SÉANCE DU 26 JUILLET
de ladite radicule, dont l’accroissement continue lorsque l’accroissement de la partie corticale a cessé.
5° — « ... M. Germain de Saint-Pierre range, dit M. Cauvet, la racine diffluente du Gui parmi les racines pivotantes; je ne sais trop sur quoi l’auteur dont je discute les opinions se fonde pour en agir ainsi...; je n’ai, ajoute M. Cauvet, jamais eu occasion d’étudier la végétation du Gui...: il est probable que la végétation de la racine du Gui s’effectue à peu près comme celle du Cytinet (le Cytinus Hypocistis). .. Je me refuse à admettre que la racine du Gui est diffluente, et je crois cette appellation basée sur un aperçu spéculatif... Enfin, peut-on appeler racine pivotante une racine qui ne l’est pas du tout..? » — Réponse : Mon contradicteur avoue qu'il n'a jamais eu occasion d’étudier la végétation du Gui.. .; pour mon compte, j’ai au contraire maintes fois profité de l’occasion d’observer le mode de germination du Gui et son mode de végétation : aussi, lorsque M. Cauvet se trouve réduit à dire... « il est probable que la végétation de la racine du Gui s’effectue à peu près comme celle du Cytinet... » il m'est permis de m’étonner de le voir ajouter qu'il croit que mon opinion est basée sur un apw'çu spéculatif fl).
Relativement aux bourgeons advenlifsdu Gui, souvent nombreux en effet, qui naissent sur le parcours des processus ou empâtements qui constituent la masse radiculaire ou radicellaire, ce fait ne pouvait en rien me rendre plus circonspect relativement à la racine rudimentaire du Gui (que M. Cauvet nomme une prétendue racine) ; j’ai en effet observé et signalé certaines plantes communes dont la racine se couvre normalement de très-nombreux bourgeons adventifs épars ; j’ai signalé notamment comme offrant cette intéressante particularité XEuphorbia Cyparissias et le Linaria vulgaris. Je suis donc bien fondé à admettre que la racine du Gui, malgré ses bourgeons adventifs, n’est pas une prétendue racine, mais une racine véritable et seulement de forme spéciale.
« Range-t-on, dit M. Cauvet, les suçoirs de la Cuscute au nombre des racines? » — Les suçoirs de la Cuscute sont, en effet, des racines adventives rudimentaires, comme les écailles du capitule d’une Composée, ou les écailles du bourgeon d’un Chêne ou d’un Poirier, sont des feuilles rudimentaires ; ces faits sont élémentaires, et comptent parmi les notions les plus essentielles de la morphologie végétale.
(1) 11 suffit d’appliquer sur la jeune écorce d’une branche de Poirier quelques baies mûres de Gui, après en avoir déchiré le péricarpe (afin qu’elles se fixent à l'arbre par leur pulpe visqueuse), pour voir, au bout de quelque temps, les embryons contenus dans les baies entrer en germination, et les jeunes plantes de Gui faire pénétrer dans l’écorce du Poirier leurs racines, qui ont, à cette époque, la forme d’un clou, ou d’un pivot à pointe conique. Par suite des progrès de la végétation, la racine du Gui perd cette forme première et se prolonge dans plusieurs directions, en processus lamelleux difflucnis, ou couches irrégulières, dont la couleur verte tranche sur la couleur blanchâtre du tissu ligneux de la branche-nourrice (lorsque l’on en pratique des coupes verticales).