinq pour cent. C'est clair comme le jour. Si M. About voulait être juste, il avouerait que le Pape n'a emprunté, de 1848 à 1859, que 124 millions. Au contraire, le Piémont qui devait avant M. de Cavour 1 30 millions seulement, a maintenant une dette de 800 millions, sans compter les 300 riiillîons qu'on lui a mis sur le dos aux conférences 'de Zùricli. Il faut remarquer, de plus, que M. de bâvour a vendu les biens du clergé. Il n'était pas forcé à tant de dépenses par la révolution, comme le Pape , c'est donc de son gouvernement que M. About devrait dire : La nation n*a pas toujours hé ïraitée si durement.
Si, du moins, continue M. About, Vargent déboursé par la nation était employé au profit de la nation! mais un tiers de Vimpot demeure entre les mains des employés qui le perçoivent. Les frais de perception se montent en France a quatorze pour cent, en Piémont à seize, ddns lès Etats romains à trente-^un. C'est là un vrai gaspil^ lage.
C'en serait un, du moins, si les choses allaient si
mal. AJais je voudrais savoir sur la. fpi de.fiui M. About avance un pareil fait, he ivmt^^n pçur cent ! Je vous admire M. About. Je sais bien que le marquis Pepoli a dit quelque chose de ce geare; mais avec une bonne foi que toute l'Europe a su apprécier, cet homme de finances comprenait, parmi les frais de perception, l'achat des tabacs et du sel, les frais de culture et l'entretien des domaines de l'Etat, les ternes et les quines des loteries pontificales, etc. , etc. Cependant, en ajoutant l'une à l'autre ces diverses sommes, on n'allait guère qu'au vi»gtquatre pour cent, et M. About met le trente-un pour cent. Si on défalque toutes ces sommes, comme on le pratique en France, en Piémont, partout ^^ et qu'on appelle frais de perception ce qui doit seulement s'appeler ainsi, on a la somme de treize, pQur. cent, c'est-à-dire un peu moins qu'en Francp ,ot beaucoup moins qu'en Piémont.
25 millions sei^vent à payer les intérêts d'util deii^ toujours croissante, contractée par les prêtres ou pour les prêtres, augmentée annuellement par la mamnise admiîiistration des prêtres. Vous nous dite&,4à^ M. About, des choses bien extraordinaires. .Qp^u^d on avance un fait, oii doit être en mesure de le prouver; or, je vous défie de me donner un .sp^l exemple d'un emprunt contracté pour les. pr0tço5, Vous allez me répondre que Paul V, Urbaiu VIII qt Clément X enrichirent leurs neveux ; mais,»9^^t^it, chacun le sait, avec les revenus de l'Eglis^ et.pftn. avec ceux de l'Etat. Le général des jésuites Vitelf^/^chi déclara, dites-vous, dans une commission, que le
Pape pouvait en conscience fonder pour ses neveux un rnajorat de 80 mile écus de rente. Le marquis Pepoli Tavait dit avant tous. On nia le fait, on pria M. le marquis db vouloir bien indiquer les sources où il avait pris^ cette belle histoire : on attend encore sa réponi^e. Il est probable qu'on attendra longtemps. Vous n'auriez pas dû, en Tétat, M. About, citer un pareil fait, ou du moins il fallait Tappuyer de bonnes preuves , sans quoi vous démontrez au public qui vous lit que vous entendez autant la polémique que les chiffres. *
M. About passe en revue les dépenses. Il est assez exact. Il copie Falmanach de Gotha. Il n'avait qu'à non» y renvoyer sans étaler cette érudition dé chifiVes .
Enfin, dit-il, 1,500,000 fr. sont employés à Ven- , càUirugeinent de Voisiveté dans la ville de Rome. Une èàmmission de bienfaisance présidée par un cardinal distribue cette somme sans en rendre compte à personne. Le cardinal prend 60 mille francs par année pour ses auynônes particulières.
^^ Ce n'est pas 1 ,500,000 mille fr., mais seulement 1 ,'300,000 fr. que distribue la commission de bienfàîsàiice. Une faible partie est employée à secourir ïès pîauvres à domicile ; le reste est alloué aux hospifcès, à dès vieillards qui nettoient les rues et déblaient le forum , enfin aux médecins régionnaires, dhituTgiens et sages-femmes au nombre de 70 qui soignent gratuitement les pauvres. Tels sont les fàliiléàiitè doni parle M. About. La commission, ditiT)'nfe )'elirf compte à personne. Pardon. Elle rend
compte au fiouverain et à tous ceux qui, à mon exemple i se présentent pour feuilleter ses registres. La commission est présidée par le cardinal Clarelli, un de ces hommes honorables que les méchants euxmêmes respectent. Les 60 mille francs qu'on lui laisse, il les distribue aux artistes nécessiteux. Il y a même chaque année une aumône de ce genre fixée à 30 mille francs. Le cardinal donne tout seul cette somme afin que Tamour-propre des artistes n'en souflEre pas. Il faut être M. About et le marquis Pepoli pour y trouver à redire.
