FRONTIERES DU CANADA
Ayant ainsi disposé de la question dés frontières des territoires de la compagnie de la Baie d'Hudson, si toutefois ces deémiers existent, nous allons ensuite examiner celle des frontières du Canada. Ici, une division du sujet en deux chefs se suggère naturellement. 1. Les frontières originaires du Canada sous la France. 2 Les frontières du Canada telles qu’acquis par la Grande Bretagne, en 1763. Nous n’aurons pas à nous occuper, particulièrement des frontières sud puisqu'elles n’ont aucun rapport avec le Sujet en discussion.
Il ne sera pas nécessaire d’examiner au long la question des frontières originaires’ sous la France vu que nous l’avons déjà suffisamment discutée. Les français réclamaient tout le pays au nord du St. Laurent et occupèrent les premiers la Baie d'Hudson. Si les anglais, à part les visites qu’ils y firent pour trouver un passage au nord-ouest, eussent jugé à propos d’occuper le pays pour un but pratique et l’eussent occupé les premiers, ils eussent sans aucun doute eu le droit d’en réclamer la propriété. S'ils avaient fait suivre par Poccupation les voyages d'Hudson et de Button, il faut admettre
20 Victoriæ. Appendice (No. 17.) A. 1857.
que cette occupation leur eût donné un titre valide, malgré le pied-ä-terre et la prétention de la France sur tout le continent situé au nord du St. Laurent. Mais onne tenta cette occupation que cinquante ou soixante ans plus tard, pour appuyer le projet commercial de deux français qui étaient déjà engagés dans le commerce ; et, lorsque la France Gtait en possession formelle du même pays on ne peut pas nier qne le droit de celle-ci à ce mêmé pays ne fût préférable à celui de l’Angleterre. C’est pourquoi la Grande-Bretagne acquit par le traité d’Utrecht une partie des territoires originaires du Canada, la France conservant le reste durant cinquante ans. 1] ne parait point y avoir ici de difficulté, car les autorités anglaises désignent une partie de ce qu’elles réclament comme ayant acquis par le traité comme Canada. + Il ne reste plus maintenant qu’à savoir qu’elles furent les frontières du pays finalement acquis par le traité de 1763, lequel, suivant les autorités fran- Gaiseset autres, était beaucoup plus grand que suivant les autorités anglaises; maïs il sera beaucoup plus satisfaisant pour le moment d’adopter ces dernières autorités:
L'on trouvera l’une des relations anglaises les plus circonstanciées des possessions françaises dans un ouvrage géographique et histori- 1760, que par Thos. Jefferys, en 1760. Après avoir donné la relation française il la fait suivre de la version anglaise des frontières dans les termes suivants :
“ Le Canada, suivant les autorités anglaises, est borné au nord par les hautes terres qui le “ divise du pays situé aux environs de la Baie d'Hudson, du Labrador ou de la Noucelle-Bretagne “et du pays des Eskimeaux et des Christeneaux ; à l’est par le ficuxe St. Laurent, et au sud “ par la rivière des Outaouais, les pays des Six Nations, et la Louisiane, ses frontières s'étendant “ à Vouest sur des pays et des nations inconnues jusqu’ici.”
Les hautes terres dont il est question ci-dessus sont distinctement marquées sur les cartes publiées avec cet ouvrage comme la partie nord des montagnes qui, se dirigeant au nord-ouest du lac Supérieur, séparent les eaux qui coulent directement vers la Baie d’Hudson de celles qui se déchargent dans le lac Winnipeg, et traversent la rivière Nelson au lac Fendu ou
lac des Forts, ete. Décrivant le pays du lac Supérieur à Pouest, le même.
auteur écrit comme suit à la page 19.
“A lemkouchure des Trois-Rivières est un petit fort français appelé Camenistagouia ; et “ vingt-cinq licues à l’ouest de ce fort, la terre commence à s’incliner et la rivière à couler vers ‘ l'ouest.
