CORRESPONDENCE
M. le Rédacteur,
Dans le numéro du 27 octobre dernier du Courrier de Montréal, un pseudonyme demandait une explication sur la contradiction qu'il trouvait entre les dires d'un prédicateur de Notre-Dame et une note de la commission scolaire au sujet de l'attitude de notre Congrégation, à l'Exposition scolaire. J'avais moi-même sollicité cette explication ; la Commission scolaire refusant de répondre à ma demande, il est de mon devoir de disculper notre famille religieuse de la flétrissure de loyauté qui tend à lui imprimer la note officielle. Pour atteindre ce but, il me suffira d'exposer les faits sans aucun commentaire.
Par une complaisance, peut-être irréfléchie, un de nos prefesseurs de Québec a fait, le 17 septembre, pour deux de ss éléves, une entrée au Département des Beaux-Arts pour trois feuilles de calligraphie dont ils sont les auteurs. Cette entrée, la seule qui ait eu lieu, ne porte que sur les ‘trois feuilles de calligraphie et non sur la collectivité de nos travaux exposés. Néanmoins les juges du Comité des Beaux- Arts, aprés avoir primé les trois articles entrés, ont, de leur propre mouvement, étendu leur examen à tous nos produits exposés et nous ont décerné à notre insu un Diplôme section extra. C’est là un témoignage très flatteur pour nos méthodes et nos travaux et dont je remercie bien sincèrement ces Messieurs ; mais qu'ils me permettent de ne point accepter le Diplôme qu'ils nous ont octroyé, car c’est au Département de l'Instruction Publique, qui a examiné nos travaux, qu'il appartient de se prononcer sur leur mérite.
Messieurs les membres de la Commission scolaire nous accusent d’avoir visé à l'obtention de deux diplômes. Rien de moins fondé qu: cette assertion ; car :
lo. Ni nous avions cherché à obtenir deux diplômes, nous avions un moyen très simple : l'exposition individuelle par école, au lieu de l'exposition collective. Peut-être eussionsnous pu trouver dans nos vingt et une écoles représentées au Palais de Cristal, au moins deux écoles méritant cette haute récompense.
20. En admettant que nous ayons eu recours au moyen subreptice et indigne qu'on nous impute, aurions-nous fait une entrée pour trois misérables feuilles d'écriture, alors que nous avions un si beau choix dans nos trois mille deux cents feuilles de dessin exposées ? Ni on nous suppose assez de finesse pour chercher à tromper par une entrée frauduleuse, du moins ne nous refusera-t-on pas le tact requis pour choisir des travaux dignes d'attirer l'attention du jury.
Aïnsi, pas d'entrée collective de notre part; le comité industriel vient lui-même de le déclarer dans sa réunion du 9 novembre. La seule entrée qui ait eu lieu est celle des trois feuilles de calligraphie ; elle a été faite par le professeur et pour ses deux élèves, qui en demeurent les seuls bénéficiaires, ainsi qu’il résulte des pancartes délivrées en leur nom et non au notre, et des prix envoyés par M Stevenson, non à nous, mais aux deux élèves.
La commission scolaire m'objectera la désision du Comité industriel, qui vient lui-même de déclarer, dans sa séance précitée, que c’est par une erreur des juges que les pancartes et les prix ont été octroyés aux élèves. Je préviens l’objection en la résolvant. \
lo. Les juges n’en ‘ignoraient point, quand ils ont primé les trois feuilles de calligraphie ; ils savaient très-bien qu'ils récompensaient, non les Frères, mais MM. Arcand et Kt- Pierre. Que le Comité Industriel veuille bien appeler à sa barre les juges eux-mêmes, le professeur et les deux élèves, et il se convaincra de la vérité de mon assertion.
20. Admettons cependant que le professeur en question ait fait une entrée clandestine pour nous, non pas des trois feuilles de calligraphie, mais de toute notre collectivité, comment, dans ce cas, ne voir, dans la conduite de la Commission scolaire à notre égard, autre chose que le zèle pour le règlement et le souci de la juridiction ?
N'est-ce pas un peu sévère de punir l'acte personnel d’un sujet, acte commis à mon insu, par la mise hors la loi de vingt et une communautés, de huit mille élèves et de plusieurs milliers de travaux de tous genres dont se composait notre exposition ?
La Commission scolaire m'avait fait l'honneur de m’appeler à siéger au jury. Du 14 au 24, j'ai été tous les jours en rapport avec ces Messieurs. S'ils m'avaient témoigné qu'il y eùt quelque irrégularité dans la conduite de mon subordonné, je l'aurais rappelé à l’ordre ; mais non, aucune observation m'a été faite, aucune explication ne m'a été de-
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mandée. Je n'ai connu leurs sentiments à notre égard que par la note de la liste officielle des récompenses. En de telles conjectures, ne trouve-t-on point étrange la publication d'un document qui met en suspicion l'honneur d'un corps reliwieux auquel, je crois, on ne peut guère reprocher que les quarante-deux années de dévouement et la vie de trois cents sujets qu’il sacrifie pour le bien du Canada ?
La Commission scolaire déclare que c’est “ le 24 septembre qu'elle a acquis la preuve que, dès le 17, nous nous étions mis au rang des exposants ordinaires et que, partant, nous nous étions soustraits à sa juridiction.”
An sujet de cette déclaration, je n'ai que deux observations à soumettre aux honorables membres de la Commission scolaire.
Ce n'est pas, Messieurs, le 24 septembre, mais le 17, que vous avez pu et dû acquérir cette preuve ; car, dès le 17 et jusqu'au 24, les trois pancartes restent fixées aux feuilles primées, et personne n’admettra que les quinze membres du jury et les quatre membres de Ja Commission scolaire aient pu passer et repasser cent fois dans le tambour de l'escalier sans apercevoir les pancartes, alors surtout que le diplôme du 24, bien moins en évidence, a été partout si vite et si bien remarqué.
Votre conduite dément votre affirmation. Ki, par l'entrée du 17, nous sommes passés au Département des Beaux-Arts, pourquoi m'avez-Vous copservé comme membre du jury, admis à vos délibérations, à partir du 17, puisque, d'après votre propre témoignage, nos travaux tombaient, à cette même date, sous le contrôle des Beaux-Arts, et que désormais je n'avais plus aucun intérêt à représenter auprès de votre Commission.
Pourquoi votre jury a-t-il examiné tous nos produits exposés, si ces travaux n'étaient plus de son ressort ? et remarquez-le bien, Messieurs les Commissaires, c’est précisément du 17 au 23 que votre jnry s'occupe de nos produits ; vous n'avez qu'à consulter votre répertoire où sont relevées les notes des jurés, et vous y trouverez celles de ces messieurs pour toutes nos spécialités exposées.
Vous ne m'avez point rayé de la liste des membres du jury ; dont vous m'avez toujours considéré comme représentant des intérêts de notre Congrégation auprès de la Commission scolaire.
Vous avez examiné, du 17 au 28, tous nos travaux produits à l'Exposition ; donc vous considériez notre Institut comme soumis à votre juridiction.
Ces quelques explications sufliront que notre conduite à l'Exposition recte ; le public, qui a jugé les trav conduite des maîtres,
Veuillez agréer, Monsieur le peur l'hospitalité que vous v colonnes, ainsi que les se
ie l’espère, pour établir a 6té parfaitement coraux des élèves, jugera la
Rédacteur, ma vive gratitude oulez bien me donner dans vos htiments avec lesquels je suis
Votre tout dévoué serviteur,
Fr. Rericius, Visiteur-Provincial.
ur établir ment corjugera la
gratitude
dans vos suis
rovincial.