Victoriæ. Appendice(No.' 17.) A
Le système adopté et industrieusement suivi par les deux compagnies rivales après leur union, fut de disséminer une appellation erronée, etelles y réussirenttellementque le pays situé au nord et au nord-ouest du Mississipi fut appelé communément territoire de la Baie d'Hudson. Mais, quand les diplomates'et les hommes d’état eurent à étudier la question, recherchant dans l’histoire et dans les faits leurs droits respectifs sur l’Orégon, ilsne se rendirent pas ridicules au
point de faire usage d’une appellation aussi erronée ; c’est pourquoi nous trouvons M. Buchanan, le président actuel des Etats-Unis, nsant du langage suivant en terminant une proposition qu'il faisait le er juillet, 1846 :
‘ La ligne proposée m à effet le principe de continuité pour les den parties également
“ en prolongeant les fronti t de lAncienne Louisiane cl du rade jusqu'au Pacifique, leur & faisant suivre la même paralèlle de latitude que, celle quiles irisent à l'est des Montagnes s: Rocheuses.”? : fie 5 Ë :
La même ligne deraisonnement soutient le plénipotentiaire anglais qui, discutant les prétentions de son gouvernement sur l’Orégon, suit à la trace la marche des, canadiens-français à l’ouest au-delà des Montagnes Rocheuses jusqu’au Pacifique. jo Le second pas dans la marche naturelle des événements est, la description du Canada sous la domination anglaise. Ce qu’on fit d’abord après le traité de Paris fut de pourvoir au gouvernement des portions établies du pays ; et ainsi fut organisé le gouvernement de Québec qui ne comprenait qu’une bien petite partie du Canada, tel que décrit dans la proclamation du 7 octobre 1763, le reste du pays étant ainsi, pour le moment, soustrait à l’arpentage et à la colonisation, pour la protection des indiens. Cependant, les descriptions du Canada de cette époque comprenaient le pays situé à l’ouest de la Pennsylvanie et qui s’étendait, par la rivière Ohio, jusqu'au Mississipi. Etle statut impérial de 1174,communément appelé acte de Québec,” dit que la province s’étendait ‘au nord jusqu’à la frontière sud du territoire accordé aux marchands aventuriers d'Angleterre faisant le com- : merce-dans la Baie d'Hudson,” mais ne dit pas qu’elles sont se. ses frontières ; et l’on verra par ce qui suit que la construcee tion donnée. à cet acte parle. gouvernement. britannique As? SŸ fut adverse aux prétentions actuelles de, la compagnie.
Le traité de l’indépendance des Etats-Unis donne une nou-
velle frontière, sud, au Canada, une portion du pays qui
portait auparavant ce nom ayant été cédée aux Eiats-Unis.
Dans la commission de lord Dorchester, la première qui soit
sortie après ce traité, les mêmes mots que dans le traité se retrouvent pour la désignation du Canada:
“ Par le lac Supérieur au nord des Iles Royales et Philipeaux jusqu'au
“ Tac Lone ; de là, par le milieu &u dit, lac Lor de la communication par t Gau entre ce lac et le lac des Bois, jusqu'au dit lac des Bois ; de là, par ce “lac, jusqu’au point le plus nord-ouest'de celui-ci ; et de là, par une course “ franc-ouest jusqu'à lu rivière Mississipi, et au nord jusqu’à la frontière “ sud des territo octroyés aux marchands aventuriers d'Angleterre fai- “ sant le commerce dans la Baïe d'Hudson.”
L’on verra que cette description laisse les frontières indéterminées audelà des sources du Mississipi. En supposant qu'une ligne franc-ouest, partant du lac des Bois, coupât le Mississipi, le Roi était obligé de limiter le Canada, sur cette ligne, au Mississipi propre, parce que,