& Quatre-vingt-quinze lieues de cette grande hauteur se trouve le second établissement des “ français dans cette direction, appelé fort St. Pierre sur le lac des Pluies, Le troisième est le “ fort St Charles, quatre-vingt lieues plus loin sur le lac des Bois. Le quatrième est le fort “ Maurepas à cent lieues du dernier près de la tête du lac d'Ouinipigon. Le fort la Reine, qui “ est le cinquième, est situé à cent lieues plus loin sur la rivière des Assiniboëls, Un autre fort & avait été bati sur la Rivière-Rouge, mais fut abandonné à cause de son voisinage des deux der- “ niers. Le sixième, le fort Dauphin, est situé sur la rive ouest du lac des*Prairies, et le sep- “ tième, qui est appelé rt Bourbon, est situé sur le bord du grand lac Bourbon. La chaîne finit “ avec le fort Poskoyac, au fond de la rivière de ce nom, qui se décharge dans le lac Bourbon, “ Delisle et Buache font remonter la rivière Poskoyac à vingt-cinq lieues de leur mer ouest qu’ils “ disent communiquer avec l’océan Pacifique. ous ces forts sont sous le Commandement du gou- “€ verneur du Canada.”
Il ne faut pas oublier que ce qui précède est la version anglaise de ce qu'était le Canada français en 1760, immédiatement après la prise de Québec et avant la conquête et la cession finale du pays. La rivière Poskoyae est celle qui porte aujourd’hui le nom de Saskatchewan, et sur laquelle sir
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-Appendice (No. 17.) A. 1857.
Alexander Mackenzie dit que les français possédaient un autre fort plus haut que le fort Poskoyac.*
à ce 2 Ant description de la Louisiane, dit:
EE is à ord per le Canada, à l’est par les colonies britanniques
York, de la Pennsylvanie, du Maryland et de la Virginie, etc. ete.” La carte qui accompagne cette description réclame les colonies britanniques, la Virginie, etè., comme se rendant jusqu’à la rive est du Mississipi et conséquemment c’est la Louisiane à Ponest du Mississipi à laquelle fait allusion l’écrivain comme étant bornée au nord. par le Canada, c’est-à-dire depuis les sources du Mississipi-en gagnant vers l’ouest. < :
. En rendant le pays aux anglais, le marquis de Vaudreuil soumit des. articles de capitulation qui furent marqués “accordé?” on “refusé, ete.À . Las cs Le 7 3 PA PA V+ “ :
Suivant qu’ils furent rejetés ou finalement acceptés par le général Amherst. Les autorités anglaises, en sauvegardant les intérêts des colons, canadiens dans toutes les parties du pays qui se rendait, décrivent les localités ci-dessus comme étant sous l'autorité du gouverneur du Canada, et les appelent pays d'en haut. L'article 46e de la capitulation est comme suit : “: Les habitants et les marchands jouiront des mêmes priviléges de commerce avec les mêmes
; faveurs et aux mêmes conditions que les sujets de Sa Majesté britanniques dansiles Pays d'En haut aussi bien que dans l’intérieur de la colonie, “accordé.”
Par cet article ces pays furent manifestement rendus en même temps que le Canada, et les droits futurs des canadiens .y furent. garantis par ce dispositif qui veut que nul privilége ne soit accordé aux sujets anglais qw'ilne le soit à eux en même temps. Nous ne voulons pasdire que-cette garantie bien qu'elle dût décidément avoir leffet ei-dessus;l ait pu être prévue pour valoir alors contre la compagnie dela Baie. d'Hudson qui n'avait pas-encore à,cette, époque pénétré, dans lintérieur du pays:...Le-but seulide l’article était de conserver sans obstacles quelconques aux colons français les avantages d’un commerce qui avait toujours été l’un.des plus importants du pays.
à . Il convient de faire remarquer ici que les français avaient deux établissements Sur le
. Dci ip, longtemps aupare ant, et'a la conquête du Canada; le premier à Pasquia auprès
ss e lwrivière Carrot, et l'autre à Nipawi, Où ils avaient des instruments aratdires et des voitures à roues, donton a|trouvé,.des:traces auprès de ces'établissements où le sol est'excellent/?
Note pour l’histoire générale du commerce des pelleteries, p. Ixxiii..…. W Mackenzie, Londres, 1801, - è LB M