400,000 fr. seiflement sont alloués à Vinstniction publique parce que les universités, les collèges et les( corps enseignants sont dotés richement et n'ont pas besoin des fonds de l'Etat.
M. About s'étonne que le gouvernement pontifical n'ayant pas plus à dépenser ait contracté quelques emprunts depuis 1848. Il oublie, qu'en 10 ans, les dépenses extraordinaires ont augmenté de 1 20 millions. Il a fallu retirer 40 millions de papiermonnaie et 1 millions de monnaie de cuivre, ôou^ vrir les détournements de fonds de Campana, remettre dans la caisse d'amortissement les- 26 millions que les révolutionnaires avaient enlervés, et de plus, payer aux banquiers des droits 'de corn-: mission fort élevés. Etonnez -vous ensuite quon ferme les budgets en déficit et qu'on emprunte !
Pour combler les lacunes du budget, ajoute Monsieur About, on emprunte soit ouvertement chez M: de Rosîchild, soit à la sourdine par une émission de consolidés.
Cette émission de consolidés se fait à Rome comme ailleurs, pour éviter les frais que nécessite la négociation des emprunts. Au lieu de perdre le 10, le 1 5, et même le 20 pour cent, on touche la somme intégralement. Il y a là des avantages inappréciables. Il y a aussi quelques dangers. C'est pourquoi le gouvernement pontifical est très-sobre de cette sorte d'emprunt. De 1 881 à 1 858, il a émis seulement 1 5 millions de consolidés , et non 33 millions comme l'affirme M. About, sur la foi du marquis Pepoli.
M. About s'en rapporte volontiers aux autres pour les chiffres ; il fait bien, car il lui est difficile de mener à bonnes fins la plus simple de toutes les opérations financières. Le capital que doit le gouvernement pontifical, àit-ïl, se monte à 359,403,756 /r. Si vous divisez ce total par le chiffre de la population, qui est de 3,124,668 individus, vous verrez que les enfants qui naissent dans les Etats du Pape sont débiteurs d*une somme de M 3 fr. Divisez donc une somme par' Tautre, ou mieux, essayez de multiplier le chiffre de la population par 113, et vous verrez si vous arrivez au résultat indiqué p^v M. About.
Après ces beaux calculs, M. About touche la question vitale , et se demande d'où vient la dette pontificale. 11 traite cette question à sa manière, c'est-à-dire fort légèrement. Les neveux des Papes en ont encaissé une partie, les intérêts généraux de la foi catholique en ont dévoré un bon tiers, les guerres de religion, les églises,,. Ajoutez Targent gaspillé, donné, volé,perdu, et 3imillio7^s payés aux banquiers pour droits de commission, vous vous rendrez compte de la
1* emploi 'ikeœpliqué' et inèù^pikkbk' fait te fias, ^féûAà hofineicrh lu discrétion de^ ministres. 'VèilàAid^imét qiiî lie voiis fkîit pas honneur, illustré fawèiét, et qui m*éffraié bien plus que les polissôiiaeiâM i dfe ice gaiiiîn àe Rîiniliî dont vous parlez à la page ^2. VO millions qui ont disparu sans qu'on Baidieicoiiimént! Et vous le croyez, et vous osez iedii5e;si vous n y croyez pas ! Ce qui m'effraie encore pins, ' c est qu'une foule de gens vous croiront sur parole, vous croiront sans examen; car Texamen coûte de la peine, et la calomnie a toujours quelques cbarmés. Ces 40 millions dont vous ne pouvez vouse)i- )liquer l'emploi, représentent ïe bien deshôpitauS; [es monastères et des églises qui fut vendîti'peiidant la grande révolution. C'est le marquis iPepçli qui ie dit. Comme on en sert la rente affiuielèement, et que les Papes ont voulu ainsi ind<efi&nt«er les propriétaires qu'on avait dépossédés, ces'tO'Jôillions figurent dans la dette pontificale. M. Abôut ne va pas tant chercher. D'un trait, il juge l''eiliploi de ces 40 millions inexplicable. .'.'••?■/
Les neveux des Papes, le clergé, la coîistru<Jtloii des églises ne sont pour rien dans la dette rtyiiiaine. Cette dette ne s'élevait autrefois qu'à la modeste somme de 1 00 millions, dépensés pour défendre Eome, Ancône et les ports de l'Adriatique (fe'i'invasion des Turcs et des Allemands. C'est = là-une
dette nationale, s'il en fut jamais. Virtr^ût ' «ettMiitc les 30 millions imposés au Pape à la paix <^ Tolentino, les dépenses extraordinaires occàsjoiinéé^'par
'^4A3^/.aiifsi qua lç8.43li, mÙliQi;is. epipijuutés depuis
riBA8* Cest îà toutes la dette de^.Çtat^ Rojnains.
