‹ Réponse à quelques attaques contre le Dictionnaire de l'ancienne langue françaiseChapitre 4 sur 11 · Et non curveté · texte numérisé non relu

Et non curveté

Cornille, Oreille du cœur (p. 57). Ce terme, employé par Descartes, n’est-il plus synonyme de valvule du cœur ?

Bacüel (p. 59). M. Millet a probablement voulu dire bacul , puisque bacuel n’est pas au Dictionnaire. Il le définit par « croupière », sens que nous donnons également. N’y a-t-il pas plus que de la légèreté dans le fait de M. Millet affirmant que la définition du Dictionnaire est : bride ?

Bandir (p. 59) est traduit au Dict. par « se mettre en bande », définition que M. Millet s’approprie comme s’il l’inventait.

Emprenant (p. 67). Définition de M. Millet : « entreprenant ». Définition du Dictionnaire : « entreprenant ». Ici M. Millet affirme que la définition du Dict. est : assaillant, et qu’elle a été déterminée par le « mot précédent : assaillant ». Or, « assaillant » ne figure au Dictionnaire ni dans la définition, ni dans aucun des dix exemples de l’article.

Escorcier 2 (p. 67). Définition de M. Millet : « raccourcir ». Définition du Dictionnaire : « raccourcir ». Cependant M. Millet, ayant confondu escorchier et escorcier 2, déclare que nous avons traduit escorcier par percer.

Esponsion (p. 67). Si le Dictionnaire a expliqué par le mot précédent, M. Millet explique par le mot suivant.

Nous pouvons ranger ici le mot Desracener (lisez desraciner , p. 15) que M. Millet a vu au Dictionnaire avec le sens ^enraciner : tandis que la définition, lisible pour tous, est : « déraciner, et fig. , démolir de fond en comble » .

Dans sa 2e partie, chapitre ni, p. 45, M. Millet s’est proposé de traduire en termes précis nos définitions. Dans quelques cas il a réussi à trouver ; dans d’autres, beaucoup plus nombreux, son assurance l’a conduit à d’énormes contre-sens, et plusieurs de ses assertions permettraient de mettre en doute sa bonne foi. Ainsi :

Agripaume ne serait, d’après lui, défini au Dictionnaire que par : sorte de plante, tandis que nous avons écrit en toutes lettres : sorte de plante, en lat. cardiaca passio.

Ague serait défini par : sorte de maladie ; et le Dictionnaire porte : maladie aiguë.

Epilence serait défini par : sorte de maladie. M. Millet, à la périphrase inventée par lui, oppose épilepsie. Or, le Dictionnaire porte : Epilence, s. f. , épilepsie.

Ajoutons encore :

Angele, s. m., qui n’est pas au Dictionnaire1 2 et que M. Millet déclare être une forme d’ange. Ce qui figure au Dictionnaire, c’est angelle, s. f., dans un exemple de Molinet, qui voulait expressément employer un substantif féminin, et qui d’ailleurs ne connaissait certainement pas la forme archaïque d’ange. La différence des genres n’aurait-elle pas dû avertir M. Millet de son erreur? Mais pour lui, masculin, féminin, qu’importe ! Il n’y regarde pas de si piÿs.

Gentilet, qui serait un diminutif de gentil et dont M. Millet rectifie la définition, n’est pas au Dictionnaire. Nous n’avons que gentelet , qui est bien, comme nous l’avons dit, un diminutif de gent, g ente.

Mots ne figurant pas au Dictionnaire.

M. Millet a la passion de définir. C’est probablement pour contenter ce besoin immodéré qu’il a donné les significations des mots suivants, qui ne figurent pas au Dictionnaire de V ancienne langue française :

aisse 2 (p. 38) appetissement (p. 38) ardier (p. 62) avalancement (p. 63) bafreure (p. 63)

bulle (p. 63) carcavel (p. 64) cerane (p. 46) clore (p. 15) corroyerie (p. 54)

1. M. Millet revient deux fois sur ce mot, p. 24 et 36 de sa brochure. Étonnante récidive à nous faire dire ce que nous n’avons pas dit.

