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porter la lettre à 1588. De nouvelles recherches faites par le docteur, depuis l'impression de mes défenses, lui ont fourni la preuve la plus irrécusable de l'exactitude de mes conjectures. Voici en substance ce que je trouve sur ce point dans une nouvelle brochure de M. Payen qui est intitulée : Nouveaux documents inédits ou peu connus sur Montaigne^ recueilUs et publiés par le docteur J,-F. Payen. Paris^ P. Jannet^ 1850, tn-S'*.
La chambre temporaire de justice nommée en suite des articles de pacification signés à Fleix, et envoyée en Guyenne pour remplacer la chambre mi-partie de cette province, se composait, comme je Tai dit, de quatorze conseillers sous la présidence de Pierre Séguier. Elle avait en outre un vice-président, avec un procureur général, qui était Pierre Pithou, et un avoca^général, qui était Antoine Loysel. Rigault le dit. Indépendamment de Claude Dupuy, à qui ma lettre est adressée, et de J.-A. de Thou, son parent, on comptait parmi les conseillers : L'Hospital, Thumery, Goqueley. Rigault le dit aussi. Or, comme ce fut Loysel qui prononça les remontrances à l'ouverture et à la clôture des assises, et qu'il a réuni huit de ces harangues dans son livre intitulé La Guyenne^ on connaît par ces documents la durée exacte, sinon du séjour des commissaires dans chaque ville, du moins des sessions de la commission. On sait donc qu^arrivée à Bordeaux en mars 1581, cette dernière n'y ouvrit ses assises que le 26 janvier 1582, et qu'elle siégea dans cette ville jusqu'au 28 août de la même année. Elle fonctionna ensuite à Agen, du 11 octobre 1582 au 26 mai 1583, puis à Périgueux, du lundi 4 juillet 1583 au mardi 10 janvier 1584; enfin à Xaintes, du lundi 20 février 1584 au 8 juin suivant, époque où, ne pouvant plus depuis longtemps rendre la justice qu'au milieu des troubles, à cause de la Ligue, elle fut révoquée.
Ma lettre de Montaigne à Dupuy est donc bien de 1584. Je me plais à remercier de ces preuves authentiques la sagacité de M. le docteur Payen.