BUREAU DU SECRÉTAIRE
Toronto, 20 février 1857.
Moxsreur,—J’ai reçu ordre de son excellence le gouverneur-général, de vous communiquer par la présente les iustructions de son excellence pour votre gouverne dans votre mission en, Angleterre, comme. envoyé spécial nommé pour représenter les intérêts et faire valoir les droits des canadiens auprès du comité de la chambre des communes, que on se propose de nommer sur la question du territoire de la baie d'Hudson.
Je dois cependant, commencer par vous dire que, comme il est impossible de prévoir quelle sera la nature de l'enquête que fera ce comité, ni à quoi elle aboulira, nice que se,propose de faire le parlement, ou le gouvernement impérial sur le rapport du dit comité, son excellence n’est pas en état de vous donner à présent des instructions bien précises... Mais son excellence s’en rapporte entièrement à votre savoir et à votre discrétion, et elle s’est d’autant plus empressée à vous confier celte mission importante, que votre position élevée dans la colonie vous met au-dessus de toutes les influences ordinaires de localité et de parti.
‘ Immédiatement après votre arrivée à Londres vous vous mettrez en cor: respondance avec le très honorable secrétaire d'état pour les colonies (auquel ces instructions ont êté communiquées), et aussitôt que vous aurez connaissance de la formation d’un comité parlementaire sur le sujet de la compagnie ou du territoire de la Baie d'Hudson, vous ferez des démarches pour offrir de procurer tous les renseignements que vous aurez en votre possession relativement aux intérêts ou aux droits du Canada.
“ Vous regarderez comme partie de votre devoir de veiller à ces intérêts en faisant disparaître toutes impressions qui pourraient être erronées, et faisant valoir tous droits d’un caractère légal ou équitable que peut avoir cette province à raison de sa position territoriale et de son histoire passée.
Vous ne vous considèrerez pas comme autorisé à conclu tions, ou à consentir à aucun plan définitif d’ Canada, sans en faire ra excellence en conseil.
Son excellence a pleine et entière confiance dans la justice et la considération du gouvernement de sa majesté, et il est certain que les intérêts et les sontiments du Canada seront consultés, en autant que le droitet la justice le permettront.
Le peuple du Canada ne veut rien de plus.
Son excellence croit qu’il est surtout nécessaire d’insister fortement sur limportance qu’it y a de protéger le territoire du nord ouest contre l’affluence subite et inautorisée de l’émigration qui se fait du côté des Etats Unis. Elle craint que le manque d’occupation continuel de cette immense contrée, sans ligne frontière bien marquée sur le sol même, ne'conduise plustard à des pertes et à des dommages tant pour l’Angleterre que pour le Canada. Elle vous prie d’insister sur Popportunité de faire faire la déinarcation de cette ligne pour protéger la frontière des terres situées en haut du lac Supérieur, sur les bords de la Rivière Rouge,
rl
re aucune négotia-
arrangement, en ce qui concerne le
pport des détails et de vos propres impressions à son
et delà jusq’au Pacifique, tout en empêchant qu’on s’en empare par la violence ou qu’on les établisse d’une manière irrégulière, jusqu’à ce que les flots de l’émigration du Canada et du Royaume Uni se fassent, dans leur progrès, passage jusqu’à elles pour en prendre possession comme sujets de la reine au nom de lempire Britannique.
Avec ces objets en vue ilest extrêmement important que le gouvernement de sa majesté se garde de renouveler un permis d'occupation (sil en doit venir à cette détermination) ou de reconnaître des droits à la compagnie, en faisant des stipulations qui feraient intervenir ce permis ou ces droits avec l’occupation juste et légitime de contrées propres aux établissements.
Il est inutile comme de raison d’insister en aucune manière sur importance future de l’île de Vancouver, comme clef de toute l'Amérique Britannique du Nord.du côté du Pacifique, située, comme elle est, entre l’immense étendue de côte maritime de l’Amérique Russe et le vaste territoire qui est en la possession des Etats Unis.
Son excellence ne saurait prévoir de quelle manière un comité de la chambre des communes, pourra. juger à propos de conduire l’enquête en question, nine saurait décider d’avance sur quels points on pourra faire entendre des témoins.
Cependant son excellence sera toujours prête, en aucun temps, à accueillir vos suggestions et à vous fournir tous les renseignements, soit par documents ou par témoins, dont vous pourrez avoir besoin et qu’il sera en son pouvoir de vous envoyer du Canada.
Comme de raison, les autres intructions que vous pourrez recevoir de temps à autre devront vous guider dans votre mission.
J’ai,etc., (Signé.) E. À. MEREDITH,
Assistant secrétaire.
L’honorable
M. le juge en chef Draper, C.B., Etc., etc:, etc.
Toronto.