T . Ea&Bi,.aprè^*qiii'il a critiqué remploi ^dçs fpiids et
la dette jpontifîcale, M. About condamne; la forme
etttployép pouç obtenir Timpôt. Ce n'est pasjassez,
di'aprèi^ lui, d'une consulte ayant voix consultative.
fîeme est mieux favorisée que la Russie, l'Autriche
, et beaucoup d'autres Et9.ts , où lïmpôt est décrété
, par le monarque, et il faut en passer par là. On
• blâmera toujours le Pape, quoi qu'il puisse faire.
Si i demain il établissait un Corps législatif votant
- l'impôt, comme en France, M. About aurait assez
. /mmiwt^s esprit pour y trouver encore à redire.
ii'uiO^ l'a. consultée (la consulte) sur quelques viesures
infifiaticières, elle a répondu : non. Mais, le gouveniienient
^ '^>9'estpa$ arrêté pour si peu. Il est dit dans le motu
•jM?ftpp»ip que ta consulte sera entendue ; mais il n'est pas
.W^iUçpiMlle sera écoutée. Pour se convaincre du con-
witrairCj on pourrait comparer le budget tel qu'on le
, : , îiPjQHmet à la consulte et le budget en exercice. On
verrait alors si on entend la consulte sans l'écouter.
ij^^PUrj^iïoijtr^îUe a seulement voix consultative ; mais,
'.ifîeff^it, iQlle a voix délibérative, puisque le gouver-
. » \ ^nftmflnt se rend touj ours à ses désirs .
.,•;>] C!!est ainsi qup M. About entend les finances
-jnpoflîtiifip^les. Toutefois, soyons justes et ne faisons
- ,j I ipaS un reproche, à ce financier de toutes les erreurs
M î i diQ jcJiiflfrjQS qji'il a commises. Il n'en est pas coupa-
ii'.bl^'. ^a fajijite c'est, d'avoir copié mot à mot le mar-
... iqui^iï-epoli.. c( Tous les chiffres, dit-il, et tous les faits
conlenm dam ce chapitre (et dans quelques autres) sont empruntés anw e(vcetl€7it8 travaux du marquis Pepoli. » Je n'en ferai pas un crime à M. About. 11 a pu piller çà et là des faits et des raisonnements. Quel écrivain n'a pas un peu pillé dans sa vie ? L auteur de Tolla n'est pas exempt de cette faiblesse. Au reste, il a rempli les formalités en citant, pour cette fois, du moins, ses auteurs. Mais voici le mal. Le travail du marquis Pepoli, copié par M. About, a reçu plusieurs réponses péremptoires : celle d'un anonyme romain, publiée au mois de janvier, et celle du comte delta Torre, imprimée à Turin le 6 mars dernier, sans parler des réponses faites en 1 858 par la Civiltà etVArmonia. L'anonyme romain et le comte délia Torre , en relevant les erreurs commises par le marquis Pepoli, l'ont défié de répondre, et M. le marquis a gardé le silence, approuvant les dires de tous ces messieurs et s'avouant vaincu.
Il est évident que M. About a connu ces réponses, qu'il s'est convaincu de la mauvaise foi ou de Tirapéritie du marquis Pepoli en matière de finances. Il serait, en effet, étrange que, voulant parler des finances pontificales, il ne dévorât pas, avec une ardeur fébrile, tout ce qu'on publiait à ce sujet. D'un autre côté, son livre n'ayant paru qu'au mois de mai et le chapitre des finances étant le dernier qu'il ait traité, il avait quatre mois pour reconnaître et éviter les erreurs où le marquis était tombé. Si lé marquis avait raison, un arithméticien de la force de M. About avait tout le temps nécessaire pour le
défendre viotorieusement contre le oomte délia Torre, Tanouy me romain, la Civil ta ^tVArnionia. S'il ne Ta pas fait lorsque c'était son droit et môme son. devoir, s'il n'a pas même soufflé mot de ces' diverses réponses, c'est qu'il n'avait rien à dire, et s'il areproduit les erreurs du marquisPepoli, il faut en conclure qu'il aura voulu mettre à Téprouve \i crédulité de ses lecteurs.
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