‹ Réponse à une incroyable attaque de la Bibliothèque nationale touchant une lettre de Michel de Montaigne (volume 2)Chapitre 13 sur 32 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après ce rapide exposé, avions-nous tort de dire, en commençant cette partie de la discussion, que 1 échafaudage de suppositions dressé à si grands frais d'invention par les adversaires de M. Feuillet, et qui, d'ailleurs, n'aurait pas résisté au faisceau de présomptions bien autrement puissantes que nous lui opposions, allait s'écrouler comme un château de cartes devant les seules preuves matérielles, preuves rivantes que nous ferions ressortir de l'état extérieur de la pièce?

En résumé, qu'a été la plaidoirie de nos adversaires? Rien qu'un tissu de diffamations et de calomnies qui étouffait le raisonnement. Ils disent dans le Mémoire signé Naudet, qui a été envoyé au défendeur par ce dernier au nom du Conservatoire de la Bibliothèque ; « La bonne foi de M. Feuillet est en cette affaire parfaitement établie; » et ailleurs : « Cela, hdtons-nous de le dire, prouve quelle confiance nous plaçons ici dans sa bonne foi. » Et ce sont les mêmes hommes qui vifînnent audacieusement, à la faveur d'un procès civil dont ce Mémoire est la base, faire à M. Feuillet une sorte de procès criminel en attaquant sa probité, en lui jetant à la face l'accusation d'une vente personnelle qu'ils savent bien être celle d'un autre; d'une soustraction quils savent bien être le fait prouvé d'un misérable inconnu, signalé, qui a échappé à leur vigilance! Ce sont les mêmes hommes qui viennent exhumer des profondeurs de l'affaire Libri tout ce qu'il y a de plus hideux pour en attribuer impu-

demment une édition nouvelle à celui dont ils ont reconnu si solennellement la bonne foi! Et certes, ce n'est pas pour le Tribunal que se distillent ces infamies; non, ils savent trop bien qu'elles ne sauraient égarer son austère conscience et sa haute sagesse; ces infamies sont à l'adresse du public. A défaut de raisons, des insultes; à défaut de succès, du bruit. On sent qu'on s'est compromis en un procès téméraire : il faut à tout prix faire du zèle pour se maintenir. Si l'on perd son procès devant les Juges, du moins l'aura-t-on gagné devant le scandale. — Et dire que toutes ces honteuses manœuvres sont pratiquées au nom de l'Etat dont on prostitue la sainte autorité!! ! C'est ainsi que la discussion a dépassé de bien loin le procès civil : la propriété du Montaigne n'est plus désormais qu'une question secondaire : la vraie question pour M. Feuillet de Couches est la question d'honneur.

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