SOCIÉTÉ BOTANIQUE DK FRANCE
que les différents ordres de faits à classer sont nombreux; le classificateur doit se proposer d’établir dans son cadre autant de divisions et de subdivisions (en les subordonnant selon leur valeur relative) que la nature elle-même nous présente de groupes bien définis. Grouper des faits disparates, dans le but d’abréger le travail, serait de l’inexactitude, et aurait pour résultat l’obscurité.
2° — h La nécessité, dit M. Carn et, de certains mots nouveaux ( gemmosarques ,
/uriosarques , caulosarques), n’est pas bien démontrée. » — Réponse : Ces mots nouveaux présentent l’avantage de caractériser des classes d’objets jusque-là mal définies. Ces mots, qui signifient bourgeons charnus (ou bulbes), turions charnus (ou tubercules), tiges charnues, sont plus significatifs, plus expressifs, plus précis, que les mots bulbe et tubercule ; mots qui du reste doivent continuer d’être employés dans le langage ordinaire, lorsque la précision scientifique n’est pas de rigueur.
3°—Contrairement à l’assertion de M. Germain de Saint-Pierre [Racine non coléorrhizée : la plupart des racines), M. Trécul a démontré que toutes les racines des Monocotylédones sont coléorrhizées. » — Réponse : Une discussion ne peut s’établir utilement que lorsque, des deux parts, les mêmes mots sont employés à désigner les mêmes choses.
J’ai précisé et défini le sens que j’attribue au mot coléorrhize , et le plus simple examen suffit pour s’assurer que les coléorrhizes vraies sont peu communes dans le règne végétal, même dans l’embranchement des Monocotylées.
4° — «... M. Germain de Saint-Pierre ne considère comme pilèorrhize que l’enveloppe celluleuse, ou coiffe, qui entoure l’extrémité des racines de plusieurs plantes aquatiques: cette restriction ne me semble pas fondée...; toutes les racines sont piléorrhizées ; seulement, au lieu d’être complètement libre comme dans les Lemna, la pilèorrhize est, dans la grande majorité des plantes,
adhérente par toute son étendue h l’extrémité de la racine... »
Réponse
M. Trécul étant l’inventeur du mot pilèorrhize, il sait évidemment, mieux que personne, à quel organe il a entendu appliquer cette dénomination. Je crois cependant pouvoir avancer que si ce mot peut être employé à désigner la coiffe de la racine des Lemna, la même dénomination ne saurait être en même temps appliquée à l’épiderme adhérent dans toute sou étendue (s’exfoliant ou non), qui revêt l’extrémité de la plupart des racines ou de toutes les racines. Pour ce qui me concerne, j’ai appliqué la dénomination de pilèorrhize (ou pilorrhize) à la coiffe des racines dans le genre Lemna (coiffe dont le premier, je le crois, j'ai fait connaître le mode de formation et la nature au point de vue morphologique), n’assimilant en rien cette coiffe à l’exfoliation (souvent nulle ou au moins problématique) de l’extrémité des racines.
J’ai aussi démontré la curieuse analogie qui existe entre les vraies coléorrhizes et les vraies piléorrhizes, la coléorrhize vraie de certaines Graminées n’étant antre chose que l’écorce de la radicule traversée par le corps central