‹ Réponse aux cinq lettres du R. M. Verreau [microforme]Chapitre 13 sur 20 · ÈME LETTRE · texte numérisé non relu

ÈME LETTRE

“ Maïs puisque cette entrée a été faite à son insu, pourquoi, du moment qu’elle est venue À sa connaissance, ne l’a-t-il pas désavouée, comme il fait aujourd'hui ?”’ Décidément, M. le Principal me paraît d'un caractère grondeur. Tout à l'heure, il me grondait de ce qu'un de nos professeurs a fait entrer chez lui deux étrangers sans le prévenir; maintenant, il me gronde de ce que je n'ai pas dénoncé ces deux intrus;et si je m'étais permis cette latitude, il m'aurait probablement encore grondé, en me rappelant que j'étais membre du jury pour examiner les travaux exposés, et non pour faire la police dans son Département.

Le Révérend M. Verreau se divertit fort à propos de nos trois misérables feuilles d'écriture, et trouve ‘que cette expression n’est pas flatteuse, ni pour les auteurs des morceaux primés, ni pour le jury qui a dû les examiner, ni pour ceux qui ont laissé faire. Personne autre

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que M. le Principal n’a pu se méprendre sur la portée de mon expression. Ces trois feuilles, comparées à nos travaux de projections, étaient sans doute de mince valeur ; mais, prises intrinsèquement, on peut en être les auteurs, on peut les primer et laissé faire sans trop outrager les Beaux-Arts. Si M.le Principal veut bien les accepter pour son département à la prochaine exposition, je les lui offre, et il verra qu’elles re dépareront point du tout les travaux de son école.

‘“ Cet acte constitue une injustice qu’on a laissé commettre au détriment des autres Frères professeurs et de leurs élèves plus méritants”” Quelles plaintes, à ce sujet, sont parvenues au R. M. Verreau ? Monsieur le Principal juge nos Frères professeurs par le milieu où il se trouve. Cette maladie morale qu'engendre la prospérité d’autrui est inconnue chez nous. Les succès individuels sont des biens de famille que l’on partage en commun; de même pour les douleurs et les chagrins : tel est bien, si je ne me trompe, l'avis de St.-Paul.

‘“ Je me contente pour le moment, de prier de nouveau . le cher Frère Visiteur de prouver ce fait ; à savoir que j'avais sollicité de la Commission scolaire l’explication de l'énigme de M. Curieux.

Voici deux fois que M. le Principal m'invite à dire par quel moyen j'ai sollicité la rectification de la note diffamante qu’à publiée la Commission scolaire dans sa “ Liste officielle des récompenses.” A quoi bon demander un document que l’on possède ? Comment oserais-je livrer au public une pièce dont la seule pensée a donné des nausées à MM. les Commissaires, si pleins de respect pour eux-mêmes ; une pièce dont la seule vue leur a arraché ce cri d'horreur: “ Vade retro, satanas !”” La publication d’un tel document ferait pousser à la presse de longs et douloureux gémissements ; à son! apparition, le soleil se voilerait la face et la machine ronde serait

ébranlée ! Dieu me préserve d’un tel scandale ! Si M. le Principal#“dans sa critique de ma note, fait preuve de mérveilleux talents en esthétique—y trouve quelque bénifice pour sa cause, je l’autorise à le faire ; cette pièce sera d'autant moins dangereuse pour le salut public, que l’on en devine déjà le ton et la teneur, et elle sera d'autant mieux comprise et goûtée, que les détails de ma réponse aux cinq lettres du R. M Verreau en fournissent un plus ample commentaire.

‘ Personne ne peut songer à accuser la bonne foi du cher Frère Visiteur ; mais il doit admettre que rien n’apparaissait alors et que rien n'apparaît encore pour prouver ce fait, ” l'entrée des trois feuilles par un de nos professeur de Québec.—Je prie Monsieur le Principal, de relire le titre de son document officiel: Frère.

“En face du document officiel, que j'ai publié hier, nous ne pouvions nous lancer dans le champ des suppositions.” —Ce document officiel que vous avez publié, nous en connaissons la valeur. Pas n'était besoin de multiplier les suppositions ; il n’y avait qu’à employer le moyen le plus simple et le plus digne, me prévenir avant de vous lancer dans le filet.

4 Mais, à côté de ces produits étaient les travaux de plusieurs Colléges, travaux bien dignes d'attirer l’attention.’ —$Sans doute ces colléges n’occupaient pas un des derniers rangs, et la Commission a dû couronner magnifiquement leurs travaux. En effet, j'ouvre la liste offcielle des récompenses, et je lis :

Collége de St. Thomas de Montmagny, Mention hono-

rable.

- Collége commercial de St. Césaire, mention honorable. Collége de West Farnham, mention honorable.

Collége de Lévis, mention honorable.

Collége de Joliette, diplôme de 2ème classe.

Collége de St. Laurent, diplôme de 2ème classe.

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Les récompenses ne sont pas brillantes et très-dignes d'attirer l'attention ; alors, ou la Commission scolaire a trop serré la main, ou M. le Principal fait de la phrase.

‘ Les chers Frères méritaient un prix pour leur exposition scolaire, personne ne l'a nié; ce jury le leur a décerné.”’—Quel prix méritions-nous ? un diplôme de 1ère classe ? de seconde classe ? une mention honorable ? Au moins ce dernier prix, puisque, avec nos 6,000 spécimens, nous n'occupions pas un des derniers rangs.

Dans l'espèce, c’est-à-dire pour l'exposition, ce n’était point à lui”—le département de l’Instruction— “qu'il appartenait de le faire d'examiner nos travau”—% et il ne l'a point fait.”

À l'école de la vérité et des faits, voici ce que le R. M Verreau peut lire au registre du département de l’Instruction publique :

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