2. Les mots aisse 1 et aisse 2 que nous avons insérés ne sont évidemment, ni l’un ni l’autre, celui que M. Millet prétend n’êtrepas défini, et sa traduction serait un contre-sens.

cos tel1 (p. 64) debarreur (p. 40) deschavigner (p. 40) diguier (p. 54) eguie (p. 41) embranchier (p. 54; empoivré (p. 54) enchain (p. 41) enchéri (p. 17) engabemenl (p. 66) entesure (p. 47) espelement (p. 54) escandel (p. 47)

Voilà 35 mots qu’il nous a été impossible de retrouver dans notre travail, non seulement sous la forme que donne le critique, mais même en supposant toutes les fautes typographiques, toutes les formes possibles ou impossibles. Cependant M. Millet nous reproche, pour plusieurs de ces mots, de les avoir définis par le mot suivant ou par le mot précédent , ou bien, comme pour empoivré, de ne pas les avoir traduits par le mot moderne correspondant. Et même, pour que la fantaisie soit complète, il fait des rapprochements et propose des étymologies sur lesquelles nous reviendrons.

M. Millet a-t-il forgé ces mots de toutes pièces? Non, évidemment. Comme il manque absolument d’ordre, nous supposons qu’il a confondu les matériaux de futurs travaux avec les éléments du Dictionnaire qu'il examinait.

eschaussement (p. 41) escorter (p. 55) escouviller (p. 67) espuison (p. 55) essauter2 (p. 67) estançon (p. 58) fastidieux (p. 17) foragement (p. 55) foragier (p. 55) forculaire (p. 42) greger (p. 43) lazeine (p. 45)

Mots mal écrits.

Nous venons de constater que M. Millet a défini, bien ou mal, nombre de mots qui ne sont pas dans le Dictionnaire . Ajou-

1. Le costel qui est au Dictionnaire n’a pas le sens de brancard que M. Millet prétend avoir vu et qu’il rectifie en bras d’un brancard.

2. Ici M. Millet a forgé : le mot lui-même, la définition du Dictionnaire, celle qu’il propose pour la remplacer, et ce qu’il appelle le mot suivant.

tons en passant qu’il a défiguré une quantité de ceux qui y sont insérés. C’est ainsi qu’il cite :

alccicite pour alcatique.

deliccitivité pour

delicativeté.

amuce

ameuche

descente

decende.

aprocher

aprochier.

descention

descension.

arcer

arcier.

descussu

descusu.

arelle

arele 1.

desespauler

desepauler.

areptaice

arreptice.

desgentir

degentir.

bcicuel

bacul ou baeuz.

desgousser

desgoucier.

bascelage

bachelage.

deslciiajice

delaiance.

blanc

blancq.

desroygne

desroyne.

braieu

braieau.

detraieur pour

detraieor.

bulle

bule.

diguier

d'icquier.

cœcorum

cacorum.

embelsement

embeseillement

calcine

calane.

embelser

embeseiller.

ccipilel

chapitel1.

embraudure

embraude.

carcavel

carquavel.

encaïné

escainé.

carmelin

carmesin.

endemeigne

endemengne.

carpent

carpant.

ensoubter

essoubter.

cingle

cengle.

envernisser

envernissier.

cl amour

clamor.

esclialasser

eschalacier.

comparer

comperer.

escharnille

easenie 3.

corbeus

corbeul2.

escorcier

escorchier.

coupe gole

copegoule.

esfrontable

efTrontable.

crestienté

dires tien té.

eslaissier

eslaisier4.

crolle

croie.

estancel

estacenel.

cubitcdn

cubitin.

esteuleur

esteulleur.

cueumere

cueumere

es tremper

estramper.

cuiller

cuillier.

fciie

faye.

curveté

curvit.é.

fciussenerie

faussonerie.

datile

datil.

favorin

favonin.

decriement

descriement.

f es tue

festue.

dédaignant

desdaignant.

fermeor

fermeul.

definissement

defenissement.

flamboyens

flamboyeux.

degratigner

degratiner.

forslcichure

fourlachure.

dehers

deshers.

frangipierre

frainpierre.

J. Les deux art. existent au Dictionnaire.

2. Ici l’exactitude était d’autant plus nécessaire qu’il y a un art. corbeus et un art. corbeul.

3. Si c’est escanie que M. Millet a eu en vue, il a fait double erreur : 1° « Pus » n’est pas au Dict. comme définition d’ escanie ; 2° escanie ne signifie pas escarre. Si c’est bien escharnille, ce mot n’est pas au Dict.

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