‹ Réponse à une adresse de l'Assemblée législative à son excellence le gouverneur-général, en date du 2 courant, demandant à son excellence de faire mettre devant la chambre "Copie de toute la correspondance qui a pu être échangée entre le gouvernement et M. Le juge Draper, relativement à sa nomination comme envoyé en Angleterre au sujet du territoire de la baie d'Hudson, de la commission et des instructions données à M. Draper, et de toute correspondance qui a pu être échangée entre le gouvernement impérial et celui de cette province touchant le territoire susdit"Chapitre 14 sur 29 · Victoriæ · texte numérisé non relu

Victoriæ

Appendice: (No. ;17.) À.: 1857.

les colonisons pas les américainsiles coloniseront quoique fasse la compagnie pour les en empêcher... Il est inutile de se donner du mal pour prouverque ces territoires sont. propres à la colonisation, car un fait physique. renverse toutes les théories adverses. Le paysqui donne la subsistance l’hiveretl’étéà des centaines de mille de bœufs sauvages, . peut aussi la donner en abondance à l’homme. Le pays qui possède cet avantage n’est. pas restreint à une lisière étroite le long de la frontière, mais, continuant de s’élargir à Vouest, il présente même sur la pente sud des Montagnes Rocheuses, à sept degrés au nord de la frontière américaine, un climat plus doux que la température moyenne des portions établies du Haut-Canada.

À Pouest des Montagnes Rocheuses le climat est doux même à une latitude plus haute; mais l’Ile de Vancouver et la terre ferme qui l’avoisine sont peut-être l’un des plus beaux pays du monde pour la colonisation. Le seul obstacle se trouve dans les difficultés d'accès, difficulté. que ne fera jamais disparaître le système actuel, car il a des proportions plus grandes aujourd’hui qu’il y a quarante où cinquante ans lorsque la compagnie du Nord-Ouest du Canada versait continuellement son commerce sur toute la surface du continent. Cette île ne pourrait pas, comme deraion, être unie au Canada aux mêmes termes que les autres territoires indiens, parce que la charte actuelle, qui donne, la propriété de lilé, (bien différente, il faut se le rappeler, à la vieille charte et au bail expirant,) donne droit à la .compagnie de la Baie d’Hudson'au remboursement de la valeur de ses établissements si l'octroi est annulé ; remboutsement auquel le Canada serait naturellement obligé si l’île iui était cédée. . Il serait donc bon maintenant de savoir à. quels termes pourrait avoir lieu cette transaction, car, il nous semble que si elle nese fait pas à l'expiration du bail des territoires indiens, elle ne pourrait pas se faire plus tard à moins que la compagnie ne puisse remplir les conditions que lui impose la charte pour les cinq premières années.

Il, y a douze ans,iles Etats-Unis n’avaient pas de communications par terre avec leurs territoires situés sur le Pacifique, et, durant les négociations sur l’Orégon lorsque le président proposait de prendre des mesures: énergiques par rapport à la même question, il dit, dans son message au congrès du 2 décembre, 1845 :

“ On pense qu’une malle de terre est tout-h-fait pratiquable, et jé soumets à la considéra- “tion favorable du congrès l’importance d'établir au moins une ligne mensulle.”

Combien différentes sont. aujourd’hui les circonstances, et il n’est pas nécessaire de prouver l’entière praticabilité de Pentreprise ; mais nous devons faire remarquer qu’à nul autre point au nord du golfe du Mexique se rencontre autant de facilité pourtraverserle continentque dans le Canada, navigable les trois quarts de toute la distance au moins, si-non d'avantage. Cette route est navigable, d’arbord, depuis l'Atlantique jusqu’au fond du lac Supérieur d’où la navigation est interrompue jusqu’au lac Winnipeg (bien que cent cinquante milles de cette distance soient navigables), elle est alors navigable dans toute l’étendue de ce lac jusqu’au Saskatchewan à la partie inférieure duquel, auprès du lac, il y a des obstacles ; à partir de là la navigation est continue jusqu'à la base même des Montagnes Rocheuses.

C’est pourquoi il serait bien désirable, et la chose est toute à fait praticable, que le gouvernement britannique consentit à annexer les territoires indiens au Canada jusqu’aw Pacifique et à l’Ile Vancouver, pour établir

20 Victoriæ. Appendice (No: 17.) A: 1857.

durant l’été une communication mensuelle à travers le continent. Il est important au-delà de tout calcul, dans la présente conjoncture, d’insister sur ces questions auprès du gouvernement impérial car dans leur solution se trouve cette autre question: ce pays sera-t-il dans la suite un petit état ou deviendra-t-il l’une des plus grandes puissances de la terre? Ce n'est pas tout, il y aura-t-il dans l’Amérique un contre-poids favorable aux intérêts britanniques et modelé sur les institutions anglaises pour contre-balancer Pinfluence prépondérante, si-non la domination absolue, à laquelle sans cela nos puissants voisins doivent inévitablement arriver sur ce continent,

Nous n’avons fait ici aucune allusion à la controverse qui a lieu entre la compagnie et ceux qui les accusent d’exercer une pernicieuse influence sur la population indienne; et nous né voulons non plus qu’indiquer les eflorts que fait la compagnie pour créer l'impression erronnée qu’elle est nécessaire aux indiens. Il est bien possible que ceux-ci soient mieux avec elle que lorsque les deux puissantes compagnies étaient en hostilité ouverte, et que ses affaires, en ce qu’elles affectent la population indigène, soient aussi bien conduites qu’on peut l’attendre d’une compagnie commerciale pour laquelle la première question est nécessairement une question de profit et de perte. Mais la question réelle et importante est celle-ci : ces pays seront-ils tenus ‘dans la stagnation jusqu’à ce que le flot de Pémigration les déborde en franchissant une ligne imaginaire d’un pays où l’on a établi en prinéipe que l’homme rouge doit être chassé de la terre que convoite l’homme blanc, ou qu’ils soient établis sous l’influence du gouvernement canadien qui à toujours montré tant de sympathie pour la race indienne, et qui à protégé celle-ci dans la jouissance de ses droits et de ses propriétés, non-seulement Sur ses terrains éloignés de chasse, maïsau milieu même des districts les plus peuplés du pays?

JOSEPH CAUCHON, Commissaire des Terres de la Couronne.

DÉPARTEMENT DES TERRES DE LA COURONNE, Toronto, 1851.

20 Victoriæ. Appendice (No. 17.) À. 1857.

